Les chercheurs ont comparé les valeurs nutritionnelles de produits appartenant à une même catégorie d’aliments c’est-à-dire vendus sous la même dénomination commerciale. Bâtonnet de surimi, tranches de jambon avec couenne, saucisses de strasbourg, quiche lorraine fraîche, quiche lorraine surgelée, cassoulet, couscous "royal", purée lyophilisée, glace vanille sont quelques exemples de catégories qui ont été choisis. Dans chacune de ces catégories, les chercheurs ont sélectionné des produits de marque différente pour avoir une gamme de prix aussi large que possible : marque nationale, marque distributeur, marque de hard-discount, marque "1er prix" distributeur. Les chercheurs ont ensuite relevé les prix, la liste et l’ordre des ingrédients mentionnés sur les emballages, et lorsqu’ils étaient présents la densité énergétique (en kcal/100g) et les teneurs en protéines, lipides et glucides pour 100 g.
De manière à pouvoir comparer la qualité nutritionnelle des ingrédients utilisés, les chercheurs ont été amenés à concevoir un "score de qualité des ingrédients" en définissant des critères positifs ou négatifs. Ainsi pour les raviolis, ont été considérés comme critères positifs le pourcentage de viande, la présence d’huile de colza (riche en acides gras mono et polyinsaturés), la présence de vitamines du groupe B, et comme critères négatifs la présence d’huile végétale sans précision sur son origine, la présence d’huile de palme (teneur élevé en acides gras saturés). Ce "score de qualité" permet de comparer entre eux des produits de même catégorie mais pas de catégorie différente.
Les résultats montrent sur un ensemble d’aliments transformés que si les aliments dits de "marque nationale" coûtent à peu près 2 fois et demi plus cher que les aliments de 1er prix, ils ne sont pas plus riches en énergie ou plus gras que les autres.
L’explication la plus probable est la concentration des processus de production. En effet, derrière différentes marques se trouve parfois un seul et même fabricant. La recette peut varier mais elle ne semble pas affecter la teneur en énergie, glucides et lipides totaux. En revanche il y a une corrélation très forte entre le prix et la quantité de viandes, ce qui n’a rien d’étonnant. L’absence d’étiquetage nutritionnel sur certains produits serait donc liée au choix de positionnement commercial et non à une volonté de cacher des produits de qualité nutritionnelle médiocre.
Contact scientifique :
France Caillavet Laboratoire CORELA-ALISS INRA Ivry sur Seine Tél : 01 49 59 69 83 Fax : 01 49 59 69 90 France.Caillavet@ivry.inra.fr
En savoir plus :
- Aliments premier prix : peut-on les comparer aux aliments de marque ?
Cahiers Nutrition et Diététique, 42, 1, 2007
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