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Les Épingles tout frais forgées sont au-dessus de la pile.

En épingle
L'insecte ou l'événement entomologique du jour, celui qui défraye la chronique et qui alimente les conversations en ville et dans les insectariums, sera épinglé sur cette page abricot, qui s'enrichira au fur et à mesure des événements entomologiques.

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Rédaction (sauf mention contraire) : Alain Fraval  

La peur des abeillesLa joie des abeillesHarmonie sexuelle, Étiquetage des cochenillesAltius Citius Fortius, Épouvantail asiatique à frelons, Il aimait les termites, Hymne au charançon vaincuTests ADN pour les anophèles,  La Mouche du brou des noixLes vaseux sont des petits marrantsRustine suicide, 
La lutte bio et les apiculteurs, La lutte bio et les envahisseursLes insectes éclairent le mondeLes insectes à TchernobylL'Adieu-MouchesConserver les vieux, Éliminer les vieilles

HorreursLes bugs de l’an 2000

Les Épingles de collection
Consulter, page par page, les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002,  Les Épingles de 2003, Les Épingles de 2004, Les Épingles de 2005,  Les Épingles de 2006, Les Épingles de 2007,, Les Épingles de 2008


24 avril 2009

À lire sur Internet :

Haïti : La fourmi folle est un ennemi redoutable ! Le Nouvelliste en Haïti, 15 avril 2009.
Paratrechina longicornis (Hym. Formicidé).

Guerre biologique contre les moustiques, par J.I. NouvelObs.com, 21 avril 2009.
"La dissémination de moustiques génétiquement modifiés dans l’environnement pour lutter contre la dengue va permettre de réduire le nombre d'insectes contaminants. Un espoir concernant cette maladie pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement."
[Aedes aegypti, Dip. Culicidé]

Les bugs de l’an 2000

On a oublié le bug de l’an 2000 ; les ordinateurs neufs achetés sous la pression de la menace bien orchestrée d’une catastrophe informatique sont d’ailleurs depuis longtemps obsolètes.
Quant au bed bug, il a ressurgi à cette époque en Amérique du Nord, après un demi-siècle de discrétion presque absolue. Le changement de millénaire n’y est pour rien.
La Punaise des lits, Cimex lectularius (Hém. Cimicidé) sévit désormais dans les meilleurs hôtels, les dortoirs des collèges les plus chers, les appartements les mieux placés, ainsi que dans les abris des sans logis.
L’insecte était absent du Sheraton d’Arligton (Virginie, États-Unis), qui a accueilli les 300 participants à une conférence de 2 jours sur le sujet. Lesquels se sont accordés sur le fait qu’on manque d’insecticides efficaces, depuis le bannissement du DDT, et que les méthodes de lutte alternatives restent à mettre au point.
Depuis l’an 2000, la Punaise des lits pullule. On la trouve toujours dans les matelas et les meubles mais aussi dans les téléphones portables et les claviers d’ordinateur.
D’après, notamment, « US declares war on pesky enemy », AFP, lu le 16 avril 2009 à www.news.com.au/
À (re)lire « Punaise ! », par Alain Fraval, Insectes n°147, 2007(4).

Horreurs

Les rapports secrets de la CIA sur les techniques d’interrogatoire applicables aux prisonniers spéciaux détenus à Guantanamo, tout récemment rendus publics, évoquent le « confinement with insects » (mémo de mai 2005).
Le Palestinien Abou Zubaida, hôte de ces lieux, a peur des insectes. On recommanda donc de l’enfermer en compagnie d’un insecte soit disant venimeux. En fait, on utilisa une chenille (son identité reste inconnue). Pour les avocats assurant l’encadrement juridique des méthodes d’interrogatoire poussées, en  prenant la précaution de signifier à la victime que l’insecte ne pouvait en aucun cas lui infliger une blessure grave ni le tuer, c'était impeccable.
Les insectes ne furent pas utilisés que pour terroriser les entomophobiques. Quelques supplices particulièrement cruels les ont mis en oeuvre, dont certains ont été en usage jusqu’au tout début du XXe siècle.
Plutarque a décrit le scaphisme, en usage en Perse (IVe siècle avant JC) selon lui. La victime, enfermée dans une coque, la tête seule dépassant, gavée de miel et de lait, est petit à petit (2 semaines) dévorée par les asticots.
Si la victime est attachée, enduite de miel et de bouillon de poisson, à un poteau ou liée à un pilori, on parle alors de cyphonisme, où interviennent surtout guêpes et abeilles. En Sibérie, la victime, attachée nue à un pieu, succombe exsangue aux piqûres des taons et autres Diptères vulnérants. Quant à l’émir de Boukhara (actuel Ouzbékistan), il utilisait des réduves (punaises prédatrices à digestion extra-orale) élevés exprès pour faire souffrir longuement ses prisonniers confinés au fond d'un puits. Enfin, les westerns ont popularisé la technique des Apaches, plaçant les condamnés sur une fourmilière.
D’après, notamment, « The Scary Caterpillar », par Jeffrey A. Lockwood. The New York Times, 19 avril 2009, lu à //www.almendron.com/

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8 avril 2009

À lire sur Internet :

Fourmis carnivores contre crapauds envahissants, par Cécile Dumas. Sciences-et-Avenir.com, 31 mars 2009.
Bufo marinus /
Iridomyrmex purpureus
À (re)lire : Un crapaud dans la lutte biologique, par Alain Fraval. Insectes n°137, 2005(2).

