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Fiche de Presse Info.
06/09/2007
Les mycoplasmes ont-ils une sexualité ?
Les mycoplasmes sont des bactéries dépourvues de paroi, qui possèdent un nombre de gènes extrêmement réduit ; il en existe de très nombreuses espèces, commensales ou pathogènes. Certains mycoplasmes sont responsables de maladies majeures pour les animaux d'élevage, pouvant engendrer des pertes économiques importantes. Jusqu'à présent, les échanges de matériel génétique entre ces microorganismes étaient considérés comme marginaux. Or, les chercheurs de l'INRA, par des analyses de génomique comparative, ont démontré l'échange d'un nombre important de gènes entre des espèces éloignées de mycoplasmes pathogènes de ruminants. Ces résultats suggèrent ainsi l'existence d'une sexualité chez les mycoplasmes. Cet échange direct de gènes, probablement par conjugaison, pourrait avoir des conséquences en matière d'émergence de nouvelles souches mieux adaptées à leur hôte ou plus virulentes.
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© INRA / E. Baranowski
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Une grande partie des bactéries ont une sexualité qui consiste en l'échange de matériel génétique entre souches d'une même espèce ou entre espèces " compatibles " partageant une niche commune. Ce transfert s'effectue par un mécanisme de conjugaison qui nécessite la formation d'un pore entre les partenaires receveur et donneur. Jusqu'à présent, les études menées suggéraient que les échanges de matériel génétique entre les mycoplasmes étaient marginaux.
La découverte de la sexualité des mycoplasmes
Les chercheurs de l'INRA ont réalisé des analyses de génomique comparative sur plusieurs espèces de mycoplasmes. Pour cette étude, les chercheurs ont séquencé le génome de Mycoplasma agalactiae, pathogène des ruminants. La comparaison des données génomiques et des arbres phylogénétiques montre qu'environ 18% du petit génome de M. agalactiae est présent chez les mycoplasmes du groupe mycoides, composé de pathogènes majeurs des ruminants.
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© D. Bergonier
Agneau présentant des arthrites dues à des mycoplasmes
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Par ailleurs, M. agalactiae et certaines espèces du groupe mycoides peuvent partager le même habitat (canal auriculaire des caprins).
Ce résultat complète un résultat précédent des chercheurs de l'INRA, qui avaient montré récemment chez M. agalactiae l'existence d'un élément génétique ayant les caractéristiques d'un élément nécessaire au mécanisme de conjugaison.
L'ensemble de ces résultats suggère que les mycoplasmes des ruminants ont été capables pendant leur évolution d'échanger du matériel génétique par conjugaison. La sexualité des mycoplasmes est un fait nouveau qui reste encore à explorer, mais ce comportement pourrait avoir des conséquences en matière d'émergence de nouvelles souches mieux adaptées à leur hôte ou plus virulentes.
| L’INRA développe des collaborations avec l’AFSSA, le CIRAD, et les Ecoles nationales vétérinaires sur les maladies des ruminants causées par les mycoplasmes, qui concernent à la fois les pays du Sud et du Nord. L’INRA envisage avec ces partenaires de développer un réseau international, afin de coordonner leurs efforts pour favoriser la production de connaissance, notamment par la réalisation conjointe de recherches, d'expertises ou d'études et par la valorisation des résultats acquis. Les programmes en cours visent plus particulièrement à prévenir la résurgence ou l'émergence de certaines de ces maladies via l'amélioration de la vaccination et du diagnostic. |
Référence : Sirand-Pugnet P, Lartigue C, Marenda M, Jacob D, Barré A, et al. (2007) Being Pathogenic, Plastic, and Sexual while Living with a Nearly Minimal Bacterial Genome. PLoS Genet 3(5): e75 doi:10.1371/journal.pgen.0030075 http://genetics.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371%2Fjournal.pgen.0030075
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