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HARICOT en semis direct sous couvert. expérimentation à Ponta Grossa (Brésil). © INRA, Stéphane de Tourdonnet

L’agriculture de conservation : faut-il labourer le sol?

Un programme de recherche dédié : PEPITES

Le projet ANR PEPITES (2009-2013), dédié à l’agriculture de conservation, s'intéresse à la fois aux progrès de la connaissance scientifique, au savoir des agriculteurs et aux processus d’apprentissage.

Par Pascale Mollier
Mis à jour le 20/11/2013
Publié le 12/11/2013
Frédéric Thomas, agriculteur et président de l'association BASE, en discussion avec Claire Chenu (de dos), chercheuse à l'Inra de Versailles-Grignon (UMR Biogéochimie et Ecologie des Milieux Continentaux).. © Inra, Stéphane de Tourdonnet
Frédéric Thomas, agriculteur et président de l'association BASE, en discussion avec Claire Chenu (de dos), chercheuse à l'Inra de Versailles-Grignon (UMR Biogéochimie et Ecologie des Milieux Continentaux). © Inra, Stéphane de Tourdonnet
 

Concevoir des systèmes innovants en agriculture de conservation

 La mise en œuvre des principes de l’agriculture de conservation (voir partie 2) conduit à une grande diversité de systèmes techniques et modifie profondément le fonctionnement de l’agrosystème et les services écosystémiques rendus (conservation du sol et de la biodiversité, production de biomasse, stockage du carbone…), sans cependant que la portée de ces modifications soit bien connue. Par ailleurs, la mise en œuvre de ces techniques est délicate (voir partie 4). Dans certains cas, elle peut conduire à diminuer les performances des systèmes techniques et à accroître la dépendance aux pesticides. Dans d’autres cas, elle est porteuse de systèmes très innovants, fondés sur la mobilisation de processus écologiques pour pallier la diminution des interventions humaines : non-labour, réduction des intrants... « C’est cette approche agroécologique qui permet d’inscrire l’agriculture de conservation dans le développement durable et dans la perspective de ‘produire autrement’ » résume Stéphane de Tourdonnet, coordinateur du projet PEPITES (1).

 Un fort besoin de connaissances et de technicité

De fait, la mise au point de ces systèmes, pour lesquels l’utilisation des plantes de couverture est un levier essentiel, nécessite beaucoup de connaissances et de technicité. Toute la difficulté consiste à gérer l’équilibre facilitation/compétition entre les plantes de couverture et les cultures d’intérêt. Facilitation, car la présence de ces couverts permet de contrôler les adventices et d’assurer une protection du sol contre l’érosion. De plus, ces plantes de couvertures peuvent fournir d’autres services écosystémiques, comme la fixation d’azote symbiotique ou la création de porosité dans le sol. Elles sont la plupart du temps cultivées en interculture mais peuvent également être cultivées en association avec la culture commerciale.

D’autre part, la suppression du labour n’est viable que si ses fonctionnalités (structuration et aération du sol, enfouissement des adventices) sont relayées par les processus écologiques du sol, processus complexes dépendant de nombreux paramètres interdépendants, dont son activité biologique et son état physique, lui-même lié à la quantité de matière organique (voir partie 4). Ainsi, le passage du labour au semis direct se fait à travers un processus d’innovation qui combine plusieurs dynamiques : évolution du fonctionnement du champ cultivé, évolution des pratiques, évolution et transmission des connaissances au sein des réseaux sociotechniques.

C’est pourquoi le projet PEPITES englobe différents niveaux d’étude : (i) des analyses de processus écologiques très fins, notamment ceux induits par la présence du mulch et l’accroissement de l’activité biologique du sol (voir partie 8) (ii) la conception et l’évaluation multicritère de systèmes de culture innovants (voir partie 9) (iii) l’analyse et l’accompagnement des processus d’innovation à l’œuvre en agriculture de conservation (voir partie 10). Ces analyses sont menées dans des contextes très différents, en France, au Brésil et à Madagascar, pour en relever les particularités mais aussi les composantes génériques.

Le nécessaire partage des connaissances

 « La construction et la circulation des connaissances jouent un rôle clé dans l’agroécologie. Les connaissances scientifiques progressent mais sont encore insuffisantes, tandis que des agriculteurs ou des techniciens expérimentent et mettent au point des innovations pour activer les processus écologiques (2). Il est donc essentiel de combiner ces deux types de savoir », poursuit Stéphane de Tourdonnet.

Le programme PEPITES a été spécialement conçu pour mettre en lien les progrès de la connaissance scientifique, le savoir des agriculteurs et l’étude des processus d’apprentissage.

Ainsi, PEPITES, et trois programmes qui lui succèdent (3), accordent une attention particulière à la construction de ressources numériques pour le partage des connaissances : plus de 700 pages web ont été créées pour valoriser les résultats sur les services écosystémiques des sols, la conception de systèmes innovants et l’accompagnement des processus d’innovation, préfigurant une plateforme de ressources pédagogiques disponible à partir de mars 2014.

(1) PEPITES : Processus Ecologiques et Processus d’Innovation Technique Et Sociale en agriculture de conservation.

(2) de Tourdonnet, S. et al. 2012. Innovation agroécologique : l'activation des processus écologiques par les agriculteurs. In" Séminaire Agropolis : intensification écologique des systèmes de culture", Montpellier.

(3) Projet Gessol COSAC : construction et circulation des connaissances sur les services écosystémiques des sols en agriculture de conservation ; Projet UVED : processus écologiques et services écosystémiques des sols ; Projet PAMPA Formation : construction d’une offre de formation sur agroécologie et agriculture de conservation.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Occitanie-Montpellier

Partenaires du projet PEPITES

Inra, Montpellier SupAgro, Cirad, IRD, Isara Lyon,  AgroParisTech, Association Base, coopérative Nouricia, Embrapa, Fofifa.