Mieux comprendre l'actualité > La "modulation" des aides directes à l'agriculture
Claude Roger,
septembre 2000
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1. A LA RECHERCHE DUNE LEGITIMATION DES AIDES DIRECTES
1.1 Des aides directes croissantes
Les aides directes européennes avant 1992 ne constituent quune faible part des dépenses publiques agricoles, le soutien des prix (régime dintervention, restitutions aux exportations, stockage des excédents) représentant des montants quatre fois plus élevés. Cest au début des années 70 que la Communauté Economique Européenne a mis en place des aides directes au cheptel bovin des régions à handicaps géographiques pour compenser les faibles revenus des agriculteurs de ces régions. Ce mécanisme sest progressivement élargi à lensemble du cheptel bovin-viande (prime à la vache allaitante et aux bovins mâles) et du cheptel ovin. A la veille de la réforme de la PAC de 1992, la répartition des aides directes par secteur de production souligne limportance des subventions au secteur animal (bovins viande et ovins). Sans que leurs modalités dattribution soient conditionnées par des critères de revenus, elles vont cependant dans le sens dun rééquilibrage en faveur des exploitations les moins rentables du fait des productions concernées et/ou de leur localisation.
La réforme de la Politique agricole commune de
1992 a privilégié un changement dans le mode de soutien à lagriculture.
Elle sappuie sur une baisse des prix institutionnels des céréales
et de la viande bovine, compensée par le versement de paiements directs.
En conditionnant lattribution des paiements compensatoires (aides
directes sur les superficies de céréales et d'oléo-protéagineux, primes
au maintien du troupeau de vaches allaitantes, primes spéciales aux bovins
mâles, etc) au respect de références historiques de droits à primes et
de règles de maîtrise des volumes de production (gel, contraintes de chargement),
les instances communautaires visaient à satisfaire un double objectif
dadaptation de loffre à la demande et de maîtrise des dépenses
de soutien. Ce nouveau dispositif entraîne une accentuation du rôle des
paiements directs dans la régulation du secteur agricole et révèle la
contribution déterminante des concours publics à la formation du revenu
des producteurs.
La comparaison des situationsavant et après la réforme de 1992 met clairement
en évidence lampleur du changement : on assiste à une augmentation
rapide du montant des aides directes par exploitation et à une nouvelle
hiérarchie des niveaux daides entre productions, classes de dimension
économique et régions. Pour la France, en moyenne nationale et toutes
orientations de productions confondues, le montant moyen des aides directes
par exploitation progresse de 22000F en 1991 à 90000F en 1994 (moyenne
déterminée sur le champ des exploitations agricoles "professionnelles"
du Réseau d'Information Comptable Agricole - RICA -). Le montant moyen
par hectare de surface agricole utile devient plus élevé dans les régions
de grandes cultures que dans les régions délevage. Les aides directes
représentent désormais, en moyenne, un tiers de lExcédent brut
dexploitation (EBE) des exploitations agricoles françaises, et
plus des deux tiers du résultat net d'exploitation (RNE).
La réforme de la PAC décidée en mars 1999 (Agenda 2000 ou Accord de Berlin) se situe dans la continuité de celle de 1992. Contrairement à cette dernière centrée sur lOrganisation commune de marché (OCM) des grandes cultures (céréales et oléoprotéagineux), elle porte davantage sur les activités bovines (viande et lait). Les paiements compensatoires représenteront désormais plus de la moitié des dépenses du FEOGA-garantie (Fonds européen d'orientation et de garantie agricole). Une simulation statique de limpact de la réforme à lhorizon 2004 montre que la hiérarchie des montants daides directes entre les exploitations céréalières et bovins-viande se resserre. En France, le montant des aides directes sélèvera en moyenne nationale (toutes orientations de production confondues) à 137200F par exploitation. Il sera de lordre de 213000F pour exploitation céréalière et de 198900F pour exploitation bovins-viande. Rapporté à lhectare de superficie agricole, le montant daides directes sera désormais proche entre les exploitations bovins-viande (2590F) et céréalières (2400F).
