Il y a une dizaine d’années, les mêmes équipes de l’INRA et de l’Université du Queensland avaient montré qu’un signal mobile, différent des hormones déjà identifiées, inhibait la ramification de la plante en réprimant le démarrage des bourgeons situés à l’aisselle des feuilles.
Ce signal a aujourd’hui été identifié comme une nouvelle hormone faisant partie de la famille des strigolactones. C'est en utilisant des plantes mutantes hyper-ramifiées, qui ne produisent pas de strigolactones, que les chercheurs ont aujourd'hui compris leur action sur l’architecture des plantes.
Les strigolactones présentent les caractéristiques communes aux hormones végétales : elles ont une action très ciblée, sont actives à très faibles concentrations et peuvent être transportées dans la plante sur de longues distances.
Cette famille de molécules était déjà connue pour être produites par les racines des plantes et exsudées dans la rhizosphère afin d’"attirer" des champignons et de mettre en place des symbioses endomycorhiziennes. Ces symbioses entre les plantes et des champignons, très anciennes, ont participé à la colonisation du milieu terrestre et permettent un maintien de la productivité des plantes en conditions limitantes. Les strigolactones sont aussi impliquées dans l’induction de la germination de graines de plantes parasites (Striga, Orobanche), plantes qui induisent de plus en plus de dégâts dans nos régions (orobanche rameuse du colza notamment).
La découverte que les strigolactones contrôlent la ramification des tiges va pouvoir servir de base à des applications en horticulture, foresterie et en agriculture où l’architecture de la plante et notamment son degré de ramification est une composante majeure du rendement et de la qualité de la production. Il est ainsi possible d’envisager d’utiliser ces composés naturels sur les cultures pour modifier l’architecture des plantes. En effet et contrairement aux autres hormones végétales, l’application de strigolactones sur les parties aériennes des plantes ne touche que leur ramification sans perturber le reste de leur développement.
(1) et en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Wageningen aux Pays-Bas
> Voir l'interview de Catherine Rameau :
Source :
http://www.nature.com/
Strigolactone inhibition of shoot branching
Nature Advance Online Publication – 10 août 2008- DOI: 10.1038/nature07271
Victoria Gomez-Roldan1, Soraya Fermas2, Philip B. Brewer3, Virginie Puech-Pagès1, Elizabeth A. Dun3, Jean-Paul Pillot2, Fabien Letisse4, Radoslava Matusova5, Saida Danoun1, Jean-Charles Portais4, Harro Bouwmeester5,6, Guillaume Bécard1, Christine A. Beveridge3,7*, Catherine Rameau2* and Soizic F. Rochange1*
1 SCSV, UMR 5546 University of Toulouse III/CNRS, Castanet-Tolosan
2 Station de Génétique et d’Amélioration des Plantes, Institut J.P. Bourgin, UR254 INRA, Versailles
3 ARC Centre of Excellence in Integrative Legume Research, The University of Queensland, Brisbane, Australia
4 CNRS, UMR5504, INRA, UMR792 Ingénierie des Systèmes Biologiques et des Procédés, INSA de Toulouse, Toulouse
5 Plant Research International, P.O. Box 16, 6700 AA Wageningen, Pays-Bas
6 Laboratory of Plant Physiology, Wageningen University, Arboretumlaan 4, 6703 BD Wageningen, Pays-Bas
7 School of Integrative Biology, The University of Queensland, Brisbane, Australie
* Ces auteurs ont contribué de manière égale à ce travail
Référence brevet : FR 0852737
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