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  • 43 ans
  • mariée, 2 enfants
  • chargée de recherche
  • formation : maîtrise de physiologie animale, DEA "Métabolismes, régulations endocriniennes, nutrition et développement"

 

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Véronique Coxam

comment l’oignon pourrait participer à la lutte contre l’ostéoporose…

(02/08/2005)

Véronique Coxam est directrice de recherche à l’unité mixte de recherche Inra - Université "Nutrition humaine" de Clermont-Ferrand/Theix. Elle dirige l’équipe "Alimentation squelette et métabolismes", spécialisée dans la prévention nutritionnelle de l’ostéoporose qui touche plus de trois millions de personnes en France. Aujourd’hui, elle étudie le rôle préventif des phytonutriments, ces micro-constituants végétaux apportés par les fruits et légumes de notre alimentation.

 

L’ostéoporose est une maladie du squelette se caractérisant par une perte osseuse qui augmente le risque de fracture. De plus en plus répandue du fait du vieillissement général de la population, elle est reconnue actuellement comme problème majeur de santé publique. Dans le domaine de la prévention nutritionnelle de l’ostéoporose, le calcium et la vitamine D sont des "classiques" ; ils ont déjà été bien étudiés et sont largement employés. "Sachant qu’il y avait des équipes très performantes sur le sujet, il était inutile de creuser cet aspect", explique Véronique Coxam, "nous nous sommes donc intéressés aux phytonutriments, notamment la quercétine, que l’on trouve partout dans le règne végétal, et notamment dans l’oignon, et qui est connue pour ses propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires".


L’inflammation : un aspect méconnu de l’ostéoporose


Qu’ont à voir des micro-nutriments anti-inflammatoires dans la recherche sur la prévention de l’ostéoporose ? "L’ostéoporose est une pathologie relativement complexe. Les pertes osseuses engendrées à la ménopause chez la femme sont bien liées à une carence en hormones, mais elles vont se compliquer au fur et à mesure du vieillissement par l’intervention d’autres phénomènes, dont l’installation d’une d’inflammation chronique à bas bruit", explique Véronique. Son équipe a développé des modèles animaux pour l’étude de l’ostéoporose postménopausique et sénile. En parallèle, des approches cellulaires et moléculaires sont mises en place, de façon à appréhender les mécanismes impliqués. Les données expérimentales sont ensuite validées dans le cadre d’investigations cliniques.


Une approche pluridisciplinaire pour mutualiser les connaissances


Le fait d’être dans un laboratoire qui travaille sur les micronutriments permet à l’équipe de Véronique d’avoir une vision intégrée des stratégies de prévention nutritionnelle basées sur une meilleure connaissance de l’alimentation. "Les études de biodisponibilité qui y sont par exemple conduites nous permettent de savoir comment un aliment va se comporter une fois qu’il sera absorbé. C’est très intéressant d’avoir une approche pluridisciplinaire, elle nous permet de mutualiser les démarches scientifiques et les moyens". Véronique Coxam ne s’arrête pas à l’étude des micro-nutriments végétaux : "Nous essayons de nous diversifier et d’étudier plus globalement le rôle de l’alimentation dans l’ostéoporose. Nous nous penchons sur l’implication des protéines, notamment ses interactions avec les autres micro-nutriments. Quelques publications dans la littérature sur le rôle des lipides semblent également prometteuses et méritent d’être étudiées. Nous tentons d’explorer toutes les pistes mais nous manquons de bras !" L’objectif de l’équipe de Véronique est d’arriver à terme à des recommandations nutritionnelles très précises.


Des recommandations et des conseils pour préserver nos os


Une des particularités de l’équipe de Véronique est d’être active dans le domaine de la communication, notamment par des journées d’information au grand public : "Tous les ans se déroule la journée mondiale de l’ostéoporose qui sensibilise les gens sur l’intérêt d’intervenir en prévention. Chaque année nous organisons une manifestation à Clermont pour conseiller le grand public, en partenariat avec des rhumatologues, kinésithérapeutes…, mais aussi des scientifiques travaillant dans le domaine de l’activité physique. L’ostéoporose nécessite une prise en charge globale !" précise Véronique.


Pour Véronique Coxam, qui est entrée à l’Inra pour faire d’abord des recherches sur le squelette des bovins, travailler sur des problématiques désormais humaines est une sorte de "consécration". Hormis ses études poussées de biologie qui ont abouti à un DEA "Métabolismes, régulations endocriniennes, nutrition et développement" et à un doctorat, elle avait fait une année d’études de médecine qui l’avait fortement motivée. "C’est en quelque sorte un retour à mes souhaits initiaux. J’ai l’impression de servir un peu à quelque chose, d’apporter une modeste contribution à la qualité de vie de l’être humain", dit-elle avec l’humilité qui la caractérise. Même si Véronique qualifie son rythme de travail de "très soutenu", cette maman d’un garçon de 17 ans et d’une fille de 11 ans prend aussi très au sérieux la qualité de vie de sa famille et de ses enfants, à qui elle consacre un temps précieux d’écoute attentive et de loisirs en commun : marche, ski et balades… des activités physiques de détente au grand air, excellentes pour le moral et… pour préserver son capital osseux !

 

Rédacteur :  Mission communication
Date de création : 02 Août 2005
Date de dernière mise à jour : 11 Février 2008

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