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Manifestations
Les symptômes de la sharka s’expriment sur les feuilles et les fruits, les fleurs (certaines variétés de pêches et nectarines), les noyaux (abricotiers) ainsi que parfois sur l'écorce des rameaux,.
Si ces symptômes sont relativement discrets sur les feuilles (taches ou anneaux diffus chlorotiques), les fruits, quant à eux, montrent des anneaux décolorés et peuvent être très déformés avec des zones irrégulières et des sillons plus ou moins profonds associés, dans les cas les plus sévères, à des nécroses internes de la chair du fruit. Les zones affectées présentent un défaut de maturation et d'accumulation des sucres et restent acides. La qualité des fruits est donc souvent affectée et, dans les cas sévères, ils deviennent impropres à la consommation. Une chute prématurée des fruits avant la récolte est possible pour les variétés les plus sensibles d'abricot et de prune.
Impact économique
La sharka a été initialement décrite par Atanassov au début du XXe siècle en Bulgarie et s’est graduellement étendue à toute l’Europe. Introduite en France à la fin des années 60, la maladie s’est développée de façon préoccupante depuis la fin des années 80. Les efforts d'éradication se sont généralement soldés par des échecs, à l'exception de pays peu étendus et pour lesquels les espèces sensibles ne représentaient pas une production importante (Hollande, Suisse). Ces succès sont toutefois fragiles devant les risques de ré-introductions de la maladie, comme cela a été observé récemment en Suisse. La maladie a plus récemment été observée en Asie, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et en Afrique du Nord (Egypte, Tunisie). Aujourd’hui, à de très rares exceptions près, la sharka n’épargne plus aucun grand pays producteur. Dans les pays où la maladie n'a pas encore atteint un état d'endémie, les seuls moyens de lutte dont disposent les arboriculteurs sont la plantation de matériel sain et l'éradication de tout matériel contaminé. Pour que cette éradication porte ses fruits, elle doit s’appuyer sur un repérage efficace et précoce des plants infectés, ce qui implique de coûteuses prospections visuelles systématiques ou des campagnes d’échantillonnage et des analyses de laboratoire. Les coûts de ces prospections et le manque à gagner associé aux arrachages fragilisent fréquemment les petites exploitations. En France, pour la seule année 1999, plus de 30 000 arbres contaminés ont ainsi été arrachés. La même année, l’Espagne a évalué le nombre total d’arbres détruits durant les 15 années précédentes à plus de 1 million, pour un coût global de la lutte de 50 millions d’euros et sans que ces efforts importants aient permis d'éradiquer la maladie. Au plan mondial, les pertes causées par la maladie sur les 30 dernières années ont été estimées à plus de 3,5 milliards d’euros pour la seule production d’abricots alors que sur la même période, le coût de la gestion de la maladie approchait les 10 milliards d’euros si l’on inclut les pertes indirectes liées à la limitation des échanges internationaux.
Épidémiologie de la maladie
L'agent pathogène responsable de la sharka est le Plum pox virus (PPV), un virus à ARN de la famille des Potyviridae. Ce virus est transmis soit par la multiplication végétative de matériel contaminé, soit par pucerons selon le mode non-persistant. Les échanges commerciaux de matériel contaminé sont la cause de la dissémination de la maladie sur de grandes distances.
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- À l’heure actuelle, six souches de PPV ont été identifiées, sur la base de critères immunologiques et surtout moléculaires (PPV-M, PPV-D, PPV-C, PPV-EA, PPV-W et PPV-Rec). Elles présentent des distributions géographiques et des prévalences très différentes.
- En France, seules les souches PPV-D et PPV-M ont été identifiées. Les données de terrain et d’expérimentation en conditions contrôlées montrent que la souche PPV-M est généralement plus épidémique que la souche PPV-D, notamment sur pêcher. La relation entre les souches de PPV et leurs propriétés biologiques et épidémiques reste cependant mal connue.
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Le grand nombre d’espèces de pucerons impliquées ne permet pas de lutter efficacement, en ciblant les vecteurs, contre la transmission locale du virus et de la maladie. Les travaux de l’Inra ont ainsi mis en évidence le rôle d’une vingtaine d’espèces différentes de pucerons impliquées dans la dissémination de la maladie en vergers, la majorité ne formant pas de colonies sur Prunus. Les épidémies de sharka présentent des vitesses de progression très variables selon la souche de virus impliquée, l’espèce de Prunus concernée et de nombreux facteurs extérieurs encore mal identifiés ou caractérisés. La dissémination de la virose par les pucerons se fait généralement sur de courtes distances dans les vergers (quelques dizaines de mètres) mais elle peut dépasser plusieurs centaines de mètres et ainsi toucher plusieurs vergers. Il est donc indispensable d’organiser une lutte collective par repérage et destruction des arbres infectés de façon simultanée dans les vergers d’une même zone.
Moyens de lutte actuels
Du fait de la gravité de la maladie qu'il cause, le Plum pox virus est classé comme agent pathogène de quarantaine dans la plupart des pays producteurs.
Actuellement, la lutte passe essentiellement par la prophylaxie : surveillance régulière des vergers en vue d’une détection précoce, arrachage des plants contaminés, utilisation de matériel de plantation sain ou certifié. En effet, il n’existe pas, à ce jour, de moyen de lutte curative - chimique ou biologique - efficace. En France, en cas de découverte d'un faible taux de plants contaminés chez les arboriculteurs ou les pépiniéristes, l’arrachage immédiat de ces plants est obligatoire. Si un taux plus important de contamination est observé le verger entier est arraché. Tout transfert de matériel végétal non contrôlé est strictement interdit.
À terme, la lutte contre la maladie s’appuie sur le développement de variétés combinant de bonnes propriétés agronomiques à une résistance efficace et durable à la maladie. L'Inra mène des recherches en vue de créer des variétés résistantes de ce type, que ce soit par des approches classiques de l'amélioration variétale ou par l'utilisation de nouvelles techniques issues des biotechnologies végétales.
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