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Publications > Cahiers > N° 80, 3ème trimestre 2006

COMPTES RENDU DE LECTURE
F. Ascher, Le mangeur hypermoderne, une figure de l'individu éclectique, par A. Lhuissier format PDF
G. Anania, M.E. Bohman, C.A. Carter, A.F. McCalla, Agricultural Policy Reform and the WTO: Where Are We Heading?, par L. Brink format PDF
P. Donnadieu, M. Périgord, Clés pour le paysage, par Y. Michelin format PDF


Productivité agricole et rattrapage technologique : le cas des exploitations de grandes cultures du Nord-Pas-de-Calais

Stéphane BLANCARD *, Jean-Philippe BOUSSEMART ** (* CERESUR, Université de La Réunion, 15 avenue René-Cassin, BP 7151, 97715 Saint-Denis-Messag cedex 9 - e-mail : stephane.blancard@univ-reunion.fr. ** GREMARS, Université de Lille 3 - Charles-de-Gaulle, BP 60149, 59653 Villeneuve-d’Ascq cedex et GRECAT ISA-Lille, 48 boulevard Vauban, 59046 Lille cedex -e-mail : jean-philippe.boussemart@univ-lille3.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 80, 2006, pp 5-28

Résumé – Un des principaux objectifs des différentes réformes successives de la PAC est de soumettre davantage l’offre agricole européenne aux signaux des marchés. De fait, la recherche de compétitivité devient une préoccupation majeure des agriculteurs. Les moins performants doivent rattraper les plus efficaces en essayant d’adopter progressivement les meilleures pratiques. Notre étude tente de révéler et de mesurer ces éventuels phénomènes de convergence des performances productives entre les exploitations agricoles. Elle porte sur 178 exploitations spécialisées en grandes cultures et situées dans un même bassin de production (Nord-Pas-de-Calais), au cours de la période 1994-2001 (période d’application de la réforme Mac Sharry et des premières mesures d’Agenda 2000). À partir d’estimations des niveaux de la productivité globale des facteurs basées sur la notion de fonction de distance, nos résultats indiquent clairement des processus de rattrapage, à la fois technique, et d’échelle entre les exploitations.

Mots-clés : agriculture, rattrapage technologique, fonction de distance, technologie de production, productivité globale des facteurs.


The contribution of rural community businesses to integrated rural development: "Local services for local people"
[La contribution des coopératives rurales au développement rural intégré : de véritables services d'approvisionnement pour la population locale]

Tony GORE *, Ryan POWELL *, Peter WELLS * (* Centre for Regional Economic and Social Research, Sheffield Hallam University, City Campus, Howard Street, Sheffield S1 1WB, UK - e-mail: t.gore@shu.ac.uk, r.s.powell@shu.ac.uk)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 80, 2006, pp 29-52

Résumé – Les problèmes actuels des espaces ruraux européens impliquent moins des mesures sectorielles agricoles que des stratégies en faveur d’un "développement rural intégré". Ainsi, la modernisation et la diversification des exploitations agricoles sont-elles souvent liées au développement d’une base économique plus hétérogène, comportant une part importante d’activités destinées à satisfaire les demandes résidentielles et récréatives. Cette stratégie suppose un haut niveau de coordination entre les différents agents économiques et, plus largement, avec tous les acteurs de la société locale. Cet article analyse la contribution des coopératives rurales d’approvisionnement au développement rural. Malgré des effets économiques directs et induits relativement limités, leur impact local est important en raison de l’activation des réseaux sociaux et institutionnels. Elles offrent effectivement des possibilités adaptées au service d’un développement rural intégré. Il ne s’agit cependant que d’un

Mots-clés : développement rural intégré, coopératives rurales, impacts économiques, empreintes géographiques, action publique.


Public participation in environmental decision-making: A case study of ecosystem restoration in South Florida
[Implication des citoyens dans les décisions publiques en matière de préservation de l'environnement : une étude de cas sur la restauration d'un écosystème dans le sud de la Floride]

Laura OGDEN * (* Department of Sociology/Anthropology, University Park Campus, Florida International University, Miami, Florida 33199, United States - e-mail : ogdenl@fiu.edu)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 80, 2006, pp 53-73

Résumé – L’approche en termes « d’écosystème » (entendue ici comme la variété des échelles spatiales et temporelles dans le cadre desquelles s’organisent les interrelations entre les habitats et les organismes) constitue le modèle conceptuel retenu pour guider les projets de restauration dans des Everglades, région marécageuse située au sud de la Floride. Estimée à 14,8 milliards de dollars, la restauration de ce milieu particulier représente l’un des projets environnementaux les plus importants et les plus onéreux jamais entrepris. L’article commence par une présentation des changements déjà intervenus et des interventions de restauration des milieux qui en ont découlé. Le cadre conceptuel guidant la gestion de l’écosytème est ensuite exposé ; l’auteur insiste sur son évolution et son institutionalisation à travers un ensemble de pratiques liées à la gestion et à la planification des opérations. L’article se termine par une analyse sur la façon dont la notion de « public » est conceptualisée dans le cadre d’une gestion institutionalisée de l’écosystème et par les prolongements de cette conceptualisation en ce qui concerne les décisions publiques en faveur de la restauration des Everglades.

Mots-clés : écosystème, participation publique, Everglades (Floride).


Cesser de s'alimenter pour contraindre une autorité : la grève de la faim comme pratique protestataire

Damien LECARPENTIER *(* Institut Marcel Mauss - CEMS/EHESS, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris et Université de Marne-la-Vallée - e-mail : damienlecarpentier@yahoo.fr)

In : Cahiers d'Economie et Sociologie Rurales, n° 80, 2006, pp 75-92

Résumé – Cet article est une contribution à l’étude de la grève de la faim comme forme de protestation et pose la question de la dynamique à l’oeuvre dans cette forme d’action qui permet à un individu en situation de faiblesse stratégique d’exercer une force morale en cessant de s’alimenter. Après avoir rappelé les origines et le développement de cette pratique protestataire à travers le monde, l’article présente la grève de la faim comme une action combinant à la fois la dénonciation d’une injustice et un appel à la considération d’une situation ou d’une parole légitime jusque-là niée ou ignorée. Cette seconde dimension est importante à prendre en compte non seulement pour décrypter les situations qui amènent les individus à recourir à cette forme d’action, mais aussi pour saisir ce qui en fait la force. Par sa demande de réinsertion dans un espace commun d’écoute et de dialogue et en présentant l’autorité incriminée comme maître de l’issue de l’action, le gréviste parvient à impliquer cette autorité dans une épreuve morale que l’opinion publique est amenée à juger. À partir du cas de la grève des prisonniers républicains irlandais de 1981, l’article étudie les procédés généralement utilisés par les autorités pour contourner cette épreuve et affaiblir la puissance de la grève de la faim.

Mots-clés : grève de la faim, prisonniers irlandais, déni, reconnaissance, force morale.

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