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Ronsard, lorsqu’il a immortalisé la beauté éphémère de la rose, ne connaissait que les roses dites non remontantes, dont la floraison ne durait qu’un printemps. C’est au XVIIIe siècle que des rosiers provenant de Chine et fleurissant du printemps à la fin de l’automne ont été introduits en Europe. Ces rosiers, dits remontants, ont été croisés avec les anciennes variétés européennes non remontantes pour donner naissance aux roses modernes qui fleurissent de façon continue. L’introduction de la remontée de floraison a été un évènement majeur dans le succès des roses, premières fleurs coupées vendues au monde avec un marché de plus de 15 milliards de tiges par an.
La mutation génétique à l’origine de la remontée de floraison identifiée
Les travaux des équipes de l’Inra d’Angers-Nantes et de Bordeaux-Aquitaine ont permis d’expliquer le phénomène de remontée de floraison du rosier et d’une plante très proche, le fraisier, appartenant à la même famille des Rosaceae. Chez le rosier (genre Rosa), les chercheurs de l’unité Génétique et horticulture d’Angers ont en effet mis en évidence la présence d’un gène répresseur qui appartient à la famille du gène TFL1 (TERMINAL FLOWER 1). Après la première floraison printanière, ce répresseur s’exprime et empêche toute nouvelle floraison chez les rosiers non remontants. Or, la protéine correspondant à ce gène répresseur n’est pas produite par les rosiers remontants en raison d’une mutation génétique qui serait apparue chez les rosiers chinois sauvages, Rosa chinensis var spontanea.
Les chercheurs de l’unité Espèces fruitières à Bordeaux ont quant à eux montré que la remontée de floraison chez la fraise des bois Fragaria vesca est due à une mutation du même gène répresseur. Cette mutation serait apparue dans les Alpes chez des fraisiers sauvages et aurait ensuite été sélectionnée par l’homme.
À terme, de nouvelles stratégies de sélection génétique pour faire remonter d’anciennes variétés de roses non remontantes pourraient être développées. Des études en cours permettront également de préciser l’importance jouée par ce gène dans l’histoire de la sélection du rosier par l’homme.
Références :
The TFL1 homologue KSN is a regulator of continuous flowering in rose and strawberry.
The Plant Journal, 2011
DOI: 10.1111/j.1365-313X.2011.04776.x
Auteurs : Hikaru Iwata (Wakanuga Pharmaceutical Co, Hiroshima, Japon; Inra Angers), Amélia Gaston et Béatrice Denoyés (Uref, Inra Bordeaux), Takashi Araki (Kyoto University, Kyoto), Arnaud Remay, Tatiana Thouroude, Julien Jeauffre, Koji Kawamura, Laurence Hibrand Saint Oyant et Fabrice Foucher (UMR GenHort, Inra Angers)
Contacts scientifiques :
Fabrice Foucher et Laurence Hibrand-Saint Oyant, UMR Génétique et horticulture (GenHort), Inra Angers-Nantes
Béatrice Denoyés, unité Espèce fruitières (Uref), Inra Bordeaux-Aquitaine
Département Génétique et amélioration des plantes
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