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Rédaction (sauf mention contraire) : Alain Fraval
Pour le maintien de l'ordre,
Course
de bêtes (parues dans Insectes
n° 155) - Tête d'épingle (Insectes n° 156)
* En 2010 : L’acacia
imite le cri de la fourmi, Emprunt,
La mineuse du biocarburant,
Lucilie GM, La chrysomèle du
biocarburant, Il met le grappin
sur elle, Ya pas d'mâles, Les mouches quittent le navire,
Lumière très réfléchie,
Tabac de nuit ouvert le jour, Sans
papier en rétention, Zombiptères
nucléaires, Piézopode, Les pieds propres des adhérants, Ouvrières
en
CDD,
Entomologie
spatiale (suite), Buis
envahi, De la
poudre jusqu'aux yeux,
Maigre espoir, Regarder penser les mouches, Greffe du nez, Prolétaire sans défenses,
La méfiance en héritage, Camions d'hiver, Alteroviposition, Le ver rose résiste à Monsanto, Naviguer au pif, Mme Muscle, Droso Alzheimer, Accueillante Californie, Les voies de l’immigration clandestine, Les costauds et les couillus, Bêtes curieuses, Rencontre du 3e biotype, Le wiliwili est sauvé, Trouillométrie, Sagesse ?, Le cafard vieux comme le monde, Attention chenille méchante (suite), À chacun sa chacune, Nouvelles mines, Le vert rose, Le mot « abeille » en éléphant, Punaisés, Ils craquent pour des criquets, Indifférence atavique, Le grésillement qui fait mâle, La fête de la Coupe du monde de foot, On recrute un nouvel agent…, Vocation précoce, Amours torrides, En bandes, ils prennent la grosse tête, Bleu banane, Elles tombent dans le panneau, Restauration collective, Le grillon, c'est grillé, Impressionnant, Droso médusée, Le Bourreau de la reine décharançonne, Avec les tripes, Taon pis pour les noirs, Adoptez une notonecte !, Vol de jour, La tête de l’emploi ?, Le sacrifice de Madame pot de colle, Le problème des bandes, Filer un juteux cocon, Les insectes c’est sexy, Un sommet pour un cimicide, Marguerite aussi, O157:H7 dans les limbes, Land art, Candidats à l’entrée en Europe, Flag !, Le cafard et l’air du temps, Leur bec sucré les perd effectivement, Moustique, les antibiotiques, c’est pas automatique ! Mouches trans, La Mineuse du labo, Épingle anglaise, Fourmis de nuit, Le Frelon électrique, C'est la lutte finale, Mouche ou mouchard ? Secouer le sapin.
Toutes les Épingles (jusqu'à fin 2009), sont réunies en un ouvrage (396 p.) |
Les Épingles de collection - à consulter, page par page : Les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002, Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005, Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007,, Les Épingles de 2008, Les Épingles de 2009, Les Épingles de 2010, Les Épingles de 2011. - ou globalement (jusqu'à fin 2009) ici.
À lire sur Internet :
Des vers s’attaquent aux plantes grâce à des gènes dérobés à des bactéries. INRA, 15 décembre 2010.
«
Des nématodes, vers microscopiques vivant dans le sol et ravageurs de
cultures, sont capables de parasiter les plantes, en partie grâce à des
gènes qu’ils auraient “dérobé” aux bactéries. »
La mouche "hirsute" africaine retrouvée. Le Figaro, 8 décembre 2010.
[Mormotomyia hirsuta Dip. Mortomyiidé (proche des Hippoboscidés) - larve dans les déjections de chauves-souris / Kénya]
Photo
Secouer le sapin
Robert
Hollingsworth, de la recherche agronomique états-unienne, a conduit une
expérimentation rigoureuse visant à comparer deux méthodes de
désinsectisation : manuelle et mécanique. Les deux sont imposées par
les autorités de l’État ; elles doivent être appliquées sur un
échantillon (combien ?) pendant « un certain temps ». Les résultats
sont très décevants.
Il s’agit d’empêcher la poursuite de l’invasion d’Hawaï par La Guêpe de l’Ouest Vespula pensylvanica
(Hym. Vespidé) depuis le Nord-Ouest de l’Amérique du Nord. Le vecteur
est toujours et encore le sapin de Noël, récolté en novembre l’automne
dans les plantations du continent et expédié vers les îles. Des reines
de la guêpe qui n’ont pas encore établi de nid s’installent souvent
parmi les branches du conifère pour hiverner. Et traversent le
Pacifique…
Le chercheur a conclu à la supériorité relative de la
machine à secouer ; mais ce n'est pas vraiment efficace. En revanche,
une pulvérisation d’un insecticide pyréthrinoïde avant la récolte
débarrasse les sapins de leurs hôtes indésirables. Résultats publiés
dans le Journal of economic entomology.
D’après
«Research Leads to Fewer Yellowjackets on Christmas Trees », par
Stephanie Yao. Lu le 14 décembre 2010 à www.ars.usda.gov/
À (re)lire L'appétit de la guêpe, de 2009.
Les
longues séances d’épouillage sont un lointain souvenir et le goût du
pou croqué dès que débusqué s’est perdu il y a longtemps. Le Progrès a
apporté le peigne fin et la Marie Rose, sans oublier le rasoir qui
ravage l’habitat de Pediculus humanus capitis. Il frappe fort – et un dernier coup d’après ses promoteurs - avec l’amélioration du LouseBuster®.
Dans une première version, décrite dans Pediatrics
en 2006, l’engin était bruyant, se bloquait dans les cheveux bouclés et
on ne pouvait pas le brancher sur une prise de courant normale. Oubliés
ces défauts, le principe demeure : un fort courant d’air chaud et sec
est injecté au niveau du scalp par un ensemble de 28 buses. Le pou
périt non point cuit mais séché.
94,8% des lentes et des poux sont tués en 15 mn, d’après l’article à paraître dans le Journal of Medical Entomology
– livraison de janvier 2011. L’agence états-unienne de sécurité
alimentaire et sanitaire (FDA) a approuvé l’usage de l’engin, aussitôt
breveté.
La machine est chère mais les institutions charitables
peuvent se la procurer pour environ 2 000 € seulement. Dans le « small
delousing business », en pleine expansion, compter 100 à plus de 200 €
pour une séance. Prévoir 30 mn dont, en seconde mi-temps, un peignage
fin pour enlever les cadavres.
D’après « The LouseBuster returns », EurekAlert, lu le 6 décembre 2010 à www.scimag.com/
NDLR : les
poux vont donc disparaître ; s’ils survivent au LouseBuster® américain,
ils crèveront entre les dents du Robicomb® sud-africain. L’appareil,
léger et maniable, fonctionne avec une pile (AA). Lorsque ce gros
peigne rencontre un pou ou une lente, il émet un son bref
; l’insecte, sans avoir le temps de dire ouf, est électrocuté.
A voir, dans la série des Insectes d'avant : Phthiriase ou Maldie pédiculaire, par Pierre Tournadour, 1816.
Mouche ou mouchard ?
L’armée
de l’air états-unienne est un grand acteur dans le domaine de
l’entomologie (de synthèse). Elle vient de faire construire, en
Californie, un tunnel de vol très perfectionné. Les parois sont des
écrans : y défilent des paysages (très simplifiés). Des drosophiles –
en attendant les minuscules robots volants pas encore au point – y sont
lâchées contre un courant d’air ; leurs trajets sont captés par des
caméras et suivis et analysés par des logiciels. De telles
installations existent dans le civil pour l’étude du vol des insectes.
Les
militaires, en l’occurrence, font de l’entomo dans le but, déjà dévoilé
ici, de produire et de faire voler des insectes artificiels. Seuls ou
en essaim, ces aéronefs miniatures voleront dans des lieux autrement
inaccessibles, pour espionner ou détruire leur cible. Ce travail en
tunnel doit leur permettre de mettre au point un système de navigation
embarqué indépendant des systèmes GPS (ça ne capte pas partout).
D’après « US Air Force studies fruit-flies to build killer insect swarm drones », par Lewis Page. Lu le 8 décembre 2010 à www.theregister.co.uk/
NDLR : regardons la vidéo.
Le faux pigeon est marrant, la fausse mouche ridicule. Qui s’y
laisserait prendre ? Mais méfions-nous. Nos militaires seraient
capables d’habiller leurs puces électroniques volantes d’un tégument
réaliste. On s’inscrira à la formation ad hoc de l’OPIE pour apprendre à les repérer.
À (re)lire (et à pratiquer sur des mouches artificielles) : La mouche pour cible, par moi-même. Insectes n° 151 (2008-4).
6 décembree 2010
À lire sur Internet :
Harmonia - Coccinelles du monde n° 5 (septembre 2010, 35 p.) est en ligne.
En Ariège, le papillon et le protée. Vidéogramme (bref) d’Universcience. Le Monde, 28 novembre 2010.
Épingle anglaise
Le prix Bad Sex in Fiction, décerné par la revue Literary Review, a été décerné à Rowan Somerville pour sa nouvelle The Shape of Her.
Pour cette phrase : « Like a lepidopterist mounting a tough-skinned insect with a too blunt pin he screwed himself into her ».
D’après « Irish author takes bad sex prize », QMI Agency, lu le 29 novembre 2010 à cnews.canoe.ca/
NDLR : Google,
qui lit régulièrement tout ce que l’OPIE publie et notamment mes
articles et autres Épingles, est de ce fait capable de donner de ce
bref texte entomologique une traduction intéressante, je vous la
copie-colle : « Comme un lépidoptériste montage d'un insecte difficile
à peau avec une trop brutale axe lui-même vissé dans son ».
Fourmis de nuit
Les fourmis bouledogues du genre Myrmecia
(Hym. Myrmicidés) sont connues pour leur grande taille, leur
agressivité et leurs longues et fines mandibules. Et aussi pour leurs
yeux composés très grands pour des fourmis, adaptés au repérage précis
de proies potentielles (la nourriture de leur couvain) et, pour
certaines, à la vision nocturne.
Ajay Narendra (Université
nationale d’Australie) a comparé les yeux des individus des différentes
castes de 4 espèces, toutes fourrageant sur les eucalyptus, en notant
les périodes d’activité des individus.
Ces fourmis partagent
le même habitat en étant actives à des périodes du nycthémère décalées.
Les mâles, dans tous les cas, sont diurnes et ont les yeux les plus
petits et pauvres en ommatidies. Les ouvrières de l’espèce M. pyriformis ont quelque 3 000 facettes à chaque œil, des facettes deux fois plus grandes que celles de sa congénère diurne M. croslandi et pourvue d’un rhabdome deux fois plus long et trois fois plus épais.
Pourtant,
cette amélioration de l’équipement optique est faible et est
insuffisante à permettre aux ouvrières nocturnes de se déplacer et de
récolter leur nourriture efficacement dans le noir. Une fourmi vraiment
nyctalope devrait porter une tête beaucoup plus grosse, ce qui
épuiserait toute son énergie.
A. Narenda recherche maintenant les
outils de navigation (intégration temporelle et spatiale de signaux)
complémentaires que ces fourmis mettent en œuvre.
D’après « Australian Bull Ants First to Show Evolution of Night Vision », lu le 30 novembre 2010 à www.suite101.com/
Le Frelon électrique
Le Frelon oriental Vespa orientalis
(Hym. Vespidé) vit autour du Bassin méditerranéen, à l’est. Il n’a
jamais gagné le Maghreb ni l’Espagne, on se demande bien pourquoi.
C’est un pilleur de ruches. À Chypre, l’abeille locale se défend en
l’entourant (à plusieurs) : le frelon en meurt, non pas surchauffé
comme on le pensait, mais proprement étouffé, ses stigmates occultés
par le télescopage des segments de son abdomen. Car ce frelon résiste
étonnamment bien à la chaleur (il est actif à 40 °C).
Il intrigue aussi les chercheurs par ses particularités électriques et thermiques.
Dès
1994, des entomoélectroniciens israéliens ont mesuré le courant produit
(à l’obscurité) par son cocon de nymphose : de quelques dizaines à
plusieurs centaines de nanoampères selon la température. Par ailleurs,
si l’on éclaire ledit cocon, on en provoque la fluorescence.
L’imago,
lui, possède une centrale solaire sur le dos. L’été, les ouvrières
creusent le nid souterrain dans la boue et déblaient, larguant les
matériaux en vol à quelque distance de l’entrée du nid. Ce travail est
au maximum de son intensité à la mi-journée, alors que les espèces
voisines sont très matinales. À midi, l’intensité des UV B est au plus
haut et il s’agirait de récolter de l’énergie.
Marian Plotkin
(université de Tel Aviv) et ses collaborateurs avaient mesuré que la
température du frelon en vol au sommet du prothorax excède de 6 à 9 °C
celle de l’abdomen et mis en évidence une structure cuticulaire
particulière recouvrant plusieurs couches d’épithélium farcies de
trachées et imbibées d’hémolymphe ; à proximité, des muscles puissants
(qui ne servent évidemment pas au vol). Une sorte de machine
énergétique présente également chez la Guêpe germanique Paravespula germanica.
Récemment,
avec des moyens optiques plus puissants, ils ont examiné les zones
brunes et les zones jaunes de la cuticule de l’insecte (couleurs
aposématiques), teintées respectivement par la mélanine et la
xanthoptérine et composées de l’empilement de 30 et de 15 couches.
L’exocuticule brune est finement sculptée de façon à constituer une
grille de diffraction de la lumière. Ceci ressemble à un dispositif
photovoltaïque associé à une pompe à chaleur. Effectivement, éclairée,
elle produit un faible courant et nos chercheurs ont construit une
cellule de Grätzel (cellule à pigment photosensible ou DSSC)
fonctionnant à la xanthoptérine.
À quoi notre frelon emploie ces
électrons ? À deux choses, suggèrent les auteurs : climatisation et
propulsion. L’électricité servirait à fournir la chaleur nécessaire à
un travail souterrain intense et le rafraîchissement indispensable sous
la canicule. Elle apporterait aussi un supplément d’énergie aux muscles
du vol. En effet, un frelon qu’on a endormi s’envole doucement ; pour
le voir partir comme une flèche, éclairez-le !
D’après, entre autres, « The solar-powered electric hornet», par Michael Marshall. Lu le 10 novembre 2010 à www.newscientist.com/
Article source : Marian Plotkin et coll., 2010. Solar energy harvesting in the epicuticle of the oriental hornet (Vespa orientalis). Naturwissenschaften, DOI: 10.1007/s00114-010-0728-1
25 novembre 2010
À lire sur Internet :
Les Moché, la mouche et la mort, par Hervé Morin. Le Monde, 26 novembre 2010.
"L'étude de restes d'insectes trouvés dans une tombe précolombienne, au
Pérou, montre que les défunts pouvaient rester à l'air libre plusieurs
semaines avant inhumation".
À (re)lire : Entomologie médico-légale : les insectes au service de la justice (par Damien Charabidzé et Benoit Bourel), Insectes n° 147 (2007-4).
Effets de différents stress sur la santé des abeilles. INRA DSPE, 23 novembre 2010.
Les effets interactifs entre un pathogène, Nosema,
et un insecticide, l’imidaclopride, comme la qualité de
l’alimentation en protéines peuvent affecter de manière significative
la santé des abeilles.
Ces insectes qui dévorent le massif des Landes, par Jacques Ripoche. Sud-Ouest, 21 novembre 2010.
"La tempête Klaus et des températures douces ont intensifié le développement et l'activité des populations de prédateurs"
[Processionnaire du pin, Thaumetopoea pytiocampa (Lép. Notodontidé) / Sténographe, Ips sexdentatus (Col. Curculionidé Scolytiné) / Monochame de Provence, Monochamus galloprovincialis (Col. Cérambycidé).
Mouches trans
Grâce
à des drosophiles légèrement transgéniques quelque peu transsexuelles,
on en sait plus sur ce qui fait passer un individu pour un concurrent
ou un(e) partenaire sexuel(e) : l’odeur et le comportement.
La
manip a consisté d’abord à modifier génétiquement (un seul gène est
impliqué) des femelles pour faire produire par leur œnocytes les
hydrocarbures cuticulaires typiques du mâle : au lieu de se faire
courtiser, elles se font agresser par des mâles normaux dont c’est la
façon de faire vis-à-vis de mâles normaux ; si c’est le système nerveux
qui est ciblé, la femelle se comporte comme un mâle et il lui arrive la
même chose. Dans une autre expérience, des mâles génétiquement
féminisés ont subi plus de tentatives d’accouplement que de violences
de la part de leurs camarades de cage.
Les mouches du vinaigre en
société ne sont pas les esclaves de leurs odeurs seules : elles
s’observent et en déduisent comment il convient de se tenir.
D’après « When fruit flies attack, it's usually about sex », lu le 23 novembre 2010 à //io9.com/
Article source : Fernández M.P. et al., 2010. Pheromonal and Behavioral Cues Trigger Male-to-Female Aggression in Drosophila. PLoS Biol 8(11): e1000541. doi:10.1371/journal.pbio.1000541. En ligne (en anglais, accès gratuit).
La Mineuse du labo
L’entomologiste (de laboratoire) dispose d’un couteau suisse, Drosophila melanogaster,
la Mouche du vinaigre. Ce Diptère petit, prolifique, rustique, bon
marché et entièrement décrypté lui sert à étudier à peu près tout (voir
notamment « Droso… Mouche à tout », paru dans Insectes n° 156)
sauf les relations plantes-insectes. Vaste et important sujet, que l’on
étudie désormais avec les outils de la biologie moléculaire ! La droso
vit en nature sur des fruits tombés ; la plante ne réagit évidemment
pas.
En physiologie végétale, le couteau suisse est l’arabette des dames, Arabidopsis thaliana.
Cette Brassicacée n’est pas au menu de la droso. Si l’on trouvait une
quasi-drosophile qui se nourrit de l’arabette vivante, se dit Noah
Whiteman (université de l’Arizona, États-Unis), qui se met en quête des
ravageurs des moutardes spontanées dans la bibliographie puis sur une
friche. De mines repérées sur les folioles d’herbe de Saint Barbe, Barbarea vulgaris, et ramenées au labo éclosent des Scaptomyza flava (syn. S. apicalis,
Drosophilidé), la Mouche mineuse des feuilles de colza, ravageur
agricole et horticole. Dont les femelles pondent très volontiers sur
les plants d’arabette, en insérant les œufs dans le limbe et en buvant
le jus qui sourd de la blessure : des relations étroites et prolongées.
Le
couple que cette mouche forme avec l’arabette a tout d’un modèle
efficace pour l’étude au plan fondamental des réactions biochimiques
des plantes aux insectes phytophages. Parmi les premiers travaux,
l’étude du rôle de gènes communs avec D. melanogaster et connus pour intervenir contre les toxiques.
