Accueil Internet english french

Publications > Cahiers > N°33, 4ème trimestre 1994


Ostréiculteurs et biologistes : la nature des uns et des autres

Véronique Van Tilbeurgh (ATER, Université de Versailles, Saint-Quentin, 23, rue du Refuge, 78035 Versailles cedex)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n°33, 1994, pp 5-31

Résumé : Cet article traite de l'articulation entre des savoirs scientifiques et d'autres issus de la pratique. Suite au développement de plusieurs épizooties détruisant chaque fois des cheptels d'huîtres, quelques biologistes de l'IFREMER investirent ce milieu munis de différents outils. Cet investissement déboucha sur l'élaboration de normes d'exploitation de la nature une fois que l'administration de tutelle et les différents syndicats ostréicoles des bassins de production acceptèrent de traduire les résultats des recherches en réglementations professionnelles. Les ostréiculteurs furent donc directement confrontés aux travaux des biologistes. Une fois exposées les connaissances des uns et des autres, l'objectif de cet article est de les mettre en relation à partir de la distinction, d'une part, de leurs points de divergence (les notions de temps et d'espace) et, d'autre part, des enjeux stratégiques qui se nouent autour de l'acquisition de certaines d'entre elles.

Mots-clés : ostréiculteur, biologiste, savoirs.


Turkish agriculture under structural adjustment : a general equilibrium analysis
[L'agriculture turque confrontée à l'ajustement structurel. Analyse en termes d'équilibre général]

Erol H. Cakmak et A. Erinc Yeldan Cakmak (Departemnt of economics, Bilkent University, 06533 Bilkent, Turkey)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n°33, 1994, pp 33-53

Résumé : La Turquie s'est engagée en janvier 1980 dans un ambitieux programme d'ajustement structurel pour rééquilibrer ses comptes macroéconomiques et revitaliser un appareil productif à bout de souffle. Pendant des décennies, l'agriculture turque avait fonctionné sous un étroit contrôle de l'État. A la suite de la politique d'ajustement, le secteur s'est trouvé plongé dans un environnement économique devenu concurrentiel avec l'ouverture du pays aux importations, la détermination des prix par le marché et la baises des subventions. La mise en oeuvre de cette politique a eu des conséquences très dures pour le secteur agricole, où l'Etat a sérieusement réduit son intervention, tant en ce qui concerne le soutien des prix que leur contrôle. L'évaluation des effets économiques du programme d'ajustement structurel sur l'agriculture turque est réalisée à l'aide d'un modèle d'équilibre général et d'un modèle micro-économique, multirégional et multimarché du secteur agricole. Ces modèles permettent de calculer le coût de l'ajustement pour le secteur et analysent les conséquences à moyen terme du projet "Anatolie Sud-Est", où l'État a engagé une politique d'investissements massifs. Les simulations réalisées à l'aide du modèle d'équilibre général montrent l'importance des relations qui conditionnent la demande finale du pays. Ainsi, la demande finale agrégée baisse lorsque le gouvernement réduit son train de vie ou les transferts destinés aux ménages. Une telle situation entraîne des tensions inflationnistes, même si elle se traduit par l'effet inverses sur les marchés des produits et des facteurs. On peut aussi faire varier le taux de change pour rééquilibrer les comptes macroéconomiques. Avec les hypothèses faites, le modèle conclut à la nécessité d'une dévaluation. L'introduction de cette dévaluation dans le modèle sectoriel se traduit par une modification très nette de la répartition des productions en faveur des cultures d'exportation. La production de toutes les cultures diminue, sauf celle des cultures industrielles. De plus, il y a un développement des exportations au détriment de la consommation intérieure. La modélisation montre que la politique d'ajustement structurel de la Turquie a été réalisée au prix d'une aggravation des disparités de revenu et d'une taxation de l'agriculture. D'autre part, elle met en évidence le conflit existant entre les objectifs de sécurité alimentaire et de promotion des exportations.

Mots-clés : modèle d'équilibre général calculable, modélisation du secteur agricole, ajustement structurel, Turquie.


Formation et répartition des gains de productivité dans l'agriculture française. Analyse par produit

Jean-Pierre Butault, Nathalie Delame, Jean-Marc Rousselle (INRA ESR, 14, rue Girardet, 54042 Nancy)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n°33, 1994, pp 55-72

Résumé : Cet article analyse la formation et la répartition des gains de productivité pour quelques grands secteurs de l'agriculture française (céréales, horticulture, arboriculture, productions herbivore et granivore), entre 1979 et 1991. Des comptes par produits sont d'abord établis, à partir du RICA. Sont calculés, ensuite, des indices de prix et de productivité pour ces différents secteurs et la méthode des compte de surplus est appliquée. L'étude montre qu'autant dans leur formation des gains de productivité que dans leur répartition, les situations sont très différentes selon les secteurs. Elle montre notamment les relations entre le secteur des céréales et celui des animaux, via le prix des aliments.

Mots clés : comptes par produit, productivité, méthode des comptes de surplus, prix agricoles.


Total factor productivity for nonhomothetic, nonseparable, multiple output technologies : a new approach and evidence for US Agriculture
[Une analyse de la productivité totale des facteurs dans l'agriculture américaine]

Robert D. Weaver et Atsushi Chitose (Department of agricultural economics, Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvania 16802 Etats-Unis)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n°33, 1994, pp 73-95

Résumé : L'estimation de la productivité totale des facteurs constitue un moyen d'analyser l'évolution de la production. Pour le secteur agricole, les études antérieures ont fourni des estimations basées sur l'approche de Jorgenson et Griliches. Elle suppose que :

  1. l'agriculture est homogène,
  2. la technologie agricole est caractérisée par :
    • des rendements d'échelle constants,
    • la séparabilité des intrants et des produits,
    • un progrès technique neutre au sens de Hicks.

