|
|
 |
Détecter et expliquer les émissions polluantes d’ammoniac dans l’atmosphère : un nouvel instrument de mesure primé à Pollutec
(01/12/2009)
|
| ©
Inra |
Une équipe de chercheurs de l’unité mixte de recherche Inra-AgroParisTech "Environnement et grandes cultures" a mis au point ROSAA, un nouvel analyseur d’ammoniac qui permet un suivi fiable des émissions de ce gaz dans l’atmosphère. Cet appareil a déjà permis d’effectuer des mesures de pertes en ammoniac en conditions de la pratique agricole. Il a reçu le 1er décembre le Prix des techniques innovantes pour l'Environnement au Salon Pollutec 2009. |
| |
Plus de 98 % de l’ammoniac atmosphérique provient en France de sources agricoles et sylvicoles (principalement l’élevage et l’utilisation des engrais). Or les dépôts d’ammoniac ont des effets négatifs sur les écosystèmes naturels et cultivés (acidification des sols et des eaux, eutrophisation des milieux aquatiques). À forte concentration, il peut provoquer une irritation des muqueuses et des bronches.
Pour réduire ces émissions, il faut d’abord pouvoir les mesurer avec précision, en conditions réelles d’environnement, au champ ou en bâtiment d’élevage, mais aussi en conditions de laboratoire pour étudier plus finement les processus conduisant aux émissions. Les analyseurs existants ne répondent pas à l’ensemble de ces besoins.
Partant de ce constat, les chercheurs de l’Inra ont développé le système ROSAA (RObust and Sensitive Ammonia Analyser), analyseur d’ammoniac très sensible (destiné à la mesure de flux de quelques dizaines de nanogrammes par m² et par seconde), robuste (entretien bi-hebdomadaire ou mensuel / contrôle hebdomadaire), avec étalonnage automatisé.
Aujourd’hui, ce système a déjà eu des usages dans le domaine de la recherche appliquée pour quantifier des émissions d’ammoniac par les surfaces agricoles après apport d’engrais au champ. Lors d’une campagne expérimentale à Grignon, les chercheurs ont ainsi pu mesurer que les pertes en ammoniac mesurées après apport de lisier au champ s’élevaient à 25 % de l’azote apporté. Les teneurs mesurées par ROSAA et d’autres systèmes et méthodes de mesure validées ont été confrontées. Les faibles écarts (inférieurs à 3%) observés entre les différents systèmes de mesure permettent une première validation du fonctionnement de ROSAA en conditions de la pratique agricole.

| |
 |
| |
Prototype de l’analyseur ROSAA en test lors d’une expérimentation de terrain en Italie en 2008.
© Inra, Céline Decuq |
Le développement de ce système à plus grande échelle devrait permettre d’amplifier les études sur la compréhension des échanges d’ammoniac entre les surfaces agricoles ou naturelles et l’atmosphère, notamment sur de longues périodes. C’est en effet une demande nationale et européenne de mieux quantifier ces échanges (le programme européen NitroEurope préfigure cette orientation de recherche; en outre, l’évaluation des émissions d’ammoniac est aujourd’hui une priorité pour l’Ademe). C’est également une première étape vers la constitution d’un réseau de mesure d’envergure nationale sur l’échange d’ammoniac. Ceci touche autant le domaine de la recherche que de la surveillance d’impacts environnementaux, ainsi que pour des objectifs de santé publique.
Contact communication : Catherine Foucaud-Scheunemann, Inra, Centre de Versailles-Grignon
|
|
Rédaction :
Mission communication
Contact scientifique :
Benjamin Loubet, Benjamin.Loubet@grignon.inra.fr
Unité :
Unité mixte de recherche Inra-AgroParisTech "Environnement et grandes cultures"
Département :
Environnement et grandes cultures
Date de création : 01 Décembre 2009
Date de dernière mise à jour : 10 Janvier 2011
|
|
 |
|