La meilleure thèse sur une thématique liée aux produits phytosanitaires
Le Prix Phytopharma 2006 a été remis à Laure Mamy pour sa thèse qui a comparé et modélisé le devenir dans l'environnement des herbicides à large spectre, tel que le glyphosate, et des herbicides sélectifs. Ce prix, attribué par le Groupe français des pesticides et la société Bayer CropScience, récompense la meilleure thèse en langue française soutenue pendant les années 2004 et 2005 sur une thématique relevant des produits phytosanitaires.
La thèse ainsi récompensée a été réalisée à l'unité "Environnement et Grandes Cultures" de l'Inra de Versailles-Grignon, sous la direction de Enrique Barriuso, directeur de recherche à l'Inra, et de Benoît Gabrielle, chargé de recherche à l'Inra. Elle a été cofinancée par une bourse de l'Inra et du Cetiom. Ces travaux s'inscrivaient dans le cadre d'un programme de recherche Inra sur les OGM et l'environnement et d'un programme du CNRS sur les impacts des biotechnologies dans les agro-écosystèmes.
Les impacts environnementaux des herbicides évalués
L’introduction de plantes génétiquement modifiées résistantes à des herbicides à large spectre, comme le glyphosate, modifie profondément les pratiques de désherbage. Ces changements sont souvent présentés comme bénéfiques pour l'environnement, mais n'avaient pas encore fait l'objet d'un bilan environnemental. En partenariat avec le Cetiom, un travail d’évaluation environnementale comparée de l'utilisation du glyphosate par rapport à l’utilisation des herbicides sélectifs couramment employés sur des cultures de colza, de betterave et de maïs a été réalisé.
L'évaluation a été réalisée à partir de la modélisation du devenir des herbicides et des produits issus de leur dégradation (les métabolites) dans le sol, l'eau, l'air, et les plantes, pour différents scénarios agronomiques. Les simulations sont basées sur des situations réelles fournies par les trois plateformes inter-instituts d'essai des OGM en France. Le modèle décrivant le devenir des herbicides a été paramétré avec des données acquises au laboratoire, et testé en confrontant les simulations à des observations in situ. Les concentrations en herbicides simulées dans les différents compartiments de l’environnement ont ensuite été combinées à l’aide d’un second modèle permettant d’estimer l’impact des herbicides. Les résultats ont montré que l'impact environnemental du glyphosate est plus faible que celui des herbicides sélectifs.
Un bilan environnemental mitigé pour le glyphosate
Néanmoins, les modèles prédisent à long terme une accumulation d'un métabolite, du glyphosate, l'AMPA, dans le sol. Cette accumulation est d'autant plus sensible que la fréquence du retour des cultures génétiquement modifiées dans la rotation est élevée. En raison de la persistance de l’AMPA dans le sol, le bilan environnemental de l'introduction de ces cultures est donc mitigé, ce qui soulève le problème de la durabilité de cette innovation.
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Contact scientifique :
Laure Mamy, Enrique Barriuso, Benoît Gabrielle
Unité :
unité Environnement et Grandes Cultures, Inra Versailles-Grignon, unité "Physico-chimie et écotoxicologie des sols d'agrosystèmes contaminés", Inra Versailles-Grignon
Département :
Environnement et agronomie, Santé des plantes et environnement
Date de création : 15 Décembre 2006
Date de dernière mise à jour : 07 Octobre 2007
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