D’après « Evolutionary Arms Race Between Plant-Eating Insects and Host Plants Illuminated », lu le 22 novembre 2010 à www.sciencedaily.com/
20 novembre 2010
À lire sur Internet :
Quand une bactérie aide un insecte à se camoufler, par Stéphane Foucart. Le Monde, 19 novembre 2010.
[Le Puceron vert et rose du pois, Acyrtosiphon pisum (Hém. Aphididé) / Rickettsia]
Voir ci-dessous Le vert rose et l'article publié par l'INRA DSPE : Les pucerons passent au vert sous l'emprise d'une bactérie.
Les punaises à l’attaque de Paris. France Info, 16 novembre 2010.
Insecte de l'année 2011 : Formica exsecta. ADIT-MAEE, 10 novembre 2010.
Moustique, les antibiotiques, c’est pas automatique !
Sur une petite zone des îles Caïman, territoire d’outre-mer du Royaume-Uni, 3 millions de mâles « stériles » de l’espèce Aedes aegypti ont été lâchés par la firme anglaise Oxytec. Une opération de lutte autocide de plus mais pas banale.
Les
moustiques ont été en effet modifiés génétiquement pour ne pouvoir
vivre que sous tétracycline, laquelle leur est administrée tant
qu’ils ne sont pas sortis de l’insectarium... Une fois dans la nature,
les mâles s’accouplent sans tarder avec les femelles sauvages puis
crèvent. Naissent des moustiques qui en font rapidement autant, privés
de leur tétracycline.
À l’issue de cet essai (qui a duré 6 mois),
l’effectif de la population cible se retrouve abaissé de 80%, ce qui,
selon les auteurs, est suffisant pour réduire significativement le
risque de transmission de la dengue.
Ce moyen de lutte anti-vecteur pourrait être un recours là où les autres pratiques s’avèrent inefficaces.
Ce premier lâcher d’insectes OGM en nature suscite des controverses.
D’après « Genetically modified mosquitoes lined up to tackle dengue fever », The Guardian, lu le 11 novembre 2010 à www.guardian.co.uk/
Leur bec sucré les perd effectivement
Un
appât sucré empoisonné, répandu sur la végétation, attire et tue
suffisamment d’imagos de moustiques pour réduire leurs populations et
empêcher la transmission du paludisme : au bout d’un mois
d’application, il ne reste que des femelles trop jeunes pour piquer les
gens.
Le sucre de l’appât est fourni par des goyaves et des
melons d’Espagne, poussant localement (on est au Mali). Le poison est
de l’acide borique. Un colorant est ajouté pour marquer les insectes
piégés. Les Diptères Culicidés vecteurs visés sont Anopheles gambiae et A. arabiensis.
Le procédé, fort simple et peu coûteux, a été proposé – voir l’Épingle « Leur bec sucré les perdra
» parue en 1996 - par des entomologistes de l’université
hébraïque de Jérusalem (Israël) : les femelles adultes de moustiques,
hématophages, se nourrissent aussi de nectar. Les travaux initiaux ont
été soutenus par la fondation Bill-et-Melinda-Gates.
D’après « New insect control method can bring decline in malaria-bearing mosquitoes », lu le 11 novembre 2010 à www.news-medical.net/
NDLR : de nombreux insectes se régalent des nectars et miellats offerts par les végétaux…
À lire sur Internet :
Une sauterelle commune remporte le record des testicules les plus gros. L’Orient-Le Jour, 10 novembre 2010.
[Decticelle côtière, Platycleis affinis, Orth. Tettigoniidé]
L'éclairage nocturne favorise certaines épidémies, par Yves Miserey. Le Figaro, 6 novembre 2010.
«
En modifiant le comportement des gens et des insectes, l'éclairage
nocturne favorise les contacts entre les humains et les vecteurs
potentiels d'épidémies et même ceux qui ne sont pas traditionnellement
impliqués dans la transmission de maladies à l'homme. »
Les bactéries intestinales influent sur l'évolution de la mouche ! Par Claire Peltier, Futura-Sciences, 3 novembre 2010.
"
Une étude sur les drosophiles montre le rôle des bactéries
intestinales... dans le comportement sexuel des mouches. Une pierre de
plus pour la théorie selon laquelle l'entité subissant l'évolution ne
serait pas l'organisme mais plutôt l'holobionte, c'est-à-dire
l'ensemble hôte-microorganisme. "
Énorme gisement d'ambre découvert en Inde, par J.I. Sciences et Avenir.fr, 26 octobre 2010.
"L’examen
des insectes retrouvés incrustés dans des morceaux d'ambre trouvés dans
le Nord-Ouest de l'Inde, un des plus importants gisements d'ambre au
monde, permet de considérer sous un jour nouveau l'histoire
du sous-continent indien."
La suprême ruse de l’orchidée, par Pierre Barthélémy. Globule et téléscope / Slate, 18 octobre 2010.
[Syrphe à ceinture, Episyrphus balteatus (Dip. Syrphidé) / Epipactis veratrifolia]
Flag !
Il
y a les caméras de surveillance qui, la (mal)chance aidant,
enregistrent l’assassin en train d’assassiner sa victime. En flagrant
délit. Auparavant, il fallait compter sur la résine s’écoulant des
arbres. Ce fut parfaitement efficace, au moins cette fois là, comme le
relate le journal Paleodiversity (dernière édition).
Là où se
trouve actuellement la Birmanie, alias Myanmar, autour de l’an moins
cent millions, un petit lézard a entrepris de dévorer une libellule, en
commençant par la tête. Il n’a pu aller plus loin, l’insectivore et son
repas (moins la tête) ont été prestement inclus dans ce qui, quelques
temps géologiques plus tard, est devenu de l’ambre.
D’après « Culprit Snagged in 100 Million-Year-Old Decapitation », CBSNews, lu le 29 octobre 2010 à www.cbsnews.com/
La photo qui accuse
Le cafard et l’air du temps
Dans
des temps très anciens, des libellules de 70 cm d’envergure volaient
dans un air plus riche en oxygène que celui que nous respirons.
L’hyperoxie permet-elle l’existence d’insectes géants ? De leur côté,
les blattes n’ont jamais été plus grosses que celles qui peuplent nos
terrariums.
John VandenBrooks et son équipe, à l’université
d’Arizona à Tempe (États-Unis), ont mis en élevage des libellules et
des blattes mais aussi des vers de farine, des criquets, et d’autres
espèces sous différentes concentrations en oxygène. Les larves de
libellules en hyperoxie ont grandi plus vite et se sont métamorphosées
en imagos plus grands. Les cafards, en revanche, ont traîné à l’état
larvaire atteignant péniblement, une fois adulte, la taille normale de
leur espèce.
Cette manip ne fut pas de tout repos : Elyse Muñoz et
Michael Weed, étudiants, ont dû nourrir à la main les larves de
libellules de proies vivantes. Celles-ci étaient trois lots de 75
individus sous 21, 12 et 35 % d’O2, concentrations respectivement
actuelle, la plus basse et la plus élevée des temps géologiques.
Les
blattes élevées (7 lots de 100, une tâche très facile) en hyperoxie ont
subi un examen au synchrotron à rayons X : leurs trachées avaient subi
un net rétrécissement.
Les auteurs de ce travail pensent pouvoir effectuer cette mesure sur des insectes fossiles conservés dans l’ambre et en déduire la composition de la paléoatmosphère.
D’après « Raising giant insects to unravel ancient oxygen », lu le 29 octobre 2010 à www.physorg.com/
Présentation de l’étude : GSA Denver Annual Meeting (31 octobre – 3 novembre 2010). Communication n° 77-5.
NDLR : chez
le plongeur en bouteilles l’hyperoxie altère les neurones par l’effet
des radicaux libres avant d'altérer les poumons. Les performances
intellectuelles des libellules et autres cancrelats ci-dessus n’ont pas
été mesurées.
Cours du soir de l'OPIE : 4e saison. Le mardi de 20 h à 22 h, à partir du 12 octobre. Présentation et programme.
À lire sur Internet :
Des moustiques génétiquement modifiés au chevet de la dengue, par Louise Cuneo. Le Point, 14 octobre 2010.
[Aedes aegypti, Dip. Culicidé]
Les papillons se soignent par les plantes, par Cécile Dumas, Sciences et Avenir.fr, 12 octobre 2010.
"Les
papillons monarques se nourrissent de feuilles qui sont bonnes pour
leur santé et les femelles seraient capables de choisir le meilleur
plant pour leurs futures chenilles ! "
[Monarque d'Amérique, Danaus plexippus, Lép. Nymphalidé = Danaïdé / Ophryocystis elektroscirrha, Grégarine Olindiidé]
La disparition des abeilles aux États-Unis élucidée, par Yves Miserey. Le Figaro, 8 octobre 2010.
Wallonie : un plan "Maya" pour enrayer le déclin des abeilles. RTBF Info, 5 octobre 2010.
Le génome d'une troisième espèce de moustique décrypté. Actualités médicales, 4 octobre 2010.
[Culex quinquefasciatus, Dip. Culicidé]
À noter :
Activités humaines et diversité entomologique. XIe renvontres entomologiques de la Région Centre. Blois, le 4 décembre 2010. Renseignements : Christian Sallé.
Candidats à l’entrée en Europe
Ils
sont 10. 10 espèces d’insectes en faveur desquels une demande
d’autorisation devrait être déposée, dans les prochaines 10 années. Ce
sont des IGM, insectes génétiquement manipulés. Parmi eux,
principalement, les moustiques vecteurs Aedes aegypti, A. albopictus (Moustique tigré), Anopheles gambiae et A. arabiensis, les Diptères nuisibles à l’élevage Lucilia cuprina (Lucile cuivrée australienne) et Stomoxys calcitrans (Mouche charbonneuse), les ravageurs agricoles Bactrocera (Dacus) oleae (Mouche de l’olive), Ceratitis capitata (Mouche méditerranéenne des fruits), Cydia pomonella (Carpocapse) et Pectinophora gossypiella (Ver de la capsule du cotonnier).
Certaines espèces inscrites ne sont présentes et dommageables que dans un territoire d’outre-mer, ainsi la lucilie en Nouvelle Calédonie.
Il
y a actuellement dans le monde une trentaine d’insectes OGM ; presque
tous ne sont jamais sortis du labo. Beaucoup servent d’outil, de
modèle, pour la recherche. D’autres sont développés par les artisans de
la lutte autocide contre les mouches du bétail et des ravageurs du
cotonnier et des fruits. Leur mise au point est très active en
entomologie médicale, contre les moustiques vecteurs. Le ver à soie GM
est attendu comme « usine à protéines ». D’autres applications sont
encore loin de la mise en pratique – heureusement ou malheureusement
selon les opinions – comme les hématophages vaccinateurs, les
dispensateurs de phéromones de confusion sexuelle, les auxiliaires ou
l’Abeille domestique résistants aux insecticides…
Source
: rapport public de l’Agence européenne de sécurité alimentaire établi
par l’Umwelt Bundesamt (Autriche) et l’université de Berne (Suisse)
daté du 10 septembre 2010 et portant particulièrement sur les
arthropodes GM et l'évaluation des risques environnementaux, au regard
des modifications génétiques, des espèces et le milieu récepteur :
risques de flux de gènes, effets sur les organismes cibles et non
cibles... Il donne également à lire des fiches détaillées sur les IGM
existants.
En ligne à www.efsa.europa.eu/fr/scdocs/doc/71e.pdf (200 p., en anglais).
Land art
Une
équipe d’entomologistes de l’université de Loughborough (Royaume-Uni)
propose de peindre les éoliennes – toutes blanches ou gris pâle – en
violet. En effet, d’après les captures de panneaux colorés englués
disposés à l’altitude du rotor de ces engins, violet est la couleur qui
attire le moins les insectes volants.
Ceux-ci sont effectivement
attirés par les éoliennes – et même la nuit. Ce qui est grave, c’est
que les oiseaux insectivores et les chauves-souris s’y précipitent à
leur poursuite.
Des travaux supplémentaires devront établir le rôle de la chaleur dégagée par les aérogénérateurs.
D’après « Wind turbines wrong colour for wildlife », Matt Walker. BBC News, 15 octobre 2010, lu à //news.bbc.co.uk/
O157:H7 dans les limbes
Qui est cet agent ? De son vrai nom Escherichia coli,
il se fait appeler familièrement le colibacille. En général, il ne fait
pas de mal, il habite notre intestin. Le sérotype O157:H7 est
particulier : il vit chez les bovins et peut déclencher chez les
mangeurs de bifteck haché la maladie du hamburger, qui peut être
mortelle.
On a trouvé récemment cet agent pathogène dans la
feuille d’épinard. Grosse inquiétude et lancement d’un programme de
recherches autour de la question : les insectes phyllophages sont-ils
capables de faire pénétrer ce colibacille dans le parenchyme foliaire ?
Une douzaine de chercheurs du département d’Agronomie de l’université
de Géorgie ont procédé à l’inoculation superficielle de feuilles de
laitue et d’épinard avec deux suspensions de O157:H7, à faible et à
forte concentration. Puis ils ont installé sur ces feuilles des
pucerons, des thrips, des aleurodes et des chenilles de la Fausse
Arpenteuse du chou, Trichoplusia ni (Lép. Noctuidé). Au bout de 48 heures, la présence le l’agent pathogène n’est détectée que dans le cas de la dose forte.
Les
auteurs de l’étude estiment que cette concentration à la surface des
limbes est improbable dans les conditions du champ et que quand bien
même elle serait atteinte, son incorporation serait « minimisée » par
les défenses naturelles du végétal vis-à-vis des insectes mâcheurs et
piqueurs – comme des autres agressions mécaniques.
D’après « Insects Unlikely Vectors for E. coli in Greens », par Dan Flynn. Food Safety News, 8 octobre 2010. Lu à www.foodsafetynews.com/
À lire sur Internet :
La menace de la « punaise puante ». Cyberpresse.ca, 2 octobre 2010.
[Punaise diabolique, Halyomorpha halys, Hém. Pentatomidé]
à (re)lire l’épingle de 2001 « Punaises
diaboliques ».
la Punaise diabolique est arrivée en Suisse.
Papillons du Maroc. Jardins du Maroc, 1er octobre 2010.
Des insecticides « bios » ne sont pas toujours les plus positifs pour l’environnement, par Michel Deprost. Enviscope, 30 septembre 2010.
[Puceron du soja, Aphis glycines, Hém. Aphididé]
Un physique qui fait mouche, par Cécile Dumas. Sciences et Avenir.fr, 23 septembre 2010.
"
Peu enviable chez les mammifères, l’asymétrie entre deux pattes semble
réussir à une espèce de mouches du Japon. Un cas inédit."
[Empis jaschhoforum, Dip. Empididé]
Photos Christophe Daugeron
Une plante et une mouche éclairent la fonction d'un gène associé au cancer. Techno-Sciences, 28 septembre 2010.
[Arabidopsis thaliana / Mouche du vinaigre, Drosophila melanogaster, Dip. Drosophilidé]
25 septembre 2010
À lire sur Internet :
Premier cas de chikungunya "autochtone" en France, Le Monde, 25 septembre 2010.
[Moustique tigre, Aedes (Stegomyia) albopictus, Dip. Culicidé] [déjà signalé le 13 sept. ci-dessous]
Concerts immunisants chez les grillons, par Karine Poitrineau, Futura-Sciences, 22 septembre 2010.
"Quand
il est exposé aux stridulations d'autres mâles de son espèce, un
grillon renforce ses défenses immunitaires. Car il craint d'être
contaminé par ses congénères..."
Un corbeau bien nourri grâce à son outil, par Sciences et Avenir, 17 septembre 2010.
[Corvus moneduloides / Ver de Bancoule, Agrianome fairmairei (Col. Cérambycidé)]
Trafic d’insectes ravageur en Bolivie, par Jorge Quispe. Courrier international / La Razón. 16 septembre 2010.
"Des
centaines de milliers de spécimens sont braconnés chaque année pour
alimenter la passion des collectionneurs du monde entier."
La Punaise des lits, Cimex lectularius (Hém. Cimicidé) sous toutes ses coutures : 10 photos au microscope électronique, Time, 21 septembre 2010.
Un sommet pour un cimicide
Il
vient de se clore. 360 participants assis (et 200 dehors) ont travaillé
mardi et mercredi à un grand et urgent projet d’éradication sur le
Nord-Est de l’Amérique. De Cimex lectularius (Hém. Cimicidé), appelé localement bed bug.
Des
édiles, des militaires, des maîtres désinsectiseurs et aussi des
entomologistes ont déploré la situation gravissime (l’Empire State
Building est contaminé) et présenté des solutions radicales. Se sont
enchaînées les communications savantes et techniques sur l’emploi du
froid, de la chaleur, de la destruction de leur habitat, des
insecticides, des chiens renifleurs et des anti-grimpe-lit.
Point
de démonstrations sur les bêtes, l’hôtel hôte avait été soigneusement
choisi comme épargné par la peste. Mais une bonne ambiance : la Punaise
des lits figurait en 2D sur les T-shirts et en 3 sur les couvre-chefs
(avec pattes et antennes remuantes) ; on pouvait la manger sous forme
de petits fours.
Tous ces experts sont formels : 1) la lutte est très difficile ; 2) il ne faut pas avoir honte d’héberger cet insecte.
D’après
notemment « BedBug Central conference offers victims invasive
battlefield tactics for dealing with critters », par Joanna Molloy. New York Daily News, 22 septembre 2010, lu à www.nydailynews.com/news/
PS
: les produits cimicides ménagers et les emballages à literie infestée
(exposés au congrès) sont envoyés par la poste, sous pli discret.
À (re)lire « Punaises ! », rubrique
Un insecte à la page, Insectes n° 147 (2007-4).
Marguerite aussi
Offrir
un service sexuel (présumé) en échange d’un transport (réel) par air de
sacs de poudre était jusque-là la spécialité de certaines orchidées (Ophrys).
Le labelle de ces fleurs très sophistiquées ressemble à la femelle d’un
insecte floricole (Hyménoptère dans la plupart des cas) et sent son
odeur ; les mâles, leurrés, tentent de s’accoupler avec elles,
s’agitent, se retrouvent avec des pollinies collées sur eux qu’ils
iront à tire d’aile déposer sur la belle suivante.
Deux
entomologistes sud-africains, Allan Ellis (université de Stellenbosch)
et Steve Johnson (université du KwaZulu-Natal) viennent de confirmer
que Gorteria diffusa (Astéracée) procède de même. Les pétales
de cette marguerite sont très variables, certains portent des marques
sombres qui les font ressembler à l’abdomen de la femelle de Megapalpus nitidus
(Dip. Bombylidé). Le mâle, leurré, etc. (mais la poudre est en vrac).
