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"Agenda 2000" et "Sommet de Berlin" :
les principales dispositions de réforme de la politique agricole commune (PAC)

Claude Roger, mai 2000
(cette note existe aussi au format PDF )


La réforme de la politique agricole commune (PAC) prévue dans le cadre de l’ensemble des réformes dites Agenda 2000, a été adoptée par les chefs d'Etats et de gouvernements au Conseil européen de Berlin le 26 mars 1999. Les règlements ont été publiés au Journal officiel des Communautés européennes le 26 juin 1999 et entrent en application à partir de la campagne 2000/2001. De manière générale, la philosophie des propositions de la Commission européenne (CE) de mars 1998 est préservée. La réforme entérine donc les choix i) d'une (nouvelle) baisse des prix de soutien des principaux produits agricoles (céréales, viande bovine et produits laitiers) de façon à améliorer la compétitivité prix des produits agricoles et agro-alimentaires européens sur les marchés intérieur et mondial et ii) d'un accroissement des aides directes aux producteurs de façon à compenser (partiellement) la diminution du revenu liée à la baisse des prix. Toutefois, l'accord de Berlin diffère des propositions de la CE sur un certain nombre de mesures qui ont été ou assouplies, ou reportées à une date plus lointaine. Il apparaît que les mesures arrêtées visent essentiellement à défendre le rôle économique des agriculteurs européens, compte tenu notamment des contraintes et échéances auxquelles l’Union Européenne devra faire face dans le cadre des prochaines négociations agricoles multilatérales.

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1) Comparaison entre les propositions et les mesures adoptées

  • L'accord de Berlin se traduit par une moindre réduction des instruments de régulation des marchés. En premier lieu, par rapport aux propositions de la CE, les baisses des prix garantis sont ou plus faibles et étalées sur une période plus longue, ou différées dans le temps : - 15 % sur deux ans au lieu de - 20 % sur un an dans le cas des céréales, - 20 % sur trois ans au lieu de - 30 % sur trois ans dans le cas de la viande bovine, et - 15 % sur trois ans à partir de 2005/2006 au lieu de - 15 % sur quatre ans à partir de 2000/2001 pour le beurre et la poudre de lait écrémé.

    En second lieu, l'accord de Berlin assouplit certaines propositions de la CE qui avaient pour objectif de réduire le rôle du mécanisme dit de l'intervention (achats publics à des prix garantis). Le système des majorations mensuelles du prix d'intervention est ainsi maintenu dans le secteur des céréales et un rôle de soutien des prix de marché est redonné à l'intervention dans le secteur de la viande bovine, avec déclenchement des achats publics lorsque le prix moyen de marché est inférieur à 1560 euros par tonne.

    Enfin, le gel obligatoire des surfaces est à nouveau utilisé comme instrument principal de maîtrise de la production dans le secteur des grandes cultures céréales, oléagineux et protéagineux (COP). La CE proposait de conserver un programme de gel obligatoire des terres, mais elle ne lui conférait qu'un rôle potentiel de maîtrise de l'offre en fixant le taux de gel de base à zéro. L'accord fixe le taux de base à 10 % sur l'ensemble de la période 2000/2001-2006/2007, avec possibilité de réviser ce pourcentage en fonction des conditions de marché.

  • L'accord de Berlin modifie sensiblement les montants et les modalités d'octroi des aides directes. Puisque les baisses des prix garantis sont plus faibles et/ou plus étalées dans le temps, les augmentations des aides directes de compensation sont également plus faibles et/ou plus étalées dans le temps : 63 euros par tonne en deux étapes au lieu de 66 euros par tonne en une seule étape pour les grandes cultures COP, 210 euros par animal en trois étapes au lieu de 220 euros par animal en trois étapes pour la prime spéciale aux taureaux, et 150 euros par animal en trois étapes au lieu de 170 euros par animal en trois étapes pour la prime spéciale aux bœufs. L'aide directe aux cultures protéagineuses est inchangée de façon à ne pas décourager la production dans le contexte d'une UE déficitaire en protéines. La prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes est revalorisée relativement aux propositions de la CE, de 180 euros par animal à 200 euros par animal. Cette augmentation traduit la volonté d'encourager l'élevage allaitant à l'origine d'effets externes positifs, notamment en matière d'occupation et d'aménagement de l'espace.

