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Publications > Cahiers > N°58-59, 1er et 2ème trimestres 2001

ECONOMIE SPATIALE ET GEOGRAPHIQUE
Application à l'agriculture, l'agro-alimentaire et l'espace rural

Présentation par B. Schmitt et Y. Surry


Agglomération et marché

Masahisa FUJITA*, Jacques-François THISSE** (* Institute of Economic Research, Kyoto University, Yoshida-honmachi, Sakyo, Kyoto 606-01, Japon. e-mail : fujita@kier.kyoto-u.ac.jp - ** CORE, Université catholique de Louvain, voie du Roman Pays 34, 1348 Louvain-la-Neuve, Belgique et CERAS, Ecole nationale des ponts et chaussées, Paris. e-mail : thisse@core.ucl.ac.befr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 11-57

Résumé -Tout comme le système solaire est formé de fortes concentrations de matière (les planètes) séparés par du vide, l’espace économique est principalement constitué par des peuplements regroupant de nombreuses activités. Qui plus est, s’il existe de grandes et de petites planètes, on trouve également de grandes et de petites agglomérations. La caractéristique spatiale la plus saillante d’une économie réside, par conséquent, dans l’existence d’une grande variété d’agglomérations économiques. Dans cet article, nous allons passer en revue quelques-unes des explications de ce phénomène quasi universel, telles qu’on les trouve développées en économie géographique et urbaine. Pour commencer, nous montrons que le modèle concurrentiel ne permet pas d’étudier les phénomènes d’agglomération de manière satisfaisante. Dans le souci de rendre l’article accessible à un large public, nous présentons en détail les deux modèles qui ont été jusqu’à présent utilisés pour étudier la répartition spatiale des activités économiques. Plusieurs prolongements de ces modèles sont ensuite discutés. En conclusion, nous proposons de nouvelles pistes de recherche et tirons quelques enseignements pour la politique d’aménagement du territoire

Mots-clés : agglomération, ville, échange, marché


Économie spatiale et économie publique

Alain GUENGANT* (* CREREG, Université de Rennes 1, Faculté des sciences économiques, 7, place Hoche, 35065 Rennes cedex. e-mail : guengant@univ-rennes1.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 59-79

Résumé - L’article propose une recension des développements récents de la littérature consacrée à l’économie publique locale. La présentation s’appuie sur les travaux publiés dans les principales revues internationales de la discipline. La succession des thèmes traités depuis une dizaine d’années se caractérise par une attention croissante accordée à la dimension spatiale de l’économie publique locale. En effet, si les modèles de comportement de dépenses continuent de privilégier une approche a-spatiale, les modèles de concurrence fiscale et de compétition territoriale amorcent une prise en compte plus explicite de la dimension spatiale. Toutefois, l’approfondissement des interactions entre l’espace et la fourniture des biens publics locaux reste le fait des modèles de capitalisation foncière, enrichis récemment des apports de la nouvelle économie géographique.

Mots-clés : électeur médian, coûts de congestion, compétition fiscale, capitalisation fiscale


Les systèmes productifs localisés : un bilan de la littérature

Claude COURLET* (* IREPD, Université Pierre Mendès France, BP47, 38040 Grenoble cedex. e-mail : courlet@clio.upmf-grenoble.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 81-103

Résumé - Ce balayage rapide de la littérature ayant trait aux systèmes productifs localisés (SPL) permet de souligner combien les concepts théoriques développés par Marshall trouvent un large écho dans une série de travaux contemporains portant sur cette réalité. Le SPL permet de saisir l’organisation qui lie les entreprises sur un territoire et d’expliciter la nature des avantages (externalités positives, réduction des coûts de transaction, meilleure coordination des acteurs d’un territoire, etc.) que génère la proximité. Cependant, le SPL est bien loin de constituer un concept au vrai sens du terme. Le SPL n’est qu’une notion qui rend compte du rôle de la proximité dans l’organisation des relations entre agents. A ce titre, il n’est qu’une unité d’analyse, qui, comme la firme, voit ses fondements théoriques varier selon les approches. De ce fait, la littérature porte en définitive sur les formes d’organisation en systèmes locaux, sans expliquer ni leurs fondements ni leur évolution.

Mots-clés : district industriel, système productif, externalités, développement local


Économétrie et données spatiales : une introduction à la pratique

Hubert JAYET* (* Université des Sciences et Technologies de Lille, Laboratoire des mécanismes économiques et dynamiques des espaces européens, 59655 Villeneuve d’Ascq cedex. e-mail : jayet@pop.univ-lille1.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 105-129

Résumé - Cet article d’initiation à l’économétrie sur données spatiales met l’accent sur les principaux problèmes rencontrés dans l’utilisation de ces données : hétérogénéité des observations, interactions liées à la proximité. La présence de ces dernières conduit à s’intéresser à l’autocorrélation spatiale. L’article montre comment la représenter en pratique. Il montre ensuite comment en tester la présence dans les données. Enfin, il présente les principaux modèles linéaires qui en tiennent compte et leurs procédures d’estimation.