En remplaçant le pollen par de la poudre fluorescente, l’intensité du
transport a pu être évaluée : les fleurs avec le plus de pétales à
l’allure de mouches ont les meilleures performances de dispersion de
leur pollen, attirant plus de mâles plus actifs.
À noter que dans
cette fleur de marguerite, le pollinisateur est attiré à la fois par
une offre alimentaire et par une offre sexuelle.
D’après notemment « Desirable daisies deceive male flies with sex offer », lu le 22 septembre 2010 à //sify.com/news/
17 septembre 2010
À noter :
À la découverte des insectes du Poitou-Charentes. Musée Bernard-d'Aguessi, à Limoges. Du 11 septembre au 7 novembre 2010. Renseignements au 05 49 78 72 04 et à musees@agglo-niort.fr
À lire sur Internet :
Biologie : le renouveau de l'écologie scientifique, par Hervé Kempf. Le Monde, 17 septembre 2010.
L'orageuse sexualité de la mouche Sepsis cynipsea, par Frédéric Lewino. Le Point, 14 septembre 2010.
Un premier cas non importé de dengue en métropole. Le Monde, 13 septembre 2010.
[Moustique tigre, Aedes albopictus, Dip. Culicidé]
Quand la nature inspire les chercheurs. BE Etats-Unis 218 du 10 septembre 2010.
[La soie des araignées, les écailles des ailes des papillons...]
Les insectes c’est sexy
Professeures,
professeurs, voici comment décrocher le titre de meilleur cours de
toutes les universités (états-unienne), qui vient d’échoir à Michael
Burgett.
Premièrement la matière enseignée doit être l’entomologie
et, deuxièmement, traitez ça avec humour. Au lieu de fournir à vos
étudiant(e)s des articles de rang A sur l’hypermétamorphose chez les
Platygastéridés, confiez-leur un dessin humoristique de la série Far Side de Gary Larson.
Le
professeur émérite – et apiculteur amateur - Michael Burgett, à
l’université de l’Orégon, propose – c’est l’exemple livré par le
journal local – un cartoon où 2 insectes, à la fenêtre de leur pavillon
de banlieue s’offusquent du comportement de leurs lucioles de voisines
qui leur montrent la lune. Quelques jours plus tard, il ramasse les
copies (sous forme de powerpoints) sur le sujet « Les insectes
noctiluques » (le corrigé est ici), ainsi que, fournie ultérieurement en annexe, une petite vidéo amateur potache sur le « mooning ».
Et troisièmement, choisissez vos élèves : 20, pas plus, et des cadors.
Enfin quatrièmement, faites vous connaître de la revue qui décerne le prix : Playboy.
D’après « Best college class in the nation? Playboy magazine says it's at Oregon State », lu le 13 septembre à www.oregonlive.com/news/
Un dessin connu de G. Larson. Au lieu d’un topo bateau sur les yeux composés etc., développez à partir de « La mouche pour cible » (Insectes n° 151, 2008-4).
Filer un juteux cocon
Boursicoteuses, boursicoteurs, intéressez-vous aux insectes et, s’il n’en faudrait qu’un, à Bombyx mori
(Lép. Bombycidé). Vos ancêtres auraient-ils été ruinés par
l’effondrement de la sériciculture dans les Cévennes que cela ne
devrait pas vous détourner du Ver à soie. C’est la chenille qui vous
enrichira, pour peu que les annonces de Kraig Biocraft se confirment.
Cette
petite firme états-unienne de biotechnologie a recruté une grosse
équipe de transgénéticiens, notamment Malcolm Fraser (université Notre
Dame) et Randy Lewis, des pointures. Elle s’apprête à lancer la
production de fil d’araignée. Bien plus intéressante que celle de la
soie d’insecte car ce fil a des propriétés extraordinaires (résistance,
résilience, durabilité…) qu’on ne sait pas copier, seulement imiter
imparfaitement. Les fibres artificielles composantes de câbles, de
prothèses de ligaments, de gilets pare-balles (kevlar et autres) font
l’objet d’un marché de 2,5 milliards d’euros pour l’Europe et
l’Amérique du Nord.
Les araignées – pénibles à élever -
produisent des quantités faibles de fil qu’il est très difficile de
récupérer. Le Ver à soie, en revanche, est une grosse et docile usine,
tout à fait capable de sécréter les protéines du fil d’araignée pour
peu qu’on l’ait équipé du gène ad hoc – ce qui se fait par l’intermédiaire d’un transposon véhiculé par un baculovirus.
Pour en savoir plus, rendez-vous à la conférence de presse que Kraig Biocraft Laboratories (KBLB) va tenir ce mois-ci.
D’après « Transgenic silkworms could spin big profits », par M.E.Garza. Lu le 2 septembre 2010 à //biomedreports.com/
NDLR : on
ne négligera pas pour autant d’analyser le bilan de la firme canadienne
Nexia qui produit depuis plusieurs années du « Biosteel » via le lait
de chèvres également OGM.
À écouter/voir :
à la recherche de l'origine des insectes, par Stéphane Deligeorges avec Romain Garrouste et Cyrille D'Haese. Continent sciences - France Culture.
Un monde en miniature. France 5, les 10 et 11 septembre.
" Dans cette série, le grand naturaliste anglais David Attenborough
emmène le téléspectateur à la découverte des créatures les plus
résistantes de la planète : les invertébrés. "
À lire sur Internet :
Rester à côté de ses morts, une stratégie pour éviter les ennemis naturels. INRA/DSPE, 9 septembre 2010.
[pucerons/parasitoïdes]
Les cafards pourraient être les antibiotiques de demain. Le Monde, 7 septembre 2010.
Les moustiques ont deux odorats ! Par Claire Peltier, Futura-Sciences, 1er septembre 2010
L’éléphant a peur des fourmis, ce qui sauve l'acacia, par Claire Peltier. Futura Sciences, 5 septembre 2010
[Crematogaster, Hym. Formicidae / Acacia mellifera]
Le sacrifice de Madame pot de colle
Quadrartus yoshinomiyai est un puceron (Hém. Aphididé) japonais qui induit des galles sur les feuilles de l’Hamamélidacée Distylium racemosum,
son hôte primaire. La fondatrice s’enferme et donne naissance à des
femelles aptères parthénogénétiques. Puis apparaît une génération
d’ailés sexués qui sortent de la galle par des pertuis pour rejoindre
le chêne Quercus acutissima. Le cycle dure 2 ans.
Les
larves de premier stade se défendent et défendent leur colonie à coups
de stylets contre les intrus (de petites chenilles, expérimentalement).
Ces jeunes puceronnes ne sont pas différentiées en une caste
particulière.
Keigo Uematsu et ses collaborateurs de l’université
de Tokyo, poursuivant leurs observations et manipulations, ont mis en
évidence un cas original de défense altruiste.
En ouvrant les
galles à l’époque de la migration – où virginipares aptères et sexués
ailés cohabitent, on trouve près de l’orifice des piles de cadavres de
pucerons et de coccinelles, bien collés ensemble. De fait, les
prédateurs sont attendus près du trou de sortie par des soldates.
Surprise : ce sont des virginipares aptères adultes âgées, qui,
contrairement à pratiquement toutes les puceronnes connues, ne
contiennent pas d’embryons. Leur abdomen est plein d’une substance
cireuse qu’elles sont prêtes à évacuer par leurs cornicules pour
engluer pièces buccales et pattes avant d’un agresseur ; ce faisant,
elles se suicident.
Des reproductrices se muent en soldates :
c’est là un cas – fort rare chez les insectes – de spécialisation
sociale acquise avec l’âge. Celle-ci a été sélectionnée par l’évolution
du fait de l’avantage – meilleure survie – qu’elle confère à leur
parentèle, les sexués.
D’après
notemment « Suicidal menopausal aphids save their colony by sticking
themselves to predators », paru le 17 juin 2010 dans Discover Magazine, lu à http://blogs.discovermagazine.com/
Article source : Altruistic Colony Defense by Menopausal Female Insects, Current Biology, 20(13), 13 juillet 2010. doi:10.1016/j.cub.2010.04.057
Vidéo sur YouTube.
À (re)lire l’Épingle de 2009 « Rustine suicide ».
Pour réviser ses
Aphidoeidea, parus dans Insectes en 2006 : Les pucerons 1 ; Les pucerons 2.
Le problème des bandes
Les
criquets se déplacent et commettent leurs méfaits en groupes nombreux :
quelques milliards d’individus voraces. Mais ces bandes (larves au sol)
ou essaims (imagos en vol) sont mal organisées, sans but et toujours au
bord de la dispersion. Contrairement aux nuées d’oiseaux où les parties
externes sont plus denses que le centre, contrairement aux bancs de
poissons plus serrés au milieu qu’à la périphérie, les criquets se
précipitent tous à l’avant. Ceux qui trainent à l’arrière abandonnent
la troupe et prennent n’importe quelle direction.
D’ailleurs un criquet tout seul en marche ou en vol prend n’importe quelle direction, de même font les bandes et essaims.
Le
travail d’observation de Jerome Buhl et de son équipe réalisé en 2006
en Nouvelles Galles du Sud (Australie) – le suivi sur vidéogrammes de
65 000 larves en bandes et de 9 000 individus isolés – confirme les
observations et les hypothèses issues de calculs de modélisation. Il
livre la distance fatidique en dessous de laquelle le criquet suit le
voisin - 13,5 cm – et s’enclenche, par panurgisme, le phénomène de
déplacement en groupe. Il devrait, selon ses auteurs, permettre de
mieux cibler les traitements.
D’après « Locust swarm 'secrets' may prevent insect plagues », BBC News, 2 septembre 2010, lu à //news.bbc.co.uk/
À (re)lire l’Épingle de 2008 « Poussés au cul » .
[R]
30 août 2010
À lire sur Internet :
À Saint-Etienne, le tigre des platanes fait rugir les riverains. Par Yvette Granger, Le Progrès, 26 août 2010.
"Un
minuscule insecte s'invite sur les balcons et terrasses des citadins
résidant à proximité de groupes de platanes, les forçant à vivre
fenêtres fermées, à partir du milieu de l'après-midi."
[Corythuca ciliata (Hém. Tingidé)]
À (re)lire : « Les tigres », par Alain Fraval. Insectes n° 140 (2006-1).
La vie sociale de la fourmi éclairée par le séquençage de son génome. AFP, 28 août 2010.
[Fourmi charpentière de Floride, Camponotus floridanus / fourmi sauteuse, Harpegnathos saltator, Hym. Formicidés]
Une plante en danger sauvée par des chenilles kamikazes, Par Claire Peltier, Futura-Sciences 30 août 2010.
Une
chenille herbivore causerait sa propre perte en attirant son prédateur.
Les signaux de secours émis par la plante seraient en effet plus
efficaces en présence de la chenille. Une étonnante stratégie qui
illustre la variété des moyens de défense des végétaux.
[Sphinx du tabac, Manduca sexta, Lép. Sphingidé / Geocoris pallens, Hém. Lygéidé / Nicotiana attenuata]
Le rôle fondamental des interactions entre espèces dans la stabilité des communautés écologiques. TechnoSciences, 25 août 2010.
[Travaux
d'Elisa Thébault et Colin Fontaine. Réseaux trophiques / réseaux
mutualistes. Architecture compartimentée / architecture emboîtée.
Phytophagie / pollinisation]
Adoptez une notonecte !
Vous
avez une petite mare dans votre jardin – c’est tendance – où vous avez
apporté des animaux plaisants et qui se peuple d’autres, moins
aimables. Comme des Diptères Culicidés. Sachez que les dames moustiques
rechignent à pondre dans les mares infestées des insectes qui se
repaissent de leurs futures larves.
C’est ce sur quoi travaille
Leon Blaustein, de l’université d’Haïfa (Israël), qui vient de mettre
en évidence la production par les notonectes (Hém. Notonectidés) d’une
kairomone volatile perçue par les moustiques femelles à la recherche
d’un site de ponte.
Ce répulsif n’a pas d’odeur pour l’homme : il pourrait s’avérer plus intéressant que les produits actuels (DEET).
En attendant sa mise au point, vous pourrez bénéficier du spectacle de cette punaise d’eau qui nage sur le dos.
D’après « Mimic a predator to avoid mosquito bites », par Ben Leach and Richard Gray. The Telegraph, lu le 28 août 2010 à www.telegraph.co.uk/
Au prix de nombreux vols d’essai, des drosophiles viennent de nous faire comprendre comment elles maintiennent leur altitude.
Soit
des chercheurs de l’institut de technologie de Pasadena (Californie,
états-Unis) qui entreprennent de vérifier la théorie en cours qui
stipule que les insectes se basent sur le flux d’images du sol qui
défilent sous eux, en agissant de telle façon qu’il demeure constant.
Pour ce faire, les expérimentateurs lâchent des drosos dans une chambre
de vol très perfectionnée avec un grand nombre de caméras et un système
d’imagerie capable d’afficher sur les parois tout ce qu’ils peuvent
imaginer.
Résultat principal : la théorie est infirmée. Il faut
chercher autre chose. Au bout de quelques manips, il appert que
l’insecte utilise un système simple qui consiste à maintenir un angle
constant entre son plan sagittal et une ligne horizontale du paysage –
sans s’occuper de ce qu’il survole.
Résultat complémentaire : la
mouche possède deux mécanismes qui assurent sa stabilité et lui évite
les collisions (sans garantir une altitude constante). Elle réagit
d’une part par des mouvements appropriés à toute modification soudaine
dans son champ visuel et d’autre part par une montée en chandelle au
grossissement rapide de ce qu’elle perçoit sous elle.
Sans doute
tous les insectes volants ne contrôlent-ils pas leur altitude de vol de
la même façon – comment font ceux qui traversent les déserts ou volent
de nuit ? – et peut-être la drosophile a-t-elle d’autres instruments à
sa disposition pour d’autres circonstances. Un grand champ de
recherches qui intéresse les concepteurs de petits robots volants.
D’après « How Flies Set Their Cruising Altitude », lu le 20 août 2010 à www.sciencedaily.com/
La tête de l’emploi ?
Les guêpes, en particulier les femelles fondatrices de Polistes dominulus
(Poliste gaulois, Hym. Vespidé) affichent leur rang social. Les
dominantes arborent un facies plus fragmenté que les dominées, à la
mine plus effacée ; leur statut est une question de taux d’hormone. Il
s’agit, au moment de la fondation du nid, de savoir qui sera la
patronne. Quel rôle joue ce polymorphisme facial et comment se
maintient-il au fil des générations ? Un problème de biologie de
l’évolution.
Elizabeth Tibbetts et Amanda Izzo (université du
Michigan, états-Unis) ont maquillé et dopé des guêpes, les ont mises
durant 2 heures en présence de congénères qu’elles n’ont jamais
rencontrées, et ont compté les coups. En préparant ces lots : des
costaudes la face repeinte en lavettes, des mauviettes grimées en
terreurs, d’autres mauviettes dopées en plus à l’hormone d’agressivité
– en plus des femelles témoins livrées à l’expérience au naturel. Dans
tous les cas, les guêpes qui ne sont pas ce qu’elles ont l’air d’être
sont tabassées ou, dans le cas des fortes à la mine de faibles, ne sont
pas acceptées comme supérieures. Les pusillanimes déguisées et dopées
sont respectées : c’est la tricherie qui est sanctionnée.
Allure
ou comportement non-conformes à l’aptitude au combat sont sanctionnés ;
l’agression est récompensée par l’accès à un degré de dominance
supérieur à celui qu’aurait l’individu qui aurait fait confiance à la
tête de l’autre. Il y a là un système de punition sociale qui, au
travers de l’évolution, maintient la qualité du signal.
À quoi
sert cependant l’affichage de la force de chacune puisque le seul moyen
de la mesurer et de vérifier la pertinence du signal est d’attaquer ?
Les auteures avancent une hypothèse : la destinataire du signal, dans
le cas d’une interaction brève et pour un enjeu peu crucial, a peu à
perdre en se fiant à lui ; en revanche, lors de confrontations
prolongées ou pour une cause majeure, elle tirera bénéfice de provoquer
l’épreuve de force.
D’après « Paper Wasps Punish Peers for Misrepresenting Their Might », lu le 19 août 2010 à www.sciencedaily.com/
Portraits de 9 individus de Poliste gaulois. Photo Elizabeth Tibbetts.
23 août 2010
À lire sur Internet :
Le Mexique stérilise les "mouches dévoreuses d'hommes" pour mieux les éradiquer, par Fédéric Saliba. Le Monde, 20 août 2010.
[Lucilie bouchère, Cochliomyia hominivorax, Dip. Calliphoridé]
À(re)lire " Toliman le magnifique ", " Évasions et mauvais triaitements " et " Lucilie GM ", Épingles de 2000, 2003 et 2010..
Une manipulation qui dure depuis presque 50 millions d'années, par C.D. Sciences et Avenir, 18 août 2010.
" Le
parasitisme des fourmis par des champignons, qui manipulent les
insectes pour mieux se reproduire, serait une très vieille histoire,
affirment des chercheurs. "
[Camponotus leonardi (Hym. Formicidé] / Ophiocordyceps unilateralis ]
Un nouveau squat pour la Rosalie des Alpes, par Noémie Seguin. Sud-Ouest, 18 août 2010.
"Le Jardin respectueux aménage un lieu de vie pour cet insecte rare"
[Rosalia alpina, Col. Cérambycidé]
" Gerridae ", par Virginie Malbos. Libération, 16 août 2010 (5 articles à suivre).
[Gerris sp., Hém. Gerridé. Un jeu créé par 11 étudiants lyonnais en guise de travail de fin d'études.
Le pique-prune, scarabée amateur de vieux arbres, sème la discorde chez les hommes, par Laurence Caramel. Le Monde, 14 août 2010.
[Osmoderma eremita, Col. Cétoniidé)
Taon pis pour les noirs
Après
avoir découvert que, seuls parmi les Diptères, les imagos de taons
(Tabanidés) à la recherche d’un lieu d’accouplement ou de ponte (près
d’un point d’eau) sont attirés par la lumière polarisée
horizontalement, Gábor Horváths (université Eotvos à Budapest, Hongrie)
s’est attaqué au mythe du cheval blanc.
Ce dernier serait moins
piqué par les taons que ses congénères à la robe sombre. Trois chevaux
(noir, marron et blanc) furent conduits dans un pré, enduits d’une glu
inodore et incolore (marque Bábolna Bio). Des dénombrements effectués
quotidiennement pendant 54 jours il ressort que les brun et noir ont «
capturé » respectivement 15 et 25 fois plus de taons que le blanc. La
cause : la fourrure blanche dépolarise la lumière et rend son
propriétaire moins attirant pour le Diptère vulnérant – par ailleurs
guidé vers une espérance de repas surtout par le gaz carbonique.