    Certaines propositions de la CE qui visaient à durcir et simplifier les conditions d'octroi des aides directes sont abandonnées ou assouplies. Le régime des surfaces de base spécifiques pour le maïs est conservé. Les Etats membres ont le choix entre deux mécanismes pour allouer la prime à l'extensification dans le secteur bovin, ou le mécanisme initialement proposé par la CE (100 euros par animal quand le facteur de densité de l'exploitation est inférieur à 1,4 unité gros bovins (UGB) par hectare de superficie fourragère), ou un mécanisme plus souple basé sur deux seuils de chargement (1,4 et 1,8 UGB par hectare de superficie fourragère) et deux montants de prime (80 et 40 euros par animal, respectivement). Enfin, la mesure horizontale (i.e., s'appliquant à tous les produits) de plafonnement ou de dégressivité du montant total des aides directes que pouvait percevoir un exploitant agricole est abandonnée. Toutefois, la mesure horizontale dite de modulation selon laquelle les Etats membres pourront réduire les montants des aides en fonction de la main d'œuvre employée sur l'exploitation, de la prospérité globale de l'exploitation (mesurée par la marge brute standard) et/ou du montant total des paiements, est maintenue.

2) Les principales mesures adoptées

Dans le secteur des cultures arables, l’unification des régimes de prix et d’aides compensatoires des OCM des céréales et des oléoprotéagineux regroupées depuis 1992, se poursuit par l’introduction d’un montant unique d’aide et afin qu’il n’y ait pas d’incitation particulière à opter pour une production au détriment d’une autre (découplage des aides accru par rapport aux décisions de production). Toutefois une aide directe complémentaire pour le blé dur et les protéagineux est maintenue. Contrairement à la réforme de 1992 focalisée essentiellement sur le secteur des céréales, la progression des aides directes qui va découler du nouveau régime sera relativement de moindre ampleur que dans le secteur animal. Un certain rééquilibrage du montant moyen des aides directes par hectare et par unité de travail va donc s’opérer entre les régions au profit de celles d’élevage.

Secteur des cultures arables, céréales, oléagineux et protéagineux

i) Baisse du prix d'intervention de 15 % en deux étapes égales au cours des campagnes 2000/2001 et 2001/2002 (de 119,19 euros/tonne à 101,30 euros/tonne) ; décision sur la réduction finale du prix d'intervention à appliquer à partir de la campagne 2002/2003 reportée à cette date et à définir en fonction des conditions de marché ; maintien du mécanisme des majorations mensuelles du prix d'intervention.

ii) Versement d'une aide directe à l'hectare dont le montant est déterminé en multipliant le montant de base par tonne (72,5 euros/tonne pour les cultures protéagineuses et 63 euros/tonne pour les autres cultures arables) par le rendement moyen déterminé dans le plan de régionalisation relatif à la région considérée ; maintien des surfaces de base spécifiques pour le maïs, maintien de rendements spécifiques pour les cultures irriguées ; maintien du régime actuel pour le blé dur avec versement d'un complément de prime de 344,5 euros/hectare ; inclusion possible des céréales à ensiler dans le régime. Par rapport à 1992, il y a donc unification des versements à l'hectare (à l'exception des protéagineux et du blé dur).

iii) Conservation de la jachère obligatoire comme instrument de contrôle de l'offre ; fixation du taux de jachère obligatoire à 10 % sur l'ensemble de la période 2000/2001-2006/2007, et possibilité de revoir ce pourcentage en fonction des conditions de marché ; suppression du gel extraordinaire et maintien du gel volontaire ; compensation par hectare gelé égale à celle prévue pour les céréales.

