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Améliorer la production d’igname


Tubercules d'ignames
© Inra Antilles-Guyane
Les ignames sont des aliments de base dans de nombreux pays tropicaux. En Guadeloupe par exemple, la production de ce tubercule se situe juste après la canne et la banane. Mais les conditions optimales de sa production restent méconnues. Des recherches menées par l’unité Agrosystèmes tropicaux (ASTRO) de l’Inra Antilles-Guyane visent à améliorer la culture d’igname et plus largement à proposer des systèmes de cultures qui permettront de renforcer l’autonomie alimentaire aux Antilles. Deux reportages en images vous proposent de découvrir les recherches de l’unité, d’une part sur l’anthracnose, principale maladie de l’igname et, d’autre part, sur une innovation écologique alternative prometteuse au désherbage chimique et manuel : le mulch papier.

 

Développer des variétés d’ignames résistantes à l’anthracnose


Les recherches de l’unité Agrosystèmes tropicaux, centre Inra Antilles-Guyane
Reportage réalisé par le centre Inra Centre Antilles-Guyane (Dalila Pétro, Michèle Salles, Sébastien Guyader et Gérard Hostache) en partenariat avec CinéWoulé (Stéphane Abénaqui et Jean–Marc Césaire).

L’anthracnose est une maladie due au champignon Colletotrichum gloeosporioides. Elle cause d’importantes pertes sur les rendements des cultures d’ignames. Afin d’améliorer la production, les chercheurs de l’Inra à Petit-Bourg en Guadeloupe étudient la biologie du champignon, l’épidémiologie de l’anthracnose, et les mécanismes de défense mis en œuvre par la plante. Leurs recherches visent à limiter le développement de C. gloeosporioides, stopper sa transmission et créer des variétés d’ignames résistantes. 

Parcelle expérimentale pour étudier la dispersion de l'anthranose Lésions d'anthracnose sur feuilles détachées d'igname Dioscorea alata.
Essais en blocs pour étudier la dispersion de l’anthracnose
© Inra, G. Hostache.
Lésions d'anthracnose sur feuilles détachées d'igname Dioscorea alata
© Inra, S. Guyader/M. Salles.
 Spores asexuées (conidies) de C. gloeosporioides vues au microscope entre lame et lamelle.  Conidie de C. gloeosporioides (tiers supérieur de l'image) déposée sur lame, ayant germé et formé un appressorium (bas de l'image).
Spores asexuées (conidies) de C. gloeosporioides vues au microscope entre lame et lamelle.
© Inra, S. Guyader/M. Salles
Conidie de C. gloeosporioides (tiers supérieur de l'image) déposée sur lame, ayant germé et formé un appressorium (bas de l'image).
© Inra, S. Guyader/M. Salles

 

Le mulch papier : la solution d’avenir au désherbage des plantes à tige

Autre volet des recherches de l’unité Agrosystèmes tropicaux : des essais sur un paillage innovant à base de papier. Depuis 2008, l’unité ASTRO réalise des expérimentations auprès de producteurs et du Lycée Agricole visant à analyser les conséquences de la mise en place d’un mulch (paillage) papier sur le rendement et le désherbage de la culture d’ignames. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel papier ! Les essais mis en place par Régis Tournebize, ingénieur d’études à l’unité ASTRO, concernent un papier kraft, matériau naturel, sans adjuvant et d’une parfaite biodégradabilité.

Papier vs plastique
Ce paillage papier, comme son homologue plastique, est une alternative à l’herbicide ou au désherbage manuel pour les cultures des plantes à tige. "Nous l’avons d’abord testé sur l’igname où aucune molécule n’est autorisée, d’où l’obligation du désherbage manuel qui représente 60 à 100 jours de main-d’œuvre par hectare", explique Régis Tournebize.

Le désherbage représente en effet un poste levier sur lequel il serait possible d’intervenir afin de diminuer les coûts de production : "Le paillage papier, comme le plastique, empêche les mauvaises herbes de se développer et permet de réduire de 3/4 la biomasse de mauvaises herbes et de moitié le temps consacré à cette tâche". Mais, sous plastique, les températures peuvent atteindre 60 °C. Résultat : certains semenceaux d’igname sont brûlés. De la même façon, l’évaporation ne s’y fait pas bien, les semenceaux pourrissent et/ou ne se développent pas dans 1/3 des cas.
Le mulch papier n’a pas ces inconvénients : il obtient un pourcentage de levée de 97 % contre 70 % pour le plastique.

Le mulch papier : comment ça marche ?


© Inra, Régis Tournebize
 
Des rouleaux de papier kraft épais (200 g/m2) de 1,5 mètre de largeur sont déroulés sur les billons, fixés au sol par de la terre, un zigzag de fil ou des agrafes. Pour pouvoir apporter une irrigation au goutte-à-goutte, le papier est ouvert en croix et le semenceau d’igname y est déposé. Les expérimentations montrent que le rendement n’est pas diminué. Au contraire, comme il n’y a pas compétition avec les mauvaises herbes, l’igname semble mieux se développer et avoir des rendements équivalents avec moins de fertilisants. 

Mais l’argument de poids en faveur du mulch papier vient du fait qu’il est facilement dégradable : il perd environ 10 % de son poids par trimestre, en fonction de la pluviométrie. Incorporé au sol, il se décompose rapidement sans laisser d’éléments polluants.

Le plastique actuel couramment utilisé n’est pas biodégradable et, argument définitif, il ne sera plus autorisé à partir de 2014 par les nouvelles normes environnementales qui imposeront l’usage de matières biodégradables. "Actuellement, précise Régis Tournebize, le papier revient environ 3 fois plus cher que le paillage plastique… mais trois fois moins cher que le plastique biodégradable (à 5 000 €/ha) qui va devenir obligatoire". La bonne nouvelle est que ce papier bénéficiera des mesures agroenvironnementales (code GA_GUAD_AM6) : il sera donc aidé à hauteur de 600 euros à l’hectare. L’unité ASTRO souhaite maintenant développer ce procédé pour d’autres cultures de plantes à tige : tomates, melons, pitaya…

 

Rédaction :  Mission communication
Date de création : 07 Décembre 2011
Date de dernière mise à jour : 03 Janvier 2012

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