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Grippes aviaires - Questions de recherche

Mieux connaître le virus, son pouvoir pathogène, et l'épidémiologie de la maladie pour mettre au point des vaccins, des médicaments et une gestion appropriée des épidémies.

La notion de barrière d’espèce est une notion biologique complexe. Dans le cas de la grippe, les souches de virus qui s’établissent chez l'homme résultent d'échanges de matériel génétique entre souches virales animales et humaines. De même, les souches virales humaines peuvent être infectieuses pour les animaux. La multiplicité des échanges de produits animaux et les brassages de population rendent les risques beaucoup plus importants.

Les recherches sur la biologie moléculaire du virus grippal ont permis de bien comprendre l’organisation du virus et de son fonctionnement. Cependant, de nombreuses questions restent à élucider, en particulier :

  •     quel est l’assemblage précis du génome viral et des particules virales,
  •     quels sont les nombreux partenaires cellulaires qui interviennent dans le cycle de la réplication du virus.

Les interactions entre protéines virales et protéines de l’hôte animal constituent par ailleurs autant de déterminants du franchissement de la barrière d’espèce et de la "pathogénicité" virale. Des recherches pour élucider les structures des protéines virales en liaison avec leurs partenaires cellulaires seront donc déterminantes pour l’identification de cibles thérapeutiques et vaccinales.

La connaissance des déterminants moléculaires du pouvoir pathogène a ainsi permis la mise au point d’antiviraux inhibiteurs des deux principaux inducteurs viraux d'anticorps : la neuraminidase (Zanamivir, Oseltamivir) et l’hémagglutinine (Amantadine et Rimantadine). Mais, en raison de la nature et de la structure de leur génome, les virus grippaux présentent une faculté d’évolution rapide conduisant, par dérive génétique, réassortiment ou recombinaison, à l’apparition de sous-types nouveaux ayant éventuellement une « pathogénicité » accrue associée à un ensemble de glycoprotéines externes différentes de celles présentes dans les vaccins disponibles.

  La vaccination redevient une question de recherche. Les stratégies vaccinales concernent essentiellement l’homme, les volailles et des modèles animaux pertinents (porc). En effet, si actuellement, la réglementation préconise l’abattage des oiseaux en Europe et en France sur la base du pouvoir pathogène des virus identifiés, l’Office international des épizooties (OIE) a modifié de façon substantielle cette réglementation en changeant la définition de l’influenza aviaire. Des zones indemnes, zones de surveillance, zones de protection et zones de compartiments sont ainsi définies. La notion de zone indemne impliquerait aussi les virus non pathogènes, conduisant à une restriction de la circulation des animaux et produits aviaires. Toutefois, des zones de surveillance et de protection pourront permettre à terme des stratégies raisonnées d’abattages préventifs, voire de vaccination pour les zones extérieures.

Ultérieurement, des recherches pour une meilleure compréhension du caractère pathogène des virus et de la réponse des hôtes, la prise en compte de nombreux paramètres par les approches d’analyse globale (génomique, protéomique), mais également l’acquisition de nouveaux modèles animaux pertinents de l’infection humaine seront nécessaires. Les questions concernant l’immunologie de la grippe chez le porc et les stratégies vaccinales chez les mammifères et les oiseaux sont aussi des éléments déterminants d’une stratégie de recherche.

Acteurs et dispositif de recherche

De nombreuses équipes de recherche impliquées dans le monde, adossées à des réseaux de surveillance des épidémies.L'Inra y apporte un collectif de recherche significatif


© Inra Tours - Isolateurs

Les équipes travaillant sur la grippe sont très nombreuses dans le monde et particulièrement concentrées dans certains centres internationaux ou nationaux spécialisés. En Europe, les principaux partenaires de la recherche publique en santé animale et santé publique vétérinaire se situent en Grande Bretagne, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse. Il faut noter la formidable progression du volume et du niveau des recherches chinoises en sciences du vivant et, en particulier, dans le champ de la virologie.

Les recherches adossées à des réseaux de surveillance ont déjà permis de mettre en place des réseaux d’alerte, des méthodes de lutte vaccinale humaine ou animale, très réactives par rapport à la variabilité des entités de grippe. Les enjeux de ces recherches sont la mise au point de méthodes de contrôle (vaccins et médicaments) nécessaires en cas de crise, y compris dans le cas de pandémie.

En France, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) étudie les grippes aviaires dans un laboratoire (unité de virologie et immunologie avicoles) à Ploufragan avec une équipe disposant d’installations expérimentales appropriées. L'agence est également en charge d’un Laboratoire national de référence.

L’Institut Pasteur et le CNRS sont des acteurs déterminants de la recherche, avec essentiellement des visées humaines. Des équipes Inserm travaillent aussi sur la grippe, à la fois sur le plan de la virologie et des réseaux, de la surveillance et de l'épidémiologie (par exemple, Inserm U707).

L’Inra avec ses programmes de génomique sur des espèces cibles du virus de la grippe, ses équipes de recherche en virologie et en immunologie des animaux de rente, ainsi que son implication dans la génomique des interactions hôte - pathogène, constitue un collectif de recherche significatif. Il dispose aussi de structures d’expérimentation animale confinée de niveau 3 (Plate-forme d’infectiologie expérimentale incluant les Installations nationales protégées pour la recherche sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles (Inprest) à Tours, dispositif à vocation nationale et européenne) qui, sous réserve de spécificité particulière liée à ces virus, sont adaptées pour la volaille et le porc (ou tout autre modèle d’animal domestique).
Par ailleurs, l’Inra développe la modélisation épidémiologique en particulier dans le secteur animal et souhaite maintenant élargir ces études à l’économie de la santé publique vétérinaire, afin d’élaborer des stratégies étayées par des éléments économiques et sanitaires.

Le dispositif de recherche Inra pour les grippes animales et aviaires

Unités et départements Inra qui travaillent sur ce sujet

    * Département de Santé animale
    * Département Mathématiques et informatique appliquées (MIA)
    * Plate-forme d’infectiologie expérimentale (Inra Tours)
    * Unité de recherche Virologie et immunologie moléculaires (VIM, Inra Jouy-en-Josas)
    * Unité mixte de recherche Virologie moléculaire et structurale (VMS, Unité mixte de recherche Inra-CNRS, Gif-sur-Yvette)
    * Unité de recherche Infectiologie Animale et Santé Publique (IASP, Inra Tours)
    * Unité mixte de recherche Interactions hôtes-agents pathogènes (IHAP, Inra-ENVT, Toulouse)



Date de création : 10 Octobre 2005

Rédaction : Département Santé animale : Gilles Aumont, Abdenour Benmansour
Date de création : 14 Février 2007
Mise à jour : 03 Avril 2007

Contact : Gilles Aumont, chef du département "Santé animale" et Abdenour Benmansour, chef de département adjoint "Santé Animale" en charge de la virologie et des grippes

Département de Santé Animale - Centre de recherche de Tours - 37380 Nouzilly

Tél : 02 47 42 77 76 - Fax : 02 47 42 77 72

E-mail : sa@tours.inra.fr