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PHYLOGENE, société de biotechnologie basée dans le Gard

"Réalistes et responsables, les chercheurs de l’INRA ont très bien intégrés les contraintes économiques de notre recherche"


Gilbert Skorski est le Président Directeur Général de la société PHYLOGENE. Cette société de biotechnologie basée dans le Gard a développé une activité d’analyse et d’expertise pour les industries agro-alimentaires et de développeur de kits de détection pour l’industrie du diagnostic. L’INRA a été partenaire de cette entreprise dans plusieurs programmes de développement d’outils d’identification d’ingrédient et de traçabilité pour des filières de l’agro-alimentaire.

 

JLR : Pouvez-vous présenter votre entreprise ?

GS : Phylogene a été créée en 1999, au départ sur les problématiques d’identification des ingrédients présents dans les produits alimentaires transformés. Les premières méthodes mises-au-point avaient pour objectif par exemple d’identifier la présence de volaille dans des raviolis "pur bœuf". Cela a demandé la mise au point de technique de détection d’ADN en conditions physico-chimiques complexes. Il ya eu une collaboration avec le CNRS qui avait un savoir-faire sur l’extraction d’ADN. Nous nous sommes ensuite très vite orientés vers la détection et quantification des OGM dans les produits alimentaires. Ayant travaillé dans le monde médical, j’ai aussi rapidement perçu l’intérêt de travailler à la détection des allergènes dans les aliments. Cette recherche d’allergènes peut se faire par détection de protéines, par des techniques d’immuno-réactions. Mais l’utilisation de l’ADN s’est révélée aussi pertinente. Avec l’ADN, on peut facilement mettre en évidence la présence de produit contaminant.
Tout cela nous a conduits à avoir une activité R&D très développée, à adapter des techniques comme la PCR (Polymerase Chain Reaction, technique de détection et d’amplification d’ADN) au besoin des industriels et à travailler à la réalisation de kits de détection pour l’industrie du diagnostic in vitro.
 

JLR : Comment avez-vous été amené à travailler avec l’INRA ?

GS : Concernant l’huile d’olive, le partenariat avec l’INRA a débuté en 2001 avec Françoise Dosba du centre INRA de Montpellier, dans un programme régional, puis en 2002 avec le programme européen « Oliv-Track »* qui comprenait 12 partenaires de 6 pays différents (Angleterre, Belgique, Espagne, France, Italie, Portugal). Ce programme portait sur l’identification et donc la traçabilité des produits de l’olivier, sur la signature ADN des variétés. On a alors commencé à travailler sur l’extraction des ADN dans l’huile d’olive avec André Bervillé (INRA Montpellier).
Nous avons également collaboré en 2004 avec Jean-Jacques Godon de l’INRA de Narbonne pour développer une technique garantissant l’origine géographique d’une eau de source, en utilisant l’ADN des bactéries vivant naturellement dans ce milieu, puis en 2003-2004 avec Patrice This de l’INRA de Montpellier déterminer les cépages présents dans le vin.
 

JLR : Il est facile de retrouver des traces d’ADN dans de l’huile ?

GS : Composé majoritairement de lipides, l’huile est peu favorable à la dissolution de l’ADN. Mais la couleur verte plus ou moins prononcée d’une huile est due à la présence de débris cellulaires de l’olive, qui vont contenir l’ADN de l’olivier. Il est cependant plus facile d’authentifier une  huile que d’identifier son origine, c'est-à-dire de vérifier que telles ou telles variétés ont bien été utilisées dans sa fabrication plutôt que de reconnaitre les cultivars employés à partir des signatures ADN retrouvées dans l’huile. C’est une limite à la fois technique et économique.
La France qui est un petit producteur d’huile d’olive par rapport à l’Italie et à l’Espagne, présente la particularité d’avoir une répartition géographique variétale précise. De plus, les cahiers des charges des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) spécifient quels cultivars doivent être employés  dans la production de tel ou tel lieu. Les domaines sont contrôlés en amont bien sûr, mais un test d’authentification par ADN apporte une garantie finale de la qualité de la production pour le consommateur.
 

JLR : Quel est le marché d’un tel test ?

GS : Le marché de l’authentification n’est pas développé. Pour des raisons culturelles et économiques je pense, les producteurs ne cherchent pas à contrôler comme en pharmacie ou en industrie automobile la qualité de leur production. C’est le client qui peut avoir la demande. Sous un autre angle, un producteur doit évidemment jouer la carte de la qualité, pour maintenir des prix élevés. Mais il le fera plus spontanément avec les pratiques de culture et de production internes, non pas avec des preuves scientifiques externes. Il aura un intérêt à effectuer ce type de test, s’il peut le valoriser, par un marketing adéquat. Nous avons ainsi quelques clients qui ont du succès dans cette démarche.


JLR : L’INRA s’est bien impliqué dans une collaboration avec un partenaire privé ?

GS : Les chercheurs avec qui nous avons été en contact ont toujours montré de l’intérêt pour nos recherches appliquées. Proches du terrain, ils n’ont pas été rebutés par les problématiques très "terre à terre" d’une PME qui doit obtenir des résultats à courts termes. Réalistes et responsables, ils ont très bien intégrés les contraintes économiques de notre recherche. Il est assez facile de mesurer l’intérêt de chercheurs  pour un sujet à leur réactivité lors de l’élaboration de programmes partenariaux.
De même, lors de notre participation au programme européen, nous avions de bonnes relations avec nos différents partenaires. Nous n’étions pas la PME alibi  dans un consortium de laboratoires de recherche. C’est peut-être dû au fait que l’élaboration des programmes européens prend désormais en compte les implications industrielles et les bénéfices attendus pour les citoyens et les consommateurs.
Pour la partie juridique de notre collaboration, la rédaction du contrat réalisé par l’Unité des Contrats et de la Propriété Intellectuelle (UCPI) de l’INRA a été simple et facile. Nos remarques ont bien été prises en compte pendant les phases de préparation.
 

*Site web du programme "Oliv-track" : http://www.dsa.unipr.it/foodhealth/oliv-track/
 

Contact :

M Skorski
PHYLOGENE
62 RN 113
30620 Bernis
Tél : 04 66 04 77 99
Fax : 04 66 04 77 97
 E-mail : contact@phylogene.com

Propos recueilli le 12 décembre 2008 par Jacques Le Rouzic (INRA/DPE)

 

Rédacteur :  Délégation au Partenariat avec les Entreprises
Rubrique :  Témoignages
Date de création : 13 Janvier 2009
Date de dernière mise à jour : 15 Janvier 2009

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