À noter :

Exposition des tableaux de Catherine Bouyx. Pessac-en-Scènes (Gironde), du 21 avril au 7 mai 2009. Site de l’artiste.
À (re)lire : Catherine Bouyx,ou les délices du décalage, par Bruno Didier. Insectes n°144, 2007(1).

Les papillons pour une nature durable. Brives-la-Gaillarde (Corrèze), jusqu’au 25 avril 2009. Contact.
 
Agenda des animations entomologiques en Midi-Pyrénées. Nouvelle page sur insectes.org :

Conserver les vieux

Extraire l’ADN de spécimens anciens d’insectes – pour préciser leur identité - impliquait jusque-là de les détruire. Eske Willerslev et Philip Francis Thomsen (université de Copenhague) proposent une nouvelle méthode, non destructive. L’insecte est immergé dans un tampon de digestion (précédemment mis au point) pendant 16 heures. Il en ressort intact, et reprend sa place dans la collection après séchage tandis que les acides nucléiques, retenus par le liquide de trempage, sont purifiés.
On suppose que le tampon pénètre par l’œsophage, les stigmates et le trou de l’épingle.
Le succès a été total sur 20 spécimens datant de 1820, partiel dans le cas d’insectes trouvés dans le permafrost (gelés depuis quelques milliers d’années) et très encourageant avec d’anciens habitants d’une grotte, vieux de 1 500 à 3 000 ans.
D’après « A Soak Extracts DNA and Leaves an Old Bug Intact, par H. Fountain. The New York Times, lu le 7 avril 2009 à www.nytimes.com/

Éliminer les vieilles

Le paludisme est surtout transmis par des moustiques âgés. Or les insecticides actuellement employés – appliqués sur les murs et les moustiquaires - sont également efficaces sur tous les individus indépendamment de leur âge. Ces traitements appliquent une pression de sélection considérable qui accélère l’apparition de la résistance dans les populations cibles.
Pour bloquer plus efficacement et durablement la transmission du paludisme, des entomologistes de l’université de Pennsylvanie (États-Unis) proposent de cibler les vieilles anophèles, avant que le plasmodium n’ai atteint les glandes salivaires – ce qui prend 10 à 14 jours après le repas de sang infectant (indispensable pour la maturation de ses ovocytes). Leurs essais, en Afrique et en Nouvelle Guinée, avec un insecticide d’origine fongique à action lente, on permis de réduire la proportion de piqûres infectantes de près de 95% ; la résistance à ce « culicide lent » apparaît mais de façon limitée et ne se répand pas.
D’après « Breakthrough in fight against malaria », par Steve Connor. The Independent, lu le 7 avril 2009 à www.independent.co.uk/

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29 mars 2009

À lire sur Internet :

La reine termite assure son héritage génétique, par CD. Sciences-et-Avenir.com.  27 mars 2009.
Dans certaines colonies de termites, les reines se reproduisent seules, sans s’accoupler avec le roi, mais uniquement pour engendrer des héritières royales.
Reticulitermes speratus (Dyct. Termitidé).

Dengue et Chikungunya : quand les fléaux se conjuguent. IRD, mars 2009.
Aedes albopictus (Dip. Culicidé) pourrait transmettre les deux virus en même temps.  

À voir sur Internet :

Darwin : la théorie de l'évolution et la génétique humaine, par Pierre-Henri Gouyon. Conférence donnée à Rennes le 17 février 2009. Espace des sciences. Vidéogramme : - Introduction, - Conférence, - Questions du public.

L'Adieu-mouches

Dû à des ingénieurs suisses et made in Switzerland, le « Fly-Goodbye », vient d’être mis en vente. Il signe la fin des insectes gênants.
L’engin a l’allure d’une arme portative de destruction massive de monstres extraterrestres (ceux que ses couleurs vives ne rendent pas méfiants).
Son principe est celui d’un aspirateur à un coup, dont il faut armer la pompe à chaque fois. L’insecte, à proximité duquel il aura fallu placer l’extrémité du canon sans l’effaroucher, finit sa vie dans un tube collant (5 sont fournis). 
La mort des insectes domiciliaires en jouant et sans se salir les mains. Toutefois, le fabricant fournit un tube ajouré et une loupe, où la prise aura la vie sauve ; on pourra la relâcher.
Image de l'engin.  
à (re)lire, de la série Capture et collections : Aspirateurs, Insectes n° 124, 2002(1).

PS : puisqu’il est question d’éthique – dans l’argumentaire commercial -, je signale le « Spider Catcher » (attrape-araignées) en vente depuis plusieurs années. Le dispositif de capture est une brosse aux poils écartés qui se resserrent pour emprisonner toute bestiole effrayante, même un papillon, qu’on pourra déposer, bien vivant, dans la nature. Un manche de 65 cm permet son emploi par les personnes les plus sensibles. Le Prince de Galles a félicité l’inventeur.
Image
PPS : dans Insectes n° 151, sous le titre « La mouche comme cible », on a un inventaire des instruments à main destinés à abattre les insectes volants.

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23 mars 2009

À lire sur Internet :

L'enfer à cause des bêtes à bon Dieu. L'Union, 19 mars 2009.
Un couple s'est offert une belle villa dans la banlieue rémoise en décembre. Depuis, il fait la chasse aux coccinelles. 

