Agnès Thomas
Assistante ingénieur, elle reçoit le Laurier d’appui à la recherche 2011
(07/12/2011)
© Inra, C. Slagmulder
Spécialisée dans les analyses fines des nutriments chez le Ruminant en production, Agnès Thomas est assistante ingénieur au sein de l’équipe Animal, MUscle, VIande (AMUVI) dans l’unité des Herbivores à Theix, près de Clermont-Ferrand. Elle orchestre les analyses d’acides gras à chaîne courte du sang et à chaîne longue des produits carnés et de leurs dérivés oxydés à l’aide de différentes techniques (chromatographie liquide ou gazeuse, spectrophotométrie…). Agnès Thomas a rédigé personnellement deux publications méthodologiques sur cette thématique. Investie dans l’amélioration des techniques de mesure de la recherche, elle participe activement à la diffusion de la Politique Qualité de l’Inra et plus récemment à la mise en place de la surveillance des méthodes de mesure. Agnès Thomas est depuis 2009 auditrice conseil du Référentiel Qualité de l’Inra.
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Agnès Thomas n’a pas deux poids deux mesures lorsqu’elle analyse les acides gras au service de “l’optimisation de la valeur nutritionnelle de la viande” pour son unité de recherche sur les herbivores. Son mot d’ordre : “rigueur et fiabilité”. Exigence qu’elle applique aussi à la métrologie pour l'optimisation des mesures lors des expérimentations.
Toute en mesures
Après dix années de travail en laboratoire d’analyses privé, Agnès Thomas intègre en 1990 l’équipe Métabolisme énergétique et lipides de Theix qui étudie les problématiques de nutrition de l’animal, pour la production de muscle et de viande. Au sein de son équipe, la technicienne gère les prélèvements sur animaux, réalise les dosages et les analyses et produit les premières analyses statistiques “pour une vision globale des résultats” des études expérimentales. Pour justifier certaines valeurs “a priori bizarres, pas cohérentes avec les autres mesures”, Agnès Thomas se lance dans l'optimisation des méthodes d'expérimentation. Elle écrit deux publications méthodologiques en tant que premier auteur sur une méthode d’acquisition et d’exploitation des données. “Je ramenais souvent mon cartable à la maison à cette époque. J’aime mon travail et le réalise sans compter réellement mon temps”. Elle progresse en interne et passe les échelons de technicien de recherche, technicien de recherche exceptionnel et d’assistant ingénieur.
La qualité pour exigence
L’incertitude la chiffonne. L'Assurance Qualité est dans les années 90 encore balbutiante à l'Inra.
Agnès Thomas s’investit en 1996 dans un groupe de réflexion sur la politique qualité de l’expérimentation. En 2002, elle est impliquée à mi-temps dans la mise en place de la démarche qualité de son unité. But du jeu : harmoniser les pratiques et assurer la fiabilité et la traçabilité des travaux de recherche. “C’est surtout un travail d’équipe pour préparer des formations des agents en métrologie sur l’utilisation du matériel pour qu’il soit le plus fiable possible”. En collaboration avec un chercheur et quelques autres “passionnés”, elle participe en 2003 à la mise en place d'un dispositif de surveillance des températures, capable de centraliser par un système radio réseau les mesures en continu de 180 sondes réparties dans les équipements frigorifiques ou fours du site. Grâce à des outils de validation qu'elle a largement contribué à développer, la conformité de plus d’une centaine de balances - pesant des poids du microgramme à la tonne -, de plusieurs centaines de pipettes a pu être vérifiée. Agnès Thomas devient en 2007 l’animatrice qualité de son unité de 180 permanents.
Elle fait partie, depuis avril 2009 des auditeurs conseils du référentiel interne Inra. “M’investir dans la démarche qualité m’a donné l’opportunité de multiplier les contacts avec les différentes équipes de recherche. L’audit implique de nombreux échanges. C’est un travail passionnant, très enrichissant”.
Sa grande réserve ne l’empêche pas de s'engager et de se “forcer” à communiquer en public : elle anime des réunions, des formations sur la métrologie des masses, des volumes et la validation de méthodes. “J’aime partager ce que je fais, transmettre mes connaissances”.
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Les lauriers ?
Elle ne voulait, au départ, les recevoir. Trop d’honneurs pour sa modestie. “Pourquoi moi ? C’est étonnant, je n’ai rien fait d’extraordinaire, c’est le travail d’une équipe, d’un collectif“.
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Agnès Thomas au sein de son équipe © Inra, C. Slagmulder
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