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  • 55 ans
  • marié, 1 enfant, 1 petit-fils
  • directeur général délégué
  • formation : École normale supérieure, agrégé de l’Université,
    DEA d'entomologie, docteur en entomologie
  • signe particulier : épicurien de la science

 

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Guy Riba

Une vie entière consacrée aux progrès de la recherche agronomique.

(31/03/2005)

© Inra

Entré à l’Inra en 1977 comme chercheur, Guy Riba est aujourd’hui directeur général délégué chargé des programmes, du dispositif et de l'évaluation scientifiques. Tout au long de sa carrière, il a su se confronter avec succès à des aspects très différents des problématiques de la recherche et participer activement à des événements clé dans l’histoire scientifique et institutionnelle de l’Inra. Son rêve d’aujourd’hui : créer de véritables échanges européens de savoir-faire scientifique.

 

Chercheurs dans l’âme, laissez-vous entraîner par votre passion !

Issu d’une famille modeste d’agriculteurs, Guy Riba puise dans le Gers sa sensibilité au monde rural. Après ses études – école normale, agrégation, doctorat en entomologie – et devant les différents choix de carrière qui s’offrent à lui, il choisit l’Inra : "Au cours de mes études, j’ai rencontré des chercheurs de l’Inra. J’ai découvert des gens passionnés qui avaient un contact très étroit avec la réalité du terrain tout en se posant des vraies questions scientifiques".

Il travaille alors dans le domaine de la lutte biologique contre les insectes sur deux sujets : l’amélioration génétique des champignons pathogènes et les alternatives à la lutte chimique contre des ravageurs, notamment la pyrale du maïs. Sur le premier sujet, Guy Riba produit des travaux de génétique, mais estime finalement qu’il arrive à un cul-de-sac : "Les génomes étaient trop gros, nous n’avions pas de masse critique suffisante, et dans le cadre des collaborations internationales, nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord sur un consortium". Le deuxième axe de travail produit de bons résultats car les découvertes s’avèrent probantes et les procédés sur le terrain efficaces, "sur le plan appliqué, c’était un succès dans certains cas mais ce n’était pas généralisable", raconte Guy Riba.

Des balbutiements de la génétique moderne à la réorganisation structurelle de l’Inra

Un poste de directeur du département de Zoologie lui est alors proposé. Avec un groupe d’autres collègues, il conduit une réflexion pour que les entomologistes et les nématologistes puissent appréhender les approches modernes d’investigation : génétique des populations, génétique moléculaire, etc. Il réussit à montrer que la recherche fondamentale est indispensable au développement de ses applications : "La communauté des entomologistes et nématologistes de l’Inra a su maintenir cette intégration de la biologie des organismes à la biologie des populations dans la perspective de leur gestion". Quand Guy Riba est chargé de créer le département de "Santé des plantes et environnement", il s’inspire de ses travaux antérieurs pour insuffler cette optique en pathologie du végétal. C’est un collègue qui prolongera néanmoins cette dynamique car il est appelé à la direction scientifique du département "Plantes et produits du végétal". À cette époque, l’Inra est en pleine réorganisation structurelle : "En 1998, nous avons été quelques-uns à considérer qu’il fallait mettre un terme à une organisation trop cloisonnée où les directeurs scientifiques se retrouvaient en compétition pour la conquête des moyens de l’établissement. Le travail en collège de direction est né de cette réflexion animée par Paul Vialle, alors directeur général de l'institut, et par ailleurs fortement incitée par les syndicats. Cette initiative audacieuse s’est rapidement avérée performante et pertinente. Pourtant, rien n’était acquis au début". Aujourd’hui, le collège de direction permet à chacun de ses membres, et notamment aux directeurs scientifiques, de discuter de tous les thèmes, y compris ceux dont ils ne sont pas directement porteurs.