C'est le moment de compter les papillons, par J.-B.L.  Le Figaro, 20 mars 2009.

Le Capricorne asiatique présent en Alsace. Forêt privée, 16 mars 2009
Anoplophora glabripennis  (+ Punaise des résineux, Leptoglossus occidentalis + Pyrale du buis, Diaphania perspectalis)

Le Gretia vole au secours des papillons, par Pierre-Henri Allain. Libération, 16 mars 2009.

Les comptages de papillons des jardins en 2008. Noé Conservation.

Les insectes éclairent le monde

Dans le but de ne pas se cogner dans les meubles la nuit, l’usage de lucioles, coyouyous et autres clindindins, maintenus en captivité, est vieux comme le monde (le Nouveau Monde précisément). Tout nouveau est le principe de la veilleuse entomophage.
Une sphère trouée entoure des diodes électroluminescentes (LED) émettant dans l’ultraviolet, très attirante pour les phalènes, moucherons et autres maringoins ; elle surmonte un entonnoir qui débouche dans un réservoir lequel alimente une pile à combustible qui alimente les diodes - voir l’Épingle Pile à mouches de 2005.
Le combustible, on l’a compris, est fourni – après fermentation - gracieusement par les insectes volants piégés.
Aucune compétence en entomologie n’est requise, ni en électrotechnique : la lampe s’allume automatiquement dès qu’il fait sombre.
D’après « The Carnivorous Lampshade Robot Turns Insects Into Fuel », lu le 21 mars 2009 à //salmonbones.co.uk/
Image de la lampe 

Les insectes à Tchernobyl

Le 26 avril 1986, le cœur d’un réacteur fondait dans la centrale nucléaire Lénine, proche de Tchernobyl (Ukraine). Les effets des radiations subsistant plus de 20 ans après l’accident sur la vie sauvage sont controversées.
Timothy Mousseau (université de Caroline du Sud) et Anders Moller (Paris-Sud) ont dénombré les insectes et les arachnides le long de transects dans la zone d’exclusion et en dehors, relevant en chaque point le niveau de la radioactivité. Leurs conclusions : les populations de papillons, de libellules, de bourdons et de sauterelles ainsi que d’araignées sont d’autant plus faibles que les radiations sont élevées.
Sergii Gashchak, du centre de recherche de Tchernobyl, conclut de ses comptages que les effectifs d’oiseaux sont supérieurs à ceux relevés dans les zones non contaminées, du fait de l’exclusion de toute activité humaine. Il conteste l’effet négatif sur les insectes, affirmant que ceux-ci se sont adaptés et possèdent des mécanismes de résistance.
D’après « Chernobyl 'shows insect decline », par Victoria Gill, BBC News, lue le 18 mars 2009 à //news.bbc.co.uk/
Article source : Møller A.P., Mousseau T.A., 2009. Reduced abundance of insects and spiders linked to radiation at Chernobyl 20 years after the accident. Biology letters. En ligne.

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12 mars 2009

À lire sur Internet :

Bio-invasion et lutte bio, par Armelle Favery. DSPE INRA, mars 2009.
Biologie de l’invasion et lutte biologique partagent des approches démographiques, génétiques, comportementales similaires. Des expérimentations de lutte biologique contribuent à comprendre le succès ou l’échec des invasions accidentelles (bioagresseurs) ou planifiées (acclimatations d’agents de lutte biologique). 
[Metcalfa pruinosa / Neodryinus typhlocybae ; Bactrocera oleae / Psyttalia lounsburyi ; Effet Allee]

La lutte bio et les envahisseurs

Du côté mexicain du Rio Grande, on l’appelle ladron de agua, voleuse d’eau. Elle pousse le long des cours d’eau qu’elle épuise et dont elle affaiblit les berges ; en plus, elle chasse les plantes autochtones et la faune associée. Du côté états-unien du fleuve, les policiers en chasse d’immigrants clandestins déplorent surtout qu’elle forme d’épais rideaux végétaux opaques à leurs détecteurs à infrarouges.
La canne de Provence (Arundo donax, Poacée) a été introduite au XVe siècle, pour ses usages traditionnels en milieu méditerranéen : brise vent, clôture, claies et abris (cannisses) – la fabrication d’anches est apparue plus tard.
L’USDA (ministère de l’agriculture) étudie depuis quelques années les insectes phytophages spécialistes d’A. donax et procède à des essais en milieu confiné de candidats auxiliaires de lutte biologique. Parmi eux, Tetramesa romana (Hym. Eurytomidé) , strictement monophage, est bon pour le service. Espèce parthénogéntique, ses femelles pondent dans les pousses de la canne ; les larves induisent le développent de gales à l’intérieur desquelles elle se nourrissent. Une génération dure un peu plus d’1 mois. Les hôtes deviennent rachitiques.
À la demande des irrigateurs – qui financent l’opération – un lâcher en vraie grandeur se prépare, dont les initiateurs attendent – à moyen terme – une augmentation de leurs ressources en eau.
D’après, entre autres, « USDA sends in wasps to save water supply », par Melissa McEver, The Monitor, lu le 8 mars 2009 à www.themonitor.com/
NB : dans la même région, la lutte biologique a connu le succès contre deux plantes aquatiques envahissantes : Hydrilla verticillata, maîtrisée par la Carpe chinoise (et des traitements herbicides) et la Jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) par, notamment, Neochetina eichhorniae (Col. Curculionidé).

