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Accueil > Les partenariats > Collaborations et partenaires > Entreprises > En direct des labos > Evaluer les biens et services, forêt française

Evaluer les biens et services fournis par la forêt française


© Inra-L.Vidal
La forêt française représente un patrimoine économique et environnemental non négligeable. Au-delà de la production de bois, la forêt est source de nombreux autres bénéfices : séquestration du carbone, activités récréatives, fonctions écologiques. Disposer d’un outil pour apprécier la valeur de la forêt est indispensable afin de prendre en compte les services marchands et non marchands qu’elle offre. L’équipe de recherche du Laboratoire d’Economie Forestière (LEF) de l’INRA-AgroParisTech a présenté dans une récente étude les comptes économiques et environnementaux de la forêt, un travail d’évaluation à même de mesurer les conséquences des décisions privées ou publiques sur le secteur forestier.

 

La mise en place de la comptabilité sectorielle propre au domaine forestier, menée en partenariat avec les organismes nationaux de statistiques, exige un important travail de recueil et de mise en cohérence de données. L’évaluation monétaire est basée sur les prix observés sur les marchés (bois, produits dérivés, carbone…) ou sur les coûts ou dépenses induits (protection de la forêt, activités récréatives…). La protection de la biodiversité, exclue de la sphère économique, est valorisée par le LEF grâce à une analyse contingente.

La valeur des peuplements sur pied est déterminée généralement par approximation de la valeur marchande de la récolte. Le LEF propose d’affecter aux prélèvements utiles, correspondant à la récolte commercialisée totale et à l’autoconsommation de bois, les prix observés aux grandes ventes d’automne de l’ONF, en distinguant la structure de la récolte par essence et par produit. De là, découle un prix moyen de la récolte au mètre cube appliqué au stock de bois sur pied. Cependant, cette méthode comporte des limites.
La principale fonction marchande de la forêt est la production de bois et la vente de bois sur pied. La valeur sur pied de la récolte de bois est évaluée à un milliard d’euros en 2004 (16 euros/m3). Une fois abattus, ces produits de la sylviculture deviennent des produits de l’exploitation forestière. La production totale de la filière bois est évaluée à 35.5 milliards d’euros. 15 % de cette valeur proviennent de la sylviculture et de l’exploitation forestière, 32 % du travail du bois, générateur de valeur ajoutée. Avec plus de 18 milliards d’euros, l’industrie papetière représente quant à elle 51 % de la production de cette filière.

A cette fonction marchande de la forêt, s’ajoute un rôle environnemental et social : séquestration du carbone ayant un impact positif dans la lutte contre le réchauffement climatique, récréation en tant qu’espace de loisir, contribution au maintien de la biodiversité. En l’absence d’évaluations monétaires tangibles, des indicateurs de valeur ont été mis en place. Depuis le 1er janvier 2005, l’Europe a institué un marché du CO2. En se basant sur la valeur de la tonne évaluée à 17 euros par le gouvernement français en septembre 2009, la captation de carbone s’évaluerait à 800 millions d’euros. Le calcul de la valeur récréative de la forêt s’appuie sur le coût du transport supporté par les individus pour s’y rendre. En moyenne, les français effectuent 14 sorties en forêts par an, chaque sortie générant un surplus individuel moyen d’environ 22 euros par sortie. Sur cette base, en France, la valeur récréative de la forêt est évaluée à près de 9 milliards d’euros par an.
Les fonctions écologiques remplies par la forêt ne sont pas à négliger : lutte contre l’érosion, les avalanches, protection de la ressource en eau. Leur évaluation est basée sur le montant des travaux de restauration (dunes, périmètre de captage, ripisylves…) qui s’élève à 30 millions d’euros. Le LEF propose d’ajouter à ce montant le consentement à payer annuel des ménages pour conserver la biodiversité estimé à 364 millions d’euros.

Au final, bien que les évaluations monétaires puissent être sujettes à controverse, l’étude met en exergue l’importance des services non marchands fournis par la forêt : ils représenteraient 80 % de la valeur générée par la filière bois.
 

Contacts :


Claire MONTAGNE, montagne@nancy-engref.inra.fr,
Alexandra NIEDZWIEDZ, niedzwiedz@nancy-engref.inra.fr,
Anne STENGER, stenger@nancy-engref.inra.fr

UMR 356-Laboratoire d’Economie Forestière
INRA AgroParisTech-ENGREF
14 rue Girardet
54 042 NANCY
Tèl : 03 83 39 68 57


Sources :
 

  • Claire MONTAGNE, Alexandra NIEDZWIEDZ, Anne STENGER, "Les comptes de la forêt française : un outil d’évaluation intégré des biens et services (marchands et non marchands) fournis par la forêt ", INRA Sciences sociales, n°5, Novembre 2009, p.1-4.

 

Rédacteur :  Délégation au Partenariat avec les Entreprises
Rubrique :  Laboratoires - résultats de recherche
Date de création : 07 Juillet 2010
Date de dernière mise à jour : 12 Juillet 2010

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