 

Dans le secteur bovin, l'accord de Berlin modifie les montants et les modalités d'attribution des paiements supplémentaires. Selon les propositions de la CE, les Etats membres auraient disposé d'une enveloppe nationale à répartir entre les différents animaux primables (bovins mâles, vaches allaitantes, vaches laitières et génisses) selon des critères qu'ils auraient choisis. L'accord réduit considérablement le montant de ces enveloppes nationales (pour l'année 2002, de 1936 millions d'euros à 493 millions d'euros). Pour la France et toujours pour l'année 2002, l'enveloppe nationale diminuerait de près de 300 millions d'euros (de 390 millions d'euros à moins de 94 millions d'euros). En contrepartie, une prime à l'abattage d'un montant de 80 euros par animal pour les bovins adultes et de 50 euros par animal pour les veaux est introduite. Ces modifications correspondent, d'une part à un encouragement de la production de veaux, d'autre part à une diminution de la mise en œuvre du principe de subsidiarité (principe qui veut que les Etats membres peuvent choisir comment mettre en œuvre certaines mesures).

Secteur de la viande bovine

i) Baisse du prix de soutien de 20 % en trois étapes égales sur la période 2000-2002, de 2780 euros/tonne à 2224 euros/tonne ; à partir du 1er juillet 2002, mise en place d'un système d'intervention conçu comme un "filet de sécurité" (si le prix moyen des bovins mâles dans un Etat membre ou dans une région est inférieur à 1560 euros/tonne, des adjudications d'achat seront organisées par la CE) ; à partir du 1er juillet 2002, introduction d'un régime d'aides au stockage privé qui sera ouvert lorsque le prix de marché moyen communautaire sera inférieur à 103 % du prix souhaité de 2224 euros/tonne ; possibilité de mesures exceptionnelles, y compris sous la forme d'achats à l'intervention ad hoc, en cas de perturbations graves des marchés.

ii) Compensation de la perte de revenu par un accroissement des primes animales bovines : de 145 à 200 euros/animal pour la prime à la vache allaitante (versement annuel), de 135 à 210 euros/animal pour la prime spéciale aux taureaux (prime versée une fois par animal) et de 109 à 150 euros/animal pour la prime spéciale aux bœufs (prime versée deux fois, à 9 et à 21 mois) ; possibilité d'accorder la prime à la vache allaitante aux génisses (pour un maximum de 20 % des droits à la prime) ; instauration graduelle d'une prime à l'abattage, de 80 euros/animal pour les vaches laitières, les vaches allaitantes, les génisses et les bovins mâles, de 50 euros/animal pour les veaux.

iii) Adaptation des différents mécanismes régissant les primes : fixation de plafonds régionaux pour le nombre de droits à la prime spéciale aux bovins mâles ; fixation de plafonds individuels pour le nombre de droits à la prime à la vache allaitante ; limitation du nombre total d'animaux pouvant bénéficier de la prime spéciale aux bovins mâles et de la prime à la vache allaitante à 2 unités gros bovins (UGB) par hectare de superficie fourragère ; octroi d'un complément d'extensification de 100 euros/animal dans le cas où la densité est inférieure à 1,4 UGB et les techniques de production sont extensives (pâturages), ou bien de 40 euros/animal dans le cas où la densité est comprise entre 1,4 et 1,8 UGB et de 80 euros dans le cas où la densité est inférieure à 1,4 UGB.

iv) Compléments nationaux : possibilité d'octroyer un complément national à la prime à la vache allaitante d'un montant maximal de 50 euros/animal ; introduction d'une enveloppe nationale (réduite par rapport aux propositions de mars 1998) pour chaque Etat membre (financée sur fonds communautaires) qui viendra compléter les paiements précédents pour les bovins mâles et femelles ; versement de l'aide complémentaire par animal ou par hectare de prairie permanente.

 

Dans le secteur laitier, le report de la baisse des prix d'intervention du beurre et de la poudre de lait écrémé à partir de la campagne 2005/2006 s'accompagne d'un report à la même date de l'augmentation des quotas laitiers. Cependant, cinq Etats membres (l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, l'Irlande du Nord et l'Italie) bénéficient d'une hausse immédiate, répartie sur deux campagnes, des droits à produire. Au total, relativement aux propositions de la CE, l'accord favorise les cinq pays mentionnés ci-dessus en leur accordant des quantités de quotas supplémentaires.