La lutte bio et les apiculteurs

Pour venir à bout de la vigne marrone (Rubus alceifolius), plante asiatique envahissante à La Réunion, les entomologistes du CIRAD ont introduit Cibdela janthina (Hym. Tenthredinidé). Les fausses chenilles de cette tenthrède indonésienne défeuillent l’indésirable. C’est un succès de la lutte biologique.
Mais les apiculteurs de l’île voient les imagos de l’auxiliaire se nourrir du pollen et du nectar des baies roses, des palmistes, des cocotiers, des longanis, du jamrose, toutes plantes sur lesquelles butinent leurs abeilles. Ils accusent celles qu’ils appellent les « mouches bleues » de déposer une phéromone qui éloigne les abeilles. Et avancent que cet insecte leur fait perdre une grande part de leur production, en plus de celle de miel de vigne marronne, très apprécié de certains clients. En attendant qu’on plante des végétaux nectarifères à la place des vignes marrones éliminées, ils demandent l’arrêt des lâchers.
Le CIRAD précise que C. janthina ne passe que la semaine de sa courte vie sur les fleurs et n’y manifeste qu’un appétit limité.
D’après « La “mouche bleue” inquiète les apiculteurs », Clicanoo.com, lu le 5 mars 2009 à www.clicanoo.com/

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6 mars 2009

À consulter sur Internet :

Le Catalogue permanent des Coléoptères d'Ile-de-France, étrabli par l'OPIE.
la  Liste des espèces d'insectes protégés en France métropolitaine : Arrêté du 23 avril 2007.

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3 mars 2009

À lire sur Internet :

Dans le désert, les fourmis ont du nez. BE Allemagne 426, 3 mars 2009
[Cataglyphis fortis (Hym. Formicidé)]

À noter :

Insectes Larzac 2009. Visions d'artistes, visions de naturalistes. Un week-end entier, du 12 au 14 juin 2009 à La Vacquerie et Saint-Martin-de-Castries organisé par le  Centre permanent d'initiative pour l'environnement des Causses méridionaux (CPIE) et le Centre d’initiation à l’environnement du Larzac méridional (CIELM),
Contacts : CPIE-CM, tél/fax : 04 67 44 75 79 ; CIELM, tél. 04 67 44 61 87 / 04 67 44 62 03 - insecteslarzac@aol.com 

Les vaseux sont des petits marrants

Il n’y a pas que les vaches. Les insectes aquatiques contribuent au réchauffement planétaire par leurs flatulences. Des bactéries de leur tube digestif produisent en effet, à partir de nitrates, du protoxyde d’azote. Ce gaz, connu sous le nom de gaz hilarant, est un psychotrope (en vente libre) qui provoque (tant qu’il est inhalé) une sensation de bien-être et inhibe la douleur. Il est aussi un très puissant gaz à effet de serre.
Comme chez les vaches, la quantité produite dépend beaucoup de l’alimentation : plancton ou dépôts.
Le phénomène vient d’être mis en évidence par une équipe danoise (institut Max-Plank de Brème, Allemagne), sur plusieurs animaux dont des chironomes.
D’après « Insekten pupsen Lachgas in die Luft », SpiegelOnline, lu le 3 mars 2009 à www.spiegel.de/
Sur le même sujet : Les pets des mollusques réchauffent la planète. Libération, 3 mars 2009.

NDLR : observez bien les entomologistes spécialistes du benthos penchés sur leur milieu d’éude.

Rustine suicide

Chez les pucerons Nipponaphis (Hém. Hormaphidinés), on habite (au Japon) toutes ensemble une galle en forme de figue offerte par l’hôte primaire, Distylium racemosum, un arbuste persistant. Il ne se passe rien de spécial sur le chêne, hôte secondaire. Dans la galle, donc, résident la fondatrice et ses fondatrigènes, ailées et aptères, qui forment deux castes. les ordinaires et les soldates. Car on est chez un puceron social.
Ces dernières attaquent – lardent de piqûres de leurs stylets - qui pénètre dans la galle, chenille ou asticot de syrphe.
En plus, si un agresseur perce un trou, des soldates se précipitent et le bouchent avec un liquide qui se coagule, emprisonnant très souvent les courageuses colmateuses, qui deviennent alors définitivement éléments structurels du bouchon. Celles qui s’en sortent sont épuisées : elles ont fourni les 2/3 de leur poids corporel en colle. Pendant plusieurs semaines, la gent puceronne monte la garde derrière le trou réparé. Une présence qui est indispensable à la recontruction – par la plante-hôte – des tissus et à la cicatrisation. Sinon, la galle et ses habitants périclitent.
Un bel exemple de sacrifice – plus sérieusement, un cas tout à fait remarquable de coévolution.
D’après, notamment, « Aphids' sticky suicide missions », BBC News, lu le 2 mars 2009 à //news.bbc.co.uk/
Pour réviser ses Aphidoeidea, parus dans Insectes en 2006 : Les pucerons 1 ; Les pucerons 2.

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22 février 2009

À lire sur Internet :

Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles. Rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, 155 p.
Résumé à la page 12.

