L’accord signé ce jour marque un intérêt partagé par l’ANDRA et l’INRA, dans le cadre de leurs missions respectives, pour étudier sur une échelle spatio-temporelle exceptionnelle (une centaine d’années), l’évolution du fonctionnement des écosystèmes en lien avec les changements d’usage des sols, et dans un contexte de changement climatique. Il s’appuiera sur l’Observatoire Pérenne de l’environnement (OPE) mis en place par l’Andra en Meuse et Haute-Marne, sur une surface de plusieurs centaines de km2 et pour une durée de cent ans ou plus. La surveillance et la protection de l’environnement liées au stockage de déchets radioactifs restent du ressort de l’ANDRA.
Cet accord définit un cadre pour la mise en œuvre d’actions conjointes par les scientifiques des deux organismes autour de l’observation, de l’expérimentation in situ et de la modélisation du fonctionnement des écosystèmes terrestres et aquatiques. Ces actions pourront se matérialiser notamment par le développement d’instrumentations et de modèles, le recueil et l’analyse de données, la mise en œuvre d’expérimentations en laboratoire ou in situ, ou encore la formation et le transfert de connaissances.
La superficie de l’OPE permettra d’étudier les écosystèmes à différentes échelles spatiales :
- les composants : flore, faune, sol, roche-mère, gaz, etc.
- les écosystèmes aquatiques et terrestres, intégrant les interactions entres ces composants : forêt, prairie, grande culture et petit ruisseau
- les bassins versants qui permettent l’étude des interactions entre écosystème traversés par un ruisseau
- le territoire : petite unité de quelques centaines de km2 correspondant à plusieurs bassins versants et à la spatialisation des éléments cités précédemment.
L’Observatoire Pérenne de l’Environnement (OPE) mis en place par l’Andra depuis 2007, dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, a pour objet de décrire précisément l’environnement avant et après l’éventuelle construction des installations de surface du stockage profond (500 mètres) pour les déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue, et d’en suivre l’évolution. Dans cette zone d’observation de 900 km2, tous les milieux de l’environnement sont étudiés simultanément : l’eau, l’air, les sols, la flore, la faune et bien sûr l’homme. La diversité des sols et des paysages de ce territoire et la présence de trois écosystèmes : forêt, prairie et cultures, présentent un réel intérêt scientifique.
Pour l’INRA, l’OPE offre une opportunité unique en France d’observer de façon fine sur plusieurs décennies l’évolution des écosystèmes en fonction de trois contraintes que sont : l’impact du changement climatique, les modifications de gestion agricole et sylvicole, telles qu’une intensification de la production de biomasse à des fins énergétiques, ainsi que les effets induits par la construction d’installations de stockage de déchets et la gestion de verses. Les équipes scientifiques du centre INRA de Nancy seront plus particulièrement concernées. De manière complémentaire, des recherches sur la prairie, sur les cultures et sur les sols pourront être menées par des équipes d’autres centres : Dijon, Grignon, Orléans et Clermont-Ferrand. Par ce partenariat, la collaboration sera facilitée dans le cadre de l’OPE entre les équipes de l’Andra et les chercheurs de l’INRA ou de ses partenaires de proximité réunis au sein du pôle européen de recherche forestière NFZ.forestnet.
À propos de l’Andra
L’Andra est un établissement public à caractère industriel et commercial créé par la loi du 30 décembre 1991. Ses missions ont été complétées par la loi de programme du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. Indépendante des producteurs de déchets radioactifs, l’Andra est placée sous la tutelle des ministères en charge de l’énergie, de l’environnement et de la recherche. L’Andra est chargée de la gestion durable de l’ensemble des déchets radioactifs français. Elle met son expertise et son savoir-faire au service de l’État pour concevoir des solutions de gestion, et pour exploiter et surveiller des centres de stockage de déchets radioactifs en protégeant l’homme et l’environnement de l’impact de ces déchets sur le court et le long terme.
www.andra.fr
À propos de l’INRA
L’INRA, institut de recherche finalisée, est le premier institut de recherche agronomique en Europe. Il mène des recherches pour une alimentation adaptée, pour un environnement préservé et pour une agriculture compétitive et durable. L’INRA est à la fois producteur de connaissances et soucieux de leur transmission et utilisation par les secteurs professionnels et institutionnels concernés. Qu’il soit scientifique, économique ou technique, avec les pouvoirs publics ou la société, le partenariat est une pièce maîtresse du dispositif de recherche finalisée de l’INRA. De l’analyse des enjeux scientifiques et socio-économiques jusqu’à la valorisation des résultats de recherche, il se noue aujourd’hui aux plans régional, national, européen et international. Les questions de recherche actuelles nécessitent le plus souvent des approches pluridisciplinaires, adaptées à l'étude d'un système global de production et d'échanges mondiaux. L’Inra a vocation à mener une recherche ouverte sur la société et à faciliter le partage et l’intégration de connaissances au sein de la communauté scientifique. Il a développé depuis de nombreuses années des dispositifs de suivi des écosystèmes et de l’environnement, et d’expérimentation in situ. Ces outils ont vocation à être le plus intégratif possible favorisant des approches pluridisciplinaires (biologie, écologie, géochimie, économie,…) et à prendre en compte les organisations spatiales du territoire.
www.inra.fr
|