En raison d’une demande croissante de produits animaux comme la viande ou le lait, la production animale devra s’intensifier dans les années à venir. Cependant, de nombreuses questions sociétales se développent autour de l’élevage. Il est désormais impossible de ne pas tenir compte du bien-être des animaux qui y sont élevés. Pour répondre à de nouvelles normes de production et à la demande des consommateurs, les éleveurs doivent donc faire évoluer leurs systèmes de production afin de mieux intégrer le respect de l’animal tout en restant économiquement compétitif.
Dans ce contexte, les chercheurs de l’unité Systèmes d’Elevage Nutrition Animale et Humaine (UMR SENAH) ont comparé les performances de croissance de porcs à l’engraissement dans deux modes d’élevage très différents. Un premier groupe de porcs a été élevée dans un système conventionnel, sur caillebotis avec une surface de 0,65 m2 par animal tandis qu’un second groupe était élevé dans un système alternatif, sur paille avec accès à une zone extérieure sur une surface totale de 2,4 m2 par animal. Ce second mode d’élevage est compatible avec les normes d’élevage en agriculture biologique en France.
Les scientifiques ont ainsi observé que les porcs élevés dans le système alternatif croissaient plus vite que les porcs élevés dans un système conventionnel. Cette croissance plus rapide a conduit à obtenir au même âge, un poids de carcasse supérieure chez les animaux élevés en système alternatif que chez les animaux en élevage standard (+ 7,3 kg). Les animaux mangeaient plus, la prise alimentaire moyenne pendant les phases de croissance et d’engraissement était supérieure chez ces animaux élevés sur un espace quatre fois supérieur au système conventionnel. Les chercheurs ont expliqués ce constat par le fait d’une température moins élevée dans les conditions du système alternatif. En effet, une température trop élevée réduit la prise alimentaire lors d’une alimentation à volonté chez le porc. Une autre explication apportée par les chercheurs est que les animaux élevés sur une plus grande surface avaient plus facilement accès au distributeur de nourriture, en particulier en fin d'engraissement.
Les chercheurs ont ensuite étudié la carcasse des animaux des deux groupes expérimentaux. Ils ont constaté que les conduites d’élevage avaient une influence sur la composition de celles-ci. Le système alternatif produisait des carcasses plus riches en graisse. Ces carcasses présentaient une augmentation de l’épaisseur de la couche lipidique sur le dos de l’animal (20,9 mm contre 19,9 mm) sans pour autant diminuer l’épaisseur de muscle. Il en résultait une légère diminution de la teneur en viande maigre de la carcasse (-1,6%) plus marquées chez les mâles que chez les femelles.
Les chercheurs ont ainsi pu montrer que de bonnes conditions d’élevages sont favorables à la croissance des porcs. Dans un contexte de compétitivité économique accru, il est important de pouvoir mesurer l’influence des conditions d’élevage sur des paramètres conditionnant la durabilité des élevages.
Contact scientifique :
Jean Yves Dourmad
INRA
UMR 1079 Systèmes d’Elevage Nutrition Animale et Humaine
35590 Saint-Gilles
Tél : 02 23 48 50 47
Fax : 02 23 48 50 80
Jean-Yves.Dourmad@rennes.inra.fr
Pour en savoir plus :
- Influence of pig rearing system on animal performance and manure composition. J.Y. Dourmad, M. Hassouna, P. Robin, N. Guingand, M.C. Meunier-Salaün, B. Lebret. Animal (2009) pp 606-616
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