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Fiche de Presse Info.
10/10/2007
La forêt mise à nu
En mars 2007, 11 000 hectares de la forêt de Haye, aux environs de Nancy, ont été survolés par un avion équipé d’un système laser, à la recherche des secrets qui se cachent sous les arbres. Les premières images issues du traitement par les chercheurs de l’INRA, de l’ONF et du Service Régional de l’Archéologie de Metz, sont disponibles aujourd’hui. Elles laissent entrevoir des applications révolutionnaires, pour la détection des vestiges archéologiques en forêt et pour la compréhension de l’impact de l’agriculture gallo-romaine sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers actuels.
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Site archéologique fortifié du Camp d’Affrique (construit à l’Age de fer) situé dans la forêt de Haye, dont l’ensemble est recouvert d’une forêt dense de chêne et hêtre A gauche, photo aérienne (IGN / BDOrtho®). A droite, image issue des données laser et qui révèle l’enceinte d’un camp celtique (INRA/ONF/DRAC).
Un outil nouveau pour l’analyse des milieux forestiers
La télédétection par laser aéroporté (LIDAR) permet de repérer les structures présentes sous les couverts forestiers, avec une précision horizontale et verticale de l’ordre d’une dizaine de centimètres. En fait, on obtient une image du sol similaire à celle que l’on aurait en enlevant les arbres. L’altitude de la cible atteinte par le laser peut être déduite du temps de retour du signal et l’intensité de ce signal donne des indications sur les propriétés physiques de l’objet visé. Les coordonnées de l’ensemble des points au sol permettent de générer des modèles numériques de la surface du sol (MNT) et de la canopée, la différence entre les deux correspondant à la hauteur de la couche végétale.
11 000 hectares de forêt scrutés au rayon du laser
En mars dernier, 11 000 hectares de la forêt de Haye, aux environs de Nancy ont ainsi été survolés par un avion équipé d’un système laser envoyant 5 faisceaux par mètre carré de sol. Au total, plus d’un milliard et demi de points ont été relevés lors du scan du massif forestier. Dans cette forêt, une collaboration entre l’INRA, l’ONF et le Service Régional de l’Archéologie de Metz avait déjà permis de lever patiemment, à pied,une partie du plus grand cadastre gallo-romain connu en Europe. Ce projet, le plus important lancé à ce jour dans les forêts françaises, a pu se concrétiser grâce au soutien du Conseil Régional de Lorraine et de l’Union Européenne et à un partenariat entre l’ONF, la DRAC de Lorraine et l’INRA qui ont mis en synergie la diversité de leurs compétences.
Des images fascinantes
Les premières images issues du traitement par les chercheurs des données informatiques sont disponibles et laissent entrevoir des recherches et des applications très prometteuses. Outre les structures connues, comme celle du camp d’Affrique et celles qui avaient été peu à peu inventoriées, une multitude de structures antiques, murs, fossés, terrasses apparaissent pour la première fois. La localisation précise et la caractérisation des vestiges archéologiques, très nombreux en Forêt de Haye, vont ainsi progresser très rapidement. La technique pourrait être ensuite transposée à d’autres forêts. Ces données permettront de mieux comprendre l’impact de l’agriculture gallo-romaine sur la diversité et la fertilité des écosystèmes forestiers actuels. En outre, la hauteur des arbres pourrait être de cette façon estimée et donc à terme, - et c’est un enjeu de la recherche- la quantité de bois sur pied.
La technique mise en œuvre constitue un outil exceptionnel d’aide à l’aménagement des peuplements forestiers et de gestion patrimoniale et écologique d’une forêt péri-urbaine très fréquentée et emblématique.

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