On
doit à Gábor Horváths d’autres découvertes en opto-entomologie comme
l’attraction particulière des automobiles rouges vis-à-vis des insectes
aquatiques et celle exercée par les tombes noires sur les sympètres (Sympetrum spp., Odon. Libellulidés).
D’après, notamment, « Improbable research: why horseflies don't trouble white horses », par Marc Abrahams. The Guardian, 2 août 2010, lu à www.guardian.co.uk/
NDLR : le petit cheval blanc de la complainte n’a jamais vu le beau taon.
À voir sur Internet :
Les Insectes de l'OPIE, vidéo par O. Boutonnet et Marcel Chanet.À lire sur Internet :
Un programme sans précédent pour élucider la surmortalité des abeilles, par Gaëlle Dupont. Le Monde, 31 juillet 2010.
La migration des monarques aurait été démystifiée. Par Dominique Jarry-Shore. La Presse Canadienne, 24 juillet 2010.
"Une
nouvelle étude menée par des chercheurs canadiens aurait résolu un
mystère sur les habitudes migratoires des monarques et pourrait
contribuer aux efforts de protection de ces papillons."
[Danaus plexippus, Lép. Danaïdé]
Le sauveur des palmiers. Le Figaro, 31 juillet 2010.
[Paysandisia archon (Lép. Castniidé) / Rhynchophorus ferrugineus (Col. Curculionidé) / Steinernema carpocapsae (Nématode, Palmanem de
Koppert )]
Un sacré coup de filet chez les auchenorrhynques... Par Brian Orsini. La Provence, 1er juillet 2010
"Près de 70 entomologistes ont parcouru le Ventoux hier à la recherche de ce cousin de la cigale"
À consulter :
Alien terrestrial arthropods of Europe, par Alain Roques et al. L'ouvrage présente les 1 590 espèces exotiques établies sur le continent. Il est disponible sous forme imprimée (2 volumes pour plus de 1 000 p.) et en téléchargement gratuit, chapitre par chapitre, en pdf.
À noter :
Espèces en folie. Du 15 septembre 2010 à juillet 2011. Musée Vert. Musée d'histoire naturelle du Mans, 204, av. Jean-Jaurès 72100 Le Mans
Tél. : 02.43.47.39.94 ; musee-vert@ville-lemans.fr
"Mouches". Exposition du 25 juin 2010 au 27 mars 2011 au Museum d'histoire naturelle de Nantes.
À lire et écouter sur Internet :
Sur les traces des premiers insectes : expédition événement au Spitzberg. Canal Académie, 7 juillet 2010.
Le
DARPA (département des recherches avancées de l’armée états-unienne)
rêve de microespions volants de la taille et de l’agilité d’un insecte
(volant). La mise au point des papillons et scarabées mi-bête
mi-machine – les Zombiptères (souvent épinglés ici) – se poursuit (en
secret ces derniers temps). En attendant les résultats brillants
escomptés, on travaille sur des engins purement mécaniques (avec de
l’électronique embarquée, bien sûr). Avions et hélicoptères ne peuvent
être miniaturisés suffisamment : les lois classiques de l’aérodynamique
cessent de s’appliquer. Il faut imiter l’aile de l’insecte et son
battement.
Pour produire les prototypes nécessaires aux nombreux
vols d’essai, rien de mieux que l’imprimante. D’un modèle 3D, capable
de « sculpter » de tout petits objets (de l’ordre de 15 µ d’épaisseur
et de 40 de largeur). Pour équiper un quadriptère, on obtient les 4
ailes en une heure.
D’après «Now, 3D printers to print tiny robotic insects ». Sify, lu le 17 juillet 2010 à //sify.com/news/
Photo du quadriptère construit par Hod Lipson à l’université Cornell (Ithaca, New York) : masse = 3,85 g ; autonomie = 85 s.
NDLR :
je les ai prévenus, les gens du DARPA, que le froid et les
insecticides rendront inopérants leurs Zombiptères ; je reconnais que
ces petits aéronefs échappent à cette limitation mais souligne
qu’il faudra les améliorer considérablement (peut-on imprimer une
cisaille ?) pour qu’ils franchissent sans casse du grillage à mouche.
En tous cas, ils sont très vulnérables aux outils muscicides que j’ai
décrits : (re)lire « La mouche pour cible » dans Insectes n° 151 (2008-4).
Droso médusée
L’œil
serait donc apparu une fois chez les animaux et le nôtre serait
homologue de celui de tous nos camarades animaux, insectes et
hydrozoaires compris.
Si l’on insère à un embryon de drosophile un gène « Pax » de la méduse Cladonema radiatum
qui lui fait des yeux à la base des tentacules, notre droso imaginale
se retrouve avec des yeux (composés de quelques ommatidies)
supplémentaires (sur le thorax).
Walter Gehring, de l’université
de Bâle (Suisse), auteur de cette greffe, propose l’hypothèse « poupées
russes » : à l’origine étaient des cyanobactéries photosensibles ;
elles ont été incorporés par des algues rouges elles-mêmes incorporées
par des dinoflagellés qui l’ont « transmis », suite à leur association
symbiotique, à des méduses.
D’après « Jellyfish Eyes Solve Optical Origin Mystery », par Brandon Keim. Wired News, 27 juillet 2010, lu à www.wired.com/
Le Bourreau de la reine décharançonne
C’est un taupin de moins d’1 cm. Il s’appelle désormais comme ça, Bourreau de la reine, dans le civil ; au muséum il est Megapenthes lugens
(Col. Élatéridé). Son nom vernaculaire a fait l’objet d’un concours,
organisé par un journal et des institutions scientifiques dans le but
de doter de noms signifiants et faciles à retenir (en anglais) 10
espèces (animales et végétales) en danger et d’attirer l’attention du
public britannique (c’est là que ça se passe) sur leur sort.
Le
lauréat créateur du nom Queen's executioner explique qu’il lui va bien
: c’est un tueur (sa larve fil de fer chasse les larves de charançons
dans la matière organique décomposée) et il est noir (la couleur de
l’habit de la charge au près de Sa Majesté).
D’après « English names given to rare species after competition », BBC News, lu le 17 juillet 2010 à //www.bbc.co.uk/
Avec les tripes
Comment
avancent les chenilles rampantes ? L’armée états-unienne et son DARPA
(encore eux !) financent une étude dans le but de créer des « jambots
», des robots mous ou fluides capables de se faufiler partout.
L’inspiration
a été cherchée du côté de serpents arboricoles du Sud-Est asiatique ;
ce sont maintenant les larves bleu-vert du Sphinx du tabac (Manduca sexta,
Lép; Sphingidé) qui fournissent la matière à diverses expérimentations,
observations et enregistrement à l’université Tufts (à Medford,
Massachusetts).
Deux surprises : les chenilles rampent
exactement de la même façon sur un support horizontal ou vertical et
leur avancement est précédé de celui de leur tube digestif. Grâce à un
équipement d’imagerie utilisant des rayons X puissants, il a été vu
que, avant le moindre frémissement du tégument et de ses appendices
locomoteurs, pattes et fausses pattes, l’ensemble stomodéum, mésenteron
et proctodéum – qui n’est attaché pratiquement au tégument qu’aux deux
bouts, se projette vers l’avant.
Cela est-il un gage
d’efficacité ? Ou tout simplement une conséquence mécanico-hydraulique
de l’anatomie de la chenille ? On l’ignore. Un peu comme dans le cas du
marcheur ordinaire qui balance ses bras, sans aller plus vite ni plus
loin pour autant.
L’engin militaro-médical qui sortira de ce travail d’entomolgie dynamique comportera-t-il un boyau projetable ?
D’après « Studying caterpillars to design robots », par Carolyn Y. Johnson, Boston Globe, lu le 27 juillet 2010 à www.boston.com/
À noter :
Pollinisation, le gîte et le couvert. Conférence ONF / SERE / OPIE. Au Muséum à Paris, le 23 juin 2010. Tous renseignements ici.
À lire sur Internet :
Pour chasser, les fourmis s'accrochent, par Cécile Dumas. Sciences et Avenir.fr, 25 juin 2010.
"
Ces fourmis de Guyane ne se contentent pas de s'organiser pour attraper
leurs proies. A leur manière, elles ont inventé le Velcro, ont
découvert des chercheurs. "
[Azteca andreae, Hym. Formicidé]
Capturer des moustiques? Les Estoniens se piquent au jeu. NouvelObs.com, 18 juin 2010.
Ventoux : interpellé en train de capturer des insectes protégés. La Provence, 18 juin 2010.
Gang des postiches chez les chenilles, par Cécile Dumas. Sciences et Avenir.fr, 17 juin 2010.
Le moustique-tigre arrive à Marseille, le chikungunya aussi ? Par Claire Peltier. Furura Sciences, 9 juin 2010.
[Aedes albopictus, Dip. Culicidé]
Le grillon, c'est grillé
L’entreprise
de Beth Payne « Lucky Lure Cricket Farm » (en Floride, États-Unis) est
silencieuse depuis mai, et en faillite ; 8 employés sont au chômage.
Jusque là, des millions de Grillons domestiques Acheta domesticus
y étaient engraissés, triés par taille, mis par mille dans une boîte
avec une rondelle de pomme de terre et expédiés pour appâter les
poissons ou nourrir les reptiles des terrariums qui n’aiment que les
proies sautillantes.
Les grillons ont attrapé une maladie fatale
et les efforts de l’équipe de l’insectarium pour désinfecter les
locaux, les cages, le matériel… ont échoué. Le responsable est un virus
Densoviridé Parvoviriné spécifique qui provoque une densonucléose et la
mort des insectes surtout au dernier stade larvaire. Il n’y a aucun
remède.
A. domesticus est le seul grillon élevé
légalement en Amérique du Nord et les pêcheurs et herpétophiles sont en
manque. En Europe, le cheptel gryllin ressortit à 3 espèces, outre
celle-ci : le Grillon provençal Gryllus bimaculatus, Gryllodes sigillatus et Gryllus similis.
En
2002, les 5 plus gros éleveurs de criquets du Royaume Uni ont été
frappés, après que l’épidémie ait fait son apparition en Allemagne. Le
virus avait été découvert dans le Midi de la France (Constantin Vago,
1966).
Deux hypothèses courent le monde des lézards et des
grenouilles en bocal : le virus serait transmis par les dermestes (Col.
Dermestidés), détritiphages actifs dans les cages d’élevage ; il
proviendrait de la mutation d’un des nombreus virus cultivés en
laboratoire, à fins de recherches sur les auxiliaires de lutte
biologique potentiels, sur la Fausse Teigne des ruches Galeria mellonella (Lép. Pyralidé).
Que faire ? Les A. domesticus
états-uniens sont particulièrement sensibles. Sélectionner des lignées
de résistants à partir de survivants et redémarrer la production dans
des installations neuves ? Si les pêcheurs à la ligne ont d’autres
appâts vivants dans leur musette, les terrariophiles sont frappés :
rien ne vaut le Grillon domestique pour pas mal de leurs pensionnaires
et son cours grimpe.
D’après, entre autres « Lethal virus wiping out cricket farms ». The Tampa tribune, lu le 27 juin 2010 à www2.tbo.com/
À (re)lire : Les grillons, par Gilbert et Julien Cousteaux. Insectes n° 129 (2003-2).
Grillon domestique et Grillon provençal sont en élevage à l’OPIE. Prenez de leurs nouvelles !
4 juin 2010
À lire sur Internet :
Reproduisez-vous, vous êtes filmés, par Cécile Dumas. Sciences et Avenir.fr, 4 juin 2010.
"Pour
mieux comprendre les chances de reproduction des grillons, des
chercheurs ont placé ces insectes sous surveillance dans leur milieu
naturel. Une télé-réalité très utile aux biologistes!"
[Grillon champêtre, Gryllus campestris (Orth. Gryllidé)]
À (re)lire : « Les grillons », par Gilbert et
Julien Cousteaux. Insectes n° 129
(2003-2).
La lutte par confusion sexuelle contre les tordeuses de la grappe en vignoble se développe. La lettre du club Adalia, 1er juin 2010.
[Eudémis : Lobesia botrana (Lép. Tortricidé) ; Cochylis : Eupoecilia ambiguella (Lép. Phaloniidé)]
Dossier Abeilles, par le département Santé des plantes et Environnement de l’INRA, 4 juin 2010.
Une galerie d'art parisienne prise d'assaut par des abeilles. AFP, 4 juin 2010.
À (re)lire : la série "Art et insectes" au fil des numéros d'Insectes.
Hôtels à insectes : 5 projets d’architecte. Treehugger, 2 juin 2010. (photos + texte en anglais).
Une nouvelle "palette" pour reproduire les couleurs des papillons, par Cécile Dumas, Sciences et Avenir.fr, 1er juin 2010.
"Les
billets de banque seront-ils un jour aussi beau que les ailes des
papillons? Des chercheurs s’inspirent des reflets de ces insectes pour
créer de nouveaux procédés d’impressions sécurisés."
[Papilio blumei, Lép. Papilionidé]
Restauration collective
En
cuisine, la nuit surtout, on les voit attroupés, en train de dévorer
restes et miettes. Il y a de quoi se restaurer partout ; pourquoi ne
sont-ils pas chacun tranquille dans son coin ?
C’est la question
que se sont posée Mathieu Lihoreau et ses collaborateurs (Queen Mary's
School of Biological and Chemical Sciences, Londres, Royaume-Uni). Leur
dispositif expérimental : une arène, sous surveillance vidéo, avec
deux sources de nourriture identiques où sont lâchés des individus
affamés de Blattella germanica (Dict. Batellidé). Ces cafards
domestiques se retrouvent rapidement tous au même endroit. Vidéogrammes
et modèle mathématique suggèrent une communication rapprochée, via une
phéromone de recrutement. Le message est « J’ai trouvé une bonne table,
viens dîner près de moi ».
Reste à identifier le messager
chimique (et à en faire un piège) ainsi qu’à préciser l’intérêt (pour
la Blatte germanique) de prendre ses repas en commun.
D’après « How cockroaches 'talk' about food ». BBC News, lu le 4 juin 2010 à //news.bbc.co.uk/.
À lire sur Internet :
Les insectes, biftek de l''avenir, par Gaëlle Dupont. Le Monde, 31 mai 2010.
Les termites dominent la savane, par J.L. Sciences et Avenir, 26 mai 2010.
" En
dépit de leur taille, les lions, éléphants ou girafes qui peuplent la
savane africaine ne jouent qu'un rôle mineur quand il s'agit de
façonner l'écosystème. Le véritable roi de la savane semble être le
termite, cette humble créature contribue puissamment au dynamisme des
plantes et des animaux. "
Abeilles sous surveillance. La pollinisation du tournesol étudiée à l'INRA d'Avignon. Vidéo. Sciences actualités.
Un récepteur olfactif atypique conservé chez les noctuelles : une nouvelle cible à exploiter en protection des cultures ? INRA. Mai 2010.
À noter :
"Rencontres de la Biodiversité" en Tarn-et-Garonne, de juin à novembre 2010.
Samedi 12 juin : « Les papillons, abeilles et bourdons pollinisateurs remarquables » de 14h à 17h30 : conférence à Caylus et sortie à Lavaurette. Par Dominique Pelletier (OPIE-MP).
Fourmis et libellules. Prochaines conférences de l’OPIE Midi-Pyrénées, le 19 juin à Gaillac.
Elles tombent dans le panneau
Les
femelles des insectes aquatiques, notamment d’éphémères et de
phryganes, tenteraient de pondre sur diverses surfaces artificielles
réfléchissant une lumière polarisée, qui les attirent et les trompent.
Elles s’exposeraient ainsi aux prédateurs et à une mort sans
descendance.
D’après une étude réalisée en Hongrie et publiée dans Conservation Biology,
les panneaux photovoltaïques, qui se multiplient sur les toits et les
terrains, sont une menace grave pour le benthos et l’entomofaune en
général par le jeu des réseaux trophiques.
Pour éviter leur
nuisance, il conviendrait de les recouvrir d’un filtre, un fin grillage
blanc par exemple – qui ne diminuerait leur production d’électricité
que de moins de 2%. Toutes les surfaces noires brillantes sont
dangereuses, des revêtements d’immeubles aux paillages plastiques en
passant par les toits des voitures.
D’après « Solar Panels Can Attract Breeding Water Insects ... but Scientists Propose a Simple Fix », lu le 28 mai 2010 à www.sciencedaily.com/
NDLR : les éoliennes aussi feraient des victimes : voir la Brève « À contre courant » parue dans Le Courrier de l’Environnement de l’INRA, n° 44 (2001).
C’est
un élevage fastidieux. Il faut maintenir isolés, chacun dans sa cage,
une centaine d’individus de Criquet pèlerin et leur fournir blé en
herbe et pâturin (ou pâtée ad hoc). Le but est de les maintenir
pendant quelques générations en phase solitaire de façon à comparer
leur « cerveau » à celui de leurs congénères en phase grégaire, élevés
en masse.
Shistocerca gregaria (Orth. Acrididé) est bien
connu pour ses changements de phases qui affectent sa morphologie, sa
physiologie et son comportement – au point qu’on y a vu deux espèces
distinctes – et qui se traduisent par des dévastations considérables.
Comparés
avec ceux des grégaires, les ganglions cérébroïdes de ces solitaires
sont plus petits d’un tiers, avec les lobes optiques et olfactifs
relativement plus développés. Dans ce cas, chacun cherche sa pitance.
En essaim, l’individu est mû par la masse. Pourquoi ce gros cerveau ?
Les aires plus développées sont celles de la mémoire et de
l’intégration. Le criquet en aurait besoin pour interpréter la
situation au milieu de l’agitation et du bruit de la foule de ses
voisins.
Recherches menées par Swidbert Ott et ses collaborateurs à l’université de Cambridge (Royaume-Uni).
D’après « Swarming 'swells' locusts' brain », par Victoria Gill. BBC News, lu le 24 mai 2010 à //news.bbc.co.uk
Montage colorié des ganglions cérébraux montrant les différences.
Bleu banane
L’asticot n'a pas de tête, n’y voit goutte mais a le nez fin. Le plus courant dans les labos, celui de Drosophila melanogaser,
la Mouche du vinaigre, est connu sous toutes ses coutures. Il possède
28 neurones olfactifs, bien repérés. Cet équipement lui permet de
s’orienter vers les odeurs de massepain, de colle ou de banane,
signalant un délicieux fruit en train de pourrir.
