Rappelons que dans le monde en 2007, le soja représentait un peu plus de la moitié des surfaces totales en OGM et que 64 % des superficies en soja étaient transgéniques. La question des impacts des OGM étant l'objet de fréquents débats, il faut souligner que nombre de "leurs impacts" ne provient pas des OGM en eux-mêmes, mais des caractéristiques et des objectifs qu'on leur donne via le type de nouveaux caractères introduits, du contexte où ils s'insèrent et enfin de la façon dont on les utilise… Au niveau économique, ce qu'on qualifie "d'impacts des OGM" ne relève t'il pas souvent en fait des impacts du système économique englobant ?
Les facteurs de développement des OGM aux USA, entre autres du soja, sont notamment le contexte socio-politique favorable et leur intérêt agro-économique –au moins à court terme– pour les farmers malgré certains inconvénients comme le coût plus élevé des semences. La large adoption du soja transgénique provient notamment de la plus grande facilité et flexibilité du désherbage qu’il permet, ainsi que de sa bonne association avec d'autres pratiques culturales en expansion comme celles de conservation des sols. Sa marge brute est par ailleurs le plus souvent proche ou très légèrement supérieure à celle du soja conventionnel.
Avec l'essor de ce soja, les herbicides conventionnels sont supprimés en grande partie et remplacés par du glyphosate. La quantité totale d'herbicides épandue par unité de surface de soja a baissé de 1996 à 2001, mais a tendance à augmenter ensuite. Cependant un tel bilan quantitatif des herbicides a peu de sens : il est nécessaire de le pondérer par leur niveau de toxicité et d'écotoxicité. Le calcul d'indicateurs synthétiques en la matière pour les herbicides utilisés sur le soja entre 1995 et 2006 pris dans leur ensemble montre que leur impact environnemental s'est quelque peu allégé entre ces dates ; cependant, à l'amélioration nette entre 1997 et 2001 a succédé une légère dégradation entre 2002 et 2006 avec l'accroissement des quantités d'herbicides employées.
Du fait de la progression des cultures tolérantes au glyphosate, de la baisse du prix de ce dernier avec l'essor des génériques (son brevet ayant expiré en 2000) et du développement des techniques de conservation des sols, l'emploi du glyphosate a fortement crû en remplacement des autres herbicides présents sur le marché. Cela a eu pour conséquence d’entraîner l'apparition d'adventices (mauvaises herbes) résistantes au glyphosate, ce qui est évidemment un sujet de préoccupation pour l’avenir. Toutefois ce qui est en cause n'est pas réellement le génie génétique en lui-même, mais surtout la manière dont cette innovation est gérée et le contexte où elle s'insère.
Contact :
Sylvie Bonny
UMR Economie publique INRA-AgroParisTech
BP 01, Campus de Grignon
78850 GRIGNON
bonny@grignon.inra.fr
Référence :
Bonny S.2008. Genetically modified glyphosate-tolerant soybean in the USA: adoption factors, impacts and prospects. Agronomy for Sustainable Development (28), pp 21-32.
DOI: 10.1051/agro:2007044
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