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Publications > Cahiers > N°24-25, 3ème et 4ème trimestres 1992

Biotechnologie et agriculture


La mécanisation agricole en Italie et le développement du "contoterzisme" (1950-1990)

R. Fanfani (Université de Bologne, Faculté des statistiques, chaire de politique économique, via delle Belle Arti, 41, 40126 Bologna) et L. Lanini (Université de Modène, Faculté d'économie politique, via Giardini, 456, 41100 Modena)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 5-39

Résumé : L'article présente l'évolution de la mécanisation agricole en Italie, de l'après-guerre à nos jours, en soulignant l'originalité de ce développement. L'intervention de l'État et l'action de la "Federconsorzi", centrée sur le soutien à l'industrie des machines agricoles, ont permis d'éliminer le retard historique de l'agriculture italienne. Face à une forme de développement "industrio-centriste" imposée de l'extérieur et plutôt désorganisée, l'agriculture développait de l'intérieur, en consolidant la sous-traitance, une certaine rationalisation dans l'utilisation de machines, mieux adaptée à la spécificité structurelle de l'agriculture italienne. Les entreprises sous-traitantes (ou contoterzistes) fournissent des formes particulières de services, dont la plupart concernent le travail mécanique de la terre et la récolte des produits. La sous-traitance, proposée comme alternative à l'immobilisation de capitaux dans l'entreprise, élargit les possibilités de choix pour l'exploitant agricole, augmentant ainsi le degré de flexibilité et d'adaptation, si utiles en période d'incertitude. On peut pourtant considérer les entreprises "contoterzistes" comme des vecteurs de l'innovation, de la modernisation et d'une véritable restructuration de l'agriculture italienne.

Mots-clés : agriculture italienne, innovation, mécanisation agricole, services en agriculture, sous-traitance.


Les difficultés financières des agriculteurs européens

A. Blogowski (Direction des affaires financière et économiques du ministère de l'Agriculture, Bureau de l'évaluation et de la prospective, 78, rue de Varenne, 75700 Paris), F. Colson (Laboratoire de recherches et d'études économiques de l'INRA, rue de la Géraudière, BP 527, 44026 Nantes cedex 03) et Y. Léon (Station d'économie et sociologie rurales de l'INRA, 65, rue de Saint-Brieuc, 35042 Rennes cedex)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 41-70

Résumé : Les difficultés financières touchent actuellement une fraction notable des agriculteurs de plusieurs pays de la Communauté économique européenne. Dans certains d'entre eux, des mesures d'aide spécifiques ont été prises. L'article dresse un panorama des problèmes rencontrés et des dispositions mises en oeuvre dans cinq pays : Danemark, Irlande, France, Pays-Bas et Royaume-Uni. Il met l'accent sur la diversité des modes d'évaluation utilisés et propose un schéma rendant compte de l'apparition et de la persistance des difficultés. Le rythme accéléré de modernisation qu'a connu l'agriculture européenne au cours des années 70 et le processus d'adaptation auquel elle est confrontée aujourd'hui jouent un rôle central dans le phénomène observé.

Mots-clés : agriculteurs, difficultés financières, politique agricole, revenu, endettement.


Biotechnologie et agriculture

Le caractère idéologique du développement des biotechnologies aux États-Unis

F.H. Buttel (University of Wisconsin, Department of rural sociology, Madison, Wisconsin)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 79-92

Résumé : L'appui politique accordé aux États-Unis à la recherche agronomique en général et aux biotechnologies en particulier est dû à l'existence de deux grands groupes de pression : les responsables et les acteurs de la recherche d'une part, les milieux, industriels initialement, puis financiers ou boursiers plus récemment. Les convergences d'intérêt à un moment donné de l'histoire, la fin des années 80, expliquent l'engagement pour les biotechnologies, l'apparition d'une véritable idéologie scientifique. Le scepticisme actuel témoigne à l'inverse des divergences de vue apparues entre ces différents acteurs et de la montée d'une nouvelle idéologie environnementaliste.

Mots-clés : biotechnologies, groupes de pression, idéologie scientifique, idéologie environnementaliste, écologie.


Vers des techniques agricoles fondées sur la science

P. Byé (Station d'économie et sociologie rurales de l'INRA, 2, place Viala, 34060 Montpellier) et
M. Fonte (Dipartimento di Economia e Politica Agraria, Facolta di Agraria, via Universita 96, 80055 Portici (Naples))

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 93-114

Résumé : Le recours aux biotechnologies participe d'abord de la modification progressive de "la base commune de savoirs" mobilisée pour accroître la production agro-alimentaire. Leur développement actuel va ainsi de pair avec leur capacité à renforcer les savoirs et les techniques en vigueur. Mais leur véritable potentialité - celle qui conduit à une véritable "scientifisation des savoirs paysans" - ne s'exprime qu'avec la redéfinition des relations de l'homme à la Nature. L'essor des biotechnologies reposerait en effet à terme sur leurs capacités à articuler la production de biens consommables et la reproduction des écosystèmes cultivés.

Mots- clés : biotechnologies, savoirs, techniques, production, écosystèmes.


