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Accueil > Les partenariats > Collaborations et partenaires > Entreprises > En direct des labos > Réduire, malformations,vertèbres, truites d’élevage

Réduire les malformations des vertèbres des truites d’élevage par l’utilisation de bassins simulant des courants


© Inra-S. Kaushik
Chez les salmonidés, de nombreuses avancées zootechniques ont permis d’améliorer notablement les performances d’élevage. Parallèlement, on observe l’apparition de nombreuses malformations osseuses qui nuisent à la qualité finale du produit (aspect, aptitude à la découpe des filets) entraînant de ce fait des pertes économiques non négligeables. Devant ce phénomène préoccupant, il était important de comprendre l’origine de ces malformations. Des chercheurs Inra, associés à des scientifiques de l’Université Paris-6, du CNRS, du muséum d’Histoire Naturelle et de la Station de Biologie Marine ont montré que chez les truites la nage à contre-courant dans des bassins de pisciculture a un effet positif sur l’axe vertébral, et peut être une solution pour prévenir certaines anomalies osseuses. En contrôlant le courant dans les bassins d’élevage pour soumettre les poissons à une activité physique soutenue, les producteurs peuvent ainsi agir de façon simple sur la bonne croissance des juvéniles.

 

Les malformations du squelette des poissons d’élevage et principalement de la colonne vertébrale sont des anomalies fréquentes. Ces anomalies témoignent d’une atteinte au bien-être de ces animaux, et sont aussi la cause de pertes économiques importantes. Elles peuvent, entraîner des surcoûts dans le tri (aspect) et baisser les rendements à la découpe. Les truites, qui représentent plus de 80% de la production piscicole en France, sont particulièrement concernées par ces problèmes de malformation osseuse. Dans certaines études jusqu’à 22% des poissons présentent des anomalies vertébrales. Actuellement, le métabolisme osseux des truites est très mal connu, et peu de données reliant ce métabolisme et les conditions d’élevage sont disponibles.

La truite est un poisson d’eau vive, nageant dans des rivières aux courants plus ou moins forts. Plusieurs études réalisées chez d’autres espèces de poissons ont montré que la nage à contre-courant, selon l’intensité de ce courant, peut avoir des effets positifs sur le métabolisme du poisson en général. Les scientifiques, dans le cadre d’une étude financée par FranceAgriMer, ont voulu étudier l’influence de la vitesse de nage des truites sur leur développement osseux.

Pour cela, trois lots de 200 truites ont été élevés dans des bassins simulant des courants nuls, moyen et forts soient 0, 1 BL s-1 et 1.5 BL s-1 ( Body Lengh /sec ou longueur du corps par seconde) à la station de pisciculture expérimentale Inra des Monts d’Arrée (PEIMA). Pour créer ces courants, les bassins étaient équipés d’une admission d’eau, ouverte en permanence avec un certain débit, et d’une évacuation située au centre. 

 
 
Représentation schématique du système expérimental

Les truites ont été élevées dans ces conditions pendant plusieurs mois, (un mois et demi après leur premier repas jusqu’à ce qu’elles atteignent une taille commercialisable). Au terme de la croissance, les scientifiques ont analysé la conformation et la minéralisation des vertèbres des poissons. Ils ont aussi mesuré les taux d’hormones liées à la croissance du poisson (hormones thyroïdiennes) et au métabolisme osseux (calcitonine, alkaline phosphatase, tartrate resistant acide phosphatase).
Les résultats de ces analyses ont montré qu’un exercice soutenu (nage rapide jusqu’à 1,5 fois la longueur du corps par seconde) réduit de façon significative le nombre de vertèbres fusionnées, améliore le taux de minéralisation et diminue la compacité osseuse tout en augmentant les taux d’hormones thyroïdiennes et de calcitonine circulantes. La calcitonine semble avoir été un des facteurs majeurs des mécanismes de régulation améliorant la minéralisation osseuse chez la truite soumise à un effort continu. Les poissons soumis au fort courant ont su mieux mobiliser les minéraux disponibles pour construire un squelette pouvant répondre aux contraintes biomécaniques de la nage, sans altérer leur vitesse de croissance.
 

Contact scientifique:

Laurent Labbé
UE0937 PEIMA Pisciculture Expérimentale INRA des Monts d'Arrée
INRA Sizun
29450 SIZUN
Tél  02 98 68 89 36
Fax 02 98 24 10 08
E-mail Laurent.Labbe@rennes.inra.fr
 

Pour plus d’information:

  • Sustained exercise improves vertebral histomorphometry and modulates hormonal levels in rainbow trout. MH Deschamps, L Labbé, S Baloche, M Fouchereau-Péron, S Dufour, JT Sire. Aquaculture 296 (2009) 337-346


 

 

Rédacteur :  Délégation au Partenariat avec les Entreprises
Rubrique :  Laboratoires - résultats de recherche
Date de création : 07 Juillet 2010
Date de dernière mise à jour : 08 Juillet 2010

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