Accès direct :    Recherche rapide :   OK
L'institut les_partenariats Les recherches les hommes et les femmes La science et vous
La recherche Inra : pourquoi, sur quoi, comment  | Métaprogrammes  | Exemples de recherche  | Annuaires  | Ressources scientifiques
 
 

Imprimer

Envoyer par courriel

Accueil > Les recherches > Exemples de recherche > Espèces invasives : des arbres européens aux avant-postes en Chine

Espèces invasives : des arbres européens aux avant-postes en Chine

(04/01/2012)

Chenille Lymantriide sur chêne. © Inra, A. Roques
© Inra, A. Roques
Aujourd’hui, la majorité des espèces exotiques introduites en Europe viennent d’Asie. Un projet européen, PRATIQUE, vise à mettre au point des méthodes de détection précoce des espèces potentiellement dangereuses pour les forêts européennes.

 

 
 Invasions biologiques, quelle menace pour les forêts ?
Présentation d’Alain Roques, unité de recherche Zoologie forestière, Inra Orléans (Salon international de l’agriculture 2011)
 

C’est en Chine que les scientifiques sont allés poster leurs vigies pour devancer les invasions d’espèces exotiques dans les forêts européennes. "La majorité des espèces récemment arrivées en Europe viennent d’Asie, en particulier celles colonisant les essences forestières. Entre 2000 et 2008, 57 % des insectes xylophages envahissants étaient originaires d’Asie. Ce continent a détrôné l’Amérique du Nord en tant que pourvoyeur d’espèces invasives, tous groupes confondus, vers l’Europe", explique Alain Roques, directeur de l’unité de Zoologie forestière à l’Inra d’Orléans.

"En général, ces ravageurs ou parasites ne font aucun dégât dans leur pays d’origine. Soit qu’ils ont leurs ennemis naturels, soit que les espèces-hôtes sont plus résistantes", poursuit le chercheur. "À partir de ce constat, nous avons planté des arbres ‘sentinelles’ en Asie : cyprès, hêtres, charmes, sapins et trois espèces de chênes. Au total sept essences communes aux forêts d’Europe. Mais nous regrettons de ne pas avoir obtenu d’autorisations pour les pins". Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’un projet européen, "PRATIQUE", dont Alain Roques coordonne la partie française. L’objectif est de détecter, dans leur région d’origine, les nouveaux envahisseurs potentiels avant leur introduction dans un nouveau continent ou pays. À terme, il s’agit de disposer de méthodes de détection précoce pour endiguer l’expansion des envahisseurs.

De 2008 à 2010, les scientifiques français et leurs homologues chinois ont surveillé étroitement deux parcelles installées dans les régions de Pékin et de Hangzhou (300 km au sud de Shanghai). À l’heure actuelle, une centaine d’espèces d’insectes se sont attaquées aux arbres sentinelles et 34 s’avèrent potentiellement dangereuses. D’ores et déjà, les chercheurs ont retenu cinq de ces espèces comme à haut risque en cas d’invasion en Europe, principalement des coléoptères, lépidoptères et hyménoptères (photos). Les chênes pédonculés en particulier se montrent les plus vulnérables, ayant eu à subir des assauts répétés et meurtriers dans les parcelles chinoises.

Larves d'hyménoptères symphytes - tenthrèdes limaces - sur des feuilles (face interne) de chênes et leurs dégâts sur la face externe des feuilles. © Inra, Alain Roques
 

Des avancées rendues possibles grâce à Daisie

Ces travaux font suite au programme de recherche européen Daisie (Delivering Alien Invasive Inventory for Europe) auquel participait déjà Alain Roques en tant que coordinateur des équipes Inra impliquées (cf. encadré). Lancé en 2005 et achevé en 2008, Daisie a conduit au premier inventaire mondial des espèces exotiques établies à l’échelle d’un continent : plus de 10 000 espèces animales et végétales exotiques, des bactéries aux mammifères, ont envahi le Vieux Continent depuis le XVe siècle1. Cette étape majeure franchie, les premières évaluations des impacts éventuels des invasions biologiques sur la biodiversité et l’économie ont pu être livrées : 11 % espèces recensées sont connues pour avoir un impact écologique et 13 % un impact économique2.