Les paiements directs aux exploitations agricoles font lobjet dun débat sur leur légitimité économique et sociale, débat qui ne concerne pas seulement les organisations professionnelles agricoles mais plus généralement lensemble des citoyens. En effet, plus visibles quele soutien direct des prix à la production, les paiements compensatoires de baisses de prix sont dautant plus difficiles à justifier que lon séloigne de la période qui les a vu naître et que leur répartition demeure très inégale entre régions et entre agriculteurs. Dautre part, les aides directes ne sont plus seulement considérées comme des paiements compensatoires de baisses de prix mais sont également présentées comme des soutiens directs aux revenus agricoles. Mises en place pour atténuer les conséquences des baisses de prix sur le revenu des exploitations, le montant des aides compensatoires rapporté à l'hectare de grandes cultures (SCOP) est dautant plus élevé que le potentiel départemental de production est important : leurs modalités de répartition tend ainsi à conforter les rentes produites par lhétérogénéité du potentiel agronomique des sols.
Pour faire face aux nombreuses critiques portant sur le montant élevé des aides directes attribuées aux grandes exploitations, leur plafonnement et leur dégressivité dans le temps ont été périodiquement évoquées depuis 1992. Le plafonnement des aides directes, quel que soit le dispositif privilégié (par exploitation, par actif agricole oupar hectare) na pas pu être mis en place jusqu'à maintenant compte tenu de lopposition de certaines organisations professionnelles agricoles et de plusieurs Etats-membres (notamment l'Allemagne,). De même, lAccord de Berlin na pu reprendre la proposition de la délégation française dune dégressivité des aides dans le temps, ni la proposition initiale de la Commission européenne qui envisageait lapplication dune modulation des aides PAC au-delà dun seuil de 100000 euros par exploitation pour satisfaire les exigences de certains Etats membres soucieux de préserver leur taux de retour budgétaire
Ces changements de conception et ces débats ont toutefois abouti à autoriser un mécanisme de modulation des aides directes, il est vrai encore très timide car envisagé dans le cadre de la " subsidiarité ". Le " règlement horizontal ", adopté au Sommet de Berlin , ouvre la possibilité aux Etats membres de mettre en uvre un dispositif de modulation des aides directes de la PAC (article 4), les crédits économisés restant disponibles dans chaque pays pour co-financer des actions favorables au développement rural et à lenvironnement. -La modulation des aides PAC, dont limpact est limité à 20% du montant maximal des aides dues par exploitation, peut être réalisée en fonction de trois critères (qui peuvent être utilisés de façon indépendante ou cumulée entre eux) : lemploi, la prospérité économique et le montant des paiements directs perçu par exploitation. Depuis la décision politique de la France de mettre en uvre un tel dispositif , de plus en plus dEtats membres sy intéressent et réfléchissent à cette opportunité.
2 LES ARGUMENTS EN FAVEUR DE LA MODULATION
2.1 Léquité
2.2 Lefficacité
Un second argument en faveur de la mise en uvre d'un dispositif de la modulation des aides directes est celui de lefficacité économique des transferts publics. Depuis la réforme de la PAC de 1992,on observe la situation paradoxale dexploitations de grandes tailles, habituellement présentées comme économiquement performantes, aujourdhui fortement dépendantes daides directes qui représentent un montant équivalent, voire supérieur, à celui de la rémunération du travail familial ou de la valeur ajoutée dégagée.
Il est clair que les prix des produits agricoles pratiqués tant sur le marché mondial que sur le marché nord-américain vers lesquels les prix agricoles européens convergent, ne permettent plus à une grande majorité des agriculteurs européens et français dassurer la rémunération du travail de leur famille et la pérennité de leur entreprise. Larrêt de la production des exploitations " non efficaces " poserait dimportants problèmes liés à labandon inéluctable par lagriculture dune partie des espaces ruraux. Il accentuerait la tendance à la concentration géographique de la production dans les régions à forts avantages comparatifs où se posent déjà des problèmes importants en terme d'environnement.