Tests ADN pour les anophèles

Les recherches pour diminuer l’incidence du paludisme portent entre autres sur les moyens de lutter contre les moustiques vecteurs. L’usage (correct) de moustiquaires imprégnées d’insecticide (pyréthrinoïde) est, jusque-là, globalement efficace pour empêcher la transmission. Mais, comme prévu et redouté, des résistances apparaissent chez des populations de moustiques.
On doit à une équipe multinationale (Angleterre, États-Unis, Afrique du Sud) une avancée importante : la découverte, par le moyen du clonage positionnel, de gènes codant pour des protéines responsables de la résistance d’Anopheles funestus (Dip. Culicidé) aux pyréthrinoïdes. 
Il deviendrait ainsi possible, par des analyses d’ADN, d’évaluer le degré de résistance des anophèles sur le terrain. A plus long terme, on pourrait envisager de modifier les propriétés chimiques de l’insecticide de façon à ce qu’au lieu de tuer rapidement l’insecte cible, il agisse sur ces protéines : même chez les individus résistants, l’action toxique, plus longue, de l’insecticide serait plus efficace.
D’après « Researchers Identify Genes that Allow Mosquitoes to Resist Insecticides », par By Rose Hoban, VOANews, lu le 17 février 2009 à www.voanews.com/

La Mouche du brou des noix

L’entomofaune s’enrichit, malheureusement. Une mouche envahisseuse nord-américaine se répand en France, Rhagoletis completa (Dip. Tephritidé), qui menace la nucciculture. Ses asticots vivent dans l’enveloppe charnue des noix, le brou, provoquant la perte du fruit, les cerneaux finissant par moisir. L’insecte est monovoltin, la femelle pond en été une quinzaine d’œufs sur environ 20 noix. Les larves tombent avec le fruit avarié et se nymphosent dans les couches superficielles du sol.
Apparue en 1986 en Europe centrale, cette mouche des fruits se répand rapidement dans le Sud-Est et menace les noyeraies du Périgord. On la détecte par piégeage (pièges gluants industriels appâtés au carbonate d’ammonium = levure chimique).
La lutte contre cet organisme nuisible de quarantaine est obligatoire. Il est possible de réduire fortement ses dégâts au moyen d’un traitement chimique.
D’après, notamment, « La mouche qui détruit les noix », par Titia Carrizey-Jasick, Sud Ouest,14 janvier 2009.
La fiche (illustrée) du FREDON

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13 février 2009

À noter :

" Pollinisateurs sauvages ", par Serge Gadoum (OPIE). Conférence publique, samedi 21 février, de 14 h à 17 h, dans les locaux de Natureparif, 84 rue de Grenelle - 75007 Paris.

À lire sur Internet :

Un virus qui donne à la guêpe tout son piquant, par Cécile Dumas. Sciences-et-Avenir.com, 13 février 2009.
" Des guêpes ont intégré à leur génome celui d’un très ancien virus et s’en servent comme vecteur pour prendre le contrôle des chenilles qu’elles parasitent. Une étonnante forme de thérapie génique."

La chenille qui se fait passer pour une fourmi, par Marc Mennessier. Le Figaro, 10 février 2009.
[
Myrmica schenki, Hym. Formicidé / Maculinea rebeli, Lép. Lycénidé]

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3 févrierr 2009

À lire sur Internet :

Deux pages sur insectes.org : "Insectes en quarantaine" et "Pathologie dans les élevages de Lépidoptères".

Liberia: les insectes ravageurs identifiés. Romandie News, 3 février 2009.  
[
Achaea catocaloides, Lép. Noctuidé]

Reconnaissance des visages : l'ordinateur devrait imiter... les abeilles, par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences. 2 février 2009. 
"Les logiciels peinent à reconnaître un visage. De face, devant la caméra, passe encore. Mais s'il est perdu dans une foule, vu selon une orientation quelconque, les résultats chutent dramatiquement. Or, contre toute attente, les abeilles y parviennent... Il n'y a donc qu'à copier leur savoir-faire. C'est ce qu'affirme un chercheur australien, soutenu par l'US Air Force."

Solitaire ou grégaire ? la sérotonine, ça vous change un criquet, par Cécile Dumas. NouvelObs.com, 30 janvier 2009
"Comment des criquets inoffensifs et solitaires se transforment en insectes grégaires et ravageurs? Grâce à la sérotonine, répondent des chercheurs."
[Criquet pèlerin, Schistocerca gregaria, Orth. Acrididé]

Un parfum de tricherie, par C.D. NouvelObs.com,  12 janvier 2009
"Une fourmi ouvrière qui aurait envie de se prendre pour la reine ne peut pas échapper à la vigilance de la ‘’police’’ de la fourmilière. Son odeur la trahit."

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24 janvier 2009

À lire sur Internet :

Des chenilles géantes sèment la dévastation au Libéria. Dépêche FAO, 23 janvier 2009.
[Très probablement la Légionnaire africaine, Spodoptera exempta (Lép. Noctuidé)] Voir ci-dessus.

Les fourmis utilisent la géométrie pour s'orienter dans l'espace. La Gazette du laboratoire. Janvier 2009.

