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  • 32 ans
  • marié
  • chargé de recherche
  • économiste
  • formation : DEA de mathématique, magistère d’économie et statistique

 

 

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Fabian Bergès

économiste : comprendre le pourquoi des marques de distributeur

(21/08/2007)

Portrait Fabian Bergès-Sennou
© Inra, G. Cattiau

Fabian Bergès, jeune économiste, est chargé de recherche en économie à l'Inra de Toulouse et travaille depuis 1998 sur une vaste thématique : les marques de distributeur. Après avoir étudié leur implication économique dans les relations entre les producteurs et les distributeurs, il s’intéresse aujourd’hui aux motivations d’achat des consommateurs.

 

Les produits de marque de distributeur (MDD) sont vendus sous une appellation propre aux supermarchés qui les vendent, alors que les marques nationales viennent des grands producteurs et sont disponibles dans toutes les grandes surfaces. Les MDD sont fabriquées soit par une PME, soit par une usine rachetée par l’enseigne, soit par un producteur de marque nationale qui écoule ainsi ses excès de production. Alors, tous pareils, les produits de marque de distribution ? "Quand c’est une marque nationale qui fabrique la MDD, celle-ci n’est pas de qualité identique à celui qu’elle fait sous sa propre marque car le cahier des charges est différent. De même, une PME peut faire plusieurs biscuits pour des enseignes différentes mais les cahiers des charges sont négociés séparément : taux de sucre, de sel, ingrédients, recette, peuvent varier", précise Fabian Bergès. Moins chers mais en principe d’un peu moins bonne qualité, ces produits, de plus en plus nombreux, gagnent sans cesse de nouvelles parts de marché et deviennent un outil de pression dans les négociations entre producteurs et distributeurs.

Un phénomène nouveau en pleine expansion

L’Inra, qui a pour mission de comprendre les phénomènes alimentaires au sens large, s’est chargé d’évaluer leurs implications économiques. Depuis son arrivée à l’institut, après son DEA de mathématique et son magistère d’économie et statistique, Fabian Bergès s’implique totalement dans ce thème de recherche "appliqué" : "J’aime l’économie fondamentale, mais ce qui est bien à l’Inra, c’est que les problèmes de recherche partent de questions très concrètes. Et la thématique sur laquelle je travaille est large, il y a beaucoup de choses à faire. C’est très agréable d’avoir un champ à défricher. Les premiers résultats des études permettent de comprendre à qui servent ces marques de distributeur : À segmenter la demande en proposant un produit nouveau et à faire pression sur les producteurs de grandes marques pour qu’ils baissent leurs prix de gros… C’est également un outil non négligeable de fidélisation à l’enseigne."

Des outils statistiques pour analyser les données

En plus de son travail de modélisation économique, Fabian Bergès analyse également, avec le concours d’autres chercheurs de l’unité et l’aide d’une batterie d’outils statistiques, des bases données d’achat apportées par l’Institut Nielsen-Sécodip. Les sorties d’informations ont permis d’avoir une première idée de ce qui pousse les consommateurs à acheter des marques de distributeur : "La fidélité à l’enseigne est un critère assez important qui favorise l’achat. Il y aussi un effet "revenu" réel. Plus le revenu du ménage est élevé, moins l’achat de marques de distributeurs est important. En revanche, le niveau d’éducation, le lieu d’habitation ou l’âge ne jouent pas". Les habitudes d’achat de Fabian pourraient-elles orienter ses études sur les marques de distributeur ? "Non, en aucun cas je ne veux que mes idées personnelles biaisent mon travail", se défend-il. "Par contre, les résultats me permettent de mieux comprendre mon propre comportement…"

Comprendre les comportements et la nature humaine

En fait, comprendre la nature humaine est le vrai centre d’intérêt de ce curieux de nature qui, tout petit déjà, harcelait ses parents de "Pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ?" continuels. Le goût du contact avec les autres découle logiquement de sa soif de savoir. Échanger avec ses collègues de l’Inra, où "règne un véritable esprit d’équipe" est essentiel pour Fabian. "Nous avons des réunions d’unité ou de service où l’information passe, on discute beaucoup, tout le monde sait ce qui se fait". Sa volonté de toujours apprendre passe aussi par… ses charges d’enseignement. "Communiquer avec des jeunes me permet de me remettre continuellement en question et de rester humble. Il faut toujours être capable de répondre. Et puis les cours, c’est aussi un peu de comédie !", s’amuse-t-il.

Est-ce que c’est l‘envie de "performance" qui l’anime, au même titre que les représentations de Vaudeville qu’il donne actuellement avec sa troupe de théâtre amateur à Toulouse ? Ou que les partitions de Bach qu’il joue en tant qu’organiste à l’église ? En l’écoutant entre les lignes, il s’avère qu’il s’agit plutôt d’un constant esprit de dépassement de soi et de partage…

 

Rédacteur :  Mission communication
Date de création : 24 Février 2005
Date de dernière mise à jour : 11 Février 2008

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