2.3 Lacceptabilité externe
Le troisième argument est celui, en réponse aux règles de lOrganisation Mondial du Commerce (OMC), du nécessaire " découplage " des aides directes, cest à dire la rupture du lien entre le montant des soutiens et le volume de la production (avec la possibilité pour un agriculteur de recevoir des aides même sans produire). La mise en uvre dune modulation des aides PAC constitue dans la perspective des futures négociations multilatérales à lOMC, une première étape dans le processus de légitimation des paiements directs à lagriculture : elle donne un argument supplémentaire pour justifier à légard de nos partenaires commerciaux, le maintien des paiements compensatoires de la PAC au sein des mesures tolérées car partiellement découplées de la production et intégrées dans la " boîte bleue " qui bénéficie dune clause de paix jusquen 2003. En effet, le nouveau cycle de négociations multilatérales devra arbitrer sur leur affectation entre la "boîte jaune", avec l'obligation de diminuer et à terme de supprimer des aides distorsives de concurrence aux échanges, et la "boîte verte" dont les aides sont reconnues découplées de la production.
En limitant le rôle des aides dans lorientation des productions des exploitations de grandes tailles, la modulation constitue pour les entreprises aux capacités dadaptation supérieures à la moyenne, une plus grande incitation à la prise en compte des signaux des marchés. Elle peut sinterpréter comme la volonté de promouvoir le caractère multifonctionnel de lagriculture et comme le souhait de rendre les mécanismes de soutien progressivement plus compatibles avec les règles fixées dans le cadre de lOMC. Contrairement à cette approchela vision classique et plus mécaniste du découplage conduit à accentuer le caractère dual de l'agriculture, avec d'un côté, des entreprises "efficaces", localisées dans les bassins de production bénéficiant d'avantages comparatifs, de l'autre des "jardiniers de la nature", producteurs d'aménités "environnementales" sans réelle activité de production. IEllel dissocie encore davantage les fonctions agricoles productives et environnementales alors quelles demeurent des activités jointes.
2.4 Lacceptabilité interne
3. LE DISPOSITIF FRANÇAIS DE MODULATION
La légitimité des soutiens publics à l'agriculture semble aujourd'hui discutées dans un contexte différent à Bruxelles pour qui laffirmation de la vocation exportatrice de l'agriculture européenne reste une priorité, et en France pour qui la gestion conjointe des fonctions économiques, sociales, environnementales et territoriales de l'agriculture implique un renouvellement progressif des objectifs et des instruments de la PAC.
3.1 Le cadre dapplication de la modulation : la Loi dOrientation Agricole
La Loi dorientation agricole votée le 9 juillet 1999 met désormais clairement laccent sur la multi-fonctionalité de lagriculture, la préservation de leau, des paysages, de la biodiversité, le maintien voire la création demplois. Elle trace clairement lavenir de la politique agricole à travers plusieurs maîtres mots : multifonctionnalité et durabilité de lagriculture en sont le socle, le territoire en est le cadre. Cette loi est donc ambitieuse. En croisant léconomie et le territoire, elle veut redonner cohérence au métier dagriculteur et dépasser les contradictions croissantes de la politique agricole entre l'ouverture aux marchés extérieurs et le développement équilibré des territoires ruraux. Cette ambition arrive au bon moment pour répondre aux nouvelles attentes de la société. Le tournant est significatif car c'est l'affirmation d'une volonté d'encourager les agriculteurs à "produire mieux". Les territoires ne sont plus un simple outil de production, ils sont désormais considérés comme l'une des composantes de la politique agricole. La posture n'est plus celle de la compensation des handicaps géographiques et structurels pour accéder à un marché de produits indifférenciés, mais une incitation et un soutien à de nouvelles manières de produire et de s'organiser pour valoriser la diversité des produits et des espaces ruraux.