De plus, cette approche suppose que les choix de production sont tels que tous les facteurs et produits sont variables et sont à leurs niveaux optimaux. Or, certains résultats empiriques obtenus en France et aux Etats-Unis sont en contradiction avec les restrictions imposées par l'approche de Jorgenson-Griliches. Cet article présente une mesure de la productivité totale des facteurs pour un ensemble de technologies plus vaste. Premièrement, la définition de la productivité totale des facteurs proposée par Jorgenson et Griliches (TFPJG) est rediscutée et l'on définit une notion de productivité totale des facteurs relative (RTFP). Cette notion est utile pour des technologies non-homothétiques, non-séparables en intrants et produits, ainsi quíen présence d'un progrès technique biaisé au sens de Hicks. L'analyse théorique montre que les estimations de la productivité totale des facteurs à la Jorgenson-Griliches sont biaisées si les conditions d'application de cette approche ne sont pas remplies. Lorsque la technologie n'est pas séparable entre intrants et produits, ni caractérisée par des rendements d'échelle constants, la mesure de productivité totale de type TFPJG ne peut pas être interprétée de manière significative. Quand tous les facteurs de productions sont variables, la TFPJG sous-estime la productivité réelle si les rendements d'échelles sont décroissants. Lorsque les facteurs sont quasi-fixes et les économies d'échelles variables, le biais de la mesure du TFPJG est indéterminé. La nouvelle notion de RTFP est appliquée au cas des Etats-Unis pour la période 1948- 1983 à partir de l'estimation d'une fonction de profit restreint. La séparabilité des produits et des intrants, ainsi que l'homothéticité de la technologie sont rejetées par les tests statistiques. Ensuite, les estimations de RFTP sont comparées aux estimations prenant en compte chacune des hypothèses de l'approche Jorgenson et Griliches. Un test statistique montre par ailleurs que les différences ne sont pas systématiques, mais dans chaque cas elles correspondent à un bruit blanc. Des statistiques de la racine moyenne des écarts-types (RMSE) précisent l'importance de ces différences au cours de la période étudiée. Les différences entre les estimations économétriques et les estimations obtenues à partir d'indices sont importantes. Enfin, les erreurs de spécification portant sur la séparabilité des intrants et des produits ont des effets plus grands que ceux qui sont dus à des erreurs de spécification sur les rendements d'échelle. Ces résultats dépendent de l'échantillon utilisé. En général, les valeurs absolues des estimations de productivités basées sur le RFTP sont plus faibles que celles des estimations utilisant l'approche de Jorgenson et Griliches.

Mots-clés : productivité totale des facteurs, technologies non homothétiques, rendements d'échelle non constants, facteur quasi-fixe.


Estimating the demand for farm operating and term credit
[Estimation de la demande de crédit des exploitations agricoles aux Etats-Unis]

Alfons Weersink, Marcel J. Vanden Dungen, Calum G. Turvey (Department of Agricultural Economics and Business, University of Guelph, Guelph, Ontario, Canada N1G 2W1)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n°33, 1994, pp 97-116

Résumé : L'étude des taux d'intérêt et des niveaux d'endettement sont surtout portés sur les relations entre l'évolution macroéconomique du secteur agricole et l'influence des taux d'intérêt sur les prix des produits et les valeurs foncières. L'effet des taux d'intérêt a été cependant omis dans la plupart des analyses antérieures du marché. Cette omission est due en partie à l'importance des coûts d'ajustements à court terme du crédit par rapport aux autres facteurs de production. Néanmoins, exclure le crédit de l'analyse de l'offre et de la demande peut fausser les résultats, et ne permet pas de mesurer l'effet des taux d'intérêts sur les demandes de facteurs. Les relations entre la demande de crédit (de trésorerie et à court terme) et les demandes de facteurs agricoles ont été évaluées pour les régions les plus agricoles des États-Unis par un système d'équation aux différences dans un modèle d'ajustement partiel. On montre qu'un déséquilibre du marché du crédit a des répercussions majeures sur les demandes de facteurs variables. L'excès de demande d'endettement à long terme tend à diminuer les demandes de facteurs variables et de crédits de trésorerie. Les déséquilibres sur les marchés des facteurs quasi fixes (cheptel, foncier, équipement) ont par contre une influence négligeable sur la demande de facteurs variables. L'accroissement du coût du crédit diminue la demande de facteurs variables et augmente la demande de facteurs quasi fixes. On observe des effets contraires des fluctuations du coût du crédit à long terme. Ces effets suggèrent que les taux d'intérêts subventionnés sont capitalisés dans les prix des actifs.

Mots-clés : crédit d'exploitation, crédit à coutre échéance, demande, dynamique.



Droits et devoirs des utilisateurs  -   copyright INRA 1999-2011  -  INRA -SAE2 (tous droits réservés)
Date de création : novembre 2003   -   Réalisation : Sébastien Monvoisin - Ce site a été optimisé pour l'usage du navigateur I.Explorer -
Direction de la publication : Bertrand Schmitt  -   webmaster - contact -