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Publications > Cahiers > N° 79, 2ème trimestre 2006

ALIMENTATION ET PAUVRETÉ. L’alimentation comme outil de santé et d’insertion en situations de pauvreté.
Présentation : F. CAILLAVET, A. LHUISSIER format PDF

COMPTE RENDU D'UNE EXPÉRIENCE PILOTE DE PRÉVENTION NUTRITIONNELLE
Alimentation et précarité : mise en place d’un réseau d’éducation pour la santé, par C. MICHAUD format PDF


Les lois économiques doivent-elles s’appliquer aux biens de subsistance ?

Alain CLÉMENT * (* Université François Rabelais, UFR de droit, d’économie et des sciences sociales, 50 avenue Jean Portalis, BP 0607, 37206 Tours cedex 03 et UMR 5206 Triangle CNRS-Lyon 2-ENS - e-mail : clement@univ-tours.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 79, 2006, pp 9-36

Résumé – S’il existe de nombreuses lois très générales en économie (loi de Malthus, loi de l’offre et de la demande, loi d’Engel, …) qui témoignent du caractère scientifique de la discipline, « les vivres » constituent un champ spécifique, reconnu comme tel, qui débouche sur la formation d’un savoir et de lois particulières, non applicables, non transposables à d’autres champs de l’économie (loi de King-Davenant, par exemple). Dans le passé, un certain nombre d’économistes ont même proposé que « les vivres » sortent du champ de l’économie, en raison de cette spécificité, et rejoignent un autre champ disciplinaire, moral et politique, plus conforme à l’idée que nous nous faisons du rôle des subsistances dans l’histoire de l’humanité. Ils ont ainsi ouvert la voie et la justification à d’autres types de lois (normatives) à des règles et des normes édictées par les hommes. On comprend mieux pourquoi, aujourd’hui encore, on parle « d’exception agricole » dans les débats économiques.

Mots-clés : lois économiques, normes, règles, exception agricole.


Évaluation de l’insécurité alimentaire dans le Comté de Sacramento

Constance BELLIN-LESTIENNE *, Nicole DARMON ** (* Unité de Surveillance et d’Epidémiologie nutritionnelle (InVS/CNAM), Unité de recherche en pidémiologie nutritionnelle (UMR INSERM/INRA/CNAM), 74 rue Marcel-Cachin, 93017 Bobigny cedex - e-mail : constancelestienne@yahoo.com, ** UMR Nutrition humaine INSERM U 476/INRA 1260, Faculté de médecine de la Timone, 27 boulevard Jean-Moulin, 13385 Marseille cedex 05 - e-mail : nicole.darmon@medecine.univ-mrs.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 79, 2006, pp 37-51

Résumé – En 2001, environ 56 000 adultes étaient considérés en situation d’insécurité alimentaire dans le Comté de Sacramento. Malgré les six programmes d’aide alimentaire administrés par le gouvernement américain, le nombre de personnes ayant recours à des structures d’aide alimentaire d’urgence n’a cessé de croître durant les 20 dernières années. Notre étude a pour objectif de connaître les personnes ayant recours à l’aide alimentaire d’urgence et d’évaluer l’utilisation des programmes gouvernementaux au sein du Comté. Pour cela, 338 personnes ont été interrogées dans les structures d’aide alimentaire d’urgence et des entretiens ont été effectués avec les responsables de chaque programme gouvernemental. Notre étude montre que les programmes gouvernementaux sont sousutilisés principalement du fait du manque d’information auprès des personnes éligibles et de barrières telles que la difficulté d’accéder aux centres, les problèmes de langue pour de nombreux immigrés ou des lourdeurs administratives.

Mots-clés : aide alimentaire, programmes nationaux, sécurité alimentaire, barrières.


