Publications > Cahiers > N°54, 1er trimestre 2000
Family
and non-family succession in the Upper-Austrian farm sector
[Successions familiales et non familiales dans les exploitations
agricoles de la Haute-Autriche]
Alfred M. STIGLBAUER *, Christoph
R. WEISS ** (* Department of Economics, Johannes Kepler
University of Linz, A-4040 Linz-Auhof, Austria - e-mail : a.stiglbauer@jk.uni-linz.ac.at
** Department of Food Economics and Consumption Studies, University of
Kiel, Olshausenstrasse 40, D-24118 Kiel, Germany - e-mail : cweisse@food-econ.uni-kiel.de)
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 54, 2000, pp 5-26
Résumé Comprendre la transmission des exploitations agricoles est essentiel pour analyser les changements structurels du secteur agricole. Grâce à des données de recensements apariées de 1980, 1985 et 1990, les décisions de succession des ménages ruraux de Haute-Autriche sont examinées empiriquement en utilisant un logit multinomial. Contrairement aux enquêtes auprès des exploitations qui examinent les projets de succession, le recensement des exploitations permet d'identifier des successions ayant réellement eu lieu. Deux types de successions sont distingués sur la base de la comparaison de l'âge de l'exploitant et de celui des autres membres du ménages de chaque exploitation dans deux recensements consécutifs : les " successions familiales ", définies par la transmission de l'exploitation à un enfant de l'exploitant et les " successions non familiales " (dans lesquelles l'exploitation est vendue hors de la famille). Les fermetures d'exploitation sont considérées comme une catégorie supplémentaire dans le modèle. Un impact significativement négatif (positif) de la taille de la ferme et de la diversification des activités agricoles sur la probabilité de fermeture d'exploitation (de transmission) est mis en évidence. La probabilité d'une succession familiale commence par augmenter puis diminue avec l'âge de l'exploitant alors que les probabilités d'une transmission hors de la famille et d'une fermeture d'exploitation augmentent de façon monotone avec l'âge, indiquant que les exploitants qui ne prennent pas leur retraite à temps courent le risque de ne pas trouver de successeur au sein de la famille. La taille de la ferme ainsi que l'éducation et le sexe de l'exploitant semblent également avoir une influence sur les transmissions et les fermetures d'exploitations. Enfin, les exploitants pluriactifs ont une probabilité significativement plus faible de transmettre leur ferme au sein de la famille mais ont une probabilité significativement plus élevée de fermer leur exploitation. Cela suggère qu'un emploi non agricole peut être le premier pas d'une exploitation familiale vers la sortie du secteur agricole. Le choix du modèle, les questions de spécifications et les directions de recherches futures sont également discutés.
Mots-clés : analyse micro-économique des ménages ruraux, mobilité professionnelle et inter-générationnelle, modèles de choix qualitatifs.
Crises et changements structurels dans la consommation alimentaire : un système structurel de demande
Mario MAZZOCCHI* (* Dipartimento di Scienze Statistiche, Università di Bologna, Via Belle Arti 41, 40126 Bologna, Italia - e-mail : mazzocchi@stat.unibo.ite)
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 54, 2000, pp 27-46
Résumé Les modèles traditionnels de demande perdent leur fiabilité lorsque, pendant la période d'analyse, d'importants changements structurels apparaissent et, en particulier, lorsque ces changements sont dus à de soudaines crises alimentaires. Les systèmes de demande doivent être modifiés afin de prendre en considération ces changements. L'approche structurelle proposée dans cet article, une fois que l'hypothèse de stabilité des paramètres a été rejetée par les tests appropriés, est fondée sur une spécification stochastique de certains ou de tous les coefficients du modèle. L'estimation selon la méthode du maximum de vraisemblance est basée sur l'algorithme EM. Une application à la demande de viande en Italie et à la crise de l'ESB est également proposée.
Mots-clés : système structurel de demande, changement structurel, ESB, consommation de viande, algorithme EM.
L'agriculture
française entre logiques sectorielles et territoriales (1960-1985)
Martino NIEDDU*, Antonin GAIGNETTE
* (*Université de Reims, ESSAI / OMI (Etudes sur
les Systèmes et Structures Agro-Industriels/Organisations Marchandes
et Institutions), UFR des Sciences économiques et de gestion, salle
1020, 57 bis rue P. Taittinger, 51096 Reims Cedex -
e-mail : martino.nieddu@univ-reims.fr
; antonin.gaignette@univ-reims.fr)
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 54, 2000, pp 47-87
Résumé Cet article a deux objectifs. D'abord, faire le point sur les travaux de régulation sectorielle ou territoriale parus après " Théorie de la régulation, l'état des savoirs " (1995). Les nouveaux apports s'organisent autour des notions de " configuration productive ", laquelle pose le problème de la pluralité des logiques productives, et de " structure de gouvernance ", laquelle introduit une dynamique d'action collective. Ces deux notions plaident donc pour une démarche régulationniste qui ne découle pas seulement de l'analyse des structures, mais qui soit aussi systémique et stratégique. Le second objectif est d'interroger ces notions à partir d'un travail sur l'agriculture productiviste des trente glorieuses. Contrairement à la représentation d'une " agriculture du fordisme " unique, cette période correspond à la coexistence de deux productivismes, celui d'exploitations de taille moyenne adossées à un capital industriel réalisant l'écoulement d'une production de masse indifférenciée, et celui des grandes exploitations cherchant à se protéger du capital industriel.
Mots-clés : agriculture française, approche régulationniste, structure de gouvernance, développement territorial, fordisme.
L'apport de la microéconométrie à l'évaluation des politiques publique
Thierry MAGNAC* (* INRA-LEA et CREST, ENS, 48 Boulevard Jourdan, 75014 Paris - e-mail : Thierry.Magnac@ens.fr)
In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 54, 2000, pp 89-113
Résumé Cet article décrit les recherches en microéconométrie menées sur les aspects méthodologiques de l'évaluation d'une politique publique pour l'emploi. Après un exposé rapide du problème statistique principal de l'évaluation qui est celui de la sélection endogène, on contraste les méthodes d'évaluations effectuées à partir de données de type expérimental et non expérimental. On propose un exemple d'évaluation de la politique de stages rémunérés pour les jeunes en France dans lequel on utilise des données non expérimentales sur les trajectoires professionnelles des jeunes au début des années 90 sur les marchés du travail urbains et ruraux. On montre que les effets de cette politique de stages sur l'insertion ultérieure ne sont pas significatifs. On montre ensuite l'intérêt et les limites des expériences contrôlées qui sont courantes aux Etats-Unis mais qui n'existent pas en France. L'article conclut sur la nécessité de lier les procédures de collecte de données à l'évaluation envisagée.
Mots-clés : politiques publiques, évaluations, sélection, données expérimentales.