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Devenir des oestrogènes dans les stations d’épuration


© Inra / Jean Bertin
Les chercheurs du Laboratoire de Biotechnologie de l’Environnement de Narbonne ont étudié le devenir des oestrogènes dans les stations d’épuration, au cours de la méthanisation et du compostage. Réalisé sur une station expérimentale, ce travail de thèse a permis de définir les conditions techniques de ce suivi.

 

Les oestrogènes sont parmi les principaux perturbateurs endocriniens transférés vers les milieux naturels via les eaux usées. Ils sont susceptibles de provoquer, à des concentrations de l’ordre du ng/L, des altérations de la croissance, du comportement et de la reproduction. Une des sources majeures de ces oestrogènes sont les êtres humains qui les excrètent naturellement via leurs urines. Il existe également des oestrogènes synthétiques utilisés comme contraceptif ou lors de thérapie. Toutes ces molécules se retrouvent donc dans les eaux usées urbaines.

L’objectif de ce travail de recherche était d’étudier le devenir de ces oestrogènes lors du traitement des eaux usées par les stations d’épuration urbaines. Les chercheurs ont étudié la dynamique et l’activité oestrogénique au niveau d'une station d'épuration en combinant des évaluations chimiques et biologiques. Ils ont abordé le devenir des oestrogènes et de diverses activités endocriniennes au cours de la méthanisation et du compostage des boues grâce à la validation d'une méthode analytique spécifique aux matrices solides. Enfin, ils ont caractérisé les bactéries impliquées dans le mécanisme de biodégradation des oestrogènes en combinant des méthodes de microbiologie classique et moléculaire : ils ont montré qu’il s’agissait de bactéries non cultivées ou déjà reconnues pour dégrader des oestrogènes et autres micropolluants.

Les résultats de cette étude montrent que, pour la station d’épuration étudiée, les oestrogènes sont efficacement éliminés par biodégradation au cours du traitement des eaux usées urbaines. Bien que faibles en quantité, les oestrogènes adsorbés sur les boues et leur toxicité associée persistent au cours de la méthanisation et du compostage.
 

 

Contacts scientifiques :  


Mathieu Muller ou Jean-Philippe Steyer
INRA, UR050
Laboratoire de Biotechnologie de l’Environnement
Avenue des Etangs
11100 Narbonne
steyer@supagro.inra.fr

En savoir plus :


Ce travail de recherche a été soutenu financièrement par l’ADEME, le département "Environnement et Agronomie" et le département "Microbiologie et chaîne alimentaire" de l’INRA.

Le texte de la thèse est téléchargeable à l’adresse suivante :
http://www1.montpellier.inra.fr/narbonne/documents/Theses/MullerThese2008TI.pdf

 

Rédacteur :  Délégation au Partenariat avec les Entreprises
Rubrique :  Laboratoires - résultats de recherche
Date de création : 10 Juillet 2009
Date de dernière mise à jour : 16 Juillet 2009

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