Publications > Cahiers > N°49, 4ème trimestre 1998
COMPTES RENDUS DE LECTURE
G. JÉGOUZO, J.-L. BRANGEON et B. ROZE, Richesse
et pauvreté en agriculture, par
P. Perrier-Cornet ; F. WEBER, L'honneur des jardiniers. Les potagers
dans la France du
XXe siècle, par A. Jacobsohn ; B. von HIRSCHHAUSEN, Les nouvelles
campagnes roumaines. Paradoxes d'un "retour" paysan, par
A. Pouliquen
Effects
of nitrogen input and nitrogen surplus taxes in Dutch agriculture
[Effet d'une taxation des engrais et des excédents azotés dans l'agriculture
néerlandaise]
John HELMING (Agricultural Economics Research Institute (LEI-DLO), Burgemeester Patijnlaan 19, P.O. Box 29703, NL-2502 LS The Hague, The Netherlands. e-mail : j.f.m.helming@lei.dlo.nl )
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurale, n° 49, 1998, pp 5-31
Résumé - Dans cet article, un modèle régionalisé déquilibre partiel, comparatif statique, de programmation mathématique est développé pour analyser les effets des taxes sur lutilisation des intrants azotés dans lagriculture néerlan-daise. Les résultats sont exprimés en termes de marge brute, dutilisation du sol, de composition du cheptel et dexcédent azoté au niveau du sol. Points forts et faiblesses du modèle sont discutés. Ses points forts reposent sur la cohérence entre les niveaux régional, national et sectoriel et sur la possibilité de modéliser les flux dengrais et le marché des produits intermédiaires de manière détaillée. Les points faibles portent sur le niveau dagrégation et le nombre restreint de possibilités de substitutions au niveau des activités. En première analyse, les résultats soulignent limportance des ajustements réalisés dans le secteur agricole suite aux programmes dactions et réglementations mis en place en fonction dobjectifs environnementaux. A moins de comprendre le mécanisme de ces ajustements, les résultats des politiques initiées demeurent a priori incertains. En seconde analyse, il ressort que les taxes portant directement sur la pollution environnementale sont plus efficaces que les taxes portant sur lutilisation des intrants ayant une chaîne causale plus longue entre lapplication et limpact environnemental.
Mots-clés : fourrages concentrés, engrais minéraux, excédents azotés, marchés, modèles sectoriels.
Vers une redéfinition du rôle de l'assurance agricole dans la gestion des risques sur récoltes
Olivier MAHUL (INRA, Unité dEconomie et Sociologie rurales, rue Adolphe Bobierre, CS 61103, 35011 Rennes cedex. e-mail : mahul@roazhon.inra.fr )
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurale, n° 49, 1998, pp 33-58
Résumé - Cet article examine les causes dincapacité des compagnies dassurance à proposer des garanties contre les risques sur récoltes répondant aux besoins des agriculteurs sans une intervention financière des pouvoirs publics. Deux raisons principales à cela : lexistence dasymétries dinformation et la corrélation des rendements individuels. Lefficacité des contrats dassurance multirisque des rendements sur récoltes savère limitée lorsque les agriculteurs font aussi face à des prix incertains. Lassurance «revenu», qui garantit une recette minimum, apparaît alors comme une alternative prometteuse. Une redéfinition du rôle de lassurance et des marchés financiers dans la gestion des risques agricoles devrait permettre de repousser les limites de leur assurabilité.
Mots-clés : assurance, calamités agricoles, marchés incomplets, risque systémique.
Use
of income, and financial behaviour in agricultural firms. An empirical
analysis
[Une étude empirique de la gestion financière des entreprises agricoles
au Danemark]
Svend RASMUSSEN (Department of Economics and Natural Resources, The Royal Veterinary and Agricultural University, KVL, Rolighedsvej 23, DK-1958 Frederiksberg C, Copenhagen, Denmark. e-mail: Svend.Rasmussen@flec.kvl.dk )
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurale, n° 49, 1998, pp 59-84
Résumé - Lauteur analyse ici le comportement
financier des agriculteurs danois au cours des années 1980-1993. Lobjectif
principal a été danalyser de façon empirique linfluence des
modifications des revenus et des réserves de crédit sur les décisions
financières des agriculteurs. Certaines hypothèses reposent sur luvre
théorique de Barry, Baker et Sanint. Elles se concentrent sur la réaction
financière de lagriculteur quand la totalité des crédits disponibles
baisse ou quand les revenus sont modifiés. Lauteur a notamment testé
lhypothèse selon laquelle les agriculteurs très endettés ont un
comportement financier différent de celui des agriculteurs qui le sont
peu.