Les biotechnologies dans l'agro-alimentaire : un impact limité

R. Fanfani (Université de Bologne, Faculté des statistiques, chaire de politique économique, via delle Belle Arti, 41, 40126 Bologna), R. Green (Laboratoire de recherches économiques sur les industries et les marchés agro-alimentaires de l'INRA, 65, boulevard de Brandebourg, 94205 Ivry cedex) et M. Rodriguez Zúñiga (Conseil supérieur de la recherche scientifique, Pinar 25,
28006 Madrid)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 115-130

Résumé : Cet article analyse la diffusion des innovations dans les industries agro-alimentaires considérées comme un champ d'application privilégié des biotechnologies. Il s'oppose à une approche exclusivement centrée sur les progrès de la connaissance dans le domaine biologique. Il insiste par contre sur la nécessité de prendre en considération les changements structurels et organisationnels dans les industries agro-alimentaires pour saisir la portée réelle des biotechnologies et leur éventuelle articulation avec des techniques en vigueur comme l'informatique et la productique.

Mots-clés : industries agro-alimentaires, biotechnologies, biologie.


S'adapter à la demande alimentaire : nouvelles orientations industrielles en matière d'innovation

J. Wilkinson (c/o CPDA, av. Venceslau Bràs, 71 - Fundos Prédio da ASUFRJ, UFRJ, Rio de Janeiro)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 131-142

Résumé : L'analyse des biotechnologies agro-alimentaires mises en oeuvre dans la production industrielle fait apparaître deux grandes caractéristiques : l'extrême hétérogénéité des structures productives qui les adoptent, d'une part, le caractère transverse ou générique des biotechnologies, de l'autre. Une enquête réalisée auprès de vingt-six grandes sociétés confirment que les applications industrielles des biotechnologies supposent le développement de nouvelles formes d'intégration et de coopération au sein du complexe agro-alimentaire. Ces nouvelles organisations devront tenir compte, cependant, des nouvelles exigences des consommateurs en matière de sécurité et de qualité alimentaires.

Mots-clés : biotechnologies agro-alimentaires, complexe agro-alimentaire, consommateur.


Les grandes entreprises face à la révolution biotechnologique

G. Junne (Université d'Amsterdam, Oudezijds Achterburgwal, 237, 1012 DL Amsterdam)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 143-159

Résumé : Les grandes entreprises assurent une part sans cesse croissante des budgets de recherche et développement en matière de biotechnologie. Leurs contraintes et leurs stratégies propres les conduisent, semble-t-il, à ralentir plutôt qu'accélérer les applications de ces nouvelles techniques. Cette orientation pourrait perdurer tant que les options "fordistes" retenues jusqu'alors pour la croissance agricole ne sont pas remises en cause. Les options retenues en matière de recherche pourraient alors permettre un changement progressif des paradigmes technologiques en vigueur.

Mots-clés : grandes entreprises, biotechnologie, recherche et développement.


La réglementation du risque biologique : un frein à l'innovation ?

J. Chataway (Centre for technology strategy, The Open University, Walton Hall, Milton Keynes MK7 6AA) et J. Tait (Strathclyde Graduate Business School, Sir William Duncan Building,
130 Rottenrow, Glasgow G40GE)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 161-176

Résumé : Cet article étudie le processus décisionnel dans les entreprises qui se consacrent à l'innovation en matière de biotechnologie, ainsi que l'influence d'une réglementation du risque sur leur stratégie. Des données en provenance de trois programmes de recherche, qui s'appuient sur des comptes rendus d'entrevues avec plus de 60 dirigeants de sociétés de biotechnologie du secteur agro-alimentaire et plus de 60 personnes impliquées dans la procédure réglementaire, en Grande-Bretagne comme dans la Communauté, témoignent de la diversité des stratégies et des prises de positions. Alors que certains industriels estiment que le nouveau risque encouru par la fuite d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est le principal obstacle à l'innovation en biotechnologie, on brosse avec les résultats de cette étude un tableau plus nuancé. La controverse qui entoure les perspectives de réglementation du risque, leur impact sur l'innovation, sont mieux saisis si on les replace dans leur contexte économique et politique. Ainsi, nous démontrons qu'une réglementation du risque a aujourd'hui moins d'impact que ne voudrait le faire croire la rhétorique des "parentèles" industrielles. Bien plus, toutes ces grandes manoeuvres ne feraient en fin de compte que jeter le discrédit sur l'industrie, résultat autrement plus préjudiciable en soi que la réglementation elle-même.

Mots-clés : réglementation, risque biologique, innovation, biotechnologies, réglementation du risque, stratégie d'entreprise.


Brevets sur le vivant : débats et controverses

P. Bifani (Université autonome de Madrid, Ciudad Universitaria de Canto Blanco, Madrid)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 24-25, 3e et 4e trimestres 1992, pp 177-188

Résumé : Les doits de propriété intellectuelle (DPI) apparaissent comme une arme majeure dans la concurrence que se livrent firmes et États pour l'appropriation des biotechnologies. Les débats actuels portent sur l'extension des domaines susceptibles de protection. Pour les grandes firmes innovatrices, il s'agit avant tout d'affaiblir les mécanismes de diffusion des connaissances nouvelles pour conférer aux DPI un caractère de contrainte internationale. Pour les utilisateurs acteurs sociaux du NOrd comme du Sud, il s'agit au contraire de lutter contre les procédures et des normes qui conduiraient à une appropriation excessive d'un bien public et à une monopolisation des nouvelles techniques.

Mots-clés : brevets sur le vivant, appropriation des biotechnologies, protection.



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