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Guy Roussel
technicien de recherche, il reçoit le Laurier d’appui à la recherche 2008
19/09/2008
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Inra
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Pourquoi les lauriers ? Guy Roussel ne voit pas… Technicien de recherche au sein de l’unité mixte de recherche Inra - Université Bordeaux I, intitulée "Biodiversité, gènes et communautés", centre Inra de Bordeaux, département "Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques", il reconnaît seulement très modestement avoir choisi le métier idéal pour lui, au milieu des arbres. "J’aime le contact avec le végétal depuis toujours. J’ai un peu forcé le destin en obtenant d’un ingénieur des eaux et forêts une lettre de recommandation pour appuyer ma candidature à Pierroton, le domaine expérimental forestier rattaché à l’Inra de Bordeaux. C’est ainsi que je suis entré à l’Inra juste après mon service militaire, en 1973. J’ai obtenu mon brevet de technicien agricole après mon recrutement."
Pourquoi les lauriers ? Antoine Kremer, le directeur de l’Unité, dont la collaboration avec Guy Roussel remonte au début de sa carrière, en 1976, voit très bien, lui : Guy est un passionné, doué d’une grande ingéniosité et du sens de l’innovation.
La mise au point de dispositifs expérimentaux pour accélérer l’élaboration des cartes génétiques des arbres forestiers
Une des réalisations majeures de Guy Roussel est un dispositif qui permet de faciliter les fécondations croisées entre des arbres d’espèces différentes. On réalise ces croisements contrôlés pour élaborer des cartes génétiques basées sur des taux de recombinaison entre les génomes. Ces cartes permettent ensuite de mesurer la variabilité du génome entre les espèces. L’Unité étudie en particulier différentes espèces de chênes blancs assez proches les unes des autres : chênes pédonculés, sessiles et pubescents. Pour effectuer ces croisements sur les arbres en pied, on isole les rameaux femelles de l’arbre à féconder à l’intérieur de poches dans lesquelles on injecte le pollen du père choisi. Les glands récoltés sont semés, puis on étudie le génome des descendants. Normalement, un tel travail demande plusieurs années de croisements répétés car il faut obtenir un nombre suffisant de descendants, ce qui suppose de féconder l’arbre avec suffisamment de pollen pendant la courte période de réceptivité des fleurs femelles. Le procédé mis au point par Guy Roussel consiste en un injecteur de pollen à air comprimé, portant le nom imagé d’"injecteur cyclone à deux voies", qui économise le précieux pollen dont une quantité minimale est brassée dans un volume maximal constitué par la poche d’isolation du rameau. On peut ainsi réaliser plusieurs centaines d’injections par an. Plus récemment, ce système a permis de réaliser des croisements en forêt sur des arbres issus de croisements âgés de 8 ans et mesurant jusqu’à 6 mètres de haut. Ces arbres ont été totalement empochés pour être croisés.
La pose de ces grands sacs destinés à isoler l’arbre des pollens extérieurs non désirables est une autre prouesse technique de Guy Roussel. Les croisements obtenus ont permis à l’équipe de l’Inra de Pierroton de publier en 1998 la première carte génétique du chêne pédonculé, carte devenue la référence pour la famille des fagacées, comprenant les chênes, les hêtres et les châtaigniers et représentant 70 % des forêts européennes.
Grâce à cette carte, l’équipe de Bordeaux a commencé à localiser des régions chromosomiques impliquées dans des caractères complexes permettant une adaptation au changement climatique : dates d’éclosion des bourgeons, résistance à la sécheresse etc.
Son ambition constante : innover au service de la recherche
Lors de ses débuts à l’Inra, Guy Roussel travaillait sur la mise en place des ébauches foliaires dans le méristème* apical des pins maritimes. Pour observer l’initiation cellulaire des méristèmes, il fallait réaliser des coupes et les observer en microscopie. En constatant que la lumière d’une fibre optique était capable de traverser la pulpe de son doigt, Guy Roussel a eu l’idée de son dispositif d’ "hypo-illumination" : l’extrémité d’un bourgeon est tranchée puis déposée sur la platine d’une simple loupe binoculaire dont la fibre optique maintenue verticale l’illumine par transparence. Ce dispositif a rendu possible l’observation de quelques 900 méristèmes et le calcul de la vitesse d’initiation des organes chez le pin maritime.
De nombreux chercheurs, techniciens ou doctorants bénéficient de l’apport technique de Guy Roussel pour améliorer leurs protocoles de mesures et d’acquisition de données. Sa contribution a été déterminante dans l’orientation de l’Unité vers l’exploration de la diversité génétique des populations d’arbres. Ayant à cœur de transmettre son expérience, Guy a encadré de nombreux stagiaires et a accepté tout récemment d’être le tuteur d’un jeune bénéficiant d’un contrat PACTE**. Ce recrutement devrait lui permettre de transmettre son savoir-faire si précieux dans le domaine des croisements et de la multiplication du matériel végétal.
De la recherche forestière à l’histoire régionale : transmettre sa passion et son expérience
Passionné par la Grande Lande de Gascogne, Guy a réalisé récemment une étude bibliographique sur l’histoire de la recherche forestière en Aquitaine, retraçant au passage la naissance du domaine de Pierroton. Il a recherché dans des documents historiques et auprès de diverses administrations la genèse et les acteurs des grands travaux de boisement du massif landais, d’abord pour fixer les dunes, puis pour l’exploitation de la résine et du bois. Il a édité une partie des résultats de ses recherches sous forme de posters, à l’occasion d’une manifestation en l’honneur de Chambrelent***. "Avant les travaux d’assainissement du XIXe siècle, qui consistaient à assécher le marais formé derrière les dunes pour effectuer des plantations de pins, il y a eu l’histoire de la fixation des dunes", raconte t-il. "Ce qui m’a impressionné, ce sont les efforts des petites gens, paysans et forestiers, pour lutter contre le sable et l’eau. Ils ont mis au point les semis et la plantation de pins qui ont ensuite été généralisés par des ingénieurs des Ponts et Chaussées comme Brémontier. Rechercher l’histoire de ces premiers expérimentateurs m’a passionné."
*Méristèmes : ensembles de cellules de type embryonnaire (non différencié) à multiplication rapide, situés à l’extrémité des tiges et des racines et responsables de la croissance des organes végétaux.
**Contrat PACTE : Le PACTE (parcours d’accès aux carrières territoriales, hospitalières et de l’Etat) permet à des jeunes sortis sans diplômes reconnus d’être recrutés dans la fonction publique à l’issue d’un stage de deux ans de formation rémunérée.
***Chambrelent (1817-1893), ingénieur des Ponts et Chaussées, connu pour ses travaux d’assainissement des Landes de Gascogne, réalisés sur sa propriété de 500 ha qui deviendra en grande partie le domaine expérimental de l’Inra.

Guy Roussel au sein de son équipe, © Inra, C. Slagmulder
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Bref CV
- 57 ans, marié, 3 enfants
- Titulaire du Brevet de technicien agricole option laboratoire
- Hobby : rugby, course de fond, cyclisme, généalogie, photo
Rédacteur :
Mission communication
Date de création : 19 Septembre 2008
Date de dernière mise à jour : 17 Décembre 2008
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