Klemens
Störtkuhl, avec des équipes travaillant à Bochum et à Göttingen
(Allemagne), est parvenu à activer par de la lumière de 480 nm de
longueur d’onde chacun de ces neurones, sur des mouches génétiquement
modifiées, résultat vérifié par le suivi des trajets des influx nerveux
au moyen de microélectrodes.
Ainsi, éclairé en bleu, notre jeune droso perçoit l’odeur de banane.
D’après « Gene Causes Blue Light to Have a Banana Odor in Fruit Flies », lu le 26 mai 2010 à www.sciencedaily.com/
21 mai 2010
On recrute un nouvel agent…
…Mobilité exigée.
Dans
le combat contre une jacinthe d’eau, l’Eichornie à pied gras, plante
aquatique flottante et envahissante mondialisée, deux charançons et un
papillon sont de vaillants agents de lutte biologique. Présente et très
gênante dans tout le Sud-Est des États-Unis, cette peste végétale est
traitée essentiellement à grands coups d’herbicides – ce qui nuit
gravement à nos auxiliaires.
D’où une nouvelle tentative avec une cicadelle, Megamelus scutellaris
(Hém. Delphacidé), repérée en Argentine (aire d’origine de la cible),
étudiée (en quarantaine depuis 2006) et lâchée. L’espèce est prolifique
; larves et adultes sont des spécialistes de l’Eichornie et ne
ponctionnent la sève d’aucune autre plante d’intérêt économique ou
botanique. On attend d’eux qu’ils épuisent l’envahisseuse. Et qu’ils
sachent se mettre à l’abri ou aller plus loin en cas d’épandage
d’herbicide.
D’après « Scientists Release Biocontrol for Water Hyacinth ». Lu le 18 mai 2010 à www.sciencedaily.com
À (re)lire : « Amat victoria curam », Épingle de 2007.
Photo
Vocation précoce
Les
polistes sont des guêpes sociales prédatrices de chenilles qui
construisent des nids sans enveloppe, en bois mâché. Reines (femelles
reproductrices) et ouvrières (dévolues à la défense de la colonie et
aux soins au couvain) cohabitent pendant un temps.
Chez Polistes metricus
(Hym. Vespidé), commun dans le Sud des États-Unis, il est admis qu’une
femelle adulte « choisit » sa condition : reproductrice (qui fondera un
nouveau nid) ou gardienne-nourrice au service de ses sœurs.
Amy
Toth et Tom Newman (université de l’Illinois) avec Gro Amdam et Florian
Wolschin (université de l’Arizona) ont découvert que l’évolution de
chaque femelle est en fait déterminée bien avant, lors du développement
larvaire. Les larves sont toutes semblables et traitées pareil mais
l’étude du protéome et du génome a révélé la présence, chez les futures
reines, de protéines leur permettant de passer l’hiver.
De plus,
chez celles-ci, des gènes sont plus actifs ; ils sont ceux qui, chez
l’Abeille domestique, gouvernent l’orientation sociale. L’ancêtre
commun entre les deux espèces date de 100 millions d’années.
D’après « The making of a queen: Road to royalty begins early in paper wasps », lu le 19 mai 2010 à www.physorg.com
Amours torrides
La demoiselle Mnais costalis
(Odon. Zygoptère Calopterygidé) est endémique des montagnes japonaises
; elle y vit dans puis le long des torrents. Les imagos mâles,
territoriaux, s’efforcent d’intéresser les femelles par leurs
acrobaties aériennes. Mais les demoiselles demoiselles sont également
très sensibles à leur ardeur, mesurable en degrés centigrades.
Les
systèmes d’imagerie infrarouge en temps réel sont désormais à la portée
des entomologistes. Une équipe anglo-nipponne a ainsi pu évaluer à
distance et sans les perturber la température corporelle de mâles en
pleine cour. Et établir que ce sont les plus chauds qui ont le plus de
succès.
Mademoiselle se donnera à un monsieur qui possède du
bien au soleil, autrement dit un territoire ensoleillé, un bout de
berge où elle sera à l’aise pour pondre et, le cas échéant, échapper à
un prédateur ; ses œufs se développeront plus rapidement et avec une
mortalité moindre. Bien échauffé, le monsieur fera plus de rencontres
et aura plus de descendants mais… s’il advient qu’il se pose à l’ombre,
il perdra tout rayonnement et deviendra un laissé pour compte.
D’après « Female damselflies prefer hot males, finds Japan study », par Jody Bouton, BBC News, lu le 18 mai 2010 à news.bbc.co.uk/
Image thermique d'un mâle
Mâle de Mnais costalis (posé) en vidéo
16 mai 2010
À lire sur Internet :
lnquiétude des producteurs de châtaignes. France 3, 17 mai 2010.
"Le Cynips, une petite guêpe, principal ravageur du châtaignier, vient d'être repéré pour la première fois en Ardèche."
Paru en 2004 dans Insectes n° 134 : "Un Cynips menace la châtaigneraie à fruits", par Valérie Belrose.
Et parmi les 'Épingles' de 2005 sous le titre "Châtaigniers en danger".
Les bourdons de la Belgique, par A. Pauly et P. Rasmont. Atlas Hymenoptera.
OPIE-Benthos : les insectes et l'entomologie aquatiques sur leur site refait à neuf.
À noter :
Rappel : mardi 18 mai à 20 h 35 sur ARTE : Le mystère de la disparition des abeilles, par Mark Daniels, 2010 - 90 mn.
Petite Nature : avec des portraits d'insectes, par 8 photographes. Paris, Champs-Elysées, du 22 au 24 mai 2010.
Les
expériences sociales que font les jeunes peuvent déterminer ce que sera
leur vie sexuelle une fois adultes. Qui a une certaine plasticité, même
chez les insectes non sociaux.
Dans un labo de l’université de
Californie (à Riverside, États-Unis) deux groupes de Teleogryllus
oceanicus (Orth. Gryllidé) sont élevés dans les mêmes conditions, sauf
qu’un lot bénéficie d’un complet silence tandis que l’autre baigne dans
les stridulations d’appel sexuel des mâles. Les deux situations
expérimentales miment respectivement des populations avec très peu ou
beaucoup de mâles grésillants.
Une fois parvenus à l’état adulte, les grillons sont observés, mesurés, pesés puis disséqués.
Les
individus gavés de chants mâles sont plus grands, en meilleure forme,
avec des testicules 10% plus gros – un avantage sexuel augmentant leurs
chances de se reproduire ; leurs congénères ont tendance à se comporter
en pirates muets, interceptant sans avoir bougé un élytre les femelles
répondant à l’appel d’un mâle tonitruant.
Article source : Bailey N.W.,
Gray B., Zuk M. 2010. Acoustic Experience Shapes Alternative Mating
Tactics and Reproductive Investment in Male Field Crickets. Current
Biology, 20(9), 845-849.
Elle
s’est déroulée le 14 mai à Saiden, dans l’état de Meghalaya (au nord de
l’Inde). Petits et grands, munis de lampes, se sont joyeusement
répandus dans la forêt, à la recherche d’individus tout
frais de Coupes du monde - c'est ainsi qu'on les nomme.
Appelés traditionnellement
Niangtaser, Chremistica sp. de leur nom scientifique, ces Hémiptères
Cicadidés sont prestement insérés dans un tube en bambou. Ainsi
emprisonnées, les larves au bord de la mue imaginale ne muent pas et, une fois lavées et cuisinées,
constituent un mets très apprécié.
Ces cigales périodiques sortent de terre
tous les 4 ans, en synchronisme parfait - et avec exactement un mois
d’avance – avec un grand événement footballistique.
D’après « Unique festival dedicated to insect held ». Press Trust of India, lu le 15 mai 2010 à www.ptinews.com/news/
5 mai 2010
À noter :
La page Facebook de l'OPIE est ouverte. C'est ici.
À lire sur Internet :
Comment les chenilles de pyrale parviennent à éviter la « grande Faucheuse ». Presse Info, INRA, 28 avril 2010.
Un exemple d'adaptation comportementale d'un ravageur aux pratiques agricoles.
[Ostrinia nublilalis, Lép. Pyralidé. Fiche HYPPZ]
La volte-face de la mouche, par Maurice Mashaal. Pour la Science, 29 avril 2010.
Une équipe américaine a décrypté les subtils mouvements des ailes qui permettent aux drosophiles de pivoter rapidement en vol.
Ils craquent pour des criquets
Ces
habitants des hauts-plateaux herbus de l’Ethiopie sont végétariens,
contrairement à tous leurs cousins. Mais envahis par un essaim de
Criquets pèlerins (Schistocerca gregaria, Orth. Acrididés), les
220 individus du groupe se sont mis à pousser des cris d’effroi puis se
sont jetés dessus et les ont mangés (ceux qu'ils ont pu attraper).
Le
phénomène s’est passé en juin 2009 sous les yeux et la caméra de Peter
Fashing, de l’université de Californie à Fulerton (états-Unis), qui
n’avait rien vu de tel depuis 17 ans qu’il est sur le terrain.
On peut être inquiet : les criquets sont traités à l’insecticide et risquent d’empoisonner nos Theropithecus gelada, alias babouins Gelada.
D’après « Monkeys filmed feasting on locust swarm in Ethiopia », par Jody Bourton. BBC News, lu le 30 avril 2010 à //news.bbc.co.uk/
À (re)lire la série des « Eux aussi ils aiment les insectes ».
Indifférence atavique
Pour
s’épargner la piqûre des moustiques femelles et le risque d’attraper la
fièvre jaune ou la dengue, le moyen préféré des touristes, travailleurs
et militaires est l’application d’un répulsif sur les parties exposées
de leur peau. Le plus classique et le plus efficace est le N,N-diéthyl-m-toluamide, connu comme le DEET.
On
avait des indices de l’héritabilité de l’indifférence de moustiques à
ce répulsif. James Logan et son équipe (Rothamsted Research à
Harpenden, Royaume-Uni) ont trié des individus « résistants » de
Stégomyie, alias Moustique à pattes blanches, (Aedes aegypti,
Dip. Culicidé) et les ont croisés avec des individus ordinaires. La
moitié de la descendance pique le bras oint de DEET du volontaire. La «
résistance » serait due à un gène unique – on ignore lequel -, dominant
agissant sur un type unique de récepteur olfactif des antennes.
L’étude
se poursuit, sur des populations sauvages. Le DEET, en dépit de
soupçons d’effets neurologiques, reste très largement employé.
D’après « Mosquitoes inherit DEET resistance», par Janelle Weaver. Nature News, lu le 3 mai 2010 à www.nature.com/
À (re)lire : « Entomologie militaire », par Alain Fraval. Insectes n° 140 (2006-1).
Punaisés
Un
marsupial, une sarigue, et un singe, un saïmiri, possèdent dans leur
génome des transposons quasi identiques à ceux de la punaise Rhodnius prolixus
(Hém. Triatomidé). Le transfert « horizontal » d’ADN aurait été
effectué par l’entremise du protozoaire agent de la maladie de Chagas,
qui infecte ces animaux. Trypanosoma cruzi est transmis aux mammifères par les fèces de la punaise qui s’infecte par son repas de sang.
La découverte, publiée dans Nature (doi:10.1038/nature08939), est due à Clément Gilbert et ses collaborateurs, à l’université du Texas à Arlington (États-Unis).
On
ignore encore si les Sud-Américains victimes depuis toujours de la
trypanosomiase sont également porteurs de ces séquences d’ADN «
entomologiques ». On cherche aussi à savoir dans quelle mesure le
parasitisme peut ainsi influer sur l’évolution génétique des hôtes.
La
proportion de matériel génétique « exogène » dans le génome humain est
connue depuis 2001 : 8%, en provenance de rétrovirus, s’exprimant dans
les cellules germinales. En janvier 2010, l’intérêt pour le phénomène a
été ravivé par la découverte de séquences d’ADN issues d’un bornavirus
(provoquant une encéphalite du cheval) dans le tissu nerveux. Une piste
pour expliquer des maladies mentales.
D’après « Scientists Uncover Transfer of Genetic Material Between Blood-Sucking Insect and Mammals », ScienceDaily, lu le 30 avril 2010 à www.sciencedaily.com/
Acyrthosiphon pisum (Hém. Aphididé) est un ravageur commun des
légumineuses, monoécique (l’oeuf d’hiver et les générations parthénogénétiques
sont sur les mêmes plantes), qui choit quand on souffl e dessus (amusant) et
existe en plusieurs couleurs selon la « race », notamment rose ou vert
(troublant).
Quel est l’avantage conféré à l’espèce par ce polymorphisme
? Les roses sont moins parasités par les microhyménoptères mais sont préférés
par les coccinelles : une double pression qui explique le maintien de cette particularité.
Les pigments roses sont à base de caroténoïdes, substances
liposolubles que les animaux ne synthétisent pas et que les pucerons en
particulier sont incapables de puiser dans la sève. Ils pourraient être
fabriqués par des symbiontes, comme Buchneria aphidicola ; l’analyse du génome
de cette bactérie, hôte obligatoire, montre qu’elle n’est pas la source des
caroténoïdes ni l’origine des gènes de leur production.
En analysant plusieurs souches, dont une jaune – résultant
d’une mutation – on a pu confi rmer que le phénotype est bien déterminé par le jeu
d’un gène, absent chez les verts.
On connaît des cas de transmission horizontale de gènes
entre bactéries symbiotiques et insectes. Certains n’ont pas de fonction,
d’autres s’expriment comme ceux de Wolbachia (du cytoplasme des oeufs) dans les
glandes salivaires de moustiques.
Les gènes « fongiques » du rose sont entrés dans le
patrimoine il y a 30 à 80 millions d’années, chez l’ancêtre commun au Puceron
du pois et au Puceron vert du pêcher, Myzus persicae, qui possède également ce
matériel rapporté. Quant au champignon donneur, il pourrait avoir été un
endosymbionte ou un pathogène.
C’est la première fois qu’est mis en évidence que cette
façon d’enrichir son génome procure une caractéristique aussi visible et aussi importante
pour l’adaptation écologique de l’espèce.
Article
source : Takema Fukatsu,
Un autre exemple de transmission horizontale de gène entre
eucaryotes a été épinglé le 2 mai 2010 : " Punaisés ".
À écouter sur Internet :
Myrmécophonie. Synthèse sonore par fourmis circulantes... Vidéo
À noter :
A la découverte des papillons : week-end formation organisé par Planète Sciences Méditerranée, Proserpine et Arborescence et Vie, les 8 et 9 mai 2010 à Grasse. Contact : S.-G. Mareschi.
Mardi 18 mai à 20 h 35 sur ARTE : Le mystère de la disparition des abeilles, par Mark Daniels, 2010 - 90 mn.
À lire sur Internet :
L'Insectarium se renouvelle. Canoë, 26 avril 2009.
[Montréal, Canada]
Nabokov, suite 60, Montreux Palace. L'Express, 23 avril 2010.
«
Et puis, il y a les papillons... Nabokov, on le sait était un
lépidoptériste de haut vol, qui travaillait alors d'arrache-pied à un
ouvrage de taxinomie […] »
Ier Colloque national d'Ecologie scientifique. Du 2 au 4 septembre 2010 au Palais des Congrès (Corum) de Montpellier. Site.
La lutte contre le paludisme progresse en Afrique, par Catherine Vincent. Le Monde, 24 avril 2010.
[grâce notamment à la généralisation des moustiquaires empoisonnées]
Nouvelles mines
En
2004, un amateur anglais du nom de Bob Heckford remarque des chenilles
d’un vert brillant inhabituel minant des feuilles tendre de chêne dans
les bois d’Hembury (Devon, Royaume-Uni), une réserve du National Trust.
Cette
semaine, la bête est officiellement présentée au Muséum national
d’histoire naturelle de Londres. C’est une espèce nouvelle pour la
science, Ectoedemia heckfordi, Lépidoptère Nepticulidé.
D’après « New British moth found in Hembury Woods is world first », par Matt Walker. BBC News, 28 avril 2010.
Photos des mines, du papillon et des genitalia sur Wikipédia.
NDLR : amateurs, regardez bien en vous promenant, préparez la déclinaison latine de votre patronyme et prévenez l’OPIE qui épinglera.
Le mot « abeille » en éléphant
Les
éléphants d’Afrique n’aiment pas les abeilles. Des ruches, voire des
zonzonnements enregistrés, peuvent servir à protéger les cultures
qu’ils dévastent volontiers.
Lucy King et son équipe (université d’Oxford, Grande Bretagne) poursuivent l’étude des réactions de Loxodonta africana vis-à-vis d’Apis mellifera scutellata.
L’observation du comportement de familles d’éléphants soumis - en
comparaison avec des bruits blancs - au bourdonnement d’abeilles en
colère leur a permis de repérer l’émission d’un grondement particulier
associé à des hochements de tête.
C’est un signal pour les
congénères, qui se joignent au mouvement de fuite. À l’intention des
éléphanteaux, ce grondement spécifique est pédagogique : il leur
apprend à se méfier d’un danger réel. Les piqûres sont particulièrement
douloureuses pour ces pachydermes quand elles sont infligées près de
l’œil ou à l’intérieur de la trompe, ce que les abeilles n’hésitent pas
à pratiquer.
Il reste à déterminer la spécificité entomologique de ce signal : est-il général ou modulé selon l’espèce d’insecte agresseur ?
Article source : King L.E. et al., 2010. Bee Threat Elicits Alarm Call in African Elephants. PLoS ONE 5(4): e10346. doi:10.1371/journal.pone.0010346.
À relire, signalé sur la page En épingle de 2007 : « Les abeilles font fuir les éléphants ».
16 avril 2010
À noter :
Le 6 juin 2010 : Portes ouvertes de l'OPIE à la maison des Insectes.
L'Agenda de l'OPIE : avril à décembre 2010 (prévisions).
XVIe Colloque de biologie de l'insecte. Lyon, du 18 au 20 octobre 2010. Renseignements : www.insavalor.fr/CBI2010
À lire sur Internet :
Tous naturalistes, par Gaëlle Dupont. Le Monde, 16 avril 2010.
[Sur la science participative.]
Trouillométrie (voir ci-dessous) suite.
Les vignerons de Champagne plongent les papillons dans la confusion sexuelle. AFP, lu le 14 avril 2010 à www.sciencesetavenir.fr/
[Cochylis, Eupoecilia ambiguella, Lep. Phaloniidé]
Attention chenille méchante (suite)
La chenille de la Faucille lignée (Drepana arcuata,
Lép. Drépanidé) défend sa feuille contre ses congénères en grattant son
support de ses mandibules et de ses fausses-pattes anales modifiées
(Épingle « Attention chenille méchante » de 2001).