Secteur du lait et des produits laitiers

i) Maintien du régime des quotas laitiers au moins jusqu'en 2006 et report de la réforme laitière à cette date ; augmentation linéaire des quantités de référence de 1,5 % en trois étapes à partir de 2005/2006, au rythme de la baisse des prix de soutien ; augmentation spécifique des quantités de référence pour cinq pays (Espagne, Grèce, Irlande, Irlande du Nord et Italie) en deux étapes à partir de 2000/2001, pour un total de 1,39 million de tonnes.

ii) Réduction de 15 % des prix d'intervention du beurre et de la poudre de lait écrémé, en trois tranches égales à partir de 2005/2006.

iii) Compensation de la perte de revenu par l'instauration progressive (en trois étapes à partir de 2005/2006) d'une prime par tonne de quota qui s'élèvera à 17,24 euros/tonne à partir de 2007/2008.

iv) Compléments nationaux : définition d'une enveloppe nationale supplémentaire (financée sur fonds communautaires) et régie par des dispositions nationales identiques à celles accordées dans le cadre de la production bovine.

 

En ce qui concerne le développement rural et les mesures dites " horizontales ", il apparaît que les encouragements des rôles environnemental et territorial de l’agriculture européenne sont insuffisants. L’objectif d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et contribuant positivement à l’aménagement du territoire est certes accepté par tous mais il reste multiforme, diffus, et son acuité est perçue comme relevant d’un plus long terme que les contraintes de " marché " et les échéances des prochaines négociations commerciales multilatérales.

Développement rural et autres mesures

i) Mise en place d'un nouveau règlement unique relatif au développement rural en remplacement du règlement "fonds structurels" de l'actuel FEOGA (Fonds Européen d'Orientation et de Garantie Agricole), des quatre règlements "objectifs 5a", des trois règlements concernant les mesures d'accompagnement de la PAC de mai 1992 et du règlement relatif à l'aide structurelle en faveur de la sylviculture : simplification des critères d'éligibilité (souplesse et subsidiarité), meilleure intégration d'objectifs environnementaux dans les critères d'éligibilité aux aides en faveur des zones défavorisées, soutien aux zones rurales sous trois formes, i.e., 1/ un renforcement du secteur agricole et forestier (aides à l'investissement et à la modernisation des exploitations agricoles, aides au traitement et à la commercialisation des produits agricoles de qualité, aides à l'installation des jeunes agriculteurs, aides aux départs anticipés à la retraite des agriculteurs, etc.), 2/ une amélioration de la compétitivité des zones rurales (encouragement des nouvelles sources d'emploi pour les agriculteurs et leurs familles, plus généralement l'ensemble de la communauté rurale), et 3/ la préservation de l'environnement et du patrimoine rural de l'UE, notamment par la promotion de pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement.

ii) Volonté de traiter certains problèmes concernant toutes les organisations communes de marché dans un règlement horizontal contenant des règles relatives à l'éco-conditionnalité des aides directes (le respect d'exigences environnementales pourra constituer une condition d'octroi des aides directes) et à leur modulation (les Etats membres pourront réduire les montants qui seront versés aux agriculteurs en fonction de critères de main d'œuvre employée sur l'exploitation, de la prospérité globale de l'exploitation et du montant total d'aides directes) ; possibilité pour les Etats membres d'allouer les montants ainsi récupérés aux mesures de développement rural (mesures agri-environnementales, zones défavorisées, retraites, boisement des terres).

 

3) PAC 2000 : un pas vers un accord à l’Organisation Mondiale du Commerce ?

La réforme adoptée au Sommet de Berlin trace-t-elle les limites de ce que l’Union Européenne pourra accepter au cours des prochaines négociations agricoles internationales ; est-elle recevable par nos partenaires commerciaux ?
  • Les aides directes de la réforme Agenda 2000 ne sont toujours pas suffisamment déconnectées des productions pour être classées dans la boite verte de l'Accord agricole de l'Uruguay Round (AAUR). Elles seront vraisemblablement contestées à l'occasion du nouveau cycle des négociations agricoles multilatérales à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

  • Selon le Commissaire européen à l'agriculture F. Fischler, "il doit être clair pour tous nos partenaires que le résultat de l'Agenda 2000 n'est pas une offre d'ouverture de l'UE pour les négociations de l'OMC, mais présente bien la politique avec laquelle l'issue des négociations devra être compatible" (Agra Presse hebdo, n° 2709, 26 avril 1999, p. 15). L'UE devra se défendre pour que cette position soit acceptée, en premier lieu parce l'exception de la boite bleue pourrait être remise en cause obligeant alors l'UE à revoir les modalités de versement des aides compensatrices de façon à que ces dernières puissent être rangées dans la boite verte, en second lieu parce que les possibilités d'accès au marché seront vraisemblablement augmentées, notamment sous la forme de quotas tarifaires d'accès minimum plus élevés et non discriminants entre pays, enfin parce que les baisses des prix institutionnels pourraient être insuffisantes pour respecter les engagements de réduction des subventions à l'exportation.