Prévention des déficiences nutritionnelles chez les personnes sans-abri : intérêt d’un aliment de rue enrichi

Nicole DARMON *, André BRIEND ** (* UMR Nutrition humaine INSERM U476/INRA 1260, Faculté de médecine de la Timone,
27 boulevard Jean-Moulin, 13385 Marseille cedex 05 - e-mail : Nicole.Darmon@medecine.univ-mrs.fr, ** IRD, Département Sociétés et santé, 213 rue La Fayette, 75480 Paris cedex)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 79, 2006, pp 53-66

Résumé – Pour mieux prévenir la dénutrition et les déficiences vitaminiques et minérales chez les personnes en situation d’exclusion, nous avons mis au point un aliment enrichi facile à consommer dans la rue : le Vitapoche®. Il s’agit d’une pâte chocolatée résistante à la contamination bactérienne, emballée dans un sachet hermétique. Cette pâte est naturellement riche en potassium et en acides gras oméga-3. Elle a été enrichie en calcium, zinc et vitamines C, B1, B9, PP, B12, E et D, afin que chaque sachet (70 g, 377 kcal) apporte ces nutriments en quantité nécessaire pour la journée. Outre son intérêt nutritionnel évident, le Vitapoche® présente aussi un double intérêt économique, pour le donateur et pour le bénéficiaire. Une étude d’acceptabilité menée au sein de la population cible à Paris a montré que deux personnes sur trois consommeraient régulièrement du Vitapoche® si elles pouvaient se le procurer facilement. Le Vitapoche® n’est pas un substitut de repas. Il n’est pas destiné à remplacer l’aide alimentaire déjà existante, mais il la complète, afin d’en optimiser la qualité nutritionnelle.

Mots-clés : personnes sans-abri, aliments enrichis, déficiences nutritionnelles, intérêt économique, aide alimentaire.


Un cas de déviance dans les classes populaires : les seuils d’entrée dans les troubles alimentaires

José Luis MORENO PESTAÑA* (* Departamento de Historia, Geografía y Filosofía, Universidad de Cádiz, Avenida Gómez Ulla, s/n, 11003 Cádiz, Espagne - e-mail : joseluis.moreno@uca.es)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 79, 2006, pp 67-95

Résumé – Ce texte propose une analyse sociologique des troubles alimentaires dans les classes populaires. Il fait appel à la théorie des niches écologiques des maladies mentales transitoires, telle qu’elle est définie par Ian Hacking, et lui donne une re-formulation sociologique. L’article propose des hypothèses sur les handicaps et contre-handicaps des classes populaires par rapport aux troubles alimentaires. Le texte, résultat d’une recherche empirique, établit un profil de la culture somatique contemporaine des classes populaires, surtout des jeunes, et propose une comparaison avec celle des classes dominantes.

Mots-clés : sociologie, maladie mentale, anorexie et boulimie, classes populaires, corps, alimentation, théories de la déviance.


Cuisiner ensemble : ethnographie de trois atelier cuisine

Mélanie AUGOR*, Anne LHUISSIER* (* INRA–CORELA, 65 bd de Brandebourg, 94205 Ivry-sur-Seine cedex - e-mail : mela.augor@laposte.net, lhuissie@ivry.inra.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 79, 2006, pp 97-114

Résumé – L’enquête ethnographique menée auprès des ateliers cuisine de trois centres sociaux parisiens a mis en évidence deux aspects caractéristiques de cette activité, qui apparaissent à travers les dimensions culturelles et collectives de l’activité. Les origines diverses des personnes présentes favorisent de nombreuses interactions autour de « l’exotisme culinaire » et façonnent la « relation à l’Autre ». Par ailleurs, le caractère collectif de l’activité suscite des relations sociales qui se fondent moins sur les compétences culinaires que sur les positions et propriétés sociales des participantes, au sein de l’atelier, du centre, et plus généralement de leur vie sociale. Enfin, la dimension collective met en évidence la position différenciée des ateliers sur un continuum de situations, défini par des relations sociales hiérarchisées et des conceptions de l’activité culinaire qui s’étayent entre «faire ensemble » et « être ensemble ».

Mots-clés : atelier cuisine, action sociale, populations défavorisées, insertion, exotisme, pratiques culinaires.

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