Jayne
Yack, de l’université Carleton à Ottawa (Canada), a poursuivi ses
travaux en étudiant l’évolution de ce comportement chez les espèces
voisines dont certaines procèdent de même pour assurer leur
tranquillité. À partir d’un classement (fait sur des bases
moléculaires), il apparaît qu’il y a eu évolution à partir de chenilles
d’espèces primitives, fort agressives, se contentant de marcher sus à
l’ennemi et souvent de le tuer. L’emploi de signaux vibratoires serait
une forme « civilisée » de défense du territoire.
À voir : une vidéo (commentaires en anglais).
À (re)lire, dans Insectes n° 146 (2007 – 3) « Campophonies », par Alain Fraval.
À chacun sa chacune
Il
y a plus de 100 000 espèces de Lépidoptères, chez qui le papillon mâle
répond à l’appel chimique de la femelle en vue de l’accouplement.
Celle-ci émet une phéromone d’appel – caractéristique de son espèce -
et seul un mâle de son espèce y répond et la rejoint. De nombreuses
hypothèses ont été lancées pour expliquer cette spécificité.
On
vient d’isoler les gènes responsables de ce mécanisme. Fred Gould et
ses collaborateurs (université de Caroline du Nord) ont réussi à
transférer – par toute une série de croisements - des caractères
propres à la Noctuelle verdoyante (Heliothis virescens) à sa cousine proche H. subflexa.
C’est un petit groupe de gènes qui permet d’obtenir un mâle hybride
sensible à l’appel de la femelle de la Noctuelle verdoyante. Ils ont
ensuite mesuré, en enregistrant la réponse électrique des neurones de
l’antenne du mâle, la réceptivité des papillons issus de
rétrocroisements : la réponse dépend bien des gènes hérités.
Une
toute petite modification génétique, influant sur quelques neurones
chemorécepteurs, est donc responsable de l’isolement reproducteur d’une
espèce. Autrement dit, pour qu’une espèce nouvelle de Lépidoptère
apparaisse, il faut qu’une mutation affecte simultanément la femelle –
modifiant la formule de la phéromone – et le mâle. Sinon, la sélection
naturelle joue contre elle : elle n’attirera personne.
Ces travaux sont une première avancée dans la compréhension de ce paradoxe évolutionniste.
D’après « Gene studies lead to kissing cousins », lu le 13 avril 2010 à www.innovations-report.com
NDLR : ces
deux espèces de noctuelles (Lep. Noctuidés) ont été étudiées dans les
années 1970 dans le cadre de la mise au point de la lutte « par
stérilité hybride » contre les insectes ravageurs. Son principe : des
hybrides peu ou pas fertiles concurrencent les individus présents et la
population s’effondre.
La Noctuelle verdoyante attaque le cotonnier tandis qu’H. subflexa
se nourrit d’adventices. Chez les hybrides de première génération, les
mâles sont stériles, les femelles sont fertiles mais n’engendrent que
des mâles stériles.
D’après Combattre les ravageurs des cultures, enjeux et perspectives, par Guy Riba et Christine Silvy. Quae, 1989.
Le cafard vieux comme le monde
On n’est pas dans une enquête policière, penchés sur un
indice, en train d’examiner la victime d’une semelle. L’insecte vivait au
Carbonifère, il y a 300 à 350 millions d’années. À cette époque, les animaux
venaient de conquérir la terre ferme et, déjà, parmi eux, les insectes étaient
une composante importante de la faune, sous forme notamment d’ancêtres de nos
Dictyoptères (mantes, blattes dont termites) actuels.
A. eggintoni est un fossile très répandu, cosmopolite. Mais,
pour la première fois, on a pu l’examiner sous toutes ses faces et découvrir
ses appendices, sur un modèle en 3 dimensions. Ceci au moyen du scanner à
rayons X et des ordinateurs de l’Imperial College à Londres.
Grâce aux détails morphologiques révélés, on peut imaginer
les traits de vie principaux de ce protocafard. Il se nourrissait
essentiellement au sol, de matière végétale en décomposition et de cadavres
(comme nos blattes forestières) ; ses pattes en faisaient une bête très agile,
se jouant des obstacles et capable de grimper et de se fi xer sur des végétaux,
sans doute pour pondre à l’abri de ses prédateurs.
Avec leurs outils, nos archéo-entomologues britanniques
s’attaquent maintenant à des opilions et à l’inclassable Camptophyllia, Arthropodes
de la même ancienneté.
D’après «
Creepy crawly cockroach ancestor revealed in new 3-D model », lu le 13 avril
2010 à //cdn.physorg.com/
8 avril 2010
À lire sur Internet :
Une faune africaine sans précédent piégée dans l'ambre, par Cécile Dumas. NouvelObs, 6 avril 2010.
" Des
insectes vieux de 95 millions d'années, fossilisés dans la résine, ont
été mis au jour en Ethiopie: une découverte inédite en Afrique. "
À voir sur Internet :
Les insectes attaquent. Christian Science Monitor. Série de photos avec légendes (en anglais). 6 avril 2010.
À noter :
Observatoire des bourdons : la saison 2010 est lancée.
Sagesse ?
La
raison plaide pour mais est-ce bien sage ? Le débat ne va-t-il pas
tourner au vinaigre ? Devra-t-on, en parlant de la Mouche de ce produit
issu des biotechnologies, oublier l’ « Amie de la rosée » et adopter «
Porteuse de sagesse » ?
Raisonnablement, le nom de genre Drosophila doit rester à D. funebris, espèce type, tandis que D. melonogaster – trop différente dans ce groupe surpeuplé - devra rejoindre un nouveau genre, Sophophora.
Tandis qu’Insectes
consacre à ce Diptère un article intitulé « Mouche à tout » sous son
nom correct à la date de parution de sa dernière livraison, alors qu’il
est établi que c’est l’insecte le plus valeureux rapport aux services
qu’il a rendus à la Science, vu que d’aucuns vont ignorer toute la
biblio qui lui est consacré s’ils tapent son nouveau nom dans Google…
une part de l’entomosphère plaide pour qu’on ne le renomme jamais.
Raisonnablement, le nom de genre Drosophila doit rester à D. funebris, espèce type, tandis que D. melonogaster – trop différente dans ce groupe surpeuplé - devra rejoindre un nouveau genre, Sophophora.
On pourrait inscrire funebris
et ses proches dans un nouveau taxon mais il faudrait renommer des
centaines de mouches des fruits, certes moins célèbres. La Commission
internationale de nomenclature zoologique (ICZN), après 3 ans de
débats, a rejeté la proposition par 23 voix contre 4.
Écrire Drosophila melanogaster est encore licite, mais pas pour longtemps.
D’aprè « Identity crisis for fly that’s the apple of scientists’ eye », par Mark Henderson. The Times, lu le 8 avril 2010 à www.timesonline.co.uk/
Trouillométrie
Les
Français sont 64 % à ressentir du dégoût pour les insectes, les
Françaises 79 %, dont une sur deux éprouve de la peur et même de
l’angoisse. Par rapport à l’an dernier, plus de gens (« + 10 points »)
estiment que leur sentiment est rationnel, notent les auteurs du
sondage (1 000 réponses, via Internet).
Ils nous apprennent que 4
individus sur 10 sous-traitent l’élimination de l’insecte domiciliaire
intolérable. Sont appelés à la rescousse le conjoint, un éradicateur
professionnel, un enfant. L’homme de métier est payé (fort cher), les
autres font l’objet de manœuvres ad hoc : de la cajolerie à la
simulation de panique. Autre type de réaction : fermer la pièce et
attendre que la bête meure ou quitter la maison.
Face à leur
conjointe paniquée, une petite moitié des conjoints adopte une attitude
protectrice, l’autre se moque gentiment, quelques uns s’énervent.
Les
Français estiment pour la plupart être de plus en plus souvent
confrontés aux mouches, aux abeilles et guêpes, aux araignées et aux
fourmis – taxons qu’ils reconnaissent.
On n’omettra pas de signaler que 52% des gens manifestent (entre autres) de la curiosité.
D’après
« Les Français et la peur des insectes », par Anne Sophie
Vautrey. Enquête Ipsos pour Vitomit, lu le 7 avril 2010 à www.ipsos.fr/
Voir le diaporama
À (re)lire, épinglé en 2006, « Yeah faut les anéantir ! ».
NDLR :
personne – mais y avait-il une case à cocher pour ça ? - n’a avoué faire
un petit cours d’entomologie ou proposer un abonnement à Insectes.
À voir sur Internet :
Des photos d'insectes sous la rosée. De Miroslaw Swietek.
À lire sur Internet :
La mystérieuse dépopulation des abeilles se poursuit aux Etats-Unis. Atlas Info (AFP), le 30 mars 2010.
[CCD]
Madame scarabée sait se battre, par Susan Milius. Courrier International, 25 mars 2010.
"
Une espèce de bousier australien se caractérise par la présence d’une
paire de cornes offensives chez la femelle. Une rareté. "
[Onthophagus sagittarius, Col. Scarabéidé]
Rencontre du 3e biotype
Depuis une décennie, les cultivateurs états-uniens de soja ont un ennemi spécifique, Aphis glycines
(Hém. Aphididé). Le Puceron du soja, originaire d’Extrême Orient, vole
par ailleurs en essaims compacts et perturbe, entre autres activités
cruciales, les matches de baseball.
Les agriculteurs limitent ses
dégâts en semant des variétés résistantes et en traitant les champs
infestés aux insecticides. En 2006, on a découvert des populations
capables de pulluler sur certains cultivars résistants et les a
déclarées du « biotype 2 ».
Cet hiver, le biotype 3 est apparu à
Springfield Fen (Indiana). Les entomologistes de l’université de
l’Illinois à Urbana-Champaign ont constaté que les descendants de
pucerons hivernant sur bourdaine prospéraient sur les variétés
résistantes. Jusque-là, de tels pucerons – se riant des gènes Rag1 et
Rag2 - n’ont pas été trouvés ailleurs.
Ce ravageur très « créatif
» inquiète : les cultivars résistants devenant inopérants, il reste la
lutte chimique. Celle-ci marche bien, à condition de surveiller
scrupuleusement l’évolution des effectifs du ravageur et de déclencher
les traitements dès que le seuil d’intervention (de l’ordre de 250
individus par plant) est atteint.
On attend la mise au point de
marqueurs (ADN) pour repérer ce biotype 3 et adapter dans chaque région
l’offre de sojas résistants.
D’après « U of I researchers identify new soybean aphid biotype », lu le 29 mars 2010 à www.eurekalert.org/
À (re)lire l’encadré « Le tout jeune roi du Web » en dernière page de l’article « Les Pucerons I », par Alain Fraval, Insectes n° 141 (2006-2) ;
« Le puceron du soja : ravageur agricole et peste du piéton », par Alain Fraval, Insectes n° 155 (2009-4) ;
Et l’Épingle « Aphidoculture » de 2008.
Le wiliwili est sauvé
Victimes
d’un défoliateur, les wiliwili (grande érythrine) d’Hawaï avaient
triste figure, certains mouraient. Grâce à l’opération de lutte
biologique classique menée par Mohsen Ramdan, ils portent beau,
refeuillés.
Le défoliateur – récemment introduit - est un Hyménoptère Eulophidé cécidogène, Quadrastichus erythrinae. L’agent de lutte bio, du même ordre, a été rapporté en 2005 de Tanzanie ; c’est Eurytoma erythrinae,
parasitoïde du ravageur. Après des tests pour s’assurer que
l’auxiliaire n’attaque pas des insectes utiles ou en danger, quelque 5
000 individus ont été lâchés sur les arbres d’Honolulu à l’automne
2008. Dès l’année suivante, les premiers wiliwili reverdissaient.
Près
de 250 agents de lutte bio ont été introduits à Hawaï, avec parfois des
échecs et, pire, des résultats inattendus et dommageables. M. Ramadan
souhaite s’attaquer de la même façon à d’autres envahisseurs
indésirables, en prospectant dans leur aire d’origine à la recherche
d’un ennemi naturel efficace.
Mais les crédits « déplacements » de son labo ont été coupés.
D’après « Hawaii's infested wiliwili trees being rescued by African wasp », par Robbie Dingeman, lu le 26 mars 2010 à www.honoluluadvertiser.com/
À(re)lire l’Épingle « Sauver le wiliwili » de 2006.
25 mars 2010
À consulter :
Agenda 2010 de l'OPIE Midi-Pyrénées. Ici.
À noter :
Les 37e journées des entomophagistes (ENT0M2010) se tiendront à Antibes-Juan-les-pins du 5 au 7 mai 2010.
À lire sur Internet :
Des moustiques programmés pour vacciner, par Pauline Fréour. Le Figaro, 23 mars 2010.
"Une
équipe de chercheurs japonais est parvenue à modifier génétiquement un
moustique pour qu'il diffuse un vaccin lorsqu'il pique une souris. Une
expérience qui soulève de nombreuses questions pratiques et éthiques."
[Anopheles / Leishmania]
Bêtes curieuses
Les
îles Hawaï recèlent de nombreuses curiosités biologiques (beaucoup son
éteintes…) et ont vu se dérouler des processus évolutifs un peu
étranges. Dernière découverte en date, celle du mode de vie unique des
chenilles de 4 Hyposmocoma (Lép. Cosmoptérigidés), un genre endémique riche de 350 espèces.
Celles-ci
sont en effet capables d’effectuer leur développement aussi bien sur la
terre que sous l’eau. Ce sont jusque-là les seuls insectes vraiment
amphibies connus. Leur habitat : des zones soumises fréquemment à la
submersion, par des nappes d’eaux courantes, suite aux ouragans. La
chenille n’a pas de branchies ni de plastron et respire au travers de
la cuticule – et meurt d’asphyxie dans une eau stagnante.
Parmi les Hyposmocoma,
phytophages, ces chenilles à fourreau se distinguent par leur régime
zoophage, qui est tout à fait particulier. Elles avisent un escargot
(petit) au repos, le bousculent pour vérifier qu’il est vivant puis
l’emmaillotent d’un réseau de fils de soie. Une fois leur proie fixée,
elles s’extraient de leur abri pour y pénétrer et dévorent la bête.
La coquille vidée est souvent détachée de son support et « cousue » sur
leur fourreau. Trophée ou ornement ?
Le mode de vie amphibie de
ces espèces, d’après les résultats de l’analyse de leur génome, est le
fruit d’une évolution parallèle, les cas étant apparus indépendamment
les uns des autres – et ce 8 millions d’années avant la formation des
îles actuelles.
D’après, entre
autres, « Scientists discover world's first amphibious insects:
Hawaiian caterpillars », par Jeremy Hance, lu le 22 mars 2010 à mongabay.com
Photos et dessin
La chenille d’Hyposmocoma est à rajouter au chapitre Lépidoptères de « Les insectes fileurs de soie », par Alain Fraval, Insectes n° 156 (2010-1).
Les costauds et les couillus
Les
concurrents, de diverses nationalités, ont subi des mois d’épreuves
dans un laboratoire anglais. À la fin, c’est le Scarabée taureau, un
Européen, qui a été déclaré champion du monde.
Ontophagus taurus
(Col. Scarabéidé) est l’insecte le plus fort de l’Univers. Il peut
pousser 1 141 fois son poids vif. Pour faire image, disons que cela
correspond à un humain capable de pousser une file de 6 autobus à
impériale bourrés de passagers.
La rédaction d’Insectes
félicite le vainqueur et rappelle que ce résultat a été obtenu à l’eau
pure et à la bouse, grâce à une prédisposition pour les combats très
durs entre mâles.
Toutefois, cette gloire ne concerne que certains
Taureaux. Il en est en effet qui émergent petits avec des cornes
courtes et qui ne poussent personne ; à la dissection, il apparaît
qu’ils ont des testicules nettement plus gros. Les deux formes sont
bien distinctes et correspondent à deux stratégies sexuelles. Les gros
aux grandes cornes, les costauds, défendent l’entrée de la galerie de «
leur » femelle. Les petits, eux, capables de se faufiler, profitent
d’un moment de distraction de leur part pour contribuer, avec
prédominance, à la descendance de Madame.
Les Ontophages ont servi surtout à des études sur l’allocation des ressources entre organes et sur la sélection sexuelle.
D’après, entre autres, « Beetle 'world's strongest insect' », lu le 24 mars 2010 à www.independent.ie/
À (re)lire l’épingle de 2001, « Le poids des cornes ».
Les voies de l’immigration clandestine
Dans
plusieurs cas, on soupçonne que l’invasion d’un nouveau territoire par
un insecte (indésirable) n’est pas partie de son aire d’origine mais
d’un foyer intermédiaire. Là, une population aurait acquis les
caractères qui font dudit insecte une espèce « invasive ». C’est l’«
effet tête de pont ».
Pas facile à prouver.
Une équipe de chercheurs de Montpellier et de Sophia Antipolis s’y est attaquée, sur le cas de la Coccinelle asiatique, Harmonia axyridis
(Col. Coccinellidé). Une envahisseuse quasi cosmopolite désormais.
Analysant (par une méthode statistique de comparaison de scénarios) les variations des microsatellites (courtes séquences d’ADN
particulières) et les relevés historiques des premières observations, ils ont établi la carte des
chemins empruntés par la coccinelle.
Depuis 1916, on l’a
introduite, comme auxiliaire prédateur de pucerons ravageurs des
cultures, à partir de plusieurs prélèvements en Extrême Orient et à
plusieurs reprises en Amérique du Nord. Mais elle ne s’y est jamais
maintenue au-delà de quelques décennies. Mêmes échecs en Europe (1982)
et en Amérique du Sud (1986).
En 1988, une pullulation est
signalée en Louisiane, puis une autre en 1991 en Oregon (côte
nord-ouest des États-Unis). En 2001, le phénomène se manifeste en
Belgique et en Argentine, en 2004 en Afrique du Sud. La gentille bête à
bon dieu, le secourable agent de lutte biologique devient une peste
honnie, dévorant les coccinelles autochtones, envahissant les maisons
et dépréciant les récoltes de fruits. Les entomologistes sont
vilipendés.
Surprise : toutes ces populations proviennent de la «
souche » est-états-unienne, la tête de pont de l’invasion mondiale. En
Europe, des caractères d’une souche introduite comme auxiliaire s’y
mélangent (sans effet sur ses capacités « invasives »).
La
coccinelle a cheminé toute seule, en passagère clandestine de billes de
bois, entre autres, où elle s’était installée pour passer l’hiver.
Article source : Lombaert E, Guillemaud T, Cornuet J-M, Malausa T, Facon B, et al., 2010. Bridgehead Effect in the Worldwide Invasion of the Biocontrol Harlequin Ladybird. PLoS ONE 5(3): e9743. doi:10.1371/journal.pone.0009743. En ligne.