Abeilles sous surveillance, par Jean-Marc Serelle. Film.  © Science Actualités (CSI) 2009
" Des chercheurs de l'unité mixte de recherche "Abeilles et environnement" de l'INRA d'Avignon ont mis au point un dispositif expérimental afin de mieux comprendre comment ces insectes pollinisent le tournesol. "
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17 janvier 2009

À lire sur Internet :

Les abeilles ont des prédispositions naturelles pour certains apprentissages, par michel Deprost. Enviscope, 14 janvier 2009.
Les abeilles ne réagissent pas toutes de la même manière à des stimuli, négatifs ou positifs. Elles développent une mémoire et des comportements qui fondent la spécialisation sociale.
[Travaux de Martin Giurfa, centre de recherches sur la Cognition animale (CRCA) (CNRS/ Université de Toulouse 3), publiés le 14 janvier dans  PLoS One
.]
Sur le même sujet :
Douceur et douleur, piliers de la société des abeilles, par Hervé Morin. Le Monde, 17 janvier 2009.

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9  janvier 2009

À voir sur Internet :

Proscopia : brèves séquences entomologiques, par  Hervé Antoine, grand voyageur dans les forêts tropicales. Sur Dailymotion.

À noter :

Entomophag’ 09, 36e Journées des entomophagistes. Les 13 et 14 janvier 2009 à Amiens.
Sessions : Contrôle biologique, Écologie comportementale, Température et traits d’histoire de vie, Virulence des parasitoïdes - défense des insectes hôtes.
Contact : Geneviève Prévost 

À lire sur Internet :

Complètement piqué. Courrier international n° 949, 8 janvier 2009.

Première mondiale au Creusot. Creusot Infos7 janvier 2009 
À (re)lire : « La Mineuse du marronnier Cameraria ohridella : un Lépidoptère invasif en ville » par Sylvie Augustin, Insectes n° 137 (2005).

Les insectes forestiers en France : la Lettre du DSF et les rapports particuliers. Sur le site du DSF (ministère de l'Agriculture et de la Pêche).

Écourter la vie des moustiques pour limiter les épidémies, par Anne Jouan. Le Figaro, 2 janvier 2009
"Sachant que seuls les insectes les plus âgés jouent un rôle dans la transmission des virus, des chercheurs ont réduit leur durée de vie de moitié en leur transférant une bactérie."
[Aedes aegypti / Wolbachia]

Étiquetage des cochenilles

Une association états-unienne le réclamait depuis une décennie. La Food and Drug administration vient de prescrire que l’incorporation aux aliments de carmin (E120) comme de tout autre colorant tiré d’un insecte soit mentionnée sur l’étiquette. Produit naturel extrait de la Cochenille du Mexique, Dactylopius costa (Hém. Dactylopiidé) élevée sur cactus nopal, employé en substitut à des colorants chimiques dérivés de l’aniline, le carmin colore en rose yaourts et sucreries, notamment. Quelques personnes y ont fait une réaction allergique – d’autres sont un peu dégoûtées par ce « ‘jus d’insecte » ajouté à des fins uniquement cosmétiques.
D’après, entre autres, « FDA to Require Foods, Cosmetics to List Bug Dye Linked to Allergies », lu le 7 janvier 2009 à www.newsinferno.com/
À (re)lire : « Les cochenilles II», par Imre Foldi. Insectes n° 130 (2003). 

Harmonie sexuelle

Certains moustiques (Diptères Culicidés), en guise de préliminaires à l’accouplement, modifient la fréquence des battements de leurs ailes pour vibrer à l’unisson. Chez Aedes aegypti, Madame et Monsieur, parvenus à 1 ou 2 cm l’un de l’autre, s’accordent pour coproduire une harmonique (1 200 Hz) à partir de leurs 400 et 600 Hz fondamentaux respectifs. Si la musique est bonne, s’ensuit l’accouplement (10 secondes, en vol).
Surprise des expérimentateurs de l’université Cornell (Washington, Etats-Unis) : les moustiques femelles passaient pour quasi sourdes. Au moyen d’une électrode plantée dans l’organe de Johnston (son « oreille », dans l’antenne), ils ont pu établir que le moustique entend les sons jusqu’à 2 000 Hz.
A. aegypti, vecteur de la dengue et de la fièvre jaune, fait l’objet d’expérimentations de lutte autocide. On répand dans la population des mâles modifiés (stériles) qui doivent être aussi attirants, entreprenants et performants que les sauvages. Leur capacité de parvenir à la « convergence acoustique » est un critère fort utile.
Quant à émettre un son à 1 200 Hz pour provoquer la confusion, nul n’y songe : ce serait insupportable pour les gens.
D’après l’interview de Ron Hoy. Science Magazine Podcast, lue le 9 janvier 2009 à //podcasts.aaas.org/

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2 janvier 2009

À lire sur Internet :

Le magazine Acideformik. Le numéro 1 (décembre 2008) esr en ligne.

