Recherche sur la vigne à Colmar : allier science et concertation
22 septembre 2009
Un essai de recherche mené par l’Inra et visant à lutter contre le court-noué, maladie de la vigne sans traitement efficace, a récemment été saccagé. Pourtant, ses modalités avaient fait l’objet d’une démarche participative sans précédent, associant chercheurs, vignerons, syndicats agricoles, enseignants, élus et associations.
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"Un acte isolé et imbécile, un gâchis incommensurable qui vient détruire la confiance patiemment construite entre des personnes censées s'affronter et qui avaient su trouver les voies du dialogue". C’est en ces termes que le sénateur du Haut-Rhin Jacques Muller (Verts) a qualifié la destruction, par un militant anti-OGM isolé, de 70 porte-greffes transgéniques de vigne au centre Inra de Colmar, le 7 septembre 2009.
Face à la gravité des faits, les ministres Valérie Pécresse (Enseignement supérieur et Recherche) et Bruno Lemaire (Alimentation, Agriculture et Pêche) ont également apporté leur soutien à l’Inra, ainsi que tous les membres du comité de suivi local et certains élus. D’autres témoignages de soutien ont afflué aussi bien des professionnels du secteur (CIVA) que de collègues scientifiques (CNRS).
Cet essai de recherche, au-delà de l’intérêt scientifique majeur, représentait un modèle pilote de concertation avec la société civile, conforme aux principes de pertinence, de parcimonie et de transparence dégagés par le conseil d’administration de l’Institut concernant la mise en plein champ d’OGM.
Pertinence. L’essai de recherche répondait à la nécessité de trouver une parade au court-noué, maladie virale présente dans la quasi-totalité des régions viticoles du monde où elle provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture. Le virus responsable est transmis au vignoble de cep à cep par un nématode (ver du sol) qui s'alimente au niveau des racines. Les méthodes de lutte actuelles font appel à des produits chimiques très polluants et inefficaces, cet essai –sans autre vocation que scientifique- avait pour objectif de chercher une alternative de lutte.
Parcimonie. L’essai de Colmar était unique et prudent : malgré son déroulement en plein champ, on pouvait le considérer comme "confiné". En effet, tout risque de dissémination avait été écarté par la suppression des inflorescences et le choix de cépages non alsaciens. Par ailleurs, la terre contaminée était isolée du reste des cépages non transgéniques par une bâche hermétique.
Transparence. Plusieurs années de concertation avaient permis l’adhésion des acteurs de la société civile aux recherches de l’Inra. Ainsi, associations de défense de l’environnement et de consommateurs, élus, syndicats interprofessionnels et agricoles et vignerons avaient, ensemble, approuvé les modalités qui avaient permis le lancement de l’expérimentation en 2005.
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