Des chercheurs de l’INRA de Jouy-en-Josas ont étudié chez Lactococcus lactis, les mécanismes par lesquels les bactéries peuvent résister à la dégradation de leur paroi par le lysozyme. Le type de résistance mis en évidence présente un intérêt particulier puisque le lysozyme est utilisé comme antibactérien dans l’industrie agroalimentaire. Par conséquent, ces recherches vont pouvoir faire émerger un champ d’applications important permettant une maîtrise efficace de l’utilisation du lysozyme dans la fabrication des produits alimentaires.
Les résultats obtenus par les chercheurs montrent que Lactococcus lactis a la capacité de résister au lysozyme. Ils lèvent ainsi le voile sur l’existence d’un schéma de régulation sophistiqué, impliquant l’action imbriquée et concertée de plusieurs régulateurs qui répondent aux différents stress.
En effet, la réponse à de nombreuses conditions de stress chez les bactéries Gram-positives est régulée par une famille de facteurs de transcription généraux : les protéines apparentées à Spx. L’étude de cette famille de protéines a permis aux chercheurs d’identifier l’une d’entre elles, SpxB, comme un médiateur de la réponse aux stress affectant la paroi cellulaire.
En effet, en surexprimant SpxB dans les bactéries, ils ont observé une modification chimique du composant de la paroi bactérienne, le peptidoglycane, qui assure la protection mécanique et physique de la bactérie. Cette modification permettrait à la bactérie de mieux résister aux dommages causés par l’agression par le lysozyme.
Les travaux se poursuivent pour étudier comment d’autres protéines apparentées à Spx participent à cette régulation des différents stress auxquels sont soumis les lactocoques, des bactéries non pathogènes. Les connaissances obtenues pourraient être transposables à des bactéries pathogènes ou opportunistes des genres streptocoque, staphylocoque ou entérocoque, qui sont phylogénétiquement proches des lactocoques. Les résultats éclairciront les mécanismes qui permettent l’orchestration des réponses de la cellule à de multiples signaux environnementaux. Ils permettront aussi d’élucider comment ces mécanismes sont impliqués dans la bascule de la bactérie vers un état dormant (ultime stratégie bactérienne permettant la survie dans des conditions de stress), et dans l’acquisition de la résistance vis-à-vis des antimicrobiens alimentaires.
Référence : SpxB Regulates O-Acetylation-dependent Resistance of Lactococcus lactis Peptidoglycan to Hydrolysis Patrick Veiga12, Carmen Bulbarela-Sampieri13, Sylviane Furlan, Aurélie Maisons, Marie-Pierre Chapot-Chartier, Michael Erkelenz4, Peggy Mervelet¶, Philippe Noirot¶, Dorte Frees||, Oscar P. Kuipers**, Jan Kok**, Alexandra Gruss, Girbe Buist**5, and Saulius Kulakauskas6 Unité Bactéries Lactiques et Pathogènes Opportunistes, Unité de Biochimie Bactérienne, and ¶Génétique Microbienne, Institut National de la Recherche Agronomique, 78352 Jouy-en-Josas Cedex, France, the ||Department of Veterinary Pathobiology, Royal Veterinary and Agricultural University, Stigbøjlen 4, DK-1870 Frederiksberg C, Denmark, and the **Department of Molecular Genetics, Groningen Biomolecular Sciences and Biotechnology Institute, University of Groningen, Kerklaan 30, 9751 NN Haren, The Netherlands J. Biol. Chem., Vol. 282, Issue 27, 19342-19354, July 6, 2007
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