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Fiche de dossier de presse.
27/02/2007
Forêt et changement climatique. Les recherches de l'INRA
Dossier - SIA Introduction
Les effets du réchauffement climatique sont de plus en plus perceptibles depuis une vingtaine d’années. Un consensus actuel se dessine autour de l’implication des activités humaines dans ce processus : selon le dernier rapport du GIEC le lien est « très vraisemblable » à 90-95 % de probabilité.
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Les recherches de l’INRA s’inscrivent dans cette perspective globale. Deux chercheurs de l’INRA (Bernard Seguin, INRA Avignon et Jean-François Soussana, INRA Poitou-Charente) participent au groupe de travail 2 du GIEC sur les impacts du changement climatique, qui rendra ses conclusions en avril 2007. Les recherches de l’INRA intègrent les scénarios de réchauffement climatique dans toutes leurs études concernant l’agriculture et l’environnement. La plupart des recherches s’appuient sur le scénario appelé « B2 » prévoyant un réchauffement de 2,5° à l’horizon 2100, c’est à dire inclus dans la fourchette de 1,8 à + 4°C annoncée lors de la conférence du GIEC de février 2007.
Le réchauffement climatique a un impact certain sur la croissance et la répartition des forêts
L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre est une des causes du changement climatique. L’accroissement du taux de CO2 en lui-même modifie le fonctionnement de tous les végétaux en agissant sur la photosynthèse. Un doublement de la concentration de CO2 peut augmenter de 20 à 30% la production photosynthétique des forêts. En revanche, cette tendance potentielle peut être affectée, voire inversée, par des températures excessives, des épisodes de sécheresse et les dépôts d’ozone. L’INRA mène plusieurs études pour évaluer l’impact du réchauffement climatique en prenant en compte tous ces facteurs.
Dans le cadre du programme CARBOFOR, les chercheurs ont effectué des simulations montrant que l’impact physique du climat sur les forêts pourrait se caractériser par une légère augmentation de la production forestière dans un premier temps (2030-2050), suivie par un plateau ou un déclin dans les années 2070-2100. De façon générale, il apparaît que l’augmentation de la production sera plus importante pour les régions du Nord que celles du Sud de la France. Les productivités brute et nette seront plus affectées par le contenu en eau du sol et par le déficit hydrique de l’air dans l’Ouest de la France en raison, dans ces régions, de l’évolution plus marquée du contraste été/hiver du régime pluviométrique.
⇒ Rapport CARBOFOR : Séquestration de carbone dans les grands écosystèmes forestiers en France. Quantification, spatialisation et impacts de différents scénarios climatiques et sylvicoles. medias.obs-mip.fr/gicc/interface/voir.php?7%2F01&Resume#debut • Contact : Denis Loustau, INRA Bordeaux.
L'INRA coordonne également un réseau d'excellence européen sur l'évolution des arbres face aux changements climatiques : Evoltree.
⇒ EVOLTREE, réseau d'excellence européen. L'évolution des espèces et de leur diversité en réponse aux changements climatiques est aujourd'hui au centre des préoccupations de notre société. Quelles sont les capacités d'adaptation des espèces ? Peut-on s'inspirer de leur histoire passée pour prévoir leur réponse future ? Ces questions seront étudiées par un réseau d'excellence européen EVOLTREE (2006-2011), coordonné par Antoine Kremer (Inra Bordeaux) et qui rassemble 25 partenaires de 15 pays européens. Cinq sites d’observations intensives seront créés pour couvrir les différents écosystèmes européens : boréal, tempéré, méditerranéen, alpin et « forêt primaire » en Biélorussie. Sur ces sites, les chercheurs étudieront la migration des espèces et le rôle des arbres dans l’évolution de la biodiversité. www.inra.fr/presse/l_inra_coordonne_evoltree • Contact INRA : Antoine Kremer (INRA Bordeaux).
Les chercheurs de l’INRA utilisent les modèles de prévision du changement climatique pour modéliser la répartition future des espèces forestières.
⇒ Exemple : Quelles forêts en France en 2100 ? La rapidité d’évolution du climat pose de nouvelles questions quant à l’adaptation des espèces forestières françaises. Les chercheurs de l’INRA de Nancy ont estimé la future répartition de 5 espèces en fonction des paramètres climatiques qui pourraient exister en 2100 à partir d’un scénario d’augmentation de la température de + 2,5 °. Deux exemples illustrent bien les changements profonds que pourraient subir nos paysages en un siècle : progression de l’aire du chêne vert et forte régression de celle du hêtre. Les arbres pourront-ils s’adapter à un changement si rapide ? Voir fiche www.inra.fr/presse/quelles_forets_en_france_en_2100 • Contacts INRA : Vincent Badeau et Jean-Luc Dupouey, INRA Nancy
La réserve en eau des sols et les conditions de disponibilité en nutriments conditionneront localement les réponses des arbres. Les forêts sur les sols à forte réserve utile en eau supporteront mieux l’évolution climatique. Les forêts ont déjà été notablement affectées par les évènements extrêmes, telles que les sécheresses de 2003, puis 2005-2006. Si les dégâts sur les jeunes plantations sont immédiatement visibles, les travaux ayant suivi la sécheresse de 1976 ont montré que ses conséquences ont porté sur une dizaine d’années.
