Chaque année, les arbres
produisent un nouveau cerne de bois. En observant sur des coupes
d’arbres infectés la localisation des lésions
provoquées par P. cinnamomi, les chercheurs de l’INRA
ont pu dater ces lésions pour 20 arbres étudiés
dans le sud-ouest de la France et ainsi reconstituer l’évolution
de la maladie sur une période de 30 ans.
Les chercheurs ont montré
que le froid hivernal limite le développement de l’encre
du chêne. Un modèle permettant de prédire
la survie du parasite en fonction des conditions climatiques a
alors été mis au point. L’INRA, en collaboration
avec Météo France, a ainsi établi une carte
du risque (voir ci-contre).
Les prédictions théoriques
sont cohérentes avec les observations de la maladie effectuées
par le DSF dans le sud-ouest de la France. Trois zones de risque, caractérisées
par des hivers doux, émergent : le pourtour méditerranéen,
le sud-ouest et l’ensemble Bretagne-Cotentin, où la maladie
n’a pas encore été observée sur les chênes.
Une nouvelle carte qui tient compte du réchauffement climatique
et qui met en évidence une extension de la zone du risque est
en cours de publication.
Plus les hivers sont doux, plus les épidémies
dues à l’oïdium sont sévères

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Pousse de chêne affectée
par l'oidium ou blanc des chênes,
causé par Erysiphe alphitoïdes
.© INRA / X. CAPDEVIELLE |
Les mentions d’oïdium
sur chêne par le DSF au cours des 14 dernières années
ont été utilisées pour mesurer l’impact
de la maladie dans 5 régions françaises. L’impact
de la maladie montre de fortes fluctuations inter-annuelles avec
de sévères épidémies dans le sud-ouest
de la France. La confrontation avec des données météorologiques
montre que les épidémies sont sévères
seulement les années à hiver doux, où les chênes
débourrent de façon particulièrement précoce.
Le mécanisme mis en jeu pourrait être une coïncidence
entre la phénologie de l’hôte et celle de l’agent
pathogène, l’oïdium produisant ses spores infectieuses
au moment où les chênes débourrent, les années
à forte épidémie.
Les années à hiver doux
et à risque de forts impacts d’oïdium devraient devenir
plus fréquentes en cas de réchauffement climatique.
La prise en compte du changement climatique
peut permettre de mieux comprendre les changements de la pression parasitaire
à laquelle sont soumis les écosystèmes forestiers
et d’anticiper dans certains cas.
Des mesures de prévention doivent être prises dans les
régions encore indemnes pour l’instant. Cette précaution
est d’autant plus nécessaire qu’il n’existe
pas, à l’heure actuelle, de méthode de lutte curative
contre P. cinnamomi, applicable en forêt.
1 Unité de recherches « Pathologie forestière
», département Ecologie des forêts, prairies et milieux
aquatiques, centre INRA de Nancy.
Unité mixte de recherches INRA – Université Bordeaux
I « Biodiversité, gènes et écosystèmes
», département Ecologie des forêts, prairies et milieux
aquatiques, centre INRA de Bordeaux.