


Page suivante:Thèmes
de recherche étudiés actuellementNiveau précédent:Activités
de recherchePage précédente:Représentation
compacte des préférences et
Application à la production
vinicole
La gestion dynamique des chaînes de production industrielle doit
prendre en compte différents types de contraintes liées à
la qualité de la production, aux moyens à mettre en oeuvre
(machines, énergie disponible), aux ressources humaines. Beaucoup
de ces contraintes sont quelque peu élastiques et d'importance inégale.
D'autre part, les paramètres à prendre en compte pour la
gestion de ces chaînes de production ne sont pas forcément
connus précisément / avec certitude (demande des clients,
dates et quantité d'apport des matières premières,
incidents de production).
Le modèle des Problèmes de Satisfaction de Contraintes
Flexibles (PSCF)3
offre un cadre unifié permettant de prendre en compte cette flexibilité
des contraintes et l'incertitude de certains paramètres. On peut
plus particulièrement modéliser :
-
des préférences sur des valeurs possibles,
-
l'incidence de la violation totale d'une contrainte sur un niveau de satisfaction
global,
-
des valeurs plus ou moins plausibles d'un paramètre incertain.
Le problème que j'ai plus particulièrement étudié
pendant mon stage de DEA réalisé en collaboration avec le
CEMAGREF, puis par la suite pendant ma thèse, concerne la gestion
d'une cave vinicole sur laquelle pèsent des contraintes de cuverie,
de puissance de réfrigération et d'horaires de personnel.
L'ensemble de ces contraintes forme un système d'une demi-douzaine
de contraintes linéaires, dont certaines sont élastiques,
contiennent des coefficients mal connus ou sont de moindre priorité.
Pendant la période des vendanges, une cave vinicole reçoit
chaque jour un certain volume de moût (jus de raisin) issu de la
récolte quotidienne. Ces jus doivent être clarifiés
(on doit éliminer les résidus de la pression) avant d'être
assemblés dans des cuves pour commencer à fermenter. Cette
clarification peut s'opérer de deux manières différentes.
Les jus de meilleure qualité (appelés cuvées) sont
clarifiés par stabulation à froid, procédé
long et coûteux, mais assurant une meilleure qualité du vin.
Les jus de moindre qualité (ou tailles) sont centrifugés,
ce qui est plus rapide et moins coûteux.
La méthode de clarification est d'abord imposée par la
qualité du vin, mais d'autres paramètres sont à prendre
en compte : la quantité de récolte quotidienne qui peut imposer
qu'un certain volume de moût de cuvée soit centrifugé,
les capacités énergétiques de la cave...
Les paramètres de la modélisation sont de deux types :
-
Les paramètres de contrôle : le début des tâches
de centrifugation (tc) et de clarification par échangeur
tubulaire (tt), la proportion de moût de cuvée
qui sera centrifugée (x, qui idéalement vaut 0).
-
Les paramètres non contrôlés, entâchés
d'incertitude : les apports journaliers en moûts de cuvée
et de taille (VC et VT), les différents
débits des échangeurs (pour la centrifugation
ou
pour la stabulation
),
compte tenu des éventuels incidents de production (relativement
fréquents).
Les contraintes, elles, sont soit des contraintes d'horaire de personnel
(pendant la période cruciale des vendanges, la journée se
termine vers 19 h pour les tâches les plus pénibles, vers
23 h pour les autres), des contraintes liées au volume de cuverie
disponible, ou encore des contraintes liées à la puissance
énergétique disponible (imposant que les tâches de
centrifugation et de stabulation ne peuvent être effectuées
en même temps). Certaines contraintes sont flexibles (typiquement,
les contraintes d'horaires), d'autres ne sont pas absolument prioritaires
(typiquement, si on ne peut faire autrement, les tâches de centrifugation
et de stabulation sont exécutées simultanément, au
détriment du degré de satisfaction global).
Les valeurs incertaines des paramètres sont modélisées
par des distributions de possibilité, alors que les degrés
de satisfaction des contraintes flexibles sont interprétés
en termes d'utilité ordinale. Les priorités attachées
à certaines contraintes servent à borner supérieurement
le degré de satisfaction d'une solution violant ces contraintes
(une solution violant une contrainte de priorité faible reste relativement
satisfaisante, alors que si la priorité est forte, la solution devient
peu satisfaisante). Sous cette interprétation, le degré de
satisfaction global attaché à une solution (une instanciation
des variables de décision) n'est autre que le degré d'utilité
qualitative possibiliste pessimiste, que j'ai décrit dans les sections
précédentes.
Ce problème de gestion de production peut se ramener à
un problème d'optimisation sous contraintes (non flexibles, linéaires
ou non linéaires suivant les hypothèses retenues) [IJIFS'98].
Après la fin de mon DEA, j'ai effectué un stage d'un mois
au CEMAGREF afin d'implanter les méthodes proposées, en Visual
Basic pour Excel, les données du problème (statistiques sur
les volumes d'apports journaliers, fréquences et durées d'incidents
de production...) étant disponibles sous forme de fichiers Excel.


Next:Thèmes
de recherche étudiés actuellementUp:Activités
de recherchePrevious:Représentation
compacte des préférences et
Regis Sabbadin
1999-12-23