Hélène Bergès est une biologiste née, c’est sans doute ce qui l’a aidée à achever 8 années d’arides études supérieures : "Mon goût de la compréhension des mécanismes du vivant remonte à mon enfance ! Les parcours en biologie ne sont pas faciles, et que ce soit une passion ancienne et profonde m’a donné plus de facilités pour continuer". Lors de son cursus, son intérêt se précise : "J’ai découvert que c’est la génétique, et notamment l’ADN, cette clé de tous les mécanismes de transmission, qui m’intéressait". Elle s’oriente donc vers la génétique moléculaire à partir de la Licence, obtient une Maîtrise de Biologie cellulaire, puis passe un DEA de Génie enzymatique, bioconversion et microbiologie en 1991 et soutient une thèse en 1995.
Du gène au génome
Après une thèse sur la production de protéines d’intérêt thérapeutique dans la bactérie Escherichia Coli, Hélène Bergès entre à l’Inra au cours d’un post-doctorat sur un "projet de recherche fondamentale destiné à tenter de comprendre les mécanismes d’un dialogue moléculaire entre une plante et la bactérie". Elle explique : "Quand la bactérie sur laquelle je travaillais a été séquencée en 2000, je suis passée au génome, une autre échelle de l’ADN. Et là, je me suis encore plus ‘éclatée’ dans ce que j’ai fait !" Jusqu’à ce qu’Hélène prenne en charge le Centre national de ressources génomiques végétales, en 2003, elle travaillera sur cette bactérie symbiotique de la luzerne.
Couper les génomes grâce aux ciseaux moléculaires
Le Centre national de ressources génomiques végétales (CNRGV) créé par l’Inra est chargé de conserver et de faire "vivre" des ressources génomiques végétales de plantes modèles comme Arabidopsis thaliana et de plantes cultivées comme la tomate, le blé, le piment, la vigne ou le colza. C’est à la fois un centre de référence en génomique et un prestataire au service de la communauté scientifique. Les ressources sont proposées sous forme de fragments de génomes découpés : "Un génome peut compter des milliers à des milliards de nucléotides. Pour les faire répondre aux questions qu’on se pose, on ne peut pas les approcher et les manipuler dans leur ensemble. Nous les fragmentons avec des enzymes de restriction, des 'ciseaux moléculaires' qui permettent de les couper et de les mettre dans des vecteurs manipulables par les biologistes". Les fragments de génome sont alors insérés dans une bactérie, E. Coli, la favorite des biologistes : "E. Coli est LA bactérie du génie génétique. C’est le rat de laboratoire des microbiologistes, la bactérie dont la génétique est la mieux connue. C’est aussi la plus manipulable en laboratoire".
Des outils au service de la communauté scientifique… et une certification ISO 9001
Le CNRGV effectue des travaux de recherche en collaboration avec des laboratoires privés ou publics : "Nous sommes en ce moment impliqués dans un projet pour la recherche de gènes de résistance du piment à certains virus à ARN avec un laboratoire d’Avignon pour qui avons réalisé des outils génomiques. Nous sommes aussi impliqués dans un projet de séquençage du chromosome 7 de la tomate."
La mise en place de la Démarche Qualité était un projet auquel Hélène Bergès tenait beaucoup. Elle a abouti à la certification ISO 9001 du CNRGV : "La norme ISO 9001 m’a plu car c’est une norme générale de management d’un projet ; elle intègre à la fois les ressources humaines, les ressources matérielles, les ressources environnementales et les méthodes. Ce n’est pas une norme figée, elle est au contraire tournée vers l’amélioration continue. Réajuster, toujours être en évolution, c’est essentiel : nous devons toujours être à la pointe de la technologie et répondre au mieux aux besoins de la communauté scientifique. Tout le monde trouve son compte dans cette mise en place".
En travaillant à l’Inra, Hélène Bergès se sent soutenue par une structure à la fois robuste et souple : "J’ai maintenant plus de relations avec les instances dirigeantes et je sens à l’Inra une ouverture et une confiance qui nous permettent de réaliser les projets correctement tout en suivant l’objectif qui a été fixé. Il est également très important de pouvoir s’entourer de personnes compétentes dans chaque domaine pour certaines étapes. C’est parce qu’il a su s’ouvrir et ne pas compter que sur ses acquis que l’Inra est bien positionné au niveau génomique".
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