Accueil > 2006 > Stéphane De Cara

Stéphane De Cara

premier chercheur distingué par les Lauriers "jeune chercheur" de l’Inra

08/06/2006


© Inra, G. Paillard

Depuis 2002, Stéphane De Cara est chercheur à l’unité mixte de recherche "Économie publique" de Versailles Grignon, au sein de l'équipe "modélisation économique des exploitations, de l’environnement et de l’évolution de l’agriculture". Le 8 juin 2006 lui ont été attribués les Lauriers "jeune chercheur", un prix Inra destiné à récompenser le travail exceptionnel d’un chercheur nouvellement recruté. Pour Stéphane De Cara, c’est pense-t-il modestement, la "reconnaissance d’un potentiel" mais aussi une belle source de motivation.

Aussi fasciné par l’abstraction des mathématiques qu’intéressé par les questions sociales, Stéphane De Cara conjugue ses deux passions avec un DEUG Mathématiques appliquées et Sciences sociales à Angers : "J’y abordais les aspects économiques et mathématiques de front. La synthèse a eu lieu durant les trois années de Magistère qui ont suivi, avec l’application des techniques de modélisation aux phénomènes économiques". Stéphane choisit un DEA "pour approfondir les problématiques, touchant à l’agriculture et à l’environnement". Pendant son stage de DEA effectué à l’Inra de Grignon, la recherche se révèle à Stéphane : "J’avais auparavant peu d’idées concrètes sur la recherche. J’ai réalisé alors combien les questions économiques touchant au changement climatique étaient passionnantes et comment la modélisation économique pouvait apporter des éléments de réponse sur des problèmes environnementaux majeurs". Fin 2000, Stéphane De Cara part aux États-Unis pour un post-doc’ à Iowa State University où il étudie les effets de la libéralisation des marchés agricoles mondiaux. Quand un concours Inra se présente à peine 4 mois après son arrivée, il retourne en France… pour le réussir. Il finit son séjour aux États-Unis avant d’intégrer pleinement l’unité "Économie publique" de Versailles Grignon en mai 2002 : "J’avais la possibilité de rester aux États-Unis. Mais la perspective de rejoindre cette unité Inra dont j'avais particulièrement apprécié l'environnement de travail, à la fois stimulant et agréable, a compté pour beaucoup dans mon choix", se souvient le chercheur.  


Les mathématiques pour comprendre les accords environnementaux mondiaux

La thèse de Stéphane De Cara abordait le changement climatique sous différents angles, notamment celui des coûts de réduction des émissions dans le secteur agricole. Elle comportait aussi un volet plus théorique : l’analyse des négociations internationales avec les outils de la théorie des jeux "qui offrent des éclairages intéressants sur la formation et la stabilité des accords environnementaux internationaux". Sa mission à l’Inra se trouve "à la charnière des aspects environnementaux et de ceux liés aux effets des politiques agricoles". Le jeune chercheur développe aujourd’hui ses travaux sur le changement climatique et sur l’analyse des coûts de réduction des émissions de méthane et de protoxyde d’azote dans le secteur agricole. Depuis son recrutement, Stéphane De Cara se consacre aussi à la recherche sur la séquestration : "Les gaz à effets de serre sont suspectés d’être à l’origine d’une modification du climat. Pour résoudre ce problème, on pense bien sûr à réduire les émissions. Une autre option consiste à favoriser l'accroissement des stocks de carbone dans les sols, les forêts et les cultures pérennes. L’une des solutions envisagées est par exemple de favoriser des pratiques alternatives de labour".


Séquestrer le carbone… jusqu’à quand ?

Cette solution est complexe à analyser : "Grâce à ces pratiques reposant sur un travail moins profond du sol, les quantités de carbone piégé augmentent effectivement. Mais si au bout de quelques années, on retourne à des pratiques conventionnelles, ce carbone accumulé patiemment dans le sol peut être relâché très rapidement dans l’atmosphère, réduisant d'autant le bénéfice environnemental. Tout est donc une question de rythme. Les instruments économiques doivent intégrer cette dimension tout en tenant compte des coûts de contrôle. À ce problème dynamique complexe, s'ajoutent de nombreuses incertitudes sur les potentiels de ces pratiques", note Stéphane.


Les lauriers du jeune chercheur : une reconnaissance, des responsabilités

Si sa distinction Inra le "flatte", il estime avec humilité qu’"elle arrive tôt dans sa carrière". Stéphane De Cara n’a toutefois pas l’intention de se reposer sur ces lauriers : "Il me reste beaucoup de dimensions stimulantes du changement climatique à explorer, notamment, son impact sur l’agriculture". Beaucoup de travail en perspective pour le jeune lauréat, dans un "équilibre entre recherche fondamentale et recherche finalisée". Beaucoup de sollicitations aussi : participation à des projets européens, implication dans la vie de l’unité et du département… Certainement encore des invitations, comme en Autriche où il a séjourné 6 mois à l’Institute for Applied Systems Analysis de Laxenburg : "C’est un aspect particulièrement enrichissant de la recherche à l’Inra: pouvoir travailler dans d’autres lieux, chargés d’une histoire différente, échanger avec des personnes issues d'une autre culture scientifique et mettre nos expériences et connaissances en commun !", se réjouit Stéphane De Cara.

 



Bref CV

  • 32 ans, vie maritale
  • chargé de recherche, économiste
  • formation : maîtrise d’Économétrie, DEA Économie de l’environnement et des ressources naturelles, doctorat de Sciences économiques
Rédacteur :  Mission communication
Date de création : 31 Mai 2006
Date de dernière mise à jour : 14 Septembre 2007
Contact  |  Crédits  |  Mentions légales
Inra - 147 rue de l'Université 75338 Paris Cedex 07 - tél : +33(0)1 42 75 90 00 | © Inra - 2007-2010