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Communiqué de presse.
02/07/2009
2èmes journées de recherche de la filière piscicole : 1er et 2 juillet 2009. L'aquaculture, une solution d'avenir pour répondre aux besoins alimentaires croissants.
INRA - IFREMER - CIPA
Alors que la demande mondiale en poisson est aujourd’hui croissante, en France comme dans le reste du monde les volumes de pêche ont tendance à stagner, voire à diminuer, et la bonne gestion de la ressource halieutique ne permet pas d'envisager une augmentation de l'offre par la pêche. Or, le maintien de la consommation française de poisson par habitant, (23,8 kg/personne, en 2008), nécessite d’accroître la production de poissons. Dans ce contexte fragile, la pisciculture se positionne comme une véritable solution, complément à l’apport d’une pêche responsable. Cependant, elle est souvent accusée de piller les mers, de polluer et d’offrir des produits d’une qualité inférieure. Le Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture, le Centre de Coopération Internationale de la Recherche Agronomique pour le Développement, l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer, l’Institut National de la Recherche Agronomique, l’Institut Technique de l’Aviculture, le Ministère de l'Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche et le Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français s’associent et organisent conjointement les 2èmes Journées de la Recherche Filière Piscicole qui se tiendront à Paris les 1er et 2 juillet 2009. Objectif : répondre à ces questions récurrentes et lever les idées reçues sur le poisson d’aquaculture produit et consommé en France.
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L'aquaculture pille-t-elle les mers ?
Selon une idée couramment répandue, la production de poisson d’élevage nécessiterait des kilos de poisson sauvage, contribuant ainsi à vider les mers. Qu’en est-il réellement ?
En France, le parti-pris de l’aquaculture a été de s’orienter vers l’élevage d’espèces nobles (truite, saumon, daurade, bar, turbot, esturgeon…), à tendance carnassière, dont la pêche ne peut satisfaire la demande croissante. L’aliment distribué à ces poissons français contient 30 à 40 % de produits de poissons issus de la pêche minotière1 (20 à 25% de farine de poisson et 10 à 15% d’huile de poisson), le reste étant composé de produits végétaux, vitamines et minéraux. La fabrication des aliments pour poissons est d’ailleurs inscrite dans un cadre réglementaire européen et français très exigeant, qui est l’un des plus sûrs au monde.
De quelle quantité de poisson minotier faut-il disposer pour alimenter ces poissons d’élevage ? Par exemple, pour produire 1 kg de truite portion2, 2,4 kgs de poissons sauvages sont nécessaires. Or dans la nature, les poissons carnassiers consomment 5 à 10 kgs de poissons-proies.
De plus, l’aquaculture valorise de plus en plus les nombreux co-produits de l’industrie de la pêche, ce qui réduit encore d’autant les prélèvements sur la ressource.
Par ailleurs, afin d’assurer le développement de l’aquaculture, tout en préservant les ressources halieutiques, les organismes de recherche français, ont prouvé depuis 20 ans, la possibilité de substituer partiellement les huiles et les farines de poissons par des protéines et des huiles végétales, tout en conservant la qualité et l’intérêt nutritionnel des poissons d’aquaculture. Cela permet de poursuivre le développement de l’aquaculture sans puiser sur les ressources marines.
Ainsi, la pisciculture permet aujourd’hui de produire 1 kg de truite portion à partir de 2 kgs de poissons sauvages. A l’horizon de 2020, l’objectif d’ 1kg de truite portion produit pour 1 kg de poisson sauvage consommé devrait être atteint.
L'aquaculture pollue-t-elle ?
L’aquaculture, comme toutes productions agricoles ou activités, rejette des éléments dans le milieu naturel. La particularité de la pisciculture en eau douce comme en milieu marin, réside dans la nature du milieu d’élevage (eau des bassins…) qui est identique au milieu naturel. Aussi, l’environnement et la qualité de l’eau sont au cœur des préoccupations des acteurs de la filière piscicole. Ils utilisent l’eau, sans la consommer, et s’attachent à la restituer dans de bonnes conditions d’où l’importance des recherches menées autour de l’alimentation des poissons pour fournir des aliments les plus digestibles possibles afin de limiter les rejets. Ainsi, grâce à l'utilisation de plus en plus généralisée d'aliments extrudés de haute digestibilité et à une meilleure maîtrise des rationnements, aux modernisations et adaptations des techniques de production (aération, suivi des biomasses, etc.) les élevages piscicoles sont plus respectueux de l'environnement.