La Loi dorientation agricole propose le renouvellement de la politique des structures, l'organisation et le développement des filières de produits de qualité et surtout la mise en place de "contrats territoriaux d'exploitation" ou CTE qui en sont l'aspect le plus novateur.
| Un Contrat territorial dexploitation
(CTE) concerne lensemble des activités de lexploitation et
non un atelier de production ; les engagements souscrits comportent
une partie économique et relative à lemploi et une partie territoriale
et environnementale. Il doit être compatible avec un " contrat-type
départemental " ; un cahier
des charges précise pour chaque action les moyens devant être mis
en uvre ainsi que la contribution financière versée en contrepartie
des engagements pris. Contrat-type et cahier des charges sont arrêtés
par les préfets après lavis des commissions départementales dorientation
agricoles. Les exploitants doivent prendre lengagement de maintenir au minimum leffectif des emplois non salariés et sous CDI pour une durée non inférieure à 2 ans. Le CTE est établi pour une durée de 5 ans mais peut être prorogé et éventuellement modifié par avenant. En cas de non respect des engagements, les aides sont suspendues ou réduite voire supprimées. Le financement résulte de subventions de lEtat, complétées éventuellement par dautres concours publics. Lengagement financier a vocation à être modulé et plafonné sur la base de critères économiques, du nombre dactifs, de facteurs environnementaux et daménagement du territoire. |
En proposant, en complément des outils traditionnels de la politique agricole, la mise en place de contrats individualisés pour la rémunération des services apportés à la collectivité, cette nouvelle politique amorce un profond renouvellement des méthodes de l'intervention publique. Sa réussite sera bien sûr dépendante de l'ampleur des moyens financiers qui pourront lui être affectés à partir d'une réorientation d'une partie des aides compensatoires de la PAC. Mais elle ne sera réellement efficace que si elle s'accompagne aussi d'une profonde transformation des mentalités des agriculteurs et des consommateurs sur leurs conceptions respectives des relations entre espaces ruraux, production agricole et alimentation.
3.2 Le dispositif français de modulation
Les dispositions envisagées par le gouvernement français fin juillet 1999, bien que très ciblées sur les plus grandes exploitations, ont été mal accueillies par une large fraction des organisations professionnelles. Après la présentation au Conseil Supérieur dOrientation Agricole en novembre 1999 dune version revue après une large concertation, le décret dapplication de mars 2000 a à nouveau soulevé de nombreuses réticences aussi bien sur le fond que sur la forme. Si une simplification des procédures et une unification des formulaires de demande daides PAC sont prévues, un mécanisme de modulation des paiements compensatoires de la PAC sera appliqué à partir de la présente campagne 1999-2000.
La modulation sapplique uniquement aux paiements directs compensatoires PAC. Les autres aides directes financées partiellement ou totalement par lEtat (indemnités compensatrices de handicaps naturelles, aides agri-environnementales, locales, etc.) et qui représentent 12% des aides directes versées à lagriculture française, sont exclues du dispositif.
Le dispositif comporte un second prélèvement, lui progressif et linéaire pour éviter les effets préjudiciables de seuil, en fonction de la MBS : le taux de modulation passe dun seuil dentrée de 0% pour une MBS de 50000 euros - ce qui fait que 11000 exploitations ne subissent que le prélèvement linéaire de 3% - à 25% pour une MBS de 150000 euros et au delà (presque 1 million de francs) pour toujours rester en deçà du taux maximum de 20% autorisé par le règlement communautaire Lassiette de ce second prélèvement reste le montant des aides directes PAC déduction faite dun abattement forfaitaire de 30000 euros mais deux abattements interviennent le cas échéant pour privilégier lemploi tant familial que salarié et favoriser les exploitations qui sont fortement utilisatrices de main-duvre familiale ou salariée, même saisonnière. Des abattements forfaitaires sont prévus pour les chefs dexploitation (30000 euros), les coexploitants des GAEC (de 22500 euros à 7500 selon leur implication à titre principal ou secondaire) et les conjoints ou aides familiaux (7500 euros) ; une réduction des charges salariales dans la limite dun plafond de 22500 euros sajoute éventuellement pour les salariés.