"Un système d’alerte précoce européen permettrait d’anticiper les risques liés à certaines invasions. Ces risques ont fortement augmenté avec le récent affaiblissement des contrôles douaniers entre les pays de l’Union européenne. D’où l’importance de disposer d’une liste des espèces potentiellement dangereuses pour nos arbres," estime Alain Roques. En plus de l’expérimentation en Chine, le projet PRATIQUE comporte également un suivi de zones forestières en Sibérie pour détecter l’arrivée d’insectes ou de pathogènes nuisibles.

Le rôle déterminant de l’Homme et de la mondialisation

L’ensemble des envahisseurs profite du développement des activités humaines pour gagner des territoires de plus en plus éloignés de leur aire d’origine. Le programme Daisie a mis en évidence que le nombre cumulé d’espèces exotiques arrivées en Europe avait connu une hausse exponentielle ces 50 dernières années. La rapidité des transports intercontinentaux (avion contre bateau) augmente aussi les chances de survie de ces passagers clandestins. Les introductions accidentelles, en augmentation, sont corrélées avec l’essor du commerce de plantes ornementales, des échanges horticoles ou agricoles. Selon les scientifiques, les activités humaines surpassent en influence les contraintes géographiques et le climat3 même si ce dernier influe sur le processus, en étendant notamment vers le Nord les aires de répartition des espèces adaptées à un climat chaud.

Le projet européen Daisie

180 scientifiques, 15 institutions de 24 pays européens
15 chercheurs de l’Inra, 5 équipes : Zoologie forestière, Inra d'Orléans ; Centre de biologie et génétique des populations, Inra de Montpellier ; Station commune de recherches en ichtyophysiologie, biodiversité et environnement, Inra de Rennes ; Biologie et gestion des adventices, Inra de Dijon, et UMR Biodiversité, gènes et écosystèmes, Inra de Bordeaux
Initié en 2005 et achevé en 2008, le projet Daisie a généré une base de données des espèces exotiques qui permet de rechercher des informations par espèces, pays/régions, ou experts scientifiques... De plus, une « liste rouge » des 100 espèces les plus menaçantes détaille pour chacune leur répartition géographique, la région d’origine, les types d’habitats envahis, l’abondance, les voies d’invasion, les impacts écologiques, économiques et sanitaires, les méthodes de gestion ainsi que les moyens de prévention.
Les connaissances sur la biologie des 1590 espèces d'arthropodes exotiques connues en Europe acquises avec le projet Daisie sont publiées dans l'ouvrage "Alien terrestrial arthropods of Europe" dont tous les chapitres sont disponibles en ligne. En savoir plus >>

> Site web du projet européen Daisie

(1) Premier inventaire des espèces invasives animales et végétales en Europe : l’Inra a coordonné les études sur les invertébrés terrestres et les champignons
Fiche de Presse info, 23/01/2008

(2) Une première estimation des dommages écologiques et des coûts économiques occasionnés par les espèces invasives en Europe
Fiche de Presse info, 05/08/2009

(3) Espèces invasives : le compte à rebours est lancé !
Fiche de Presse info, 16/02/2011

 

 

Rédaction :  Mission communication
Contact scientifique :  Alain Roques
Unité :  Zoologie forestière, Inra d'Orléans
Département :  Ecologie des forêts, prairies et milieux aquatiques
Date de création : 04 Janvier 2012
Date de dernière mise à jour : 23 Janvier 2012

 

La recherche Inra : pourquoi, sur quoi, comment

Métaprogrammes

Exemples de recherche

Trier par thématique :

Trier par année :

 

Rechercher :


Annuaires

Ressources scientifiques

Siège : 147 rue de l'Université 75338 Paris Cedex 07 - tél : +33(0)1 42 75 90 00 | copyright © INRA 2009 | Crédits | Mentions légales