MâleGuadeloupe, Piton de Ste-Rose, 23-IV-1984.
Femelle
Guadeloupe, Petit-Bourg, Domaine Duclos, -I-1983, ab ovo.
ssp. megalippe (Hübner, 1826).
Nymphalidae Danainae
Le Monarque
Systématique
Quatre sous-espèces ont été décrites de la zone caraïbe. Selon Smith, Miller & Miller (1994),
seules deux sont incontestables, tant qu'on n'aura pas appronfondi la variabilité des
populations par des études de génétique moléculaire. Il s'agit de D. p. plexippus, en Amérique
continentale, à Cuba et aux Bahamas, et de D. p. megalippe qui occupe le reste des Antilles.
Le comportement migrateur des populations continentales et leurs capacités de vol font qu'on
rencontre fréquemment des D. p. plexippus typiques dans toutes les Antilles, ces individus sont
probablement capables de s'accoupler avec les populations indigènes, contribuant ainsi
à limiter le polymorphisme.
Biologie et répartition
Larve sur Asclepiadaceae, notamment Asclepias curassavica et Calotropis procera.
Les populations tropicales du monarque sont sédentaires.
Espèce présente en Martinique, Guadeloupe et toutes leurs dépendances. Généralement commun.
Toutes les Petites et les Grandes Antilles.
Amérique du Nord et Amérique Centrale (D. p. plexippus). Amérique du Sud (D. p. erippus).
Australie, Nouvelle-Zélande, Indes, Iles Canaries et parfois jusqu'en Europe de l'ouest.
Phéromone et comportement sexuel
Dans le genre Danaus, tous les mâles présentent une paire de pinceaux d'androconies
éversibles à l'extrémité abdominale (corema). Ces androconies secrètent une phéromone
de cour mâle, la danaidone (2,3-dihydro-7-methyl-1H-pyrrolizine-1-one) ou des analogues aldéhydes.
Les androconies sont déployés en vol devant les antennes de la femelle pour inciter celle-ci à
se poser et à s'accoupler.
L'origine de ces alcaloïdes pyrrolizidiniques (PA) dans les androconies est assez étrange. Les larves
de Danaus s'alimentent sur des Asclepias très toxiques, mais qui ne contiennent pas de PA. Ce sont les
mâles adultes qui visitent des plantes à PA (Boraginaceae ou Fabaceae) pour séquestrer les alcaloïdes
précurseurs de leurs phéromones: un mâle élevé en serre sans avoir accès à ces plantes est totalement
incapable de s'accoupler. La phase finale de la biosynthèse de la phéromone se produit lorsque le
mâle introduit ses androconies dans les poches
qu'il possède au recto de ses ailes postérieures.
Ces alcaloïdes sont des substances extrèmement toxiques, leur accumulation dans des organes
de séduction renforce probablement leur fonction défensive vis-àvis d'éventuels prédateurs (l'hémolymphe
des adultes contient également des PA, mais aussi des cardénolides qui proviennent de l'alimentation
larvaire). L'utilisation de substances défensives comme aphrodisiaques se retrouve dans d'autres familles
de Lépidoptères (Arctiidae).
Contrairement aux autres espèces (notamment Danaus gilippus qui vit à Grenade et à la Barbade), les mâles de D. plexippus possèdent des androconies abdominales et des poches alaires, mais ne sécrètent aucun alcaloïde phéromonal. Les mâles visitent cependant des plantes à PA et séquestrent des alcaloïdes qu'on retrouve dans leur hémolymphe. Lors de la cour, on observe dans 33% des cas un déploiement d'androconies devant la femelle qui semble inciter celle-ci à se poser. Le stimulus efficace est donc inconnu chez D. plexippus, peut-être s'agit il simplement d'une stimulation tactile et visuelle.
De nombreux travaux ont été consacrés à ce type de comportement, chez les Danainae et les Arctiidae notamment. Plusieurs revues bibliographiques sont disponibles: Boppré M., 1984, in The Biology of Butterflies (R.I. Vane-Wright & P.R. Ackery eds.), Academic Press, London, p. 259-275 ; Fitzpatrick S.M. & McNeil J.N., 1988, Mem. entomol. Soc. Can., 146: 131-151 ; Birch M.C., Poppy G.M. & Baker T.C., 1990, Annu. Rev. Entomol., 35: 25-38.
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