Mots-clés : économétrie, données spatiales, autocorrélation


Localisation des productions agricoles et concentration géographique de la demande

Karine DANIEL * (* INRA ESR, rue de la Géraudière, BP 71627, 44316 Nantes cedex 03 et Université Paris I-TEAM (CNRS). e-mail : daniel@nantes.inra.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 131-167

Résumé - Un modèle de localisation des productions agricoles fait l’objet de cet article. Nous considérons pour l’agriculture une structure de marché de type concurrence monopolistique en intégrant de manière stylisée la dimension spatiale de l’activité agricole. Cette dimension est source de rendements d’échelle décroissants dans les unités de production agricoles. Ce modèle de localisation à deux secteurs, deux régions décrit des équilibres de long terme. Dans ce cadre, nous simulons l’impact d’un processus de concentration géographique de la population dans l’une des deux régions sur la localisation de la production agricole. Si l’espace productif n’est pas saturé, l’agglomération de la population dans une région conduit à une concentration géographique de la production agricole dans cette région. Si l’espace cultivable est saturé dans la région bénéficiant du solde migratoire, une amélioration de la productivité de la terre permet de contourner la contrainte foncière. Ce changement technique affecte l’équilibre.

Mots-clés : localisation, agriculture, économie géographique, migrations


Politiques publiques et délocalisation des activités industrielles vers les espaces ruraux : une analyse théorique

Sylvie CHARLOT* (* UMR INRA/ENESAD, Économie et sociologie rurales, 26, bd du Docteur Petitjean, 21000 Dijon. e-mail : charlot@enesad.inra.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 169-192

Résumé - Ce papier a pour objectif d’évaluer l’efficacité relative de certaines politiques de développement rural à l’aide d’un modèle d’économie géographique à la Krugman (1991), avec introduction d’un secteur public. Nous analysons la capacité et le niveau d’intervention des autorités centrales nécessaires à la délocalisation d’activités de la zone urbaine vers la zone rurale. Deux politiques de développement rural sont successivement analysées. Dans un premier temps, les investissements publics effectués dans les espaces ruraux permettent de subventionner le revenu des ménages qui y sont localisés. Dans un second temps, on envisage une politique d’aides aux entreprises et d’investissements en infrastructures productives dans la zone rurale. On montre, en particulier, que le premier type de politique de délocalisation est beaucoup plus coûteux que le second, en termes d’imposition des ménages urbains. Une discussion sur les équilibres de localisation et leur pertinence dans ce contexte est enfin proposée.

Mots-clés : espaces ruraux, politiques publiques, économie géographique, aménagement du territoire


Les déterminants territoriaux de la compétitivité des firmes agro-alimentaires

Emmanuelle CHEVASSUS-LOZZA*, Danielle GALLIANO** (* INRA-UMR EDRA, BP 71627, 44316 Nantes cedex 03. e-mail : chevassu@nantes.inra.fr - ** INRA-ETIQ et CEDO-LEREPS, BP 27, 31326 Castanet Tolosan cedex. e-mail : galliano@toulouse.inra.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 193-222

Résumé – L’objectif, dans cet article, est de tester, parmi les déterminants de la compétitivité externe des firmes, le rôle respectif des spillovers industriels (dus aux avantages comparatifs), des externalités spatiales (liées aux économies d’agglomération, urbaines et industrielles), et de l’organisation interne de la firme. Pour ce faire, l’analyse économétrique, basée sur des données individuelles d’entreprises, distingue deux étapes dans le processus d’exportation : la décision de la firme de vendre ou non à l’étranger d’une part et le volume d’exportation d’autre part. Les résultats montrent que les avantages spécifiques des firmes, construits en étroite interaction avec les facteurs territoriaux, restent des espaces stratégiques majeurs dans la construction de leur compétitivité. Conformément à la littérature, les effets d’agglomérations urbaines jouent un rôle déterminant. Les entreprises situées en zone urbaine ont une plus grande propension à exporter et exportent plus que les autres. Toutefois, la prise en compte de l’organisation spatiale de la firme multi-établissements nuance ce résultat. On montre en effet que les stratégies de multi-localisation sont les plus efficientes. Les firmes pourraient ainsi articuler, aux différents niveaux de leur organisation, les avantages liés à chaque territoire.

Mots-clés : compétitivité, externalités spatiales, firmes multi-établissements, groupes de sociétés, industries agro-alimentaires


Modèles économétriques des configurations des aires urbaines françaises

Pierre-Yves PÉGUY* (* Laboratoire d’Économie des Transports, Unité Mixte, CNRS-Université Lumière Lyon 2 et École nationale des travaux publics de l’Etat (ENTPE), ISH, 14 avenue Berthelot - 69007 LYON. e-mail : pierre-yves.peguy@let.ish-lyon.cnrs.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 58-59, 2001, pp 223-259

Résumé - La configuration des villes en France, au cours de ces dernières décennies, se caractérise par une baisse de densités centrales et un étalement de la population et des emplois. Le modèle standard de l’économie urbaine offre un cadre d’intelligibilité des choix de localisation des ménages et des facteurs à l’origine de leur évolution. Il conclut à une décroissance des densités suivant une forme exponentielle négative en fonction de la distance au centre. Dans un premier temps, cette prédiction est testée à l’échelle de 112 aires urbaines françaises pour les quatre derniers recensements de la population (1975, 1982, 1990, 1999). Dans un second temps, ce modèle est enrichi par l’introduction de variables ayant trait à la taille de la ville-centre, au nombre de personnes composant les ménages et leur revenu, aux aides au logement et à la présence d’équipements et d’aménités. Ces deux modèles estimés mobilisent les outils de l’économétrie spatiale pour intégrer l’existence d’autocorrélation spatiale.

Mots-clés : densité, étalement urbain, configuration urbaine, modèle standard de l’économie urbaine, économétrie spatiale



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