  • Les politiques agricoles doivent aujourd'hui être conçues dans la perspective d'intégrer au mieux les objectifs économiques pour un secteur économique privé qui ne peut pas ignorer les signaux de marché, i.e., les prix mondiaux, et les objectifs d'aménagement du territoire, de gestion de l'espace, de protection de la nature, de maintien de la biodiversité, etc., biens publics mal valorisés par le marché. Ces objectifs sont ceux de la nouvelle politique agricole commune qui cherche à promouvoir un modèle agricole basé sur la reconnaissance des rôles économique, environnemental et territorial des agriculteurs. Mais l'UE doit encore convaincre ses partenaires commerciaux à l'OMC de la "légitimité" de ce modèle. Ceci sera d'autant plus facile que les instruments d'intervention sur les marchés auront des effets de distorsion sur la production et les échanges faibles. L'UE doit compléter la politique actuelle par des mesures visant explicitement à encourager les fonctions positives non marchandes des agriculteurs et à réduire l'instabilité des revenus. De telles mesures ne devraient pas être (trop) contraintes par l’AAUR qui autorise plusieurs catégories d’aides pour des objectifs différents du strict soutien des revenus agricoles. La marge de manœuvre est potentiellement importante et il convient de l'exploiter.

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L’enjeu d’une réforme de la PAC inscrit dans Agenda 2000 - lancer l’Europe verte du 21ième siècle - relève en partie de la quadrature du cercle : préparer l’avènement d’un modèle européen " original " pour une agriculture communautaire simultanément plus compétitive et plus ouverte sur les marchés, plus protectrice de l’environnement et de la qualité des produits, plus créatrice d’emplois, plus simple et mieux justifiée aux yeux de l’opinion publique. Par absence de consensus, les chefs d’Etats et de Gouvernements réunis à Berlin ont du limiter leurs ambitions politiques à des discussions techniques sur les instruments et leurs adaptations aux contraintes du court terme : le point central des discussions pendant les réunions préparatoires a tourné en fait autour des montants des dépenses globales de la politique agricole et de la politique régionale (Fonds structurels européens) entre 2000 et 2006, ainsi que sur la répartition de la charge financière entre les Etats membres. L’accord reflète également la préoccupation de faire la réforme la plus économe possible pour faciliter l’élargissement vers l’Est prévu au cours de la période à cinq premiers pays d’Europe centrale et orientale (PECOs) et maintenir ainsi les dépenses à l’intérieure d’une enveloppe budgétaire préalablement définie. Deux questions vont maintenant se poser, d’une part celle de la capacité des mesures retenues à satisfaire les défis et objectifs politiques, financiers, économiques, sociaux internes et externes assignés à cette réforme ; d’autre part, celle de la poursuite de la mise en place d’un modèle agricole européen et donc... celle de la préparation de la prochaine réforme de la PAC !

Source :
Gohin A., Schmitt H. et Le Mouël C. (INRA-ESR, Rennes), Les principales dispositions de la réforme Agenda 2000 de la politique agricole commune - INRA Mensuel N°99, novembre 1999.

Pour en savoir plus :
Desquilbet M., Gohin A., Schmitt H., 1999, La réforme Agenda 2000 de la politique agricole commune : une perspective internationale. Economie et Statistique, N°329-330, septembre-octobre 1999.

Gohin A., Gorin O., Schmitt H., Le Mouël C.,
Les propositions Agenda 2000 de réforme de la politique agricole commune et le projet de loi d'orientation agricole en France : quel modèle agricole pour demain ? INRA Mensuel n° 99, octobre-novembre 1998, p. 32-38.



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