La peur des abeilles


On confond facilement le bourdonnement (ou le vrombissement) d’une aimable abeille domestique avec le vrombissement (ou le bourdonnement) d’une guêpe mal intentionnée.
Quand on est chenille, on n’a rien à craindre de la première qui fourrage de fleur en fleur mais la seconde promet une mort misérable au bout de mille tourments. Le bruit est dans les deux cas plus que désagréable : il coupe l’appétit.
Ainsi que l’a mesuré Jurgen Tautz, du Biozentrum de Wurtzbourg (Allemagne), les dégâts des larves de Légionnaire de la betterave, Spodoptera exigua (Lép. Noctuidé), sur les feuilles de poivron sont réduits de 60% dans les parcelles (sous serre) survolées par des abeilles. Cette protection aérienne a beaucoup moins d’effet si les plants portent des fruits : les chenilles s’y installent, tranquilles.
Si ce résultat est confirmé, voilà une raison de plus de protéger les abeilles.
D’après, entre autres « Buzzing bees act as 'bodyguards' to protect plants from other insects », par Kate Devlin. The Telgraph, lu le 22 décembre 2008 à www.telegraph.co.uk/

La joie des abeilles

Pour les insectes qui pourraient venir naturellement à son contact, la cocaïne est un alcaloïde neurotoxique qui protège le cocaïer contre ses ennemis. Pour les mammifères, c’est une substance qui active les centres de la récompense, un stupéfiant très addictif.
Or l’Abeille domestique réagit très bien à une récompense. Quel effet a la cocaïne sur son comportement, s’est demandé une équipe travaillant en Australie ? Habituées à venir chercher du sirop dans un nourrissoir, des butineuses ont reçu une goutte de la drogue sur le dos. De retour à leur ruchette, elles ont manifesté, en dansant, un enthousiasme bien au-dessus de ce que méritait cet aliment pas si sucré que ça.
En enregistrant leurs mouvements de locomotion, on a montré ensuite que la cocaïne est sans effet sur leur intensité : elle active bien des centres de récompense.
Et l’effet est le même, une surévaluation de la qualité, avec du pollen.
Sevrées au bout de quelques jours, les abeilles en descente deviennent incapables d’apprendre à distinguer les goûts du citron et de la vanille.
Apis mellifica pourra-t-il servir à étudier commodément l’effet de la cocaïne sur Homo sapiens ?
D’après « Honeybees succumb to cocaine's allure », lu le 23 décembre 2008 à www.eurekalert.org/
Référence : Barron A. B., Maleszka R., Helliwell P. G.,Robinson G. E., 2009. Effects of cocaine on honey bee dance behaviour. J. Exp. Biol. 212, 163-168.
À (re)lire : « Où les chenilles mâchent de la coca », par Alain Fraval, Insectes n°138 (2005) 

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Les Épingles d'Insectes n° 151 (4e tr. 2008).

Hymne au charançon vaincu

Ses jours sont comptés. Le 11 juin 2008, dans le comté de Tunica, entre une autoroute et un casino, un piège du réseau entretenu par l’État du Mississipi capture un seul individu. Est-ce le tout dernier de son engeance ? À la mi-octobre, près de Chickasaw, deux imagos se laissent piéger. La perspective de le revoir jamais s’éloigne pourtant.
Liste rouge ? Tableau d’honneur de la lutte intégrée plutôt. Car il s’agit du Charançon de la capsule du cotonnier, Anthonomus grandis (Col. Curculionidé), une peste qui a sévi depuis le tout début du XXe siècle.
David Bennet, un vieux planteur se souvient : « on passait le pulvérisateur 7 jours sur 7 juste pour ne pas être submergé ; on n’en n’est jamais venu à bout. » Un effort qui lui coûtait 80 à 200 $ par hectare.
Depuis, le plan de lutte dirigé par le Boll Weevil Research Laboratory (installé en 1960 par le ministère états-unien de l’Agriculture à l’université de l’État) a fonctionné. Après le succès d’un premier programme pilote dans le Sud du Mississipi, les actions ont été progressivement étendues à tout le bassin cotonnier et perfectionnées1 .
Dans les campagnes, beaucoup de cultivateurs n’en ont jamais vu un exemplaire vivant. L’insecte perdure naturalisé dans les collections2 .
D’après « Boll weevils near extinction in Mississippi », communiqué Associated Press paru le 10 novembre 2008 dans le Worcester Telegram & Gazette.
1  Le succès est dû à l’association de la lutte chimique raisonnée (avec gestion des résistances des populations aux insecticides), emploi de cultivars de cotonnier Bt (avec les mêmes précautions) et lutte autocide (lâchers de mâles « stériles »).
Ainsi qu’en chansons et statufié : (re)lire « Hymnes au charançon » par Hélène Perrin, Insectes n° 148 (2008), bientôt en ligne ici

Altius citius fortius

Les épreuves entomolympiques de saut ont eu lieu à Toulouse – et pas à Pékin –, opposant Ctenocephalides canis à C. felis felis, soit la Puce du chien à la Puce du chat. Qui croyez-vous qui l’emporta ? Au saut en longueur, la première, avec un bond moyen de 30,4 cm contre 19,9 pour la seconde.
Pour l’épreuve de hauteur, les puces étaient par équipes (ou lots) de 10 placées au fond de tubes de hauteurs graduées, dont il s’agissait de jaillir par l’ouverture supérieure. Là encore, victoire à la Puce du chien avec 15,5 contre 13,2 cm (hauteurs franchies par la moitié des insectes).
Pas de dopage ni de transfusion d’hémolymphe.
La communauté scientifique internationale a tenu à honorer les entomologistes organisateurs, Marie-Christine Cadiergues, Christel Joubert et Michel Franc (ENVT et INRA – France) en leur attribuant le prix de biologie lors de la 18e cérémonie des IgNobel qui s’est tenue le 3 octobre 2008 à l’université de Harvard (États-Unis). Cette récompense est décernée chaque année en même temps que les Nobel scandinaves par un joyeux jury à des travaux scientifiques qu’il trouve rigolos.
Référence de l’article source : « A comparison of jump performances…”,  doi:10.1016/S0304-4017(00)00274-0
NB 1 : Ce prix a déjà été attribué à des travaux sur des insectes – (re)lire notamment l’Épingle « Prix Nobel à 4 entomologistes », octobre 2006. 
NB 2 :Le lauréat Michel Franc a publié « Les puces du chien et du chat » dans Insectes n° 143, 2006(4).