Les chercheurs de l’INRA ont participé à l'expertise "sécheresse et canicule 2003" commanditée par les ministères de l’agriculture et de l’écologie.
⇒ Voir L'expertise "sécheresse et canicule 2003" sur le site du Gip ECOFOR : www.gip-ecofor.org/ecoforrec/publi/page.php?id=994&rang=0 Voir aussi : Numéro spécial des Annals of Forest Science, Vol. 63 No. 6 (Sept 2006), Special Issue: Impacts of drought and heat on forests, coordonné par E. Dreyer et G. Landmann. www.edpsciences.org/articles/forest/abs/2006/06/contents/contents.html • Contact INRA : Erwin Dreyer (INRA, Nancy), membre du comité de pilotage de l’expertise.
Dans un environnement changeant, le suivi des écosystèmes à long terme est une nécessité. Plusieurs chercheurs de l’INRA participent depuis sa création en 1992 au réseau RENECOFOR (Réseau National de suivi à long terme des ECOsystèmes FORestiers) géré par l’ONF. Un colloque se tiendra du 9 au 11 mai 2007 au Palais des Congrès de Beaune pour faire le point sur 15 ans de suivi des écosystèmes forestiers.
⇒ Voir le site du colloque RENECOFOR http://www.onf.fr/pro/Renecofor/colloque.htm • Contacts INRA : Nathalie Bréda et Etienne Dambrine, INRA Nancy, membres du comité d’organisation du colloque.
Le réchauffement climatique favorise les maladies des arbres forestiers
Globalement, une plus grande fréquence des événements climatiques extrêmes (sécheresse, pluviosité excessive…) induit un stress sur les arbres forestiers, les rendant plus sensibles aux attaques des ravageurs et des parasites.
⇒ Exemple : Impact du changement climatique sur une maladie forestière : l’encre du chêne Quelles conséquences peut avoir le réchauffement climatique sur les maladies des arbres ? Pour le savoir, les chercheurs de l’INRA de Nancy et de Bordeaux ont étudié le cas d’une maladie : l’encre du chêne. Les modèles utilisés montrent un risque d’extension des zones atteintes par la maladie dans le grand Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen. Voir fiche impact_changement_climatique_sur_maladie_forestiere_encre_du_chene • Contacts INRA : Benoit Marcais (INRA Nancy) et Marie-Laure Desprez-Loustau (INRA Bordeaux)
⇒ Exemple : Processionnaire du pin et changement climatique : d’un ravageur forestier à une nuisance urbaine La chenille processionnaire du pin est un ravageur dont l’extension vers le nord de la France est favorisée par le changement climatique. Les chercheurs de l’INRA d’Orléans cherchent à comprendre les conditions qui favorisent cette colonisation et proposent un modèle de prédiction basé sur un scénario de réchauffement climatique de + 3°C. Les populations de chenilles qui ont franchi la Loire au début des années 1990, devraient progresser naturellement et arriver à Paris en 2025. Voir fiche processionnaire_du_pin_et_changement_climatique • Contact INRA : Alain Roques, INRA Orléans.
Réduire l’effet de serre en favorisant le stockage du carbone
L’agriculture et la sylviculture ont un rôle important à jouer dans la réduction des gaz à effet de serre et notamment du CO2. Favoriser le phénomène naturel de stockage du carbone par les forêts et les sols est une des options qui permettraient de limiter temporairement l’augmentation du CO2 atmosphérique.
Pour suivre le phénomène, depuis 1996, les chercheurs de l’INRA font des mesures directes de flux d’eau, d’énergie et de CO2 sur 3 sites forestiers en métropole et en Guyane. Le réchauffement climatique est un phénomène planétaire et l’INRA, grâce à son implantation à Kourou, est capable d’intégrer dans ses études la dimension tropicale des écosystèmes forestiers.
