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Connaissance et cartographie des forêts anciennes

Paris - 1er décembre 2011


Image d'un scanner terrestre (Lidar)
© Inra, A. Barbacci
Journée d’information et d’échange organisée par l’Inra, le groupement d’intérêt public Ecofor, le WWF et le ministère en charge du développement durable, dans le cadre de l’année internationale des forêts.

 

Les forêts anciennes, non transformées en cultures agricoles depuis au moins 200 ans, recèlent un patrimoine particulier

Contrairement à l’idée courante, mais fausse, d’un territoire stable, les forêts actuelles ont été par le passé déboisées et cultivées sur de grandes surfaces. La forêt française couvre aujourd’hui, hors territoire outre-mer, environ 16 millions d’hectares, surface à comparer à environ la moitié seulement en 1830, époque où la conversion en terres agricoles avait atteint un maximum. Les forêts restées forêt à cette période ont de fortes chances de ne pas être passées par une phase de terre agricole depuis des siècles voire des millénaires. Ces forêts, dont les sols n’ont pas été impactés par l’agriculture depuis une certaine date, possèdent un patrimoine d’espèces absent des forêts récentes, issues de la recolonisation d’anciens terroirs agricoles abandonnés depuis cette date. On les désigne sous le terme de "forêts anciennes". Les forêts anciennes sont, le plus souvent, gérées. Il ne faut pas les confondre avec les forêts "vieilles" ou "matures" qui, du fait de l’absence de coupes forestière pendant plusieurs décennies voire plus, comportent arbres (pluri-)centenaires et abondance de bois morts. Une forêt peut bien entendu être à la fois ancienne et mature.
Le passage par un état cultivé entraîne de profonds changements de la biodiversité. La distribution des plantes en particulier, mais aussi des microbes et, probablement, des insectes dans les forêts actuelles est marquée par ces usages anciens, non forestiers. Il en va de même pour la fertilité des sols qui varie fortement selon les usages anciens, agricoles ou forestiers. Si les impacts des modifications "récentes" (XVIIIe-XIXe siècle) sont les plus nets, des recherches récentes montrent que la biodiversité actuelle est encore marquée par des activités plus anciennes, tels les terroirs agricoles gallo-romains, datant d’il y a 2000 ans.

Une cartographie exhaustive des forêts anciennes à l’échelle du territoire métropolitain est aujourd’hui possible

Plusieurs documents historiques disponibles à l’échelle de l’ensemble du territoire - carte de Cassini, cadastre napoléonien, carte de l’État-Major - permettent de préciser l’état boisé en France à la période charnière des XVIIIe et XIXe siècles. Le lidar semble être l’outil privilégié pour réaliser la cartographie des forêts (plus) anciennes.

La cartographie des forêts anciennes suscite un intérêt croissant, comme complément naturel à la cartographie des habitats forestiers dans le cadre d’une démarche intégrée de protection des territoires, comme élément de compréhension du fonctionnement des écosystèmes forestiers (la fertilité des sols et leur évolution dans le temps), etc. Sa mise en œuvre pose des problèmes intéressants, à la croisée de l’histoire, de l’informatique, de la géographie et de l’écologie. Les cartes anciennes font aussi partie de notre patrimoine historique et artistique.

Les applications pour la gestion des milieux naturels et forestiers sont nombreuses.

Un important travail, rassemblant chercheurs, gestionnaires, aménagistes, reste à faire.
Près de 10 % de la surface forestière actuelle ont déjà été cartographiés, et les forêts anciennes localisées. De nouvelles espèces de forêts anciennes ont été repérées. La réalisation de cette carte des forêts anciennes à l’échelle de la France nécessitera plusieurs années de travail. D’ores et déjà, des organismes de recherche, de gestion forestière ou encore de protection des milieux naturels ont engagé des travaux. Ils sont en particulier importants dans le cadre de la réalisation d’un réseau de milieux forestiers interconnectés sur notre territoire (trame verte). Les modalités de prise en compte de ces notions dans le cadre de la gestion forestière courante restent une question ouverte, et font l’objet d’un débat en fin de journée.

Guichets fermés

Le public visé par la journée concerne les acteurs directement intéressés par la prise en compte du temps long et les transformations induites par l’occupation humaine dans la gestion actuelle : gestionnaires de l’environnement et de la forêt, acteurs de la réalisation de la trame verte et bleue, de la gestion de la biodiversité, géomaticiens… C’est un public plus large de chercheurs, acteurs de bureaux d’étude, d’associations de protection de la nature, de territoires protégés, etc. qui a répondu, remplissant rapidement la salle de 185 places prévue pour l’occasion.


Jeudi, 1er décembre 2011, FCBA, 10 Av. Saint-Mandé, Paris 12e, 9 h 30 - 17 h 30


Contacts :
• Jean-Luc Dupouey, Inra Nancy, dupouey@nancy.inra.fr
• Guy Landmann, Ecofor Paris, guy.landmann@gip-ecofor.org
• Daniel Vallauri, WWF Marseille, dvallauri@wwf.fr

Pendant la journée du 1er décembre : Patrizia Foti-Délu, 06 78 73 90 08

 

Date de création : 29 Novembre 2011
Date de dernière mise à jour : 29 Novembre 2011

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