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Publications > Cahiers > N°29, 4ème trimestre 1993


Gestion bioéconomique d'une population et environnement. L'écrevisse Procambarus Clarkii

R. Junqueira Lopes (Université d'Evora, R. Duques de Cadavak, 7000 Evora, Portugal),
P. Michel (Université de Paris I, 1, place du Panthéon, 75005 Paris) et G. Rotillon (Université de Paris X-Nanterre, 200 av. de la République, 92001 Nanterre cedex)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 29, 4e trimestre 1993, pp 5-19

Résumé : La croissance rapide des Procambarus Clarkii oblige à les contrôler, pour éviter des dégats trop importants dans les terrains cultivés, où ils se répandent par le biais des réseaux d'irrigation. Ce contrôle se fait en permettant la pêche récréative dans les lacs où se reproduit cette espèce. Nous proposons alors des modèles simples permettant de définir une politique de quotas qui évite à cette population de dépasser le seuil au-delà duquel les dégats causés aux cultures ne seraient plus acceptables. Nous caractérisons les politiques optimales de quotas et examinons leurs propriétés en fonction de la taille initiale de la population.

Mots clés : ressource renouvelable, externalité, modèle bio-économique, quota.


Prévenir les défaillances financières en agriculture. Application de la méthode des scores

F. Colson, D. Désarménien (Laboratoire de recherches et d'études économiques de l'INRA, rue de la Géraudière, BP 527, 44026 Nantes cedex 03), A. Blogowski, B. Dechambre (Direction des affaires financières et économiques du ministère de l'Agriculture, Bureau de l'évaluation et de la prospective, 78, rue de Varenne, 75007 Paris), E. Chia (Département Systèmes agraires et développement de l'INRA, 26, boulevard du Dr. Petitjean, 21000 Dijon) et B. Dorin (Département Systèmes agraires et développement de l'INRA, 147, rue de l'Université, 75338, Paris cedex 07)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 29, 4e trimestre 1993, pp 21-43

Résumé : La multiplication des cas de défaillances financières en agriculture conduit à rechercher les moyens de détecter le plus rapidement possible les exploitations en situation financière difficile. Comme pour les entreprises industrielles et commerciales, les fonctions score, combinaisons linéaires d'un nombre limité de ratios économiques et financiers, s'avèrent bien adaptées à une telle finalité. Dans les cinq départements étudiés, les différentes fonctions obtenues se sont révélées toutes pertinentes pour analyser les risques financiers des entreprises agricoles, indépendamment de leur dimension et de leur système de production. L'utilisation de fonctions réalisées sur tous les sites, à partir de trois ratios identiques, a montré l'intérêt d'une harmonisation des critères. Instruments de détection précoce des difficultés financières, les fonctions score peuvent également être utilisées comme outils d'aide à la gestion pour le suivi pluriannuel des résultats des entreprises.

Mots-clés : agriculteurs en difficulté, analyse financière, faillite, fonction score, gestion des exploitations agricoles, revenu agricole.


L'agriculture dans les sciences sociales. Au-delà des spécificités

B. Lepetit (HESS, Centre de recherches historiques, 54, boulevard Raspail, 75006  Paris),
C. Grignon, F. Weber (Laboratoire de recherche sur la consommation de l'INRA, 65, boulevard de Brandebourg, 94205 Ivry cedex), A. Barthez (Station d'économie et sociologie rurales de l'INRA, 26, boulevard du Docteur Petitjean, 21000 Dijon),
 G. Caire (Université de Paris X-Nanterre, 200, avenue de la République, 92001 Nanterre cedex), R. Boyer (EHESS et CEPREMAP, 142, rue du Chevaleret, 75013 Paris), J. Mairesse (CREST-ENSAE, 15, boulevard Gabriel Péri,
92245 Malakoff cedex),
D. Vermersch (Station d'économie et sociologie rurales de l'INRA, 65, rue de Saint-Brieuc, 35042 Rennes cedex), P. Picard (THEMA, Université Paris X-Nanterre et CEPREMAP, 142, rue du Chevaleret, 75013 Paris)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 29, 4e trimestre 1993, pp 45-107

Résumé : Partie du constat d'une crise des études Rurales, la discussion - engagée lors d'une table ronde sur la place de l'agriculture dans les sciences sociales - a débouché sur la question des découpages internes à chacune des disciplines concernées (économie, histoire, sociologie, ethnologie) et sur celle, qui lui est liée, des rapports différents entre empirie et théorie dans ces disciplines. Les transformations survenues dans l'histoire rurale n'ont fait que reproduire les clivages internes et les déplacements thématiques qui traversaient la discipline toute entière. L'incertitude où elle se trouve aujourd'hui n'a donc rien de spécifique mais renvoie à celle de l'histoire. Pour dépasser la double illusion qui consisterait à prendre l'histoire rurale pour une histoire totale ou pour une histoire "naturelle", il faut se tourner vers des études comparatives qui interrogent ensemble villes et campagnes et posent la question de leurs relations. La crise de la sociologie rurale française tient à la façon dont elle s'est constituée, se contentant d'importer sous la forme d'une fausse spécialisation sociologique des questions politiques et sociales un temps brûlantes. La problématique de l'acculturation de la paysannerie contient en effet les germes de la disparition de son sujet et des études qui lui ont été consacrées. L'effacement d'une sociologie rurale en tant que telle permettra donc de fonder sur des bases plus saines les rapports entre sociologie et ruralisme pour aborder de façon autonome et, du coup, réellement utilisables les questions proprement sociologiques que pose l'agriculture : entre autres, celle de la mesure du travail et, au-delà, celle des transformations du salariat, ou encore celle de la comparabilité historique des phénomènes économiques et sociaux. L'économie rurale a largement contribué à la fondation de l'économie politique et l'analyse économique contemporaine démontre les apports des économistes ruraux aux avancées de la discipline. L'importance historique de l'agriculture et les ressources consacrées aux recherches menées sur ce secteur expliquent évidemment cette situation. Or, les spécificités économiques et institutionnelles de l'agriculture s'estompent progressivement, au point que la légitimité scientifique de l'économie rurale se trouve mise en question. Pourtant, certains problèmes, hier propres au secteur, se sont étendus au reste de la société : le rôle de l'espace dans les relations socio-économiques, les nouveaux modes de concurrence axés sur la qualité ou l'influence que peuvent avoir les organisations intermédiaires sur la compétitivité sont en effet au coeur des problèmes économiques, contemporains. Par conséquent, les recherches spécialisées sur l'agriculture et l'agro-alimentaire peuvent constituer un "laboratoire d'idées" pour les économistes généralistes. Cette vision optimiste ne tient que si les économistes agricoles, tout en renouvelant thèmes et méthodes maintiennent la "combinaison productive" originale qui a fait leur efficacité et continuent à allier développements théoriques, mise en oeuvre des méthodes et connaissance des faits.

Mots-clés : économie rurale, économie agricole, agriculture, sciences sociales, histoire rurale, sociologie rurale, ruralisme.



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