⇒ 3 sites instrumentés par l’INRA en forêt pour la mesure des flux de carbone : la hêtraie de Hesse (Sarrebourg), la pinède Atlantique du Bray (Bordeaux), la forêt tropicale humide de Kourou (Guyane). Ces sites sont équipés de capteurs micrométéorologiques et de CO2 installés sur des tours. Les mesures sont effectuées en continu depuis 1996. Elles montrent que capture du CO2 atmosphérique par ces forêts varie suivant les conditions climatiques et la gestion forestière. Pour bien prendre en compte ces deux facteurs, il est prévu de poursuivre et d’étendre ce suivi. Ces sites font partie d’un réseau européen et mondial, et fonctionnent grâce au soutien de l’Union Européenne. • Contacts : André Granier (INRA Nancy), Denis Loustau (INRA Bordeaux), Damien Bonal (INRA Kourou).
Le programme Carbofor a également apporté des données sur le stockage du CO2 par les forêts. Le stock de carbone contenu dans la forêt métropolitaine française est de 2,2 Gt dont 52 % dans le sol et 47 % dans la biomasse (chiffrage effectué par les laboratoires INRA Nancy et Orléans à partir des données de l’Inventaire Forestier National). Mais surtout le stock dans la seule biomasse s’accroît de 17 Mt de carbone par an (hors tempête de 1999) ce qui équivaut à environ 17 % des émissions de carbone fossile nationales. Voir fiche Presse Info mars 2007 • Contact INRA : Jean-Luc Dupouey, INRA Nancy et Denis Loustau, INRA Bordeaux.
Les chercheurs de l’INRA participent au programme européen CarboEurope qui vise à établir un suivi des émissions et des puits de carbone aux échelles locales, régionales et du continent européen.
⇒ Programme CARBOEUROPE-expérimentation régionale : Ce projet comprend de nombreux partenaires scientifiques européens, dont l'Inra Bordeaux-Aquitaine qui mène des travaux sur les processus physiques liés aux échanges végétation-atmosphère, sur les écoulements turbulents, la dispersion turbulente (gaz, particules) et l'aérodynamique des surfaces hétérogènes. Elle développe des modèles d'écoulement et des méthodes d'estimation des flux. Son activité en fait donc un acteur majeur de ce projet européen. • Contacts INRA : Denis Loustau et Yves Brunet Site du projet CarboEurope carboregional.mediasfrance.org/projet/index
Utiliser le carbone renouvelable à la place du carbone fossile
Les molécules constitutives des végétaux peuvent remplacer le pétrole dans la majorité des technologies chimiques. Elles ont l’avantage d’être renouvelables, biodégradables et leur production ne contribue pas ou peu aux gaz à effet de serre.
L’utilisation des différents constituants de la plante entière est une des conditions nécessaires pour créer une agro-industrie durable, ayant la capacité de rivaliser avec la pétrochimie. L’INRA travaille à la conception de nouvelles générations d’outils au service de la chimie verte pour proposer des produits de qualité, avec une forte valeur ajoutée en terme environnemental.
⇒ Des mini-forêts pour produire du "bois-énergie" Pour obtenir une quantité de biomasse suffisante, les chercheurs de l'INRA ont étudié un système de sylviculture intensive de jeunes peupliers (TCR ou taillis à courte rotation) autorisant plusieurs cycles de production-récolte. Ils ont mis en place dès 1983 un réseau d'essais de quelques dizaines d'hectares qui permet d'étudier la durabilité du système sur le long terme. www.inra.fr/presse/produire_du_bois_energie • Contact INRA : Jean-Charles Bastien, INRA Orléans.
Dans la même optique, l’INRA participe au programme européen EforWood dont l'objectif est de développer des outils intégrés d'analyse et d'évaluation de la durabilité des systèmes de production forestière et de transformation du bois à différentes échelles.
⇒ Programme EforWood : ce projet européen comprend 34 partenaires issus de 18 pays de l'Union. Il a pour ambition de contribuer au développement durable du secteur forestier et des industries du bois. Les équipes de recherche INRA du site forêt-bois à Pierroton assurent la coordination des aspects forestiers. Site Internet : http://www.eforwood.com/ • Contacts INRA : Jean-Michel Carnus et Denis Loustau, INRA Bordeaux
Adapter la gestion forestière au changement climatique
Les travaux des chercheurs de l’INRA permettent de réfléchir aux conséquences pratiques du changement climatique sur la forêt et la gestion forestière, et aux mesures à prendre pour anticiper, accompagner ces changements et en suivre les effets. A cette fin, à l’initiative conjointe de l’INRA et de l’ONF, une réflexion commune a été engagée et s’est traduite par des orientations générales pour l’adaptation de la gestion forestière au changement climatique. •Contact INRA : Myriam Legay, INRA Nancy.
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| Rédacteur : |
Service Presse INRA |
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