À (re)lire : La Coccinelle asiatique Harmonia axyridis (par Gilles San Martin, Tim Adriaens, Louis Hautier et Nicolas Ottart). Insectes n° 136 (2005-1).
Droso Alzheimer
Après avoir montré in vitro
que la protéine Affibody se lie avec le peptide A-bêta, l’empêchant de
former des agrégats, Leila Luheshi et ses collaborateurs (University de
Cambridge, Royaume-Uni) ont vérifié ce résultat chez la Mouche du
vinaigre.
Affibody est le nom d’une firme suédoise qui
produit cette petite protéine de synthèse, inventée sur ordinateur ; le
peptide A-bêta (ou bêta-amyloïde) est une forme anormale et
neurotoxique d’une glycoprotéine de la membrane cellulaire qui forme
des plaques (dites amyloïdes ou séniles) extracellulaires dans le
cortex des malades d’Alzheimer.
Des mouches d’une
souche génétiquement modifiée pour développer des plaques amyloïdes
dans leur « cerveau » ont été croisées avec celles d’une seconde
lignée, génétiquement modifiée pour produire la protéine Affibody. Leur
descendance produit bien l’A-bêta mais leur tissu nerveux ne montre pas
les plaques typiques d’un Alzheimer.
Une avancée due aux progrès de l’ingénierie des protéines.
D’après « Fruit flies and test tubes open new window on Alzheimer's disease », par Nick Saffell. Lu le 15 mars 2010 à www.eurekalert.org/
Voir le cerveau de la droso en 3 D
Accueillante Californie
L’Eudémis
de la vigne, après avoir, depuis l’Italie méridionale, établi il y a
longtemps ses quartiers en Europe (jusqu’en Russie), en Afrique (du
Nord et de l’Ouest), au Moyen-Orient a gagné tout récemment le Chili et
le Japon. Des papillons de Lobesia botrana (Lép. Tortricidé),
ont été pris au piège en septembre 2009 près d’Oakville (comté de Napa)
– on ignore comment ils sont arrivés là - et l’inquiétude est très
grande dans cette contrée de vignes et de vergers.
Les chenilles
de l’Eudémis, carpophages, s’attaquent surtout aux raisins mais elles
sont également potentiellement nuisibles à d’autres fruits comme, chez
nous, aux groseilles et aux cassis. En Californie, les kiwis, les
olives, les grenades et les kakis sont, en plus des raisins, menacés.
Les
autorités ont défini une zone de quarantaine (en 2 parties) : les
fruits produits à l’intérieur doivent être consommés sur place… Elles
envisagent une lutte par confusion sexuelle, au moyen d’un analogue de
synthèse de la phéromone de rapprochement des sexes de la femelle
diffusé massivement mais discrètement.
En effet… La région vient d’être envahie par la très polyphage et très vorace Pyrale brun pâle de la pomme, Epiphyas postvittana
(Lép. Tortricidé), découverte en 2006 et maintenant répandue partout.
On avait l’occasion, grâce à des épandages aériens de la « phéromone »
faits au début de l’installation du ravageur, d’éradiquer
l’envahisseuse. Mais les gens se sont opposés aux traitements aériens,
qui ont été arrêtés.
D’après « Invasive moth threatens wine grape crop”, par Peter Fimrite. San Francisco Chronicle, lu le 10 mars à www.sfgate.com/
À(re)lire l’épingle « La Pyrale de la pomme de la discorde » de 2008, en ligne à
La fiche HYPPZ de l’Eudémis de la vigne
PS : en 2008, une « terrible » mouche des fruits est apparue, venant d'Asie : Drosophila suzukii, qui a gagné l'Oregon voisin.
PPS : le vignoble californien a dû affronter la résurgence d’un américain de souche : voir « Phylloxéra, le retour », par Alain Fraval, Insectes n° 136 (2005-1).
À voir sur Internet :
Un hôtel à abeilles au ministère du Développement durable - une action OPIE-ONF. En vidéo.
À lire sur Internet :
Un cachet contre les poux ? Par C.D. NouvelObs.com, 10 mars 2010.
" Un nouveau médicament anti-poux pourrait faciliter la lutte contre les pédiculoses, selon des chercheurs français."
À (re)lire : "L'éradication du varron : Inquiétudes d'un biologiste", par Thierry Lecomte. Insectes n°111 (1998) et l'encadré " Bouses toxiques", p. 7, Insectes n° 149 (2008).
Quand les papillons racontent l'histoire de la vie. Ouest France, 10 mars 2010
"
L'Atlas entomologique régional a inventorié des milliers de papillons.
Le Nantais Christian Perrein, son fondateur, veut éditer une
Biohistoire des Papillons, qui peine à éclore en raison de son coût. "
Abeille et environnement, par INRA-Audiovisuel - 3 mars 2010 : restitution des exposés et des discussions, en vidéos.
Introduction
-Économie de la filière apicole - Abeilles, pollinisation et
biodiversité : les risques du déclin - Abeilles, concentrateur du
paysage.
Caractère imprévisible de l’action des pesticides à
faibles doses chez l’abeille - Abeilles et produits phytosanitaires :
exposition et évaluation des risques - Présentation du
rapport AFSSA : Mortalités, effondrements et affaiblissements des
colonies d’abeilles - Vers la construction d’une analyse globale du
déclin des abeilles intégrant les multiples facteurs explicatifs.
Au
bout des 25 000 épreuves de vol qu’ils ont fait subir à des imagos de
la Mouche du vinaigre, Frank Schnorrer et son équipe (institut
Max-Planck), ont déterminé les 2 000 gènes qui pilotent la formation de
ses muscles alaires. Des muscles qui en font une athlète hors pair,
dans les toutes premières du règne animal : ils développent en effet
une puissance de 100 W par kg (poids vif).
Chez Homo sapiens,
le coureur du Tour de France égale le culturiste avec un petit 30 W/kg.
Ces deux dernières catégories de musculeux, bien au fait que beaucoup
de gènes sont communs entre eux et le Diptère Drosophila melanogaster,
espèrent que ces recherches déboucheront sans tarder sur une
amélioration de leurs performances. D’autres y voient des pistes pour
le traitement ciblé de maladies.
D’après « Fruit Flies – A Model for Bodybuilders », lu le 10 mars 2010 à www.newswise.com/
Cataglyphis fortis
(Hym. Formicidé) est une fourmi du désert, habitante des zones salées
du Sud tunisien. Son nid souterrain s’ouvre par un petit orifice, à
peine visible. Ses capacités d’orientation, pour retrouver sa colonie,
ont été bien étudiées. Adaptée à un milieu où les traces chimiques ne
sont pas opérantes, elle dispose de plusieurs systèmes de navigation :
l’enregistrement de repères visuels, un compas solaire, un podomètre et
un lecteur de paysage olfactif.
Ce dernier équipement était
jusqu’aux tous récents travaux des myrmécologues de l’institut
Max-Plank, à Iéna (Allemagne), l’apanage de l’homme et du rat.
Des
ouvrières dressées à reconnaître 4 odeurs – différentes de celle du nid
– lâchées sur le sable sans relief retrouvent le trou d’accès au nid
dont elles sont sorties. Ceci même si ledit trou ne correspond plus à
aucun nid. Pour réussir cette performance, elles ont besoin de leurs
deux antennes (portant les organes de l’olfaction) : elles perçoivent
les senteurs et leur emplacement en stéréo.
Article source : Steck K., Knaden M., Hansson B.S., 2010: Do desert ants smell the scenery in stereo? Animal Behaviour, online first (doi:10.1016/j.anbehav.2010.01.011)
Le ver rose résiste à Monsanto
Les
planteurs de coton l’avaient bien repéré, Monsanto l’admet – et c’est
une première. Dans certaines zones de l’état du Gujarat (Inde), le
cotonnier produit par la firme ne résiste plus au Ver rose du
cotonnier. Le « pink bollworm » se rit désormais des toxines de Bacillus thuringiensis produites par la plante génétiquement modifiée.
Des
suivis pratiqués par Monsanto en novembre 2009 ont révélé des taux de
survie anormalement élevés des chenilles du ravageur. Des échantillons
ont été rapportés au labo en janvier et février : les populations de
Ver rose sont bel et bien résistantes.
Rashmi Nair, directeur
scientifique du semencier, conseille aux agriculteurs de semer du
cotton Bollgard II, qui possède deux gènes de Bt, développé pour
retarder l’apparition de la résistance. Il leur recommande en outre de
ménager des refuges (des cotonniers normaux). Mais les planteurs n’y
croient plus et n’envisagent pas de consacrer une part de leur terrain
à nourrir la peste.
D’après « Bt cotton ineffective against pest in parts of Gujarat, admits Monsanto », par Priscilla Jebaraj, The Hindu, 6 mars 2010, lu à //beta.thehindu.com/
On ne peut lire cette Épingle sans avoir pris connaissance de la précédente sur le sujet « Alteroviposition » , tout fraîche, ni sans revenir à l’articulet paru dans Insectes n° 122 en 2001 sous « En bref… », recopié tel quel ci-dessous.
LES PAPILLONS FONT DE LA RÉSISTANCE
La
presse relaie l'information depuis un certain temps déjà : non, les
cotons transgéniques de la firme Monsanto ne sont pas si efficaces que
cela. Ils accuseraient en effet quelques faiblesses vis-à-vis des
attaques du Ver rose du cotonnier, Pectinophora gossypiella
(Lépidoptère Gelechiidé)... Par quel prodige ? Des chercheurs
américains ont étudié, au laboratoire, le mécanisme d'acquisition de la
résistance du papillon à la toxine CryiAc de Bacillus thuringiensis. En
analysant la descendance issue de croisements entre papillons
résistants et non résistants, ils ont déterminé que cette résistance
dépend de la concentration en CrylAc : plus la concentration de la
toxine est faible (moins elle est synthétisée), plus la mutation
responsable de la résistance a des chances d'apparaître en descendance.
Pour éviter l'émergence d'une telle résistance, il faut donc envisager
d'emblée une forte expression de la toxine bactérienne dans le coton.
Ce que Monsanto n'aurait apparemment pas suffisamment pris en compte
dans sa production de coton Bt...
Lu sur le Journal des biotechnologies de l'INRA
À noter :
L'INRA organise une rencontre intitulée "Abeilles et environnement" dans le cadre du salon de l'agriculture le mercredi 3 mars de 14h à 16h30.Cette rencontre sera retransmise sur le site de l'INRA.
Cartographie des fourmilions. Appel à contribution. R.A.R.E.
Effets des éléments boisés sur les populations de pollinisateurs dans les paysages agricoles. Proposition de thèse au CEMAGREF. Contact : Christophe Bouget (christophe.bouget(a)cemagref.fr)
À lire sur Internet :
De la part de l'INRA :
Les criquets : une valeur sûre pour la biodiversité
Une
méthode d’échantillonnage fiable et reproductible, destinée à estimer
le nombre de criquets présents dans les prairies d’un vaste site
d’études.
L’interaction entre pathogène et insecticide affecte la santé des abeilles
L’effet combiné induit un taux de mortalité plus élevé que chaque agent seul.
Biodiversité des pollens et santé des abeilles
La quantité et la diversité des ressources alimentaires (pollen) ont un impact direct sur la santé du pollinisateur.
Quels facteurs déterminent la biodiversité de la flore adventice en France ?
La
diversité de la flore adventice analysée à une large échelle est
favorisée par des systèmes agricoles peu spécialisés et peu intensifs.
La conservation de cette biodiversité doit être raisonnée au niveau des
territoires.
Alteroviposition
Cela
fait treize ans qu’on cultive à grande échelle des cotonniers
génétiquement modifiés, produisant des toxines de la bactérie Bacillus thuringiensis, résistants aux attaques de ravageurs. Ceci se passe notamment en Inde, en Chine et aux États-Unis.
Normalement,
les insectes « bioagresseurs » subissent une pression de sélection et,
au bout de quelques générations, apparaissent des populations
résistantes et les dégâts se manifestent. Les modèles mathématiques ont
indiqué qu’il faut une dizaine de générations si les gènes sont
dominants, un trentaine s’ils sont récessifs.
Pour éviter – ou
tout au moins ralentir fortement – le phénomène, on a mis au point et
appliqué la stratégie des refuges : des cotonniers normaux
jouxtent des cotonniers GM. Ceci pour que les populations se mélangent
en permanence et que les gènes de résistance se diluent.
Effectivement,
on n’a observé que peu de cas de résistance, au bout d’une cinquantaine
de générations des ravageurs (depuis 13 ans, les planteurs doivent
semer 20 % de coton non GM).
Mais ceci ne serait pas tellement
dû à l’installation des refuges qu’au comportement des femelles
émergées dans les champs de coton Bt. D’après l’étude conduite par
l’université de Wageningen (Pays-Bas) en collaboration avec
l’université de la Caroline du Nord (États-Unis), des femelles pondent
sur d’autres plantes. Leur descendance a une meilleure survie et la
proportion de ces individus qui ont moins d’appétence pour le cotonnier
augmente dans la population. Il en résulte des dégâts moindres, même en
présence d’effectifs similaires. Et ce de façon durable.
Nos
entomologistes vont maintenant vérifier leur hypothèse issue de modèles
tournant sur ordinateur sur le terrain et étudier les préférences de
ponte des insectes du coton dans les champs.
D’après
« Oviposition behaviour of pest insects keeps Bt-cotton durably
resistant », d’après l’université de Wageningen, lu le 3 mars 2009 à www.physorg.com
À lire sur Internet :
Guerre de moustiques, par J.L. Sciences-et-Avenir.com, 23 février 2010.
"
Des moustiques génétiquement modifiés pour ne pas voler pourraient
permettre de lutter contre la propagation de la dengue selon de
nouveaux travaux. "
Les fourmis se cachent pour mourir… et protéger la colonie, par Grégoire Macqueron, Futura-Sciences, 19 février 2010.
" Chez plusieurs groupes d’animaux sociaux, les individus mourants
partent parfois finir dans la solitude. Des chercheurs allemands ont
découvert que chez les fourmis cet isolement social était une tentative
volontaire pour éviter de transmettre leur infection au reste de la
colonie. "
Le philanthrope Bill Gates
appuie ses discours par un lâcher d’insectes : après des moustiques
(symboles du paludisme), il vient de libérer un plein bocal de lucioles
(l’énergie propre…).
En Australie, le Crapaud de la canne à sucre, Buffo marinus, envahisseur envahissant originaire d’Amérique du Sud, s’avère inadapté et donc en péril face à une fourmi indigène, Iridomyrmex reburrus.
Contrairement aux grenouilles du cru, il vit le jour, ne les voit pas
et, trop pataud, ne leur échappe pas. D’après Rick Shine (université d
Sydney), l’efficacité de l’auxiliaire autochtone de lutte biologique
est grandement augmentée en disposant de la pâtée pour chats, très prisée de la fourmi, dans son habitat.
En
activant ou en désactivant le gène de la production d’une protéine
nommée Rac, chez une drosophile génétiquement préparée, une équipe
sino-états-unienne dirigée par Yi Zhong, a provoqué ou empêché l’oubli, par ladite mouche, d’une association d’odeurs avec un petit choc électrique : son cerveau efface chimiquement les souvenirs.
En
Indonésie, des ouvriers préparent une statue de bronze de Barack Obama
enfant - qui a vécu dans ce pays et doit s'y rendre en mars - avec un papillon sur le doigt.
Prolétaire
sans défenses
Le Puceron rose et vert du pois est un ravageur important des
légumineuses. Acyrtosiphon pisum (Hém. Aphididé)
est aussi l’hôte de nombreux labos pour l’étude de la symbiose, de la
transmission des virus, des relations plantes-insecte et du
polymorphisme.
Son génome a été décrypté (il comporte deux fois plus de gènes que
celui des autres insectes analysés jusque-là) et Nicole Gerado, chef de
l’International
Aphid Genomics Consortium, s’est penchée particulièrement sur les gènes
des défenses immunitaires. Surprise : ils manquent presque tous. Le
puceron affronte donc ses ennemis (de nombreux microorganismes
pathogènes, principalement des champignons, en plus des insectes
parasitoïdes et prédateurs) dépourvu de la plupart des moyens d’y
résister qu’ont les autres insectes.
Les pucerons s’en sortent pourtant et sont capables de rapides
proliférations conduisant à de belles pullulations. Ce sont d’efficaces
suceurs de sève, qu’ils digèrent avec l’aide de bactéries (Buchnera) associées
avec eux depuis 50 millions d’années. Il se pourrait que la perte de
défenses immunitaires soit nécessaire pour conserver ces symbiontes.
Les pucerons ont en même temps « fait un choix » particulier d’«
investissement » : grosso modo, toutes les
ressources du puceron – des puceronnes virginipares - sont affectées à
la fabrication de pucerons, et de plusieurs générations emboîtées.
Autrement dit, sa seule richesse est dans sa lignée (proles
en latin), c’est un vrai prolétaire.
D’après, notemment, « Pesky aphid
thrives despite weak immune system », lu le 22 février 2001 à www.eurekalert.org/
Le Grillon automnal, Gryllus pennsylvanicus
(orth. Gryllidé nord-américain), a tout à craindre de l’araignée-loup Hogna
helluo (Lycosidé). Les individus rescapés de ses tentatives
de prédation, et ceux des populations qui sont en contact avec elle, se
protègent mieux contre ses assauts. Et les enfants des rescapées aussi,
de façon innée. Telle est la découverte faite par Jonathan Storm et
Steven Lima (université de l’Indiana, États-Unis), publiée dans American
Naturalist.
Ils ont déposé des femelles dans un terrarium occupé par une araignée
affamée mais aux chélicères neutralisées par de la cire. Puis observé
le comportement des grillons de leur descendance (il n’y a pas de soins
maternels), dans les mêmes conditions. Par rapport à des témoins dont
la mère n’avait pas connue l’araignée-loup, ils se protègent mieux,
restant deux fois plus longtemps à l’abri et sont repoussés par les
déjections et les fils de soie de leur ennemie.
C’est la première fois qu’on met en évidence ce phénomène. La
transmission de facteurs de résistance à un pathogène était connue. Le
mécanisme reste mystérieux.
D’après « Grillen
warnen via Ei », lu le 18 février 2010 à www.scienceticker.info/
[R]
18 février 2010
À lire sur Internet :
Le
SPIPOLL - suivi photographique des insectes pollinisateurs. Programme
de science participative lancé par le Muséum National d’Histoire
Naturelle, l’OPIE, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
et la Fondation Nature & Découvertes.
Première
présentation.
Quand la mouche remplace le diamant sur le crâne de Damien Hirst, 20 minutes, 4 février 2010.