Il aimait les termites

Pattes arrière longues et sveltes, bras courts munis de griffes puissantes, mâchoires en forme de pince à épiler… Comme ceux de sa famille, les Alvarezsauridés, ce reptile a tous les attributs d’un insectivore « fourmilier ». Sa taille modeste (75 cm du museau au bout de la queue) ne l’empêche pas d’être un dinosaure (Théropode).
L’allure de ses pattes avant, trop courtes pour creuser efficacement, suggère fortement un comportement de déchiqueteur de bois et de consommateur des termites qui s’y trouvent.
Son nom : Albertonykus borealis. S’il s’agit d’une espèce nouvelle, l’animal est ancien : 70 millions d’années. Ses os fossilisés, découverts dans le Maastrichien ancien (Crétacé), près de Red Deer, en Alberta (Canada), étaient conservés depuis le début des années 2 000 dans des collections muséales. C’est le plus petit, le plus ancien et le mieux conservé des dinosaures d’Amérique du Nord.
D’après : « Tiny dino discovered », communiqué de l’université de Calgary, lu le 23 septembre 2008 à www.ucalgary.ca
NB : au fil des livraisons d’Insectes, depuis le n° 125 (2002), la rubrique « Eux/elles aussi, ils/elles aiment les insectes... » a accueilli les Gambusies, les Chauves souris, le Poisson archer, les Martinets, le Protèle, la Pie-grièche écorcheur, les fourmiliers, le Desman des Pyrénées. Ces articles sont en ligne ici.

Épouvantail asiatique à frelons

Qu’on soit une abeille ancienne accrochant ses nids à une branche comme l’Abeille géante, Apis dorsata, ou une abeille moderne installant ses colonies dans des cavités, comme l’Abeille orientale, A. cerana, ou l’Abeille européenne A. mellifera… le frelon, Vespa spp., fait peur. Peur de se faire capturer en vol, au retour du butinage.
On a pourtant une livrée jaune et noire tout à fait aposématique, mais il s’en moque. On doit donc se mettre à plusieurs, très vite, l’attaquer à coups de dard, ou bien s’agglutiner autour de lui en une pelote chauffante1.
Ou encore faire la « ola » : chez ces abeilles, on dit (en anglais) pratiquer le shimmering (chatoiement).
Deux espèces asiatiques sont capables de ce tour de force : se mobiliser à plusieurs centaines en un instant et synchroniser finement ses mouvements de telle façon que la couche d’abeille à l’entrée de la ruche montre une sorte de spirale tournante en plusieurs segments. Sans effet sur les mammifères amateurs de miel2, est-ce effrayant pour un frelon ?
Claire Villemant (MNHN, Paris) observe au Vietnam3, en juin 2008, un nid d’Abeille orientale à la base d’un arbre creux. 7 à 8 Frelons asiatiques à pattes jaunes, Vespa velutina4, volent devant la ruche, sans perturber les allées et venues des abeilles : des butineuses, groupées en amas compact, font en effet vibrer leurs ailes tout en agitant leur abdomen, tenant efficacement les prédateurs à distance.
Gerald Kastberger (université de Graz, Autriche) et ses collaboratrices avaient enregistré, au Népal, en novembre 2004, 450 scènes devant 2 ruches d’Abeille géante, aux butineuses convoitées par des frelons (Vespa sp.). Par l’analyse des vidéogrammes, publiée tout récemment5, ils montrent que la fréquence et la rapidité des mouvements synchronisés des abeilles dépendent de la vitesse d’approche et de la position du frelon et confirment le rôle répulsif du shimmering, qui crée une zone de sécurité de 50 cm environ. Ils observent que les butineuses n’émettent pas de phéromone d’alarme (qui fait sortir leur dard) mais, au terme du phénomène, la phéromone de Nasonov – produite par la glande du même nom, située sur le dessus de l'abdomen – qui renforce leur cohésion.
Par rapport aux attaques directes (piqûres, pelote chauffante), le shimmering est remarquablement économe en énergie.
1  Le phénomène est attesté chez les trois abeilles citées. La chaleur produite (45 °C) tue le frelon par hyperthermie. Voir l’Épingle « Folles les guêpes » de 2003.
2  Nous, humains, connaissons les effets troublants de la spirale de Purkinje : après avoir regardé tourner le disque, on a l’impression que l’objet voisin se jette sur nous.
3  Bulletin de la Société entomologique de France, 113(3), 312.
4  À (re)lire : « La découverte du frelon asiatique en France » par Claire Villemant et al., Insectes n°143 (2006).
5  Kastberger G., Schmelzer E., Kranner I., 2008. Social Waves in Giant Honeybees Repel Hornets. PLoS ONE, 3(9): e3141. doi:10.1371/journal.pone.0003141. En ligne – avec des vidéos -  à www.plosone.org/

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