Un modèle économique basé sur les comptes de lexploitation (panel
data) a été évalué. Le modèle est un système de huit équations individuelles
qui décrivent la consommation privée et linvestissement en différents
types dactifs en fonction du revenu courant de lannée précédente,
des modifications dans le capital propre, ainsi que du temps.
Les résultats montrent que la consommation privée, le remboursement de
prêts, ainsi que les investissements en actifs financiers et biens immobiliers
changent comme prévu selon les modifications apportées au capital propre
et au revenu. Ainsi le comportement financier observé est en concordance
avec le comportement attendu selon le modèle de Barry, Baker, Sanint (1981).
Toutefois, les résultats obtenus ne confirment pas lhypothèse énoncée
ci-dessus.
Les résultats montrent aussi que la tendance marginale à consommer le
revenu courant (consommation privée) est très basse dans lagriculture
danoise. Quand le revenu courant augmente, seulement 6 à 8% sont utilisés
pour la consommation privée au cours des deux premières années et environ
15% pour les investissements en machines. La plus grande partie de laugmentation
du revenu (à court terme) saccumule en comptes bancaires.
En conclusion, de nouvelles recherches empiriques sur le comportement
financier, insistant sur les réactions dynamiques, seraient souhaitables.
Mots-clés : modèle économétrique, modifications dans les revenus, liquidité, capital propre, réserves de crédit, investissement, consommation.
Consequences
for the single market of the implementation of special VAT regimes for
agriculture in the European Union
[Conséquences de l'application des régimes spéciaux de la TVA pour l'agriculture
au sein du marché unique européen]
José A. GÓMEZ-LIMÓN*, Julio BERBEL
** (* Department of Agricultural Economics, ETSIIAA, University
of Valladolid, Avda. de Madrid, 57, 34071 PALENCIA (Spain). e-mail
: limon@iaf.uva.es
** Department of Agricultural Economics, ETSIAM, University of
Cordoba, P.O. Box 3048,
14080 CORDOBA (Spain). e-mail : berbel@uco.es
)
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurale, n° 49, 1998, pp 85-108
Résumé - Les régimes de TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) appliqués au secteur agricole varient dans les différents Etats-membres de lUnion européenne (UE). La plupart des pays ont adopté un régime spécial de TVA agricole : ils déterminent un pourcentage de compensation forfaitaire qui sapplique au volume des ventes des producteurs, et qui est supposé compenser le montant de TVA que ces derniers ont acquitté lors de lachat de leurs intrants. Ce pourcentage forfaitaire peut conduire, selon son niveau, à taxer ou, au contraire, à subventionner de manière indirecte les producteurs agricoles nationaux. Ces systèmes spéciaux de TVA sont donc susceptibles de générer des distorsions de concurrence sur les marchés agricoles intra-communautaires. Lobjectif de cet article est danalyser ces régimes spéciaux de TVA agricole et de déterminer dans quelle mesure ils sont neutres, sapparentent à une taxe ou correspondent à une subvention vis-à-vis des secteurs agricoles nationaux. Pour ce faire, un indicateur est proposé, et calculé, pour chaque Etat-membre de lUE, au niveau du secteur agricole national dans son ensemble et au niveau de chaque type dexploitation par orientation productive. Les résultats obtenus font apparaître des différences significatives quant à la pression fiscale induite par les régimes spéciaux de TVA agricole dans les différents états. Ces différences de traitement fiscal apparaissent aussi bien, au niveau national, entre secteurs agricoles des différents pays, quau niveau des exploitations types, entre orientations productives à lintérieur de chaque Etat-membre, et pour chaque orientation productive entre pays membres de lUE. Nos résultats tendent donc à montrer quun effort dharmonisation des régimes spéciaux de TVA agricole au sein de lUE reste nécessaire pour résorber les distorsions de concurrence existantes sur les marchés agricoles communautaires, dans loptique de la réalisation complète du Marché unique européen.
Mots-clés : TVA, politique fiscale, marché unique, marchés agricoles.