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L'ancrage socio-économique du changement |
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Les aides au changement |
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Pour inciter les agriculteurs à adopter les nouvelles pratiques de production et pour maîtriser les conditions de leur mise en oeuvre, Vittel S.A puis Nestlé a mis en jeu d'importants moyens financiers. La société des Eaux a eu tout d'abord une politique de rachat de foncier dans le cadre d'une convention avec la SAFER. Elle a pu ainsi racheter des terres agricoles à des prix très intéressant pour les propriétaires et les bailleurs à ferme: 20 000 F/ha pour le droit à la propriété (légèrement supérieur au prix du marché) et 20 000 F/ha pour le droit au fermage (très supérieur aux prix pratiqués) ce qui revenait pour un propriétaire exploitant à 40 000 F/ha. |
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Par cette action, la Société des Eaux est devenue propriétaire d'environ 45% des terres agricoles du périmètre. Cette acquisition a permis ensuite de mettre en place une stratégie de mise à disposition des terres pour les agriculteurs signataires de la convention dans le cadre d'un commodat pour une durée choisie de 18 ans ou de 30 ans. |
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En contrepartie d'un tel engagement, Vittel SA. versait aux signataires, pour une durée de 7 ans, une aide de l'ordre 1500 F par hectare et par an. Ces aides étaient destinées à soutenir la dégradation du niveau de revenu des exploitations pendant la phase de transition. |
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Enfin Vittel SA. prenait en charge financièrement l'équipement technique et en bâtiment de chacune des exploitations signataires : construction d'un bâtiment de séchage de l'herbe, d'une plate forme de compostage et d'une fosse à lisier, achat d'une faucheuse et d'un autochargeur pour la chaine de récolte de l'herbe, soit un investissement par exploitation d'environ 1 million de francs. Ces investissements restent la propriété de Vittel S.A durant la durée du contrat (18 ou 30 ans), puis deviendront la propriété des agriculteurs. L'effort financier par exploitation peut paraître démesuré mais il s'agit d'une intervention structurelle qui aujourd'hui 10 ans après porte ses fruits. Sur le plan économique il s'agit donc d'actualiser cette "mise initiale" sur un pas de temps de 18 ans. On pourrait ainsi comparer à la somme que représenteraient 10 années de subventions pour 10 ha de maïs |
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| Au bilan, il est clair que l'engagement de l'entreprise Vittel a été massif, ce qui est une mesure de la prégnance du problème de protection du gîte hydrominéral, tout d'abord pour ce qui était un groupe industriel du crû puis pour une multinationale comme Nestlé. La stratégie qui a découlé d'un engagement déterminé dans l'idée de transformer l'agriculture du site, a consister à rendre possible sur le plan technique et à financer le changement des pratiques agricoles : indemnités et primes au revenu, investissements matériels à hauteur d'un million de francs par exploitation, apports fonciers. Ce soutien économique a eu des effets induits importants, notamment en réduisant voire en supprimant l'endettement des exploitations et en favorisant des investissements de modernisation. La stabilité financière qui en découlait pour les signataires a stimulé de nombreuses initiatives individuelles telles que l'adaptation des bâtiments au nouveau système de production, l'amélioration du confort de travail, stratégie de valorisation en produit de l'Agriculture Biologique, etc. |
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© Inra |
Séchage en grange |
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Du côté des agriculteurs, la mise en ouvre d'un changement de système de production a imposé l'apprentissage d'une nouvelle organisation du trava l. La prise en compte du service d'entreprise proposé par AGRIVAIR dans l'organisation des exploitations a nécessité des ajustements successifs, notamment pour arriver à une gestion du traitement des déjections et de la fertilisation des sols. Toutefois, en gérant les déjections animales, AGRIVAIR libérait le temps de travail que l'agriculteur consacrait à ces activités saisonnières jusque là; ce gain de temps a été estimé à l'équivalent de 35 jours de travail par an, soit 3 jours par mois.
Enfin l'argument financier a été un élément central des négociations pour les agriculteurs. L'agriculteur qui souscrivait au cahier des charges recevait en effet des compensations économiques pour une durée de 7 ans, sous la forme d'investissements matériels et de subventions. Ces dernières représentaient en moyenne 75% des revenus disponibles. Aujourd'hui les exploitations signataires vivent sans ces aides. |
© Inra |
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Maquette d'une exploitation agricole
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L'intervention technique d'AGRIVAIR a été une composante essentielle de l'organisation du nouveau système de production, notamment grâce à des apprentissage croisés entre AGRIVAIR et les exploitants. Pour autant AGRIVAIR n'intervenait pas dans les choix stratégiques des exploitants en matière de production agricole. Cependant les agriculteurs étaient conduit du fait du cahier des charger à adopter un système d'élevage extensif à l'herbe par le biais du système de rotation fixé dans le cahier des charges, des plans de fumure, des surfaces distribuées par Vittel SA et de l'attribution de quotas laitiers. |
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Les exploitants signataires ont certes vu leur marge d'autonomie se restreindre avec l'adoption du cahier des charges et ils ont pu transitoirement se trouver dans une situation de dépendance technique vis-à-vis de la société AGRIVAIR. Malgré un déséquilibre apparent, cette relation unissait cependant les intérêts des agriculteurs et de Vittel SA dans une gestion durable d'un territoire. Ce qui était alors souvent décriés ou critiqué comme relevant d'une « intégration » parait aujourd'hui une préfiguration des nombreux systèmes de gestion territorialisé de la qualité des systèmes aquifères qui reposent sur des arrangements institutionnels et contractuels. |
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De plus aujourd'hui, AGRIVAIR et un acteur central de la gestion de la durabilité des pratiques qui utilisent l'espace agricole et rural sur le site du périmètre: pratiques agricoles, pratiques de Nature, entretien du parc thermal et des deux parcours de Golf, entretien de la biodiversité. La gestion du périmètre comme un éco-système implique alors des partenariats nombreux. |
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AGRIVAIR au centre d'un réseau |
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