Trouver un équilibre entre recherche fondamentale et recherche appliquée

Non seulement Guy Riba prend ses fonctions dans un Inra en pleine mutation structurelle, mais également dans un contexte scientifique inédit : "C’était très intéressant car arrivaient en force des innovations scientifiques comme la génomique, la biologie à haut débit… nous avions alors tout à construire à l’Inra. De plus, la crainte que l’on se détourne à l’Inra de ce qui est plus systémique, plus intégré est réapparue. Dans le même temps la contestation de certaines innovations, notamment les OGM, montait en puissance". Avec l’aide de nombreux collègues, il a fallu imposer l’idée que les nécessaires efforts dans ces voies nouvelles d’investigation ne se feraient pas au détriment ni des recherches plus intégrées ni de la contribution de l’Inra à l’innovation : "Pour parvenir à cet équilibre il fallait un programme d’envergure exceptionnelle : c'est ainsi que Génoplante est né. Malgré ses imperfections, ses incertitudes et ses contestations, ce programme a renforcé notre rayonnement à l’échelle européenne et internationale. Il a permis à la communauté des végétalistes de la recherche publique en France de conserver son rang dans la compétition pour les connaissances malgré l'avancée fulgurante des recherches dans le monde".

Vers plus d’échanges institutionnels et d’initiatives européens

Depuis quelques mois, Guy Riba a pris ses fonctions de directeur général délégué. Une fois de plus, il est confronté à de nouvelles donnes nées des perspectives d’évolution du système national de recherche : la naissance de l’agence nationale de la recherche, le débat sur l’organisation régionale de la recherche autour de pôles de recherche et d’enseignement supérieur et le débat sur l’évaluation. Dans ce contexte de nouvelles questions s’inscrivent : comment coordonner les missions de cette agence avec celles de l’Inra ? Comment conserver une cohérence nationale à la recherche agronomique tout en développant des pôles régionaux et tout en étant finalisés ? Comment évaluer et respecter les missions spécifiques des chercheurs d’un organisme finalisé dans le cadre d’une évaluation nationale unique de l’ensemble des chercheurs et enseignants chercheurs du pays ?" La création de l’espace européen est par ailleurs un point majeur de l’activité de Guy Riba : "Il faut habituer les chercheurs à travailler avec leurs collègues anglais, allemands ou polonais. Il y a déjà de nombreuses relations scientifiques entre les chercheurs, c’est très vivant, mais les échanges institutionnels et les initiatives structurantes manquent. Pourtant tous les pays européens sont confrontés à l’usage des pesticides, à la préservation de l’eau et des sols ou à la sécurité sanitaire des aliments. C’est donc bien d’une agriculture européenne dont on a besoin, et par conséquent d’une recherche agronomique européenne qui soit performante, coordonnée et cohérente".

La recherche : l’aventure de toute une vie

Les différents postes qu’a occupés Guy Riba n’ont pas entamé sa pugnacité, son enthousiasme et sa soif de connaissance. Il s’est plu à chacun d’entre eux car il a toujours souhaité se confronter à des problèmes nouveaux, relever de nouveaux défis : "Chacune de mes nouvelles fonctions m’amène à me poser d’autres questions, à lire d’autres revues, à rencontrer d’autres personnes. Une chose demeure toutefois : quand j’étais chef d’équipe, je bossais beaucoup et tout le temps. Et maintenant, je continue de bosser beaucoup et tout le temps !" Pour Guy Riba, on ne fait pas le métier de chercheur par hasard. "La motivation première est l’envie de connaître et de comprendre. On ne peut vivre la vie de chercheur pleinement que si c’est une passion. C’est tellement enrichissant et tellement prenant qu’on peut se réveiller la nuit pour réfléchir à une 'manip', à un papier qu’on vient de lire, à une discussion qu’on a eue. Quand on est jeune et qu’on sent qu’on a intensément cette préoccupation dans la peau, il faut décider d’être chercheur, c’est tout simplement merveilleux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des difficultés, des moments de déprime ou de doute. On a toujours peur au début quand on prend des responsabilités nouvelles : serai-je à la hauteur au niveau intellectuel ? Saurai-je organiser mon travail ? Parviendrai-je à nouer les bonnes relations de travail ? Peu importe, outrepassons ces doutes car il faut se lancer, batailler, travailler. Si on aime la recherche et si on aime la science, ça vaut le coup. Le métier de chercheur, intellectuellement, c’est LE bonheur".

 

Rédacteur :  Mission communication
Date de création : 31 Mars 2005
Date de dernière mise à jour : 12 Mai 2006

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