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Deux mesures subsidiaires complémentaires au dispositif de modulation Deux autres dispositions nationales complètent leffort en faveur
du rééquilibrage des soutiens et de lencouragement à ladoption
de pratiques plus respectueuses de lenvironnement. Léco-conditionnalité. La réglementation européenne (article 5 du règlement horizontal de l'Agenda 2000) laisse la possibilité aux Etats membres de subordonner le versement dune partie des aides compensatoires de la PAC au respect de critères environnementaux. Pour mettre en application cette possibilité, le gouvernement français a décidé que le versement de la majoration pour les superficies irriguées sera réservé aux seuls agriculteurs en règle avec la police de leau et peuvant présenter une autorisation de prélèvement pour irrigation. La présence dun compteur sera obligatoire à partir de 2001. |
3.3 Limpact de la modulation
La simulation de lapplication de ce dispositif aboutit, en France, à une réorientation denviron 2% des aides directes de la PAC, soit 1 milliard de francs qui servira à abonder les crédits consacrés aux CTE. Il ne sagit donc pas dun prélèvement perçu par lEtat ou déconomies budgétaires mais dune redistribution et dune réorientation des aides à lagriculture qui continueront à financer la " Ferme France ". Dans les exploitations concernées, ce prélèvement équivaut à un recul moyen de 5% des aides directes et de 2% des recettes dexploitations. Ce recul, qui sentend avant redistribution, doit être mis en relation avec les gains annuels de productivité et les capacités dadaptation des exploitations.
Limpact régional de la modulation est le reflet des spécialisations agricoles et du poids relatif des unités de grandes tailles. La part des exploitations concernées par la modulation (15% au niveau national) est particulièrement forte dans les régions où les cultures de céréales et d'oléoprotéagineux sont développées : Ile de France, Centre, Picardie, Bourgogne, Champagne-Ardennes. Le choc économique de la modulation est évalué en moyenne à 17000 F par exploitation, soit un recul de 5% du montant des aides directes actuellement octroyées. Toutefois pour 43000 dentre elles, le taux de modulation sera inférieur à 5% et pour 12000 autres touchant plus de 400000F daides, il sera supérieur à 7%. Les exploitations modulées regroupent 15% des unités de travail agricoles, 43% des aides directes PAC et 23% du résultat courant. Avec une plus grande dimension économique, leur niveau de revenu par actif agricole reste après modulation, nettement supérieur à celui des autres exploitations.
* * *
Il y a quarante ans, l'intervention publique en agriculture s'expliquait par la nécessité de moderniser le travail paysan et de restructurer les exploitations ; elle était conçue comme provisoire pour permettre à ce secteur, alors considéré comme rétrograde, de rattraper son retard. Force est de constater que cette intervention est croissante, tant en matière réglementaire que financière et quelle sélargit de la régulation des marchés à la gestion de la sécurité alimentaire, de l'équipement des exploitations à la protection de l'environnement, de lamélioration des structures au développement rural. Désormais les politiques agricoles accordent une plus large place aux incitations marchandes, tant pour la production alimentaire que pour les biens et services co-produits par lactivité : qualité des produits, pollutions, aménités environnementales, aménagement du territoire. Ces mêmes politiques sont mises en demeure par ailleurs de pallier linsuffisante rémunération des producteurs fournie par des marchés aujourdhui mondialisés.
Le renouvellement de la politique agricole est étroitement lié à l'élargissement des missions de service public confiées à l'agriculture dans le domaine de la répartition des emplois sur le territoire et dans celui de la valorisation des espaces ruraux. Il ne s'agit pas de l'abandon de l'initiative privée et des mécanismes de marché, mais de l'ouverture à de nouvelles tâches et à de nouveaux acteurs. Compte tenu de l'ampleur des concours publics à ce secteur, la discussion sur la place et les tâches des agriculteurs dans l'espace rural, rejoint les débats sur l'avenir du travail, sa répartition, sa rémunération et son organisation dans l'ensemble de la société.
F. Colson : " Réconcilier lagriculture avec ses territoires " Etudes vol 390 n°5, pp 619-628.
Pour en savoir plus :
F. Colson et V. Chatellier : " Agenda
2000 et modulation des aides directes " in Agriculture et négociations
commerciales - Rapport au CAE ; La Documentation française - 1999.
V. Chatellier : " Les effets
de la modulation des aides directes dans le cadre dAgenda 2000 ",
document de synthèse INRA-LERECO Nantes, octobre 1999, 38p.