De plus, dans l’exercice de leur activité, les pisciculteurs sont amenés à surveiller la qualité de l’eau, à la fois dans leur élevage et dans le milieu récepteur. Ils sont ainsi soumis à de nombreux contrôles et à un suivi sanitaire des cheptels. La pisciculture de truites par exemple, élevage de poissons majoritaire en France, par ses besoins en eau, vive et fraîche, pure et riche en oxygène, est la meilleure sentinelle de la qualité de l’eau. Tout impact sur le milieu aura de fait un impact sur la qualité de l’élevage.
Afin de réduire encore l’impact de l’aquaculture sur l’environnement, la prise en compte de chaque contexte de production et des spécificités des différents milieux naturels, est devenue une étape incontournable. Les travaux de recherche en cours doivent donc conduire à la caractérisation de la sensibilité des écosystèmes aux rejets piscicoles, à la création d’outils de suivi et à la limitation des impacts plus adaptés aux différents contextes.
Le poisson d'aquaculture est-il moins bon ?
Alors que le marché des viandes (volailles, porcs, bovins) est approvisionné exclusivement par l'élevage, poissons de pêche et poissons d'aquaculture cohabitent sur les étals. Ces produits sont donc inévitablement comparés d'un point de vue nutritionnel et organoleptique. L’étude Nutraqua3 a confirmé que c’est l’espèce, et non la provenance (pêche ou pisciculture) qui déterminait la composition nutritionnelle des produits aquatiques.
C’est pourquoi les poissons d'aquaculture ne sont pas toujours plus gras que les poissons de pêche, contrairement à une idée reçue. Par ailleurs, ils sont comme leurs semblables issus de la pêche, sources d’éléments nutritionnels particulièrement intéressants, comme les acides gras polyinsaturés à longue chaîne oméga 3 et certains minéraux. De ce point de vue, ils répondent parfaitement aux recommandations du Programme National Nutrition Santé.
Si les principales composantes de la qualité organoleptique (aspect, odeur, flaveur, texture) diffèrent entre poissons d’aquaculture et poissons de pêche, les poissons issus de la pisciculture recueillent la préférence des dégustateurs dans bon nombre de tests, notamment à l’aveugle.
Enfin, l'élevage offre la possibilité d’optimiser la qualité des produits par la sélection génétique, l'alimentation et les conditions d'élevage et de garantir ainsi une homogénéité des produits.
Les poissons produits en pisciculture présentent donc, comme nombre de produits aquatiques, un intérêt certain sur le plan nutritionnel. Leur consommation est d’ailleurs encouragée dans le cadre d’un régime alimentaire équilibré favorable à la santé. Leur image auprès des consommateurs reste donc à améliorer.
L’état des lieux des avancées de la recherche de la filière piscicole permet aujourd’hui d’affirmer que l’aquaculture ne peut pas être accusée du pillage des océans, ni de la pollution des mers et des rivières et qu’elle produit des poissons de bonne qualité, notamment gustative. Cet état des lieux met en exergue les progrès et les perspectives d’une filière indispensable pour l’avenir, la pêche ne pouvant satisfaire seule la demande. La pisciculture française a donc un véritable rôle à jouer, impliquant un engagement de tous les acteurs de la filière dans une démarche de développement durable ; une démarche qui permettra aux consommateurs français de s’approvisionner en produits locaux.
1 Par pêche minotière, on entend la pêche spécifique d'espèces destinées à produire des farines et des huiles de poissons. Ces pêches sont gérées par des quotas. Ces espèces ne sont en général pas valorisables en alimentation humaine.
2 Portion de 200 à 250 grammes.
3 Les résultats de cette étude sont consultables sur le site Internet : www.nutraqua.com
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