Ces recherches, qui seront conduites essentiellement au sein du département "Santé animale" de l'Inra, s'appuient largement sur le centre Inra de Jouy, le centre Inra de Tours - qui dispose d'une plate-forme d'infectiologie expérimentale - et d’autres sites (École nationale vétérinaire de Toulouse, Inra Clermont-Ferrand). Elles seront confortées par différentes collaborations inter organismes (Agence française de sécurité sanitaire des aliments - Afssa, Institut Pasteur, Centre national de la recherche scientifique - CNRS, Institut national de la santé et de la rechercher médicale - Inserm, etc.) Une part de ces travaux s'inscrit dans des coopérations et des programmes européens (6e et 7e programmes cadres de recherche développement) et dans le programme de l'Agence nationale de la recherche (ANR) "Environnement et santé". Le pôle de recherche en virologie Île-de-France, en cours de constitution, devrait aussi renforcer ces recherches.
Des virus qui peuvent circuler entre plusieurs espèces animales et l'Homme
Les virus des grippes - ou influenza - animales posent un problème majeur en termes de santé publique et de santé animale par leur pouvoir pathogène direct et par les conséquences organisationnelles et économiques induites : épidémies meurtrières, abattage massif de troupeaux, etc. La circulation de ces virus est continue et particulièrement intense en Asie du Sud Est, région fortement productrice et consommatrice de volailles et de porcs.
La grippe constitue par ailleurs l’une des plus importantes maladies épidémiques virales de l’homme, consécutive d’une infection par des virus appartenant à trois types différents : A, B et C. Les infections par des virus de type C sont généralement moins sévères cliniquement que celles par des virus de types B, elles-mêmes moins sévères que celles par des virus de type A. Ces derniers sont les seuls à causer des pandémies chez l'homme. Seuls les virus de type A circulent de façon permanente chez les animaux et sont ainsi responsables des différentes grippes animales. Ils sont en effet présents chez de nombreux oiseaux aquatiques sauvages qui constituent un vaste réservoir. Les virus d’influenza sont transmis de ce réservoir à d'autres espèces telles que le porc, les volailles (poules, palmipèdes) ou l'homme, avec un risque probable d’épidémies et de pandémies. Enfin, ces virus font partie des agents pathogènes reconnus au titre du bioterrorisme.
© Inra, Catherine Madzak, J. Weber, C. Maitre
Contrairement à d’autres maladies, la grippe est causée par des virus qui évoluent continuellement par mutation et par réassortiment de leurs segments géniques (le génome viral est constitué de 8 segments d’ARN). Parmi les protéines virales, les deux glycoprotéines de surface, l’hémagglutinine (HA) et la neuraminidase (N), sont les principaux inducteurs d’anticorps chez l’hôte infecté.
À ce jour, 15 sous-types différents d’hémagglutinine et 9 de neuraminidase ont été identifiés chez les virus aviaires et de mammifères. Tous sont présents chez les oiseaux sauvages ; seuls, les virus qui portent les HA de sous-type HA1, HA2, HA3 se sont établis avec succès chez l’homme, provoquant à chaque fois une pandémie majeure (H1 en 1918 : grippe espagnole, H2 en 1957 : grippe asiatique, H3 en 1968 : grippe de Hongkong).
Le virus de la grippe aviaire H5N1 a été retrouvé pour la première fois chez l’homme à Hongkong en 1997. Si la transmission de ce virus au porc a souvent été évoquée, la preuve formelle d’une réplication dans cette espèce n’a pas été réellement apportée bien que des porcs aient été signalés comme porteurs. Un seul cas de transmission interhumaine familiale a été signalé à ce jour. En revanche, dès 2004, des cas de grippe H5N1 féline (chat, tigres et panthères dans des zoos), ont été répertoriés.
Au 22 septembre 2005, l’
Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait enregistré 115 cas humains de grippe aviaire (H5N1) dans l’Asie du Sud Est dont 59 ont conduit à un décès sur une période d’observation de 9 mois.
L’événement actuel de grippe dans le Sud Est asiatique qui a conduit, depuis 2004, à l’abattage de millions de poulets et de palmipèdes, s’est accompagné d’une extension à différents pays dont l’Indonésie, la Chine, le Kazakhstan et la Russie.
- Date de création : 10 Octobre 2005
- Dernière mise à jour : 2 mars 2006