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Politiques publiques en matière d’obésité : cas des femmes de milieu défavorisé
Contrairement aux enquêtes d’opinion qui reposent sur les déclarations des personnes interrogées, l’économie expérimentale mesure directement la valeur qu’un individu attribue à un choix en le plaçant dans des conditions expérimentales reproduisant les conditions réelles du choix. C’est ce qui rend cette méthode si utile notamment pour les décideurs de l’action publique lorsqu’ils ont à faire des choix pour la collectivité, car ils peuvent, grâce à cette méthode, s’appuyer sur les préférences individuelles effectivement mises en oeuvre.
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La recherche dont nous présentons les résultats a été réalisée dans le cadre d’une recherche sur la politique publique face à l’obésité. Elle a consisté à étudier les préférences de deux populations de femmes – des femmes parmi les plus pauvres d’une part (revenu mensuel inférieur à 700 €) et des femmes ayant des revenus supérieurs à la moyenne d’autre part (40% supérieurs à la moyenne des revenus) – vis-à-vis de deux politiques publiques. La première consiste à subventionner le secteur des fruits et légumes pour diminuer leur prix de 30 %. La seconde consiste à réduire de 30 % les prix des produits considérés comme bons pour la santé et en parallèle à augmenter de 30 % les prix des produits dont la consommation devrait être limitée.
Cette étude est justifiée par le fait que les femmes à faibles revenus sont particulièrement touchées par les problèmes d’obésité, car elles consomment moins de fruits et de légumes et sans doute plus de sucres et de matières grasses. Elles seraient également moins réactives à une politique de prix.
Pour bien atteindre la population visée, les chercheurs ont décidé d’aller au devant de ces femmes, là où elles vivent, en faisant les expérimentations dans des centres sociaux, au lieu de leur demander de venir au laboratoire comme cela se fait habituellement. L’expérience a été réalisée avec 107 femmes auprès desquelles les chercheurs ont testé les deux politiques de prix ci-dessus décrites. Pour pouvoir mettre en œuvre les méthodes de l’économie expérimentale, les chercheurs ont réellement proposé 180 produits alimentaires choisis parmi ceux qui sont habituellement consommés et qui sont achetés dans les supermarchés. Les participantes ont dû reconstituer des journées alimentaires correspondant à leur choix actuel et aux scénarios proposés.
Les résultats montrent que les politiques de prix fonctionnent c’est-à-dire que les deux populations consomment davantage de fruits et légumes, de produits sains et moins de produits non désirables ("junk food"), mais l’effet n’est pas pour autant le même pour les deux catégories de femmes. La population à bas revenus profite moins de la baisse des prix sur les « bons » produits et est plus réticente à changer ses habitudes alimentaires.
Contact :
Références :
- "Impact d'une politique de prix sur le régime alimentaire. Une approche expérimentale", Lacroix, A., Muller, L., Ruffieux, B., INRA Sciences Sociales, n°2, 2009.
- "Daily Food Consumption of Low Income-Women: The Impact of a Nutritional Price Policy, a Field Experiment", Lacroix, A., Muller, L., Ruffieux, B., Miméo, 2009.
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Rédacteur :
Délégation au Partenariat avec les Entreprises
Rubrique :
Laboratoires - résultats de recherche
Date de création : 11 Septembre 2009
Date de dernière mise à jour : 15 Septembre 2009
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