La
diversité des paysages au service des papillons, par Grégoire
Macqueron, Futura-Sciences,
13 février 2010.
"
Quand l'environnement est varié, les papillons se portent mieux. C'est
ce que démontre une équipe de chercheurs britanniques. Moralité : les
paysages devraient être inclus dans les programmes de conservation et
il ne serait pas inutile d'en créer. "
L'OPIE-MP investit le camp militaire du Larzac. Midi Libre, 13 févrer 2010.
Une
coccinelle télécommandée, par par Isabelle Burgun. Lien
multimédia, 11 février 2009.
"
Ce n’est pas un robot. Mais une véritable coccinelle qui, le temps
d’une « couvaison », abrite une larve de guêpe pour en assurer sa
survie. Et, une fois la mission accomplie, la coccinelle retrouve sa
liberté ! "
[Dinocampus
coccinellae, Hym. Braconidé]
À noter :
La biodiversité: qu'est ce que c'est ? par
Laurent Pélozuelo et Le naturaliste et les fourmis,
par Laurent Cournault. Conférences de l'OPIE-MP, samedi 6
mars, 14h30, à Gaillac (Tarn); Contact : lpelozuelo@yahoo.fr
Greffe
du nez
Un bon moyen de répertorier les odeurs auxquelles les insectes sont
sensibles (les aimant ou les détestant) est de transposer leurs
sensilles olfactives – situées sur leurs antennes – une par une à des
œufs de grenouille. Lesquels sont plongés dans une solution de la
substance chimique en examen. On enregistre les variations de potentiel
électriques induites en cas de réaction. On a ainsi étudié l’odorat de
papillons de nuit, de l’Abeille domestique, de la Mouche du vinaigre.
L’outil ne convient pas pour des produits volatils, comme ceux qui
guident les moustiques vecteurs vers leur repas de sang. D’où la mise
au point d’un nouveau dispositif, certes plus long à mettre en œuvre.
Il est constitué d’une drosophile mutante anosmique à laquelle on a
greffé un par un les gènes des récepteurs olfactifs du moustique.
La méthode se révèle capable de repérer aussi les composés chimiques
qui inhibent l’olfaction. On a pu ainsi montrer qu’Anopheles
(Dip. Culicidé) possède des sensilles spécialistes à côté de
généralistes et inventorier 27 substances « olfactoactives »
spécifiques de la peau humaine.
Travaux conduits aux États-Unis par les équipes de Laurence Zwiebel
(œufs de grenouille, à Vanderbilt) et de John Carlson (droso, à Yale).
D’après « Scientists
Transplant Nose of Mosquito, Advance Fight Against Malaria », lu le 16
février 2010 à //www.sciencedaily.com
Regarder
penser les mouches
Une équipe du Caltech (Institut californien de technologie) vient de
réussir à enregistrer les variations d’activité de neurones du «
cerveau » de la Mouche du vinaigre. Un peu (un tout petit peu) comme
une IRM fonctionnelle.
Un groupe de cellules nerveuses qui participe au maintien de la
stabilité du vol en réponse à des stimulus visuels voient leur
réactivité doubler brusquement dès que la mouche se met à voler. Ce
résultat était connu du criquet, bien plus gros ; la droso est
avantageuse car son génome est parfaitement connu, ce qui permet
d’aller plus loin.
Pratiquement, l’insecte dont les circuits neuronaux intéressants ont
été marqués génétiquement, est scalpé ; une électrode de mesure est
insérée au travers d’une sorte de casque renversé plein de liquide
physiologique et collé à la fois à la cuticule et à un support. Devant
notre patiente, un écran panoramique de diodes électroluminescentes lui
présente un « paysage survolé » (schématique). Derrière elle, une
soufflerie dispense un courant d’air qui lui fait battre des ailes. Sur
le côté, des capteurs et une caméra infra-rouge.
D’après, entre autres,
« Scientists record fruit fly brain waves », lu à
www.upi.com/Science_News/ le 15 février 2010.
Article source (en
ligne) : Maimon G., Straw A.D., Dickinson M.H., 2010. Active
flight increases the gain of visual motion processing in Drosophila. Nature
Neuroscience, 14 février 2010 - doi:10.1038/nn.2492
Un
asticot de Mouche du vinaigre (c’est encore elle qui expérimente)
plongé dans un tube avec différentes sortes de carbone sous forme de
nanoparticules s’en sort sans aucun dommage. Une mouche adulte moins
bien. Les nanotubes monofeuillets (SWNT) lui sont fatals, mais le banal
noir de fumée aussi. Dans tous les cas, elle contamine un tube propre.
Aveuglée,
étouffée et n’arrivant pas à faire convenablement sa toilette, elle
meurt au bout de quelques heures. Ce qui ressemble à l’effet de bien
des poudres.
Des expériences plus fines sont sans doute en cours.
Faut-il avoir peur, suite à cette manip ? Les nanoparticules font
l’objet d’oppositions virulentes. Déjà incorporées dans de nombreux
produits dont elles améliorent les qualités, elles sont fabriquées et
mises en œuvre dans des conditions très contrôlées ; elles ne s’offrent
pas aux asticots pour s’y vautrer ni aux mouches pour s’y baigner.
D’après, entre autres,
« Dangerous Nanoparticles Can be Transported by Insects », lu le 12
février 2010 à www.naturalnews.com/
C'est une vieille manip, épinglée en 2007 : " Nanotuber les mouches "
La
droso (toujours et encore elle) est plus attirée par le sucre le jour
que la nuit. En détruisant une fonction « horloge » contenue dans les
sensilles de sa trompe, on la rend gourmande en permanence. Son cerveau
n’intervient que pour commander en réponse l’acte de lécher les jus
sucrés.
Si jamais Homo sapiens possédait aussi une horloge
dans ses papilles, si on arrivait à la dérégler…
D’après
« Tiny Tongue of a Fruit Fly Could Offer Big Clues in Fight Against
Obesity, Researcher Says », ScienceDaily, 11 février 2010, lu à //www.sciencedaily.com/
9 février 2010
À lire sur Internet :
Des fourmis sous contrôle video, par caroline Depecker. Le Temps, 6 février 2010.
Les papillons migrateurs gardent le cap dans le vent dominant, par Hervé Morin. Le Monde, 5 février 2010.
La fructueuse
rencontre d'une orchidée
et d'un criquet, par C.D.
Sciences-et-Avenir.com,
12
janvier 2010.
"Pour la première fois, un criquet a été observé se nourrissant du
nectar d’une orchidée, œuvrant du même coup à la pollinisation de cette
plante."
[Glomeremus sp.
(Orth.
Gryllacrididé / Angraecum
cadetii]
L'article source est en ligne ici
(en anglais) : Claire Micheneau et
al., 2009. Orthoptera, a new order of pollinator. Annals of Botany ;
doi:10.1093/aob/mcp299
Entomologie
spatiale (suite)
Le 2 février, une fusée iranienne propulsait dans l’espace un rat, deux
tortues et des « vers ».
L’occasion de rappeler que :
- le premier animal jamais envoyé dans
l’espace fut
une drosophile ; c’était en 1947, la fusée était d’un modèle allemand
(V2) recyclé aux Etats-Unis et la mission de ces héroïques et anonymes
Diptères était d’étudier l’effet des radiations ;
- Félix fut le premier chat spationaute.
Lancé à bord
d’une fusée française, il a été récupéré en bonne forme sur le plancher
des vaches ; des électrodes plantées dans le cerveau, il a rapporté des
informations inédites sur la transmission de l’influx nerveux ;
- Parmi de nombreux programmes
gouvernementaux avec
drosophiles, œufs de phasme et de Bombyx disparate, Vers à soie,
abeilles charpentières et autres fourmis moissonneuses, il faut retenir
l’expédition privée Genesis de 2006. Elle fut en effet l’occasion pour
la chenille du Lépidoptère Tortricidé Cydia
deshaisiana (= Laspeyresia
saltitans) d’orbiter (sa chenille habite et meut les pois
sauteurs) ;
- le dernier envol d’insectes, en
novembre 2009, a
été épinglé ici.
Belles Dames et
Monarques ont travaillé sur le développement.
Graines
et pois sauteurs, par Remi Coutin. Insectes n° 132
(2004-1)
Buis envahi
Le buis dont on fait les rameaux, les bordures des jardins de curé et
des pièces d’échecs est-il menacé ? Originaire d’Asie, Diaphania perspectalis
(Lép. Crambridé) a été repérée en Allemagne en 2007. Comme signalé ici
en 2009, elle a colonisé les buis alsaciens depuis 2008 et devrait
étendre rapidement son aire.
La chenille est glabre, vert clair avec des lignes vert foncé et deux
rangées de verrues noires pourvues de longues soies claires.
Elle
se développe en 5 semaines (il y plusieurs générations par an) aux
dépens des feuilles. Elle en réunit plusieurs par des fils de soie pour
constituer son abri de nymphose. La chrysalide est vert jaune avec deux
bandes latérales parallèles brun noir.
Le papillon, nocturne, est de couleur générale blanche (il existe des
formes brunes) avec des bandes brunes sur les ailes ; son envergure est
de 4 cm.
D’après Feldtrauer
J.F,
Feldtrauer J.J, Brua C., 2009. Bull.
Soc. ent. Mulhouse, 65(4), 55-58.
Fiche
Pyrale du buis (illustrée) par la Société alsacienne
d'entomologie.
Le buis est déjà victime de plusieurs ravageurs installés
: la
Tordeuse de l’if (Ditula
angustiorana,
Lép. Tortricidé), la Cochenille virgule du pommier (Lepidosaphes ulmi,
Hém.
Diaspididé), et deux espèces européennes qui se sont répandues en
Amérique du Nord, la Cécidomyie du buis (Monarthropalpus buxi,
Dip.
Cécidomyidé) et le Psylle du buis (Psylla
buxi, Hém. Psyllidé).
Réf. : Alford D.
V., 1994 - Ravageurs
des végétaux d'ornement -
Version française :
Commeau M. F., Coutin R., Fraval A., Quae (ex-Éd. INRA), 464 p. En
ligne partiellement sur Google books.
Ouvrières en CDD
Pour une période d’essai d’un an et dans le cadre de l’effort général
pour soutenir les Abeilles domestiques et la pollinisation, deux ruches
seront installées à Gwent près de Cwmbran (Pays de Galles,
Royaume-Uni).
La situation de l’apiculture est mauvaise, 60% des abeilles ont
disparu. Le site est idéal : il donne sur un vaste parc, le Jardin du
souvenir, géré en bio.
On salue donc la décision du comité directeur du crématorium, qui
escompte un meilleur classement aux concours des établissements les
plus verts et a tenu à préciser que cela n’affectera pas le
fonctionnement normal de l’entreprise.
D’après « Honey
bees plan for
crematorium », BBC News,
lu
le 7 février 2010 à //news.bbc.co.uk/
Le premier, qu’on nourrit de lierre, est très connu dans les
terrariums, il a beaucoup servi aux entomologistes pour étudier la
parthénogenèse et l’autotomie : il perd patte très facilement. Pourtant il ne
perd jamais pied, même sur une surface lisse et verticale. Le second se
distingue au potager par l’abdomen gonfl é de sa femelle ; il adhère également
parfaitement. Le premier a les pelotes (à l’extrémité du tarse, en contact avec
le support) lisses, celles du second sont poilues.
La manip a consisté à essayer de faire tomber nos cobayes
aux tarses recouverts de microbilles (d’1 ou 10 μm de diamètre, simulant la
poussière) d’une plaque de verre en la secouant de différentes façons. Résultat
: il suffi t de quelques pas, à l’un comme à l’autre, pour avoir les pelotes
parfaitement propres, sans les toiletter, et adhérer au support.
Un nettoyage automatique qui intéresse beaucoup les
créateurs de matériaux.
D’après, notamment, « Insekten müssen sich die Füsse
abtreten », lu le 2 février 2010 à www.scienceticker.info
Publié dans Insecte n° 157
Qu’est ce qu’un microid
? Un petit robot, pas plus gros qu’une fourmi, créé et baptisé par des
chercheurs de l’université de Purdue (Indiana, États-Unis). Avec sa
symétrie bilatérale, ses six pattes qui s’appuient sur le sol 3 par 3
(comme celles de la plupart des insectes), avec sa paire de mandibules
dirigées vers l’avant… on rangera volontiers cet insectoïde dans les
Hexapodes. Mais pas dans les Arthropodes. Ses pattes se meuvent en
effet sans aucune articulation. Elles sont constituées de 3 brins d’un
matériau piézoélectrique et se courbent donc sous l’effet de courants
électriques ad hoc. Agitées par une force extérieure, elles
alimentent la bestiole en électricité. Le microid est fait d’une pièce,
c’est un circuit intégré – une micropuce – comportant unité centrale,
batterie et effecteurs.
D’après ses auteurs, leur fourmi
électrique est nettement supérieure à tous les robots-insectes
fabriqués jusque-là, gros, patauds et confi nés au labo : elle ne s’use
pas même en crapahutant dans le sable et peut se remettre sur pattes
une fois renversée ; légère mais costaude, elle est capable de soulever
plusieurs fois son poids ; on peut – avec les procédés existants en
fabriquer des myriades et constituer des essaims où les individus
communiqueront entre eux et feront advenir des propriétés émergentes
épatantes…
Ceci d’après les modèles tournant sur ordinateur. Un brevet est pris. Reste à construire un microid (ou à animer les prototypes ci-contre réalisés, épinglés et photographiés par l’auteur de cette note ?).
D’après « Miniature insect-like robots could lead to solid state microids », lu le 29 janvier 2010 à //machineslikeus.com/
NDLR : un
matériau piézoélectrique comprimé produit un courant et, inversement,
se raccourcit si on lui applique un courant. Parmi les tout premiers à
étudier le phénomène (sous le nom de pyroélectricié), un certain Carl
von Linné.
Publié dans Insectes n° 156
Les mouches quittent le navire
Le Puceron noir du bananier, Pentalonia nigronervosa (Hem. Aphididé), possède heureusement des ennemis. Parmi ses prédateurs, les larves de chrysopes ; parmi ses parasites, Endaphis fugitiva
(Dip. Cécidomyiidé), espèce récemment découverte. La femelle de ce
dernier pond sur les feuilles ; les larves éclosent et rampent jusqu’au
puceron le plus proche, s’y introduisent en perçant la membrane
articulaire entre patte et thorax puis s’y développent en
endoparasitoïdes jusqu’à l’approche de la nymphose. La larve abandonne
alors son hôte (dont il ne reste guère que la cuticule) et se nymphose
au sol.
Particularité remarquable de cette cécidomyie, sa larve,
depuis l’intérieur du puceron-hôte, perçoit l’imminence de l’attaque de
la larve de chrysope - dont elle ne réchapperait pas - et précipite sa
sortie pour se nymphoser en catastrophe. Un comportement singulier
étudié par Frédéric Muratori et ses collègues à l’Université catholique
de Louvain (Belgique).
Les rescapés verront la durée de leur
nymphose augmentée et leur fitness diminuée. Ils ont « préféré » la vie
sauve. Et alloué des ressources à la détection du prédateur - dont le
mécanisme reste à préciser : perception de molécules de stress dans
l’hémolymphe du puceron ou de la pression exercée par les mandibules du
chrysope.
Parmi les projets de F. Muratori : examiner le cas de
multiparasitoïdes et voir si tous les « habitants » d’un hôte se
sauvent ou seulement quelques-uns, et évaluer l’augmentation de la
mortalité des individus sortis avant terme, exposés plus longtemps à la
prédation.
D’après « Parasitic larva ditches doomed host », par Lucas Laursen, naturenews, 13 janvier 2010, lu à www.nature.com
Le Daily Mail
(quotidien tabloïd anglais très lu) annonce que les insectes, au
cerveau gros comme une tête d’épingle, pourraient avoir une conscience
et même savoir compter. Ceci à la suite de la publication d’un article
scientifique* (une solide mise au point) intitulé « Are Bigger Brains Better? », soit vaut-il mieux avoir un gros cerveau ?
Les
insectes ont effectivement un tout petit « cerveau », en rapport avec
leur taille, et sont pourtant capables d’une sorte d’intelligence dont
on peut s’émerveiller. Chez l’Abeille domestique, celui-ci pèse 1 mg et
comporte moins d’1 million de neurones. On ne peut s’empêcher de le
comparer avec celui de la baleine : 9 kg et 200 milliards de neurones
(ou avec celui, intermédiaire, de l’entomologiste : 1,3 kg et 85
milliards de neurones). Des deux animaux, nul n’apparaît plus
intelligent que l’autre, chacun dans son milieu et dans son style…
La
complexité des comportements des insectes et l’étendue de leurs
performances ne doivent pas surprendre. Une simulation avec des réseaux
de neurones artifi ciels montre que l’équipement de l’Abeille
domestique est amplement suffi sant pour lui faire accomplir
parfaitement les 50 tâches précises de son répertoire. Le « Nématode
des labos », Caenorhabditis elegans, est bien capable
d’apprentissage avec en tout et pour tout 302 neurones ! Alors pourquoi
les cerveaux géants des Mammifères ? Très probablement pour assurer le
pilotage fi n d’organes très gros et l’exploitation et l’interprétation
des signaux des organes des sens, de taille en proportion ; pour plus
de rapidité (traitement en parallèle) et plus de souplesse aussi.
Si
les neurones des insectes et les nôtres fonctionnent de façon similaire
(à peu de choses près mêmes canaux ioniques, mêmes neuromédiateurs…),
les systèmes nerveux sont organisés différemment (double chaîne
nerveuse ventrale avec des ganglions relativement autonomes chez les
Arthopodes, pas de cortex…).
L’insecte n’est certainement pas
l’automate proliférant qu’on a vu en lui ; peut-on pour autant lui
reconnaître qu’il peut souffrir, qu’il sait qu’il existe, que la vie
lui importe ? Les tenants des droits des animaux et autres
antispécistes (les rares qui considèrent les insectes…) en sont
persuadés. Les entomologistes et les neurobiologistes observent les
comportements et évaluent les capacités cognitives, avec d’infinies
précautions. Pas question de conscience dans l’article de synthèse
cité. Le tabloïd accroche le lecteur…
D’après,
entre autres, « Insects may have consciousness and could even be able
to count, claim experts », lu le 17 novembre 2009 à www.dailymail.co.uk/
À (re)lire l’Épingle « Les insectes ont-ils mal ? » parue dans Insectes n° 148, 2008(1).
* Par Lars Chittka and Jeremy Niven, paru dans Current Biology, 19, 17 novembre 2009. DOI 10.1016/j.cub.2009.08.023 - en ligne gratuitement.