Stéphane Caprice a effectué sa thèse sur la politique de la concurrence et les relations entre distributeurs et fournisseurs dans le secteur de la grande distribution alimentaire. Les évolutions dans le secteur de la distribution obligent les chercheurs en économie à repenser les modèles théoriques existants, afin de comprendre les mécanismes à l’oeuvre dans ce secteur, notamment en termes de formation de prix et de marges commerciales. En France comme aux Etats-Unis, un fournisseur a l’interdiction de pratiquer une discrimination tarifaire entre ses différents acheteurs. Cependant, les fondements théoriques de cette interdiction sont controversés, plusieurs articles scientifiques récents remettant même en cause le bien-fondé de cette interdiction. L’article de Stéphane Caprice “Multilateral vertical contracting with an alternative supply: the welfare effects of a ban on price discrimination” paru dans la revue américaine Review of Industrial Organization montre que, pour certains produits de la grande distribution, l’interdiction de discrimination tarifaire sur les marchés intermédiaires (pour les fournisseurs) peut induire un prix d’équilibre sur le marché final plus favorable (pour le consommateur) car plus concurrentiel que dans le cas où la discrimination tarifaire est autorisée. L’interdiction de la discrimination tarifaire sur les marchés intermédiaires, par les prix bas qu’elle induit au bénéfice du consommateur s’avère fondée uniquement, dans le cas d’une concurrence en amont suffisante (entre les différents fournisseurs, notamment).
Le prix lui a été remis lors d'une cérémonie le 13 avril 2007 à Savannah, Georgie du Sud, Etats-Unis. Ces résultats sont utiles pour mieux comprendre les stratégies des acteurs dans le secteur de la grande distribution et fournir un socle économique pertinent aux autorités en charge de la politique de la concurrence, dans ce secteur, mais également pour des secteurs qui font l’objet d’une dérégulation tels que les communications, l’électricité ou encore le gaz.
L’Industrial Organization Society a été fondée en 1972. Son objectif est de promouvoir la recherche en économie industrielle, antitrust et politique de la concurrence. Elle est responsable de la publication de la Review of Industrial Organization et récompense tous les ans un jeune chercheur (moins de 35 ans ou moins de 5 ans après la thèse) pour le meilleur article publié l'année précédente dans la revue et un professeur éminent pour ses travaux en économie industrielle. Les lauréats en 2006 sont : Stéphane Caprice, chercheur INRA à l’Université des Sciences Sociales à Toulouse et Paul Joskow, Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
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Pour en savoir plus Le pouvoir de marché d’une firme amont dépend de plusieurs déterminants comme, par exemple, la structure de l’industrie aval, ou encore les restrictions réglementaires en matière de tarification, comme l’interdiction de discrimination tarifaire entre les acheteurs. Cette interdiction de discrimination tarifaire, appliquée par les autorités de la concurrence présente des fondements théoriques controversés. La littérature récente sur les relations verticales en contrats secrets remet notamment en cause le bien-fondé de cette interdiction. L’interdiction de la discrimination tarifaire sur les marchés intermédiaires peut renforcer le pouvoir d’un fournisseur, notamment d’un fournisseur en monopole, en lui donnant le moyen, lorsqu’il propose un tarif de gros élevé à un client, de garantir à ce dernier que ses concurrents seront logés à la même enseigne. La non discrimination tarifaire facilite alors le maintien de prix de gros élevés et in fine de prix de détails élevés. L’article de Stéphane Caprice “Multilateral vertical contracting with an alternative supply: the welfare effects of a ban on price discrimination” paru dans Review of Industrial Organization montre que ce résultat est lié à l’hypothèse de monopole en amont et ne s’étend pas dans le cas d’un oligopole en amont, par exemple, pour certains produits de la grande distribution. En particulier, lorsque la concurrence en amont est suffisante, l’interdiction de discrimination tarifaire sur les marchés intermédiaires peut induire un équilibre en prix sur le marché final plus bas (pour le consommateur) car plus concurrentiel que dans le cas où la discrimination tarifaire est autorisée. A l’opposé, lorsque la concurrence en amont est faible, des prix faibles pour les consommateurs ne peuvent s’obtenir qu’au moyen de la suppression de la règle de non discrimination sur les marchés intermédiaires.
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Source : Multilateral Vertical Contracting with Alternative Supply: The Welfare Effects of a Ban on Price Discrimination Review of Industrial Organization (2006) n°28, pp 63–80 Stéphane Caprice, (INRA) University of Toulouse Lien vers l’article : http://www.springerlink.com/content/421779u0530v5350/?p=7bf68c5de8a04b54866ca51da77b7af2&pi=4
voir aussi : INRA sciences sociales n°5-6 novembre 2006 "Les relations entre producteurs et distributeurs, une analyse économique et économétrique de mécanismes